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Septembre 2016
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Conseil Municipal
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2016 DASES 26 - Fixation d’une redevance annuelle de 100 euros due par l’association "Aurore" pour l’occupation temporaire de locaux situés 12, rue Georges-Citerne (15e) à usage de distribution alimentaire.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DASES 26. Il s?agit de la fixation d'une redevance annuelle de 100 euros due par l'association "Aurore" pour l'occupation temporaire de locaux situés au 12, rue Georges-Citerne, dans le 15e arrondissement, à usage de distribution alimentaire. La parole est, dans un premier temps, à Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement, pour trois minutes.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. Ce n'est évidemment pas la distribution alimentaire - vous vous en doutez - qui nous pose un problème, c?est que l?on prive les enfants du 15e arrondissement d'une école. D'ailleurs, on ne saurait encourir le moindre reproche sur l'engagement total de la mairie du 15e arrondissement dans ce domaine : Août secours alimentaire, une épicerie sociale, petit-déjeuner solidaire en mairie, recueil de denrées dans les supérettes, etc. Mais il se trouve que nous avions fait affecter par la Ville ce bâtiment à l'école Diwan de Paris, seule école bretonne de la Capitale, d'ailleurs, dans un arrondissement à dominance bretonne. Une mauvaise gestion, hélas, l'a fait péricliter. La Direction de l'Urbanisme m'écrivait, le 6 novembre dernier, qu'elle attendait la fin de la convention, soit le 31 août. Le 17 mars, je réécrivais à M. PRALIAUD pour demander l'affectation du bâtiment à une autre école privée puisque c'était sa destination initiale, plusieurs étant saturées. Or, le 7 juin, sans autre forme de procès, Mme VERSINI m'informait de l'occupation des locaux par l'association "Aurore" avec qui nous travaillons de tout temps, en bonne intelligence, que j'ai toujours soutenue, notamment dans les périodes difficiles qu?elle a traversées. Mais le problème, c?est que cette école devait garder sa destination scolaire pour accueillir, comme nous le souhaitions dans le 15e arrondissement, des enfants autistes. Un autre site aurait été tout aussi adapté, plus sans doute, mais ailleurs, ce qui aurait permis de garder l'école dans le 15e arrondissement. D'ailleurs, pour bien montrer que nous n'étions pas du tout hostiles au centre de distribution alimentaire dans le 15e arrondissement, j'ai proposé au Conseil d'arrondissement un bâtiment désaffecté promis à la démolition, rue Olivier-de-Serres, qui aurait mieux convenu et qui est toujours disponible. Mais, évidemment, on ne nous a jamais consultés et on n?a jamais tenu compte de nos demandes. Nous avons reçu, sans autre forme de procès, ce projet de délibération d'affectation à la distribution de repas le soir à 300 bénéficiaires, sans que l?on nous informe de qui sont ces personnes, comment et qui les prendra en charge, éventuellement après le dîner, quel accompagnement social sera ou pas organisé et où elles iront. J'ai découvert aussi dans ce projet, sans que l?on ne m?en ait jamais informé non plus, que des logements sociaux sont ensuite prévus. Donc cette école perdra sa destination et pourtant nous avons besoin de locaux scolaires dans le 15e arrondissement. De toute façon, le centre sur lequel on nous demande de nous prononcer aujourd'hui fonctionne déjà depuis le 1er septembre, recevant 150 personnes par jour. Je pose la question : à quoi servent le Conseil d'arrondissement, le Conseil de Paris ? A quoi servons-nous ? Sans doute pas à grand-chose. Jamais les riverains ne sont associés, ni même informés. Par esprit de responsabilité, comme toujours, et même lorsqu'on nous impose, sans nous consulter et sans nous informer, des implantations de toutes sortes - nous en sommes tout de même au troisième centre d'hébergement d'urgence pour migrants dans le 15e arrondissement -, nous allons travailler avec "Aurore" au Conseil d'administration, auquel je siège, ainsi que Sylvie CEYRAC, ma collègue, pour que tout se passe pour le mieux. J'ai confiance en cette grande institution caritative qui siège dans le 15e arrondissement, mais cela n'autorise pas à faire n'importe quoi, de bafouer la démocratie locale en ignorant systématiquement le 15e arrondissement et ses habitants.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur GOUJON. La parole est à présent à Sylvie CEYRAC, pour cinq minutes.

