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Novembre 2016
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Conseil Municipal
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2016 DAE 250 - Communication : le schéma de développement touristique. Vœu déposé par les groupes PCF-FG et SOCA relatif aux salariés de l'hôtel Pullman-Paris Montparnasse. Vœu déposé par le groupe LR relatif au schéma de développement touristique. Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à la création d'une police touristique. Vœu déposé par l'Exécutif relatif à un soutien exceptionnel pour la relance du tourisme à Paris. 2016 DAE 40 G - Subvention (40.000 euros) et convention avec l'association "Vacances et Familles Ile de France" (93). 2016 DAE 83 G - Subvention (12.000 euros) et convention avec l'association "Can I Welcome you" (C.I.W.Y.). 2016 DAE 260 - Subvention (20.000 euros), adhésion (1.000 euros) et convention avec l’association "Acteurs du Tourisme Durable" (20e). 2016 DAE 317 - Subvention à l'association "Technopol - Techno Parade" pour la création d'un pilote pass nuit. 2016 DAE 361 - Subvention (19.500 euros) et convention avec l'Association de la Visite d'Entreprise (A.V.E.). 2016 DAE 363 - Subvention (10.000 euros) et convention avec l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Conformément à l'ordre du jour de notre séance, nous examinons une communication sur le schéma de développement touristique qui concerne le projet de délibération DAE 250 ainsi que les dossiers DAE 40 G, DAE 83 G, DAE 260, DAE 317, DAE 361, et DAE 363. La conférence d'organisation a convenu d'un débat organisé sur ce thème. Ce débat va bien sûr inclure dans les temps de parole la présentation des v?ux et avant de donner la parole aux orateurs, je vais introduire ce débat.

Mes chers collègues, année après année, Paris indétrônable, demeure la toute première destination touristique au monde, encore cette année - on ne va pas s'en plaindre -, même s'il y a des défis majeurs à relever.

Avec plus de 2.000 monuments historiques, 200 musées, 1.000 galeries d'art mais aussi 14.000 cafés et restaurants, 82 marchés alimentaires, 90 restaurants étoilés, Paris est plus que jamais la ville de l'art, de l'histoire et de la gastronomie. Paris compte parmi les destinations de shopping les plus prisées et Paris est aussi la première ville d'accueil, de congrès et de salons au monde.

Avec ses 700 kilomètres de pistes cyclables, ses 400 parcs et jardins, ses berges de Seine piétonnes, Paris s?est également affirmée comme une ville verte et douce, parce qu?aujourd'hui ces berges piétonnes sur la rive gauche comme sur la rive droite sont en fait un immense parc à l'intérieur de notre ville que nous avons créé.

Paris est depuis toujours une ville de rencontre, d'échange, de brassage, de dialogue. Depuis les premières expositions universelles jusqu'à la COP 21 et l'Euro 2016, avec sa très belle "fan zone" qui a très bien fonctionné, Paris s'est construite autour d'une puissante tradition d'accueil. Destination incontournable pour les voyageurs de tous les continents, notre Capitale demeure cette ville lumière qui inspire et séduit. Paris et sa région accueillent ainsi chaque année 47 millions de touristes.

Nous avions pris un engagement de mandature, celui d'élaborer un schéma de développement touristique pour doter la Ville pour la première fois d'une stratégie ambitieuse et concertée pour le développement du tourisme, avec l'objectif de faire de Paris la ville qui accueille le plus de visiteurs au monde, mais aussi la ville qui accueille le mieux au monde grâce à un tourisme durable et de qualité.

Je veux saluer et remercier le travail qu'a fait mon adjoint, Jean-François MARTINS, chargé du tourisme et des sports ; il n'a pas ménagé sa peine pour travailler avec les professionnels du tourisme. Je veux saluer en tribune Pierre SCHAPIRA, notre collègue, qui préside l'Office du tourisme de Paris.

Cher Pierre, c'est toujours un plaisir de te voir.

Ensemble, avec tous les acteurs du tourisme, vous avez décliné en 59 actions concrètes et opérationnelles notre stratégie. Ce schéma est le fruit de 15 mois d'un travail approfondi avec l'ensemble des acteurs du tourisme parisien réunis autour de ce que nous avons appelé le Comité de la destination Paris.

Je veux remercier, au-delà de Jean-François MARTINS et de Pierre SCHAPIRA, les 400 participants professionnels et institutionnels pour leur mobilisation et leur engagement à nos côtés. La stratégie de long terme qu'ils ont permis d'établir répond à des enjeux structurels. Elle vise à conforter notre vocation d'accueil et à soutenir une industrie vitale pour l'économie, pour l'emploi, l'attractivité et le rayonnement de notre ville.

Le secteur représente en effet près de 40 milliards d'euros de retombées économiques par an pour l?Ile-de-France et il a généré 524.000 emplois salariés en 2015.

Vous le savez, bien sûr, les attentats ont affecté la fréquentation touristique. Avec 1,5 million de visiteurs en moins depuis novembre 2015, le secteur traverse actuellement de réelles difficultés qui font peser des risques sur l'emploi. Si le schéma apporte des réponses sur la durée et constitue la garantie à long terme de la pérennité de l'activité touristique, il a également été nécessaire d'apporter une réponse immédiate.

La Ville a su réagir dans l'urgence. Nous avons mené d'importantes actions de promotion destinées à rassurer les touristes, nous avons ainsi lancé début 2016 avec le Ministère des Affaires étrangères et des partenaires privés un plan de relance du tourisme doté de 1,6 million d'euros.

Un film de promotion de Paris que nous avons diffusé a déjà été visionné par plus de 60 millions de personnes à travers le monde. Permettez-moi de remercier chaleureusement là aussi Jalil LESPERT, qui est le réalisateur et acteur, qui a fait ce film gracieusement. Je pense que lorsqu'on a la chance d'avoir aussi autour de nous des acteurs à tous les sens du terme qui se sentent engagés et motivés par leur ville, il vaut mieux les saluer plutôt que d'essayer de les freiner. Ici, nous ne freinons aucune de ces énergies.

C'est pour pallier les difficultés conjoncturelles du secteur du tourisme que nous lancerons en 2017, en lien avec l'Etat et avec la Région, un second plan massif de relance du tourisme et la Ville débloquera à nouveau 2 millions d'euros dans ce but.

Le Schéma de développement touristique doit nous permettre d'améliorer de façon structurelle et constante la qualité et la diversité de notre offre touristique. Nous conforterons les atouts de notre Capitale et déploierons une nouvelle offre permettant d?exposer au monde toute la richesse de Paris.

