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Septembre 2016
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2016 DAE 5 G - Convention de coopération en matière de rapprochement de l’offre et de la demande d’emploi entre le Département de Paris et Pôle Emploi.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DAE 5 G relatif à une convention de coopération en matière de rapprochement de l'offre et de la demande d'emploi entre le Département de Paris et Pôle Emploi. Je donne la parole dans un premier temps à M. Jérôme GLEIZES, au nom du groupe des Ecologistes de Paris, pour cinq minutes maximum.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire. Alors, Monsieur le Maire, chers collègues, ce projet de délibération s'inscrit dans une longue série de projets de délibération qui définissent la stratégie d'une politique d'emploi efficace à Paris. J'en profite pour féliciter Pauline VÉRON et les services qui l'accompagnent dans ce travail. Paris a une véritable politique structurelle de l'emploi et de lutte contre le chômage. Nous ne sommes pas dans une logique libérale de laisser faire le marché et, d?ailleurs, j'invite les bancs de droite à regarder plus en détail les statistiques parisiennes plutôt que de citer les statistiques françaises, qui sont beaucoup moins bonnes notamment à cause d'une politique sociale-libérale désastreuse à l'échelle du pays, que les 20 milliards du C.I.C.E. illustrent parfaitement. Ainsi, d'après l'I.N.S.E.E., Paris est le seul département francilien où le taux de chômage est inférieur en 2016 au chiffre de 2012 : 7,9 % contre 8 %. Paris est même en passe de devenir le département où le taux de chômage est le plus faible, à 0,2 point des Hauts-de-Seine. N?oublions pas que Paris représente aussi 31 % de l?emploi salarié francilien. Ce projet de délibération a donc pour objectif de rapprocher l?offre de la demande d?emploi, d?améliorer l?appariement. Paris en tant que Département est chef de file de l?insertion pour s?engager aux côtés de ses partenaires et surtout innover en faveur de l?accès à l?emploi pour toutes et tous. Le Plan parisien d?insertion par l?emploi, voté en juillet 2016 pour les années 2016 à 2020, est une feuille de route utile, surtout si elle permet d?innover, justement d?expérimenter des actions nouvelles. L?enjeu est important car Paris est un espace particulièrement dynamique mais reste un espace où se creusent encore les inégalités. Sur ce, ce projet de délibération nous propose de valider une convention dont le but est de renforcer le partenariat existant entre Paris et Pôle Emploi, enfin je cite : "Déployer des actions auprès des entreprises des secteurs fortement pourvoyeurs d?emplois de la capitale, numérique, hôtellerie-restauration, médico-social, artisanat, commerces, accompagner des nouvelles implantations d?entreprises, coordonner des actions de formation et d?orientation en direction des chercheurs d?emploi, mise en ?uvre des plans d?action dédiés à des publics spécifiques, personnes en contrat aidé de la Ville de Paris, publics en insertion, artistes, etc". Améliorer la coordination entre des partenaires économiques ne peut qu?être bénéfique, mais il nous semble que cette convention aurait pu être élargie à d?autres acteurs, tels que par exemple les coopératives d?activité et d?emplois dont on a parlé précédemment, dont certaines sont très dynamiques et porteuses de bonnes pratiques. Par ailleurs, cette convention ne fait pas explicitement mention, et c?est plus grave, à des secteurs très porteurs d?emplois à Paris, notamment ceux qui permettent la transition de notre économie : rénovation énergétique des bâtiments, réduction de l?usage des ressources naturelles, etc. Il serait pourtant opportun de rapprocher des entrepreneurs de ces secteurs des acteurs publics ou non qui ?uvrent dans la sécurité et l?accompagnement des chercheurs d?emploi. Je terminerai en faisant une courte incise sur le Comité parisien pour l?emploi, qui est un espace de dialogue utile réunissant un grand nombre d?acteurs. Il nous apparait aussi être le lieu adéquat pour discuter et évaluer des expériences nouvelles qui viendraient utilement compléter des initiatives traditionnelles comme celle qui nous est présentée ici. Je rajouterai aussi, puisqu?il me reste un peu de temps, que dans un prochain projet de délibération, on va voter une subvention de la Ville de Paris sur une chaire Travail à l?Ecole d?économie de Paris, et je pense que cette chaire pourrait faire un travail d?analyse sur les statistiques parisiennes, et pourrait être associée puisque Pôle Emploi est aussi associé à cette chaire. A travers l?Ecole d?économie et de commerce de Paris, on pourrait aussi approfondir le travail et analyser ce qui se passe réellement à Paris. Merci de votre attention.

(Mme Colombe BROSSEL, adjointe, remplace M. Ian BROSSAT au fauteuil de la présidence).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GLEIZES. La parole est maintenant à Mme Danièle PREMEL.