Mme Sylvie CEYRAC. - Merci, Monsieur le Maire. 12, rue Georges-Citerne, petite rue tranquille du 15e arrondissement, à l?angle de la rue Rouelle, existe une école élémentaire qui accueillait l?école Diwan, école bretonne, comme vient de le rappeler Philippe GOUJON. A son départ, un projet d?ouverture d?école pour enfants autistes était envisagé, comme il vient d'être dit également. La Ville a choisi d'y installer un centre de distribution de repas le soir pour une population de 200 à 300 personnes. Nous n'y sommes évidemment pas opposés. Déjà, tous les soirs de la semaine, des repas chauds, assis, sont servis dans notre arrondissement. Mais ceci a été fait sans aucune concertation avec la mairie d'arrondissement. Et plus encore, nous avons découvert dans ce projet de délibération que la Ville souhaitait y construire ensuite des logements sociaux. Ce centre a ouvert depuis le 1er septembre, bien avant de passer en Conseil d'arrondissement, pour une durée temporaire. Temporaire, on connaît dans le 15e, le Samu social installé pour 18 mois y est encore depuis 5 ans ! On ne sait encore quand il devra partir. Or, dans le Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion, on peut lire dès la page 14, je cite : "les mairies d'arrondissement, de même que les conseils de quartier, seront pleinement - pleinement je répète - associés à la mise en ?uvre du Pacte parisien contre la grande exclusion". Et page 79, l'engagement n° 100 du pacte, vous voyez que j'ai de bonnes lectures : "les formes de grande exclusion sont différentes d'un territoire à l'autre. Le pacte constitue un cadre général qui doit pouvoir être adapté par les acteurs locaux aux besoins qu'ils constatent dans leur territoire, depuis le quartier jusqu'à l'inter-arrondissement". Je constate que tout cela n'est que paroles, paroles, paroles. Pourtant, nous avions d'autres propositions à faire pour d'autres lieux. L'association "Aurore", née dans le 15e, je le rappelle, toujours très présente dans de nombreuses structures sur notre arrondissement, nous la connaissons bien et apprécions son travail. Bien sûr nous travaillerons avec elle, mais vos méthodes ne sont pas supportables et je vous demande, une fois encore, que toute nouvelle implantation de structure soit faite en liaison et en accord avec la mairie d'arrondissement, pour une meilleure insertion et acceptation dans le quartier concerné. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame CEYRAC, merci d'avoir tenu votre temps de parole. Pour répondre à vous deux, la parole est à Mme Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Nous avons eu déjà ces échanges lors du dernier Conseil du 15e arrondissement, je note qu'ils sont un peu plus atténués. Sans doute est-ce parce que nous sommes en Conseil de Paris. Néanmoins, je voulais revenir pour nos collègues, c'est vrai après le débat d'une grande dignité que nous avons eu hier soir sur les réfugiés, je souhaite que l'on continue à pouvoir parler des publics les plus en difficulté, d'une façon consensuelle et respectueuse. C'est vrai qu'à cet endroit, rue Georges-Citerne, des locaux sont vacants depuis 2015 et qu'il est prévu, cela a été fait dans le cadre d'un arbitrage rendu par la Maire de Paris, la construction de logements sociaux, et vous savez que les logements sociaux sont une priorité absolue de notre mandature. Vous proposiez également, et c'est vrai que c'est un très beau projet, de concrétiser le projet d'une école pour enfants autistes à cette adresse, mais mon collègue Bernard JOMIER, extrêmement investi sur ces questions, aura l'occasion de présenter les avancées dans ce domaine si important dans le cadre du Schéma départemental pour l'autonomie et la citoyenneté des Parisiens en situation de handicap, qu'il présentera en début d'année 2017. Comme nous le faisons à chaque fois dans le cadre du dispositif intercalaire de la Ville, lorsque des locaux sont en attente d'avoir une autre affectation qui est actée, nous participons à l'effort général, à l'effort de l'État pour assurer différentes actions relevant de la lutte contre l'exclusion. Je rappelle que le Pacte a été voté à l'unanimité de cette Assemblée et j'en remercie tout le monde, car tout le monde l?a voté. Effectivement, la distribution avait lieu rue du Loiret dans le 13e arrondissement, il s'agissait d'un lieu du domaine intercalaire sur lequel commencent d'autres travaux et donc, dans cette attente, l'association "Aurore" que vous connaissez bien, puisque vous en êtes administrateur comme vous l'avez rappelé, a été mandatée par l?État pour pouvoir assurer cette distribution. Sur le nombre de personnes, vous le savez, Madame CEYRAC, ce sont 150 personnes chaque soir et pas 300 ou 500 puisque M. PLIEZ est venu vous l'expliquer. Les distributions ont commencé au 1er septembre, je suis désolée que vous ne vous sentiez jamais informés ou jamais au courant, peut-être devrions-nous travailler un peu mieux notre communication pour arriver à communiquer de façon tout à fait solidaire, comme cela se fait avec tous les arrondissements. Vous signaliez la question du Samu social, vous savez parfaitement que le Samu social déménage et va s'installer dans le 11e arrondissement où François VAUGLIN est ravi de l?accueillir. C'est vrai que cela a duré cinq ans, mais vous le savez, le Samu social déménage. Je n'ai rien d'autre à rappeler, à part le fait que nous considérons et vous-mêmes aussi d'ailleurs, que l'aide alimentaire est absolument fondamentale et nous devons tous faire des efforts pour pouvoir accueillir les personnes, qu'elles soient réfugiées ou S.D.F., comme c'est le cas des personnes qui viendront rue Georges-Citerne.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 26. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DASES 26).