Nous allons continuer à sublimer les monuments emblématiques du patrimoine parisien, en aménageant un grand espace d?accueil à la Tour Eiffel et en revalorisant l?Arc de Triomphe.

Nous déploierons de nouveaux parcours de shopping, afin de soutenir nos artisans et d?affirmer la singularité de notre commerce de proximité.

Nous soutiendrons la création de nouveaux lieux pour la gastronomie parisienne au niveau métropolitain, comme la Cité de la gastronomie à Rungis.

Au "Paris Convention Center" ou à la Porte Maillot, nous investirons dans les infrastructures d?accueil des grands congrès et salons pour maintenir notre place de leader du tourisme d?affaires.

Nous développerons également de nouvelles offres touristiques, axées notamment sur la vie nocturne, la nature, la mémoire, la culture de la métropole et la métropole.

Nous créerons 7 nouvelles marques de quartier pour faire connaître des territoires moins visités, comme par exemple Montparnasse et le quartier des artistes, les faubourgs festifs du 11e arrondissement, Chinatown et le street art, le "Paris vert" de Bastille au bois de Vincennes, les canaux romantiques ou encore le "Broadway parisien" de Pigalle aux grands boulevards.

Mais nous valoriserons également nos cultures LGBT, composantes clés de l?identité parisienne. J?ai d?ailleurs à ce titre confié à Jean-Luc ROMERO une mission pour travailler cette dimension essentielle de notre développement touristique.

En lien avec les acteurs associatifs, culturels et économiques concernés, nous travaillerons aussi à la dynamisation de la Marche et la Quinzaine des Fiertés. Les Gay Games, que nous accueillerons à l?été 2018, nous permettront en outre de proposer un plan d?action pluriannuelle de valorisation des cultures LGBT.

Le schéma nous permettra d?autre part d?améliorer les conditions d?accueil des visiteurs. Nous voulons réduire les files d?attente, dématérialiser les billetteries, moderniser nos standards d?accueil, notamment linguistiques. Nous allons numériser davantage nos offres culturelles de transports dans le "Paris Passlib?".

Nous améliorerons le confort et la sécurité des touristes, grâce au plan de sécurité établi avec la Préfecture de police et aux 200 "stewards urbains" en service civique qui seront déployés sur les sites les plus fréquentés pour guider les visiteurs. Nous améliorerons également l?accessibilité des sites touristiques pour les personnes handicapées et à mobilité réduite.

Ce schéma de développement touristique prévoit également l?essor à Paris d?un tourisme durable, respectueux des habitants et des équilibres économiques, sociaux et environnementaux.

Pour que le tourisme contribue de manière positive au développement local, nous continuerons à encadrer la location des meublés touristiques et nous veillerons à la préservation de la diversité commerciale dans les quartiers.

Nous développerons encore davantage des mobilités douces et investirons encore plus dans une offre de transports en commun plus efficace. Nous accompagnerons en outre les professionnels de l?hôtellerie et de la restauration dans la conduite de projets durables.

Nous favoriserons par ailleurs l?essor de tourisme participatif et les solutions permettant la mise en relation directe des habitants et des visiteurs.

Nous ?uvrerons enfin à faire de Paris une destination plus performante, disposant de tous les outils nécessaires pour sa croissance.

Relevant des enjeux d?infrastructures, nous ferons le nécessaire pour augmenter les capacités de transports aériens et ferroviaires vers Paris, mais aussi les capacités d?hébergement avec un objectif de 14.000 chambres supplémentaires en 2020, et nous diversifierons la gamme hôtelière.

Recevoir mieux et davantage implique également de renforcer les collaborations au sein même de l?écosystème touristique parisien. Dans ce but, nous travaillons bien sûr à une réforme de l?Office du tourisme et des congrès de Paris, et à une intensification des coopérations avec le Comité régional du tourisme et Atout France. Car nous devons aller ensemble, comme nous l?avons fait d?ailleurs il y a déjà plusieurs mois au Japon avec la présidente du Conseil régional d?Ile-de-France.

Nous garantirons la pérennité du Comité de la destination Paris comme organisme collégial de mise en ?uvre de ce schéma.

Nous encouragerons aussi l?emploi dans le secteur touristique, à travers notre soutien au "Welcome City Lab", qui contient toutes les propositions innovantes, parce que c?est la première plateforme d?innovations au monde dédiée au tourisme. D?ailleurs, nous avons une coopération avec beaucoup d?autres villes dans le monde - je pense notamment à Mexico City - à partir du travail et de l?initiative du "Welcome City Lab".

Mes chers collègues, l?ambitieux schéma que je vous présente nous permettra de valoriser pleinement l?identité parisienne, diverse et singulière.

Je veux ajouter d?ailleurs que, dans cette identité, le rôle que joue notamment notre mission cinéma - je veux saluer Michel GOMEZ - est particulièrement important. Lorsqu?avec des productions indiennes, nous avons 24 millions de vues sur une présentation concernant Paris, lorsque nous soutenons et que nous accompagnons le travail fait par l?équipe de "La plus belle ville du monde" qui a produit un documentaire sur la faune sauvage à Paris, et qui montre d?ailleurs au passage combien à la fois la lutte contre les pesticides et la Seine sont un élément déterminant pour cette faune sauvage, tout cela, c?est des millions de vue dans le monde qui donnent une image extrêmement positive de notre ville.

Paris mérite bien sûr d?être connue pour ce qu?elle est réellement : une capitale moderne, cosmopolite et plus vivante que jamais.

Je veux à nouveau remercier Jean-François MARTINS et toutes les équipes de la Ville, de l?Office du tourisme, pour leur participation essentielle à la constitution de ce schéma de développement touristique. Je suis convaincue qu?il sera le catalyseur d?une dynamique touristique durable et vertueuse, fidèle aux valeurs de Paris.

Je suis convaincue aussi d?ailleurs, au-delà des clivages partisans, que cette motivation, pour continuer à faire de Paris la principale destination touristique au monde, peut être partagée. Parce que c?est de l?intérêt général de notre ville que de partager cela, de nous engager tous fermement.

D?autres pays, d?autres villes au monde ont parfois des stratégies qu?ils essayent de développer. Nous faisons, parce qu?il y a une compétition internationale, l?objet parfois d?un "bashing" - disons les choses telles qu?elles sont - à l?extérieur de nos frontières, et parfois malheureusement aussi à l?intérieur de nos frontières.

