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Conseil Municipal
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2016 DEVE 118 - Subvention (1.500 euros) à l'Union nationale de l'apiculture française (4e) pour l'élaboration du projet de création d'une "Maison de l'abeille" à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DEVE 118 relatif à l'élaboration du projet de création d'une "Maison de l'abeille" à Paris. La parole est à Mme Edith GALLOIS.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire. Vous savez que la cause des abeilles m'est très chère, mais pas seulement à moi, c'est une cause nationale et c'est même une cause planétaire. Les abeilles, c'est très sympathique, mais on sait que les colonies d'abeilles subissent le syndrome d'effondrement. Tous les ans, 30 % des colonies d'abeilles disparaissent en France. C'est donc une véritable cause, raison pour laquelle nous soutenons absolument cette subvention. Je dirais même que plus on ira loin mieux on se portera. Je rappelle que c'est 80 % de la production des végétaux qui se passent par la pollinisation. L'abeille n'est pas seulement un petit animal sympathique, c'est aussi la survie de l'homme et de la production agricole. Il est bien que Paris se positionne dans ce domaine, que ce soit le fer de lance de la communication et de la sensibilisation sur la cause de l'abeille. Pourquoi pas que cela parte de la ville puisqu'à la campagne, c'est peut-être plus compliqué. Il s'agit pour cette Maison de l'abeille de sensibiliser et de faire de la pédagogie auprès de nos concitoyens, c'est très bien, mais il faut aussi faire de la pédagogie et sensibiliser les pouvoirs publics. C'est à ce niveau que cela devrait se passer.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup. Nicolas BONNET-OULALDJ voulait aussi nous parler des abeilles.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire. Je ne vais pas vous parler que des abeilles. D'ailleurs hier, nous avons adopté une délibération pour que Paris donne la citoyenneté d'honneur à la biodiversité. Et nous sommes face à un cas concret, comme vient de le rappeler ma collègue. Bien sûr notre groupe votera cette subvention au profit de l'Union nationale de l'apiculture française pour la création d'une nouvelle Maison de l'abeille à Paris, un lieu qui sera dédié à la sensibilisation et la préservation d'une espère si importante pour notre environnement. Nous soutenons pleinement cette initiative. Nous soutenons d'ailleurs beaucoup d'initiatives de l'U.N.A.F. qui s'acharne inlassablement à tirer la sonnette d'alarme sur la baisse de la population des abeilles. Cette situation devient de plus en plus préoccupante. Les apiculteurs accusent encore cette année une baisse significative des récoltes de miel en France par rapport à l'année précédente, année 2015, pourtant jugée comme la plus catastrophique. La question de la population des abeilles peut apparaître comme un sujet anecdotique et il n'en est pourtant rien. Elles jouent un rôle capital pour la préservation de notre écosystème mondial. Le travail de pollinisateur rend des services inestimables à l'ensemble des espèces présentes sur notre planète. Elles renforcent les arbres fruitiers, les légumes à fleurs et veillent à l'expansion des espèces végétales. Leur rapport économique à notre société est d'ailleurs estimé à hauteur de 300 milliards de dollars pour l'économie mondiale, selon les organismes jugés comme très sérieux. Ne pas s'occuper de la préservation des abeilles, c'est pénaliser durablement notre planète et notre humanité, lui causant à nouveau des dégâts irréversibles. En France, il y a de nombreuses causes à la diminution de ces insectes. On peut citer notamment l'expansion du frelon asiatique, mais surtout et surtout l'utilisation encore trop nombreuse des pesticides. Une action d'Etat serait nécessaire pour pallier ce déclin, une action de soutien en faveur de l?apiculture française mais aussi une action volontaire pour préserver l?environnement des abeilles. Cela passe par une véritable action avec une stricte fermeté face à l?usage de ces pesticides qui les tuent. La loi interdisant les produits des néonicotinoïdes pour 2018, qui sont appelés désormais tueurs d?abeille, va dans le bon sens. Mais nous regrettons qu?un régime de dérogations soit encore possible jusqu?en 2020 et l?action de certains grands groupes pharmaceutiques, notamment dans les failles juridiques, nous inquiète fortement. Se posera également à terme la question d?une politique agricole globale. La création d?un modèle commun, empêchant les conflits entre les différents secteurs agricoles, où le maintien de l?activité de la filière céréales ne nuise pas à la filière apicole et à notre environnement en général. Un modèle commun est possible et sa création est une question profondément politique, notamment pour les Parisiens. A Paris, notre groupe appuiera toutes les initiatives de cette espèce partenaire de l?espèce humaine depuis la nuit des temps. Un travail qui devra être du même ordre que celui qui doit être engagé au plan national : l?implantation progressive de plus d?abeilles dans notre ville et le développement d?un Paris plus végétalisé avec zéro pesticides. Je vous remercie pour cette subvention qui va dans le bon sens.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Nicolas BONNET-OULALDJ. Pour vous répondre, la parole est à Mme Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Monsieur le Maire. Je voudrais remercier Mme GALLOIS et M. BONNET pour leurs interventions. Effectivement, nous nous sommes inscrits, Paris s?est vraiment inscrit comme une ville amie des abeilles. Nous avons d?ailleurs voté en avril et nous sommes en train de mettre en place notre plan "Ruches et pollinisateurs" où nous allons effectivement installer de nouvelles ruches dans beaucoup de jardins partagés parisiens, ce qui va s?inscrire dans la révision de notre plan Biodiversité. Je voudrais signaler la qualité du travail que nous faisons avec les associations et les syndicats apicoles que sont notamment l?U.N.A.F., la S.N.A. et l?A.F.S.C.A. pour ne citer que les plus connus. Vous avez signalé la catastrophe que l?apiculture connaît aujourd?hui. Pour mémoire, on a uniquement 9.000 tonnes de miel produit cette année en France. Donc 2016 est la pire année de l?apiculture française. Une des fautes en revient au frelon asiatique, mais vous avez raison de souligner déjà le fait que l?on peut se féliciter de l?adoption de la loi pour la reconquête de la biodiversité qui a entériné l?interdiction des néonicotinoïdes pour septembre 2018. Je regrette, comme vous, les dérogations possibles qui peuvent s?appliquer jusqu?en 2020. Je voudrais vous dire également que nous travaillons aussi en faveur des abeilles avec notre plan "Zéro phyto" dans les jardins et dans les cimetières. C?est bien de développer les ruches dans Paris, mais nous devons aussi, pour que les abeilles puissent vivre et travailler, planter beaucoup de nouvelles plantes mellifères. Donc merci pour vos encouragements sur ce sujet. Bientôt nous aurons vraisemblablement du miel de Paris que nous pourrons vendre à la boutique de Paris.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Très bonne idée. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 118. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2016, DEVE 118).