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53 - 2004, JS 226 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché pour la conception et la production d'animations sur le parcours de la Flamme olympique le 25 juin 2004

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération JS 226 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché pour la conception et la production d'animations sur le parcours de la Flamme olympique le 25 juin 2004.
La parole est Mme DUBARRY, en lieu et place de Melle NENNER.
Mme Véronique DUBARRY. - Le projet de délibération dont il est question vise à organiser à Paris le relais de la Flamme olympique par un contrat avec la société ATHOC.
Ceux qui auraient espéré y trouver une manifestation prônant les valeurs olympiques du sport déchanteront très vite à la lecture dudit contrat. Il y est en effet beaucoup plus question de "marketing d'embuscade" que de sport, et on reconnaît bien là le vocabulaire guerrier de certains publicitaires.
Il est aussi précisé que tout doit inévitablement être géré par ATHOC et que la Ville n'aura aucun droit à faire valoir sur les partenaires principaux de relais. Ce sont les termes qui sont utilisés.
Quant à nous, nous ne voyons dans ce contrat qu'une vaste foire publicitaire avec deux sponsors imposés, et c'est écrit en toutes lettres : "Coca Cola" et "Samsung". Cela nous montre bien que la grosse machine de l'organisation des Jeux olympiques est de plus en plus éloignée du sport et de la pratique du sport.
Le "sport business" ou le "sport spectacle" ne sont ici que des représentants de la mondialisation libérale dont notre société découvre, jour après jour, les effets néfastes.
Par ailleurs et pour finir, le passage du relais augure mal des conditions de la candidature de Paris pour les J.O. de 2012 et laisse présager la transformation de Paris, si Paris venait à avoir les Jeux en 2012, en vaste foire publicitaire. Voilà ce que nous craignons.
Ce projet de délibération ne fait que confirmer nos craintes, ce que nous regrettons bien évidemment.
Nous nous abstiendrons donc sur ce projet de délibération.
Je vous remercie.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Monsieur CHERKI, vous avez la parole.
M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Oui, mais comme vous, Madame DUBARRY - et vous pourrez le transmettre à Mme NENNER -, je suis un lecteur et un défenseur de Naomi KLEIN et notamment de NOLOGO.
Après, je pense que ce n'est pas exactement l'objet de la délibération. De quoi s'agit-il là ?
Dans le cadre de ce que l'on appelle la Flamme olympique qui va traverser les cinq continents, qui devrait donc aussi passer par Paris puisqu'elle passera par toutes les villes qui sont pour l'instant requérantes à la candidature aux Jeux olympiques.
Il y a un événement dont la maîtrise est entre les mains d'un comité d'organisation qui s'appelle ATHOC, à travers un contrat prévoyant qu'une partie du financement est assurée par des sponsors - ou des partenaires - comme ils disent.
En effet, c'est une dimension de l'événement mais ce n'est pas la seule.
Cette flamme traversera les vingt arrondissements de Paris, passera par l'INSEP. Il y aura des animations à caractère culturel et festif. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'organiser une foire publicitaire pour quelque sponsor que ce soit !
Après, qu'il y ait des villes où cela se passe ainsi c'est possible parce que les traditions culturelles des pays ou des systèmes ne sont pas les mêmes. Mais nous, nous avons négocié pied à pied avec ATHOC pour leur expliquer qu'il n'en était pas question. Nous en avons discuté directement avec les représentants de "Coca Cola" et de "Samsung" en leur disant que c'est un événement qui n'est pas adapté à ce genre de chose.
Depuis que nous exerçons des responsabilités à la Municipalité, on ne peut pas dire que nous ayons contribué, en tout cas pour les événements sportifs, à organiser de manière systématique la privatisation des espaces publics au service des marques.
Je tiens à dire, par exemple, que depuis que je suis adjoint au sport, j'ai fait en sorte que le sport soit toujours sous l'égide des institutions qui le représentent et non pas sous l'égide des marques, ce qui ne veut pas dire qu'elles ne participent pas à des événements sportifs.
Pour être très clair, nous avons dit dans ce cadre-là qu'il n'y aurait pas de caravanes publicitaires type Tour de France, "Coca Cola" ou "Samsung". Pourquoi je dis cela ? Parce que, dans le cas du Tour de France par exemple, c'est un élément du folklore de l'épreuve et les gens l'attendent. Là, ce n'est pas un élément du folklore de l'épreuve. Donc le faire dans ce cadre-là serait impropre et serait contraire - comme vous le dites et je vous rejoins là-dessus - à ce que nous concevons et à ce que nous entendons, vous et nous, comme la défense des valeurs de l'olympisme.
Par rapport à la question de l'organisation des Jeux, le Maire de Paris l'a dit et je le redis ici : la Ville de Paris, et vous le verrez au fur et à mesure que l'on avancera dans le dossier des Jeux Olympiques, entend faire (si elle est retenue d'abord comme candidate en mai 2004 et, si, après, le 6 juillet 2005 à Singapour, le Comité international olympique désigne la Ville de Paris comme ville organisatrice des Jeux Olympiques) la Ville entend donc donner à cet événement d'abord et avant tout sa dimension sportive. Je pense qu'en France, au-delà de Paris, il y a une tradition maintenant pour le faire.
Ce que les gens retiennent de la Coupe du monde de football, c'est la fête populaire, c'est la communion entre nations. Ce ne sont pas les événements commerciaux qui ont pu exister d'une manière accessoire. Idem pour les championnats du monde d'athlétisme.
Je pense que l'on a acquis maintenant en France un savoir-faire pour l'organisation des grands événements sportifs mondiaux. La Coupe du monde de football, et j'en terminerai, Monsieur le Président, est le premier événement sportif mondial ; les championnats du monde d'athlétisme ont été le troisième événement mondial ; les Jeux olympiques sont le deuxième.
Je pense que l'on a fait la démonstration en France que l'on était capable d'organiser des événements sans que ce soit la foire commerciale que vous dénoncez très justement et qui a lieu dans d'autres pays et dans d'autres systèmes de valeur que ceux qui ont cours en France actuellement. Voilà.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 226.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, JS 226).