Moi, j?en appelle à chacune et chacun, ici, Parisiens convaincus, quelle que soit notre philosophie politique et notre engagement, à nous réunir tous pour relever ce défi majeur, celui du tourisme à Paris.

Effectivement, jusqu?à présent, nous n?avions pas à élaborer de stratégie particulière parce que le tourisme venait. Les événements auxquels nous avons été confrontés depuis 2015 nous conduisent cette fois-ci à présenter une stratégie de long terme, mais aussi des actions de court terme.

Je pense, là encore, que ce projet peut être un projet fédérateur pour l?ensemble des élus que nous sommes. En tous les cas, c?est dans cet état d?esprit que je présente ce projet pour notre ville à notre Assemblée.

Je vous remercie.

Je donne la parole aux premiers orateurs.

M. Jérôme COUMET, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, la mariée était sans doute trop belle, et il était de bon ton que les thuriféraires du développement économique et les parangons du MEDEF vilipendent "Paris ville musée".

"Paris ville musée", les mêmes semblaient ignorer totalement le poids du tourisme en France et à Paris : 13 % des emplois parisiens, excusez du peu, 400.000 emplois salariés du Grand Paris.

"Paris ville musée", comme si c?était un défaut que Paris soit la capitale mondiale des arts, avec ses 2.000 monuments historiques, ses 200 musées, ses 1.000 galeries d?art et ses centaines d?expositions.

Comme si les 47 millions de touristes accueillis étaient une donnée intangible et immuable.

Comme si, enfin, les cafés, les restaurants, les lieux d?animation, nombre de quartiers entiers ne vivaient pas à la fois de la fréquentation des Parisiens et de celle des touristes. Sans cette sève, Paris y perdrait énormément.

Puis il y a eu ces horribles drames, dont nous fêtons l?un des sinistres anniversaires. Ce ne fut pas sans conséquence. La menace terroriste a entraîné une désaffection très importante : un million et demi de visiteurs en moins depuis novembre 2015. Les grands musées nationaux ont perdu de 14 à 18 % de leurs visiteurs. Et pour ce qui concerne la clientèle internationale, la chute est nettement plus sévère : moins 24,8 % de touristes étrangers, et les clientèles asiatiques, américaines et du Moyen-Orient sont particulièrement affectées.

Il nous faut rassurer, promouvoir, inciter, donner envie et mieux accueillir. Et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, comme vous venez de le dire, Madame la Maire ; celles de l?Etat qui a compris que le saupoudrage n?était plus de mise, le budget destiné à relancer la destination France a été multiplié par sept ; celles de la Région, même si chacun a pu noter la communication un peu précipitée de sa Présidente et, bien entendu, les actions de la Ville de Paris avec ce plan ambitieux.

Sept groupes de travail pilotés par des professionnels du tourisme ont travaillé les six premiers mois de l?année pour élaborer ce plan en 59 fiches actions et ne nous y trompons pas. Bien entendu, il faut trouver un bon équilibre et ne pas laisser certains acteurs comme "Airbnb" faire tout et n?importe quoi, ou encore, il est nécessaire de contrôler le stationnement des cars à Paris.

Mais, je crois que, fondamentalement, ce qui profite aux touristes, profite également aux Parisiens. Réalisons que, sur l?attractivité parisienne, sur son rayonnement touristique, repose aussi toute une série d?enjeux extrêmement importants.

Prenons l?exemple de la mode, des secteurs de la couture, du prêt-à-porter, mais également des parfums, des cosmétiques, de l?horlogerie, de la maroquinerie ; ces secteurs représentent 150 milliards de chiffres d?affaires pour la France. Et qui peut croire que ce secteur n?est pas indissociable de l?attractivité parisienne, et aussi de notre capacité à accueillir la "fashion week" et les salons professionnels ?

Quand nous défendons la place de Paris dans les nouveaux secteurs, quand nous accompagnons les actions en faveur des "start-up", qui peut croire qu?il n?y a pas de lien avec le rayonnement de Paris ?

Alors, je vous le dis : pour reconquérir les c?urs, il va falloir agir. Il va falloir également oser, faire preuve d?audace et d?inventivité. N?oublions pas que 74 % des touristes sont des visiteurs qui reviennent, et il faut leur faire des propositions nouvelles et originales. Nous avons chacun notre pierre à apporter, chacun dans nos arrondissements respectifs, y compris ceux qui n?ont pas la chance d?appartenir au c?ur historique.

Et quand j?accompagne dans le 13e arrondissement la création d?un musée à ciel ouvert du "street art", quand j?essaie d?imaginer un parcours sur l?architecture et l?art contemporain, quand nous installons des lieux culturels, des lieux de sortie, des salles de spectacle ou de diffusion musicale, quand un hôtel flottant s?amarre sur la Seine, quand nous incitons à la construction de nouveaux hôtels originaux et surprenants, quand nous proposons la création de pôles commerciaux, quand nous essayons de faire valoir toutes ces actions auprès de la presse étrangère comme ce week-end auprès d?une télévision chinoise, j?ai l?impression que le 13e arrondissement participe à ce mouvement.

Que chacun, à sa place, y contribue, y compris sur des sujets comme l?accueil des salons professionnels à la Porte de Versailles ou à la Porte Maillot, ou sur l?arrivée de fondations artistiques - nous en avons parlé récemment dans un Conseil de Paris.

Nous gagnerons alors ensemble cette compétition internationale ! Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, Monsieur le Maire. C?est vrai que l?attractivité de Paris sur le "street art" est née dans le 13e arrondissement et l?on vous doit beaucoup.

Je donne la parole à M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, malgré la crise, les attentats et la concurrence des grandes métropoles internationales, Paris reste la première destination touristique mondiale.

Nous nous en réjouissons pour notre économie. En revanche, nous nous interrogeons sur le modèle économique du "toujours plus", ainsi que sur les conséquences pour la qualité de vie des Parisiennes et Parisiens, de cette course effrénée à l?attrait des touristes. On parle même d?industrialisation du secteur du tourisme.

Je ne suis pas sûr pour ma part que le modèle industriel soit le plus attractif, ni le plus glamour pour les touristes en recherche de dépaysement. Pas sûr non plus que ce modèle corresponde le plus à l?intérêt de celles et ceux qui vivent et travaillent à Paris.

Nous ne voulons pas d?une ville musée, et notamment d?un centre-ville dont les habitants ont été chassés. C?est pourtant la tendance en cours dans le centre de Paris où le 4e arrondissement voit le nombre de boutiques de produits de luxe détaxés à l?export exploser, tandis qu?il faut aller toujours un peu plus loin pour y acheter sa baguette.