Mme Danièle PREMEL. - Madame la Maire, chers collègues. Nous avions en juin soutenu le Plan parisien de l?insertion par l?emploi, P.P.I.E., en souhaitant que l?on passe d?un document d?intention, que nous pouvions partager, à un programme opérationnel qui transforme la réalité, qui interroge les institutions et les partenaires économiques, pour répondre à sa finalité : l?insertion par l?emploi. C?est à l?aune de ce questionnement que nous avons examiné la Convention de coopération entre le Département de Paris et Pôle Emploi. La feuille de route de cet accord pour un rapprochement de l?offre et de la demande ouvre une mise en ?uvre concrète stratégique de cet objectif. Et en soi, cette coopération ne peut être que bénéfique aux entreprises et aux demandeurs d?emploi. Mais reconnaissons que cette convention se met en place dans un environnement difficile, de pression et de chantage du Medef qui demande toujours plus et sans honte. M. GATTAZ promet, à son université d?été, 2 millions d?emploi, alors que nous attendons toujours le million d?emplois prévus, sans parler de la loi Travail qui va mettre en concurrence les entreprises dans un dumping de moins-disant social. Je sais bien que Paris et Pôle Emploi ne sont pas le Gouvernement, mais à leur niveau, dans leur travail avec les entreprises, posons le problème des conditions de travail de certains secteurs ciblés comme fortement pourvoyeurs d?emplois par la Convention, comme par exemple l?hôtellerie-restauration et l?artisanat-commerce. La coordination des actions de formation devrait prendre en compte dans la formation non seulement les compétences et les qualifications du métier visé, mais aussi le droit du travail, l?organisation de la profession, les conventions collectives. Dans l?aide au recrutement des entreprises, développons la prise en compte des compétences transversales et la richesse de l?expérience de vie. Enfin, soutenons les artisans et les petites entreprises qui, loin des grands comptes, sont une richesse pour Paris et intégrons les pistes de cette convention dans les perspectives développées par le rapport de la M.I.E. "Fabriquer à Paris". Voilà quelques réflexions pour dépasser le seul plan technique de cette convention que nous soutenons et dont nous souhaitons que les instances de gouvernance, le comité opérationnel, le comité technique puissent avoir une vision et une impulsion qui dépassent le simple accompagnement quantitatif du projet. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame PREMEL. Pour vous répondre, la parole est à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues, merci pour vos interventions. Effectivement, il s?agit aujourd?hui d?une convention ambitieuse entre le Département de Paris et Pôle Emploi. Nous avions déjà par le passé eu des conventions avec Pôle Emploi, mais je crois que celle-ci change d?échelle pour véritablement nous mettre ensemble, mettre nos compétences, celles que la Ville de Paris a développées dans le domaine de l?emploi depuis quelques années, et celles de Pôle Emploi bien sûr au service des chercheurs d?emploi parisien.

C?est vrai qu?à Paris, vous l?avez rappelé, la situation est moins difficile qu'ailleurs, mais nous avons encore un grand nombre de personnes qui cherchent un emploi et souvent sont en chômage de longue durée, qui est la caractéristique de Paris, avec ce chômage des seniors qui est difficile et pour lequel il faut déployer de nouvelles solutions pour aider ces seniors parisiens à se construire une deuxième carrière professionnelle. Oui, nous mettons toute notre énergie en coopération avec Pôle Emploi pour essayer de travailler sur les secteurs en tension. J?entends Jérôme GLEIZES qui me parle des emplois verts, en quelque sorte, possibles notamment dans le B.T.P. Cela fait partie des secteurs que nous avons également identifiés. Nous travaillons aussi à mettre en commun nos fichiers de chercheurs d'emploi, ceux que nous connaissons, parce qu?ils viennent pousser la porte des antennes de Pôle Emploi, mais aussi du service "Initiative emploi" que j'ai réorganisé ici, à la Ville de Paris, pour se mettre dans une position plus opérationnelle. Nous travaillons plus en amont aussi avec les entreprises qui viennent s'installer à Paris pour anticiper les besoins et pouvoir caler les formations en fonction des besoins, et nous essayons aussi - vous l'avez rappelé pour la question des contrats aidés, notamment à la Ville de Paris - de travailler sur des perspectives de sortie des contrats aidés de la mairie. Donc, je crois que cette convention marque une nouvelle ère, une nouvelle période de travail de co-construction avec les services de l'Etat et avec Pôle Emploi, plus particulièrement, et je m'en réjouis. Je crois que nous avons la volonté de mettre notre énergie en commun et d'aller dans la même direction pour lutter contre le chômage à Paris et, comme je disais, plus particulièrement le chômage de longue durée. Cette question du travail en commun avec la chaire d'économie de Paris, nous en avons discuté déjà avec la Maire de Paris qui le souhaite, notamment sur la question dite de l?"ubérisation" de la société, de pouvoir organiser un événement de réflexion avec les professionnels, avec les économistes sur cette question et sur l'impact à Paris en termes d'emplois. Nous allons nous rapprocher de la chaire d'économie et de l'Ecole d'économie de Paris pour organiser cet événement. J'en profite pour rappeler également que nous organisons un hackathon sur l'emploi les 18 et 19 novembre prochain. Après le hackathon "Fluctuat nec mergitur", nous organisons ce hackathon innovant sur les questions du chômage pour hacker le chômage. Je vous remercie et je vous invite tous à y participer.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame VÉRON. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 5 G. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 5 G).