Dans ces quartiers, y compris les 2 et 3e arrondissements, l?explosion de l?offre d?appartements meublés saisonniers sur des plates-formes comme "Airbnb" a depuis quelques années entraîné une baisse de la population, qui avait pourtant recommencé à augmenter depuis 2002.

L?offre commerciale s?adaptant à ce nouveau public, les familles vivent de plus en plus difficilement dans un environnement de bars, restaurants de nuit et de boutiques de luxe. Beaucoup sont contraintes de partir ou sont incitées à louer elles-mêmes leur logement et à aller vivre ailleurs.

Confrontée aux mêmes problèmes, la mairie de New York a décidé, outre le référencement obligatoire, d?interdire les locations occasionnelles de moins de trente jours sans la présence de l?hôte ; une mesure drastique dont notre ville pourrait s?inspirer.

Pourquoi ne pas privilégier un modèle d?artisanat touristique où la petite unité, la diversité de l?offre, pourrait représenter un attrait beaucoup plus grand, car moins formaté qu?une offre industrielle.

L?injonction du "toujours plus" nous interpelle, car comment concilier les impératifs de la COP 21 de réduction de notre empreinte carbone avec l?obligation dans laquelle nous serions d?accepter toujours plus de vols à destination de Paris et toujours plus de visiteurs ?

L?Europe en dix jours ? Aucun problème pour les Tours Opérateurs. Seulement, ce genre de séjour marathon est un luxe polluant, car synonyme de déplacements rapides.

Paris devrait engager davantage de partenariats avec certaines structures du mouvement dit du "slow tourisme" ou tourisme équitable, qui repose sur trois principes : le respect de la culture locale, la réduction de l?impact environnemental, la préservation des ressources et le retour au plaisir de prendre le temps de la découverte.

De plus en plus d?opérateurs développent des offres de tourisme fluvial, des randonnées, des parcours, des visites urbaines décalées, hors des sentiers battus. Ces préoccupations rejoignent d?ailleurs celles du Conseil de la jeunesse que vous avez eu la bonne idée, Madame la Maire, de consulter sur cette question du tourisme.

Les jeunes nous proposent, par exemple, de mieux développer l?offre de visite de lieux insolites, comme les catacombes, ou encore d?inciter les touristes à prendre le métro et le Vélib?, en créant une carte multimodale leur permettant d?utiliser alternativement ces deux moyens de locomotion.

L?innovation nous donnerait encore plus d?arguments pour interdire le stationnement des cars de tourisme dans l?hyper-centre, comme ceux par exemple qui stationnent le long de la Bourse et rue Réaumur, moteur allumé l?hiver pour le chauffage et l?été pour la climatisation.

Notre objectif commun est de faire de Paris une ville plus résiliente et plus inclusive, mais également plus attractive, innovante et romantique même, s?il le faut.

Prendre le temps de la découverte et effectivement se laisser tenter par la visite de lieux oubliés, méconnus, alternatifs. C?est se déplacer autrement : à vélo, à pied, en bateau, en bus. C?est rencontrer l?autre. C?est également penser la destination Paris au-delà de son centre, avec une vision métropolitaine qui connecte Paris avec le reste du territoire, dans une logique de coopération, et non de concurrence.

Ce sont des orientations, vous l?avez compris, qui dépassent la notion même de tourisme, mais ce secteur important pour Paris doit, lui aussi, participer à la transition écologique de notre ville. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Maire.

Je donne la parole au Président du groupe Communiste - Front de Gauche, M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, mes chers collègues, sur le constat, nous ne pouvons être que d?accord. Les épreuves qu?a traversées notre Ville l?année dernière ont eu un impact important sur le tourisme, nul ne le conteste.

Bien entendu, nous ne pouvons, ni ne devons être indifférents aux conséquences en matière d?emploi et de vitalité des entreprises directement liées au tourisme, comme à l?hôtellerie et la restauration. Ce sont près de 500.000 emplois qui en dépendent.

Il y a donc des raisons conjoncturelles qui font que Paris a été moins attractif pour les touristes. Les attentats n?ont pas touché simplement la France ; pensons à d?autres pays comme l?Egypte, la Tunisie ; deux pays qui ont vu fondre la manne touristique dans leur économie, du fait du terrorisme.

Dans l?économie française, francilienne et parisienne, le tourisme représente une part très importante du P.I.B., mais nous ne dépendons heureusement pas uniquement du tourisme.

Nous avons été scandalisés par les propos de M. Nicolas BAVEREZ qui a fait la semaine dernière, dans "Le Figaro", un portrait au vitriol de notre Capitale et de sa capacité d?attractivité.

Derrière l?outrance des paroles, il y a un projet de société, une ville dont les habitants ne seraient plus que des serfs corvéables à merci, ne travaillant que pour le tourisme, et quel tourisme ! M. BAVEREZ en profite pour dire que c?est le logement social, le modèle social français, les charges des entreprises qui déclasseraient notre Capitale.

Cette tribune démontre que derrière la question de l?attractivité de Paris se joue la vision que nous pouvons avoir de Paris. Nous avons sur le tourisme la même approche que nous devons avoir sur la population parisienne.

Est-ce que nous devons nous adresser à un certain tourisme d'affaires ou de luxe qui, pourtant, si l'on en croit les chiffres, ne représente qu'un tiers des touristes parisiens ou bien est-ce que nous devons nous adresser à toutes et à tous, aux jeunes, aux étudiants, et au tourisme social ?

Une ville pour toutes et tous, cela veut dire pas de zone de non-droit au logement social dans notre ville. Cela veut dire aussi de ne pas concentrer les emplois touristiques dans certaines zones. Le choix que nous avons fait en votant le P.L.U. est de mettre plus de souplesse dans la gestion de notre espace, et les investissements dans les quartiers populaires ne sont pas que la création de logements et d'équipements publics mais bien aussi des bureaux et des espaces dédiés à la réindustrialisation de notre ville, dans l'esprit qui a guidé notre M.I.E. "Fabriquer à Paris".

Le prix du foncier nous contraint, nous le savons tous, à aider et soutenir les projets d'auberges de jeunesse et de solutions coopératives qui permettent à des jeunes et moins jeunes de découvrir notre Capitale dans de bonnes conditions, sans sacrifier leur budget à l'hébergement.

Les études faites sur le tourisme à Paris convergent toutes sur un point : les touristes ne viennent pas à Paris pour y vivre les mêmes choses qu'ailleurs. D'ailleurs, vous-mêmes, en 2015, lors de notre bataille contre la loi Macron et la création des Z.E.T.I., vous écriviez au Ministre : les zones que vous projetez d'instituer relèvent le fantasme d'une ville entièrement dédiée à un tourisme consumériste et vous insistiez sur la singularité de la vie parisienne.

Les touristes viennent pour une certaine qualité de vie, pour la diversité de son patrimoine, ils viennent pour l'histoire et la culture parisienne. Ils ne viennent pas pour courir des rayons de supermarché à 3 heures du matin.

Il est intelligent de travailler à de nouvelles entrées pour un tourisme parisien qui sorte des sentiers battus et fasse découvrir un Paris pittoresque soit, mais aussi un Paris qui bouge au plan culturel et architectural. Les pistes avancées par Jean-François MARTINS sont intéressantes en ce sens.

Je le disais en début de mon propos, le tourisme est source d'emploi, sachons, et là je m'adresse aux professionnels du tourisme, ne pas céder à la facilité. Il n'y a pas de fatalité à ne vendre que des produits touristiques bas de gamme fabriqués à 10.000 kilomètres de la Seine. Relançons la création d'objets à Paris, c'est aussi un défi auquel les professionnels du tourisme devraient s'atteler. Produire y compris à Paris des objets liés à notre histoire, notre patrimoine est un défi économique que nous devons aider. Le luxe a sa place, mais tout touriste ne revient pas de Paris avec un carré Hermès ou un sac en toile aux deux consonnes enchevêtrées, n'est-ce pas ?

Je pense aussi à l'emploi direct, l'hôtellerie, la restauration, les guides et autres agences touristiques. Oui, nous devons aller vers plus d'emplois pérennes dans ce domaine. Il faut professionnaliser le secteur et ne pas avoir recours, comme le propose la Présidente de la Région, à des stagiaires. L'accueil et l'accompagnement des touristes, c'est un métier. Ne le dévalorisons pas ; au contraire, développons-le.

Pour me résumer, le tourisme doit encore croître et se développer à Paris, mais doit profiter aux Parisiennes et Parisiens et aux Franciliens et ne pas se faire contre eux. C'est à ce prix que nous verrons, comme c'est le cas depuis des dizaines d?années, cohabiter en bonne intelligence les Parisiennes et Parisiens et les touristes du monde entier.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BONNET.

La parole est à M. Jean-Bernard BROS, Président du groupe RGCI.

M. Jean-Bernard BROS. - Madame la Maire, Monsieur l'adjoint chargé du tourisme, cher Jean-François, mes chers collègues. Paris est la première destination mondiale du tourisme. Elle compte bien le rester avec les 59 actions concrètes débattues aujourd'hui dans notre Conseil.

Vous savez, pour une stratégie touristique efficace, nous devons veiller à associer l'ensemble des acteurs économiques à l'élaboration d'un agenda ambitieux et partagé.

C'est ce que fait Paris aujourd'hui en se dotant d'un schéma de développement touristique, comme le font d'ailleurs d'autres départements français. L'enjeu économique est très important pour notre territoire qui doit pouvoir s'appuyer sur un tourisme structuré, organisé et renforcé. A cette condition, nous le savons bien, le tourisme est un atout pour Paris.

C'est pourquoi mobiliser l'ensemble des leviers disponibles est un impératif, une obligation qui s'impose à nous, d'autant plus en ces temps difficiles. A nous collectivement de relever ce défi. J'insiste, c'est bien une réponse collective dont nous avons besoin.

Or ce n'est pas avec les six mesures avancées par Valérie Pécresse que nous allons relancer le tourisme. Des étudiants parlant anglais déployés sur les principaux sites touristiques et, qui plus est, sous-rémunérés. Du réchauffé et surtout un manque cruel d'ambition.

La droite francilienne fait de la communication et oublie d'annoncer des mesures concrètes qui auront un effet sur la destination Ile-de-France et donc sur Paris. Paris préfère afficher une stratégie de long terme et elle ne manque pas de coupler cette stratégie avec une action de court terme visant notamment à enrayer les conséquences des attentats et les éventuelles menaces sur l'emploi dans ce secteur.

Le tourisme est donc l'affaire de tous. C'est un secteur où rien n'est jamais acquis. De nouvelles destinations émergent, et la concurrence est forte. C'est pourquoi nous devons agir et réagir.

Nous appelons de nos v?ux un travail constructif avec la Région et l'Etat sur un plan de relance partagé, doté de moyens suffisants pour avoir un impact concret et rapide sur notre destination.

Paris a des atouts, confortons-les. Certains voyageurs viennent pour l'offre culturelle, d'autres pour la richesse architecturale de Paris et enfin, certains se déplacent pour découvrir la ville berceau des grandes marques de mode ou pour notre richesse gastronomique. De nombreuses offres variées et séduisantes sont attachées à la destination Paris. Car, oui, le nerf de cette bataille se situe du côté de l'offre et les attentes des visiteurs évoluent vite. Notre politique publique doit, dans ce contexte, être innovante, volontariste et efficace.

Les mesures annoncées dans ce schéma le sont. Je pense notamment à la capacité d'hébergement. La performance de la destination Paris repose sur des investissements dans les grandes infrastructures hôtelières.

Ces dernières années, les villes touristiques constatent le développement de l'hébergement hors hôtellerie. Ce type d'hébergement devient de plus en plus important et, sans le faire disparaître, nous devons constamment veiller à ce qu'il soit régulé.

La qualité de l'accueil est aussi un des points essentiels de l'attractivité touristique. Les points d'entrée sur le territoire comme les aéroports ou les gares sont les premiers lieux de contact avec Paris et comptent dans l'image d'une destination. Développons une stratégie adaptée, les liaisons directes vers Paris.

Mais si notre stratégie touristique doit satisfaire au plus haut niveau les touristes et représenter pour eux une expérience forte, nous ne devons pas non plus oublier nos habitants. La croissance des flux touristiques n'est pas sans conséquence sur l'environnement tant social que physique des destinations visitées. C'est pourquoi il est nécessaire de construire une stratégie touristique au service des habitants et du développement harmonieux de nos quartiers, et je crois que c'est l'engagement de l'Exécutif.

Avec ce schéma nous donnons une assise solide à ces défis et nous savons les acteurs de ce secteur audacieux, imaginatifs, créatifs pour la destination.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, cher Jean-Bernard BROS.

La parole est à Mme Catherine DUMAS, pour le groupe les Républicains.

Mme Catherine DUMAS. - Madame la Maire, vous avez raison, Paris la ville-lumière, notre Paris a toujours été la ville qui accueille le monde et l'une, sinon la première, des destinations touristiques mondiales. Oui, Paris est une ville d'art, d'histoire ; oui, Paris est la capitale de la gastronomie. Paris est également une destination shopping très prisée. Mais aujourd'hui, le tourisme est en danger. Jamais les professionnels n'ont connu une telle situation. Moins 11 % de fréquentation en 2016, un phénomène qui s'accélère depuis la rentrée, moins 20 à 30 % dans la plupart des hôtels et des restaurants, cela a été dit.

Dans le 5e arrondissement, la Maire du 5e arrondissement, Florence BERTHOUT, me signale qu'une des grandes brasseries mythiques de son arrondissement a perdu jusqu'à 40 % de son chiffre d'affaires. Le chiffre d'affaires des palaces, également révélateur, moins 35 %. En ce qui concerne le commerce, les dépenses des touristes chinois ont baissé en août de 14 % par rapport à août 2015.

Madame la Maire, tous les acteurs économiques, tous les acteurs culturels concernés le disent : il y a le feu à la maison, et ce n'est pas du réchauffé que de le dire.

Vous nous proposez aujourd'hui une communication dévoilant un schéma de développement touristique qui comprend 59 actions que vous qualifiez de concrètes et d'opérationnelles, à réaliser d'ici 2019 voire 2022 pour certaines des mesures, bien sûr. Bien sûr, nous y souscrivons, d'autant que certaines relèvent d'ailleurs de l'Etat et d'autres, d'autres acteurs que la Ville même si celle-ci y est associée.

Certes, les touristes veulent, je vous cite, des expériences uniques et bienveillantes. Certes, ils veulent un tourisme, je vous cite toujours, harmonieux, durable, voire participatif. Mais ne pensez-vous pas qu'avant tout, ils veulent une ville sûre, une ville propre. Au nom de mon groupe les Républicains, je voudrais revenir sur l'accueil et la sécurité qui sont les deux premières grandes exigences des touristes.

Nous le savons tous. La série d'attentats qui nous a frappés n'est pas la seule explication au désamour des touristes. La sécurité au quotidien dans Paris n'est pas suffisante, pour eux comme pour nous. Quand certains se font agresser devant leur hôtel en banlieue, d'autres sont la cible de pickpockets de plus en plus violents dans les transports ou encore au pied de nos monuments les plus prestigieux. Pourquoi ne pas réfléchir à une police municipale que nous appelons depuis longtemps, qui pourrait notamment répondre aux professionnels du secteur inquiets des effets de la délinquance pour le tourisme ?

La sécurité passant par l'information, pourquoi ne pas reprendre cette idée lancée par Valérie PÉCRESSE avec un grand plan pour le tourisme, en effet, d'étudiants parlants anglais, on en manque, que la Région va mettre en place qui seraient des guides volontaires.

Parlons aussi de la propreté de Paris qui n'est pas au rendez-vous, et qui revient dans les enquêtes effectuées auprès des touristes. Certes, tous les arrondissements ne sont pas traités également, mais force est de constater que vous avez échoué sur ce sujet.

Alors, oui à la ville verte que vous nous proposez, mais avant il nous faut une ville propre. Vous voyagez suffisamment dans le monde pour faire la comparaison, Paris est une ville sale.

Enfin, je ne peux pas terminer ce propos sans une nouvelle?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Soyez un peu patriote, Madame DUMAS.

Mme Catherine DUMAS. - Sans une nouvelle fois appeler de nos v?ux une vraie synergie et non pas de façade entre les institutions de la Ville et celles de la Région. Je veux parler de l'Office du tourisme et du Comité régional du tourisme. Je suis la seule élue dans cette Assemblée qui siège à la fois comme administrateur dans les deux organismes et je suis effarée par ce manque de synergie.

Pour séduire à nouveau, ils doivent unir leurs efforts, travailler ensemble dans la même direction. Pour ce faire, au-delà du travail des équipes il faut une volonté politique partagée. Nous comptons sur vous pour faire évoluer rapidement ce processus et afficher enfin un discours unitaire comme cela vient d'être fait sur le Brexit.

Un dernier mot pour vous féliciter de votre récente conversion concernant les ouvertures dominicales du commerce. C'est bien d'avoir pris en compte l'avis de 75 % de Parisiens favorables à cette ouverture, pourquoi ne pas aller plus loin avec une Z.T.I. dans tout Paris ?

Pour conclure, je voudrais vous dire que nous soutenons les projets évoqués dans votre communication, mais vous dire aussi qu'ils ne serviront à rien si l?on n?améliore pas les fondamentaux de l'image de notre ville. Ceux qui permettront de faire remonter la cote d'amour que mérite Paris, ceux qui permettront d'accueillir dans les meilleures conditions les Jeux olympiques et l?Exposition universelle à laquelle vous vous êtes d'ailleurs tout récemment ralliés.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

Mme JÉGO pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Mes chers collègues, avant de me préoccuper uniquement et sérieusement du Schéma de développement touristique Paris 2022 que vous proposez aujourd'hui, je dois vous faire part de ma surprise face à cet étrange tempo. Depuis de nombreux mois, je vous alerte à chaque Conseil sur la fragilité du secteur du tourisme et l'urgence de l'accompagner durant cette période difficile.

A chaque Conseil, vous avez réfuté mes arguments, vous abritant derrière des réponses légères, comme : "les professionnels du secteur ne licencient pas, ils envoient leurs salariés en formation". Lorsque je m'inquiétais de la baisse de fréquentation pouvant aller dans certains secteurs jusqu'à 30 %, vous vous contentiez de nier les faits et avec, il faut le dire, une certaine mauvaise foi, dénonciez un soi-disant Paris "bashing".

Au mois de mars dernier, vous n'avez pas daigné répondre à ma demande d'un plan Orsec pour sauver le secteur du tourisme. L'actualité démontre qu'il aurait été fort utile, et cela fait même l'objet d'un v?u de l'Exécutif déposé ce matin dans la précipitation.

Oui, soudain, le sujet passionne l'ensemble des acteurs concernés. Depuis une semaine, la Région, la Ville et ce matin l'État rivalisent de propositions à coups de millions qui semblaient jusqu'alors introuvables. Je vous rassure, je m'en réjouis bien entendu, mais quelle cacophonie, quel temps perdu !

Bref, revenons au plan qui nous occupe aujourd'hui, un peu à contre-courant mais peu importe.

Il est issu d'un diagnostic et d'un travail de concertation engagé avec les membres du Comité de la destination Paris.

Nous devons tout d'abord nous réjouir des atouts exceptionnels du tourisme dans la Capitale, qui font de notre ville l'une des premières destinations touristiques mondiales avec presque 50 millions de touristes en 2015. C'est un atout économique considérable et je ne peux que me féliciter que deux ans après votre élection, vous fassiez du développement touristique un axe fort de la communication municipale.

Comme le souligne le rapport qui nous a été remis, les défis à relever sont nombreux au moment où notre pays est frappé par des actes terroristes qui affaiblissent l'économie du tourisme à Paris.

Dans le même temps, le tourisme mondial est en pleine expansion, les études les plus sérieuses montrent que le nombre de touristes devrait doubler dans les 15 prochaines années, passant à l'échelon planétaire de 1 à 2 milliards.

Si ce chiffre se révèle exact, cela signifie pour Paris que la ville peut espérer doubler le nombre de ses visiteurs à horizon 2030, ce qui évidemment serait porteur d'un nombre d'emplois considérable.

Je ne rentrerai pas dans le détail du plan d'action opérationnel du schéma qui nous est proposé en 59 fiches actions dont on ne peut qu'approuver les orientations globales.

Pour être complet, il manque à votre projet un chiffrage, au moins pour la part qui concernera la Ville de Paris. Ma première question sera donc simple : combien tout cela va-t-il coûter ? Quelles sommes seront inscrites annuellement dans le budget de la Ville de Paris entre 2017 et 2022, pour mener à bien toutes les actions que vous proposez ?

En effet, si le document de communication valorisant cette nouvelle stratégie de tourisme est luxueux, il manque de précisions budgétaires. Les engagements sont intéressants, mais où est l'argent, dans une période où les contraintes financières du budget de la Capitale sont une source d'inquiétude et ne permettent pas d'imaginer qu?il existerait des mannes disponibles pour mener à bien toutes les ambitions qui sont les vôtres.

Une deuxième question se pose à la lecture de votre projet, ce que vous appelez la gouvernance de la politique touristique qui, comme vous le savez, est un gage d'efficacité et de rationalisation de la dépense publique.

Il y a quelques jours, la Présidente de la Région Ile-de-France a annoncé un plan régional de relance du tourisme auquel vous ne faites aucune allusion dans votre communication. Ma question sera simple, quand réussirez-vous à mener sur ce sujet majeur un véritable travail de partenariat avec la Région Ile-de-France, pour mettre fin à une guerre de gouvernance maintes fois dénoncée ici ?

Ce conflit permanent et improductif ayant fait l'objet, faut-il le rappeler, d'une critique sévère de la Chambre régionale des comptes dans son dernier rapport de contrôle de l'Office du tourisme de Paris.

Certes, vous allez certainement me répondre que c'est la divergence politique entre la majorité du Conseil de Paris et celle de la Région Ile-de-France qui est à la source de ce manque de concertation, mais ceci ne fera pas oublier qu'à l'époque où vous apparteniez à la même majorité politique que M. HUCHON, la plus grande incohérence régnait également au niveau de l'action touristique.

Les circonstances exceptionnelles abordées en début de propos vous obligent à sortir de ces guerres de clocher et à bâtir une stratégie touristique globale et performante portée à la fois par la Ville de Paris et la Région Ile-de-France.

La troisième question qui se pose à la lecture de votre projet concerne ce que j?appelle les fondamentaux structurant toute stratégie d'accueil de touristes à Paris, à savoir la sécurité, la propreté, et la fluidité des transports.

Autant je peux approuver la plupart des propositions que vous annoncez dans votre schéma, autant je suis restée sur ma faim sur ces trois sujets pourtant majeurs et préalables à toute autre action.

Comment imaginer faire revenir ou venir de nouveaux touristes dans notre Capitale si l'image d'insécurité prospère à travers la longue litanie des agressions plus ou moins médiatiques qui font le tour de la planète et dissuadent de nombreux touristes de venir en France ?

Les quelques lignes consacrées à cette question ne sont pas à la hauteur du défi qui est devant nous sur ce sujet. Il en va de même sur les questions de propreté, comment ne pas se souvenir de l'image cruelle des "tour opérators" nettoyant les abords du Trocadéro en lieu et place des services de la Mairie ?

Peut-être est-ce cela que vous appelez le tourisme participatif ?

Enfin, comment ne pas évoquer la circulation, chacun le sait, le vit au quotidien, Paris est devenue une ville particulièrement embouteillée depuis la fermeture autoritaire des voies sur berges, les temps de trajet ont doublé dans la Capitale, une ville aussi encombrée ne sera jamais attractive pour des touristes.

Je sais combien aborder ce sujet vous déplaît, mais il n'y aura pas de stratégie touristique gagnante sans une vraie réflexion sur la fluidité de la circulation dans la Capitale.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mme SIMONNET pour 2 minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - En 2 minutes, hélas on ne peut pas dire grand-chose, il y aurait tant à dire, notamment engager une vraie réflexion sur comment encourager un développement du tourisme tout en respectant les impératifs écologiques, car il y a là de fait une sacrée contradiction qui nécessiterait bien plus de débats que ceux que nous avons aujourd?hui.

D'autres problématiques se posent, je pense notamment à la question de l'ubérisation de la société. Je sais, Madame la Maire, que vous avez interpellé le Gouvernement sur ce problème, notamment en ce qui concerne "Airbnb".

Certes, le cadre législatif a de fait imposé que les propriétaires qui passent par "Airbnb" ne soient plus exemptés d'impôts, la Ville essaie de faire en sorte qu'"Airbnb" ne soit pas une façon de contourner et d'imposer une concurrence déloyale face à l'industrie hôtelière, et notamment n?agissent pas dans la spéculation immobilière à travers des multipropriétaires qui contournent la réglementation pour faire du 100 % "Airbnb" 365 jours par an. Avez-vous le sentiment d'avoir les moyens humains suffisants pour assurer ce contrôle-là ? Et, surtout - je crois que vous serez d'accord avec moi -, le cadre législatif contraignant n'est absolument pas satisfaisant.

Autre problématique : quelles actions la Ville peut-elle engager face aux conditions de travail épouvantables dans l'industrie hôtelière à Paris, et notamment dans les hôtels chics où il y a une surexploitation de travailleurs inacceptable ? J'ai une pensée pour les salariés de "Pullman Montparnasse", dont la fermeture programmée risque de conduire à la suppression de 650 emplois. Je souhaiterais également que l'on prenne conscience que le développement du tourisme à Paris doit se faire dans le cadre du respect de son patrimoine, de son dynamisme culturel, en veillant à la diversité du petit commerce, de son artisanat et de ce lieu artistique de création et de diffusion de la culture.

Mais, regardez, par exemple, le Marais, ce que ce quartier est devenu : l'uniformisation des grandes enseignes est une catastrophe.

Pour les deux secondes qu'il me reste, pourquoi vouloir créer une zone touristique à la Villette, "Vill?Up", un fonds commercial qui va totalement à l'encontre du discours sur la diversité du petit commerce.

Vous aviez aussi adopté un v?u concernant les guides conférenciers. Comme vous devez le savoir, leur lutte continue car le Gouvernement envisage un arrêté permettant à n'importe quel master ayant une quelconque expérience de médiation culturelle, de devenir conférencier. Cela va à l'encontre du travail exigeant, culturel que nécessitent ces professions-là.

Oui, je terminerai, Madame. Innovons dans le tourisme social, équitable, écolo-responsable, les coopératives, pour faire aussi respecter le droit du travail et la diversité culturelle de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vais à présent donner la parole à M. Thomas LAURET pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Thomas LAURET. - Madame la Maire, mes chers collègues, je veux d'abord saluer le travail de réflexion animé par Jean-François MARTINS, avec 200 professionnels du tourisme, une animation et une participation sérieuse qui permettent d'avoir une vision globale et d?avenir sur cette thématique qui est ancienne pour notre Ville. Le Schéma de développement touristique qui nous est soumis aujourd'hui met en place pour la première fois une stratégie ambitieuse et concrète pour dynamiser l'industrie du tourisme. Certains sont pour l'industrie, d'autres sont contre. Néanmoins, cela permet de créer des emplois, même si cette industrie connaît quelques difficultés depuis les attentats de l'an dernier.

En effet, les Japonais et les Chinois, comme vous le savez, délaissent quelque peu la ville la plus désirée du monde, comme aime à la nommer désormais Jean-François MARTINS, mais cela n'aura qu'un temps, j'en suis certain.

Si certains d'entre nous - les partisans de la décroissance, par exemple, que l'on a un peu entendu tout à l'heure - peuvent s'en réjouir, l'accès aux équipements culturels pour les Parisiens étant un peu simplifié, les professionnels font grise mine. Le réaménagement de l'accueil au pied de la Tour Eiffel, la création d'une villa Médicis de la gastronomie au bas des Champs-Elysées, mais aussi la stratégie qui vise à sortir de l'hyper-centre de Paris, à mettre en avant des territoires moins connus des touristes, y compris au-delà du périphérique, sont d'excellent augure.

Notre ville a la chance, par exemple, de disposer de deux bois magnifiques et de 500 parcs et jardins. Ainsi, un tourisme des bois, en tout bien tout honneur, peut être développé. Il est bon que Paris soit davantage perçue comme une destination verte et que la présence de la nature en ville devienne un attrait touristique, en cohérence avec la COP 21, et pas seulement sur la rive droite où 1.000 mètres carrés de massifs, 700 mètres carrés de pelouse vont être plantés avec le soutien financier du Ministère de l'Environnement.

Dans mon cher 16e arrondissement, par exemple, le Jardin botanique de Paris assure des missions de conservation, d'études et d'éducation dans deux sites prestigieux : le parc de Bagatelle et le jardin des serres d'Auteuil qui, je vous le confirme, est conservé malgré les extensions de Roland-Garros. Une signalétique pédagogique a été mise en place ainsi qu?un programme de visites guidées et une exposition sur les deux sites, comme dans le Parc floral et l'arboretum dans le bois de Vincennes.

Le projet vise aussi à développer 7 nouveaux quartiers touristiques : le Paris des canaux, celui des théâtres et des cabarets, le Paris des faubourgs, le "street art" et "Chinatown", cités tout à l'heure, dans le 13e arrondissement. J'aurais espéré aussi que l'on mette en place un parcours dans l'Ouest parisien, plus particulier peut-être. Ces projets offrent de belles perspectives. La ville lumière éclaire aussi la nuit. A la fin du mois d'octobre, la très sérieuse association internationale "Nightlife" a classé 4 clubs parisiens parmi les 100 meilleurs, faisant ainsi de Paris la capitale de la nuit européenne. Notre ville est très attractive. Ce Schéma de développement touristique amplifiera encore son rayonnement international. D'ailleurs, le redéploiement des effectifs chargés du contrôle du stationnement permettront - j'en suis persuadé - de renforcer la sécurité des lieux touristiques, conditions de l'attractivité de notre ville.

Hemingway disait : "Si vous avez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visités par la suite, Paris ne vous quitte plus car Paris est une fête mobile". J'avoue que, même quand on n'a pas vécu son enfance à Paris, ces mots ont un sens et résonnent particulièrement grâce à ce plan. Faisons de Paris la capitale mondiale du tourisme qui accueille le plus de touristes au monde, mais aussi le mieux au monde. Faisons de Paris une fête mobile.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur Thomas LAURET.

La parole est à Mme Sandrine MÉES pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, nous nous engageons ensemble pour construire une ville inclusive et cela implique des changements dans certaines de nos politiques publiques. Le soutien au secteur du tourisme en fait partie. A l'étude de ce schéma visant à donner des lignes directrices à notre action, on ne peut que constater que la réflexion s?axe essentiellement sur l'aspect économique. Un autre aspect est celui de la demande sociale. Plusieurs millions de Français ne sont pas partis en vacances en 2013. 21 millions de personnes n'ont pas quitté leur domicile une seule journée. Ce sont 300.000 de plus chaque année.

La Ville soutient déjà des acteurs du tourisme à vocation sociale, aussi divers qu'innovants. Nous ne le nions absolument pas. Nous allons d'ailleurs voter à ce Conseil des subventions à plusieurs d'entre eux, mais leurs activités sont peu reconnues par les acteurs traditionnels et institutionnels. Allez sur le site de l'Office du tourisme de la Ville et vous y trouverez peu de communications sur ces initiatives.

Par ailleurs, tantôt financée sur l'enveloppe dédiée aux politiques de la ville, tantôt sur celle de l'économie sociale et solidaire ou celle de la vie associative, on peine à construire une cohérence. La valorisation de ces initiatives par la Ville demeure trop timide.

Un autre sujet de vigilance - si l'on veut construire cette ville inclusive - est celui de l'accessibilité de notre ville aux personnes en situation de handicap. De ce point de vue, le projet de candidater à l'obtention du label "Une destination pour tous" peut être - nous l'espérons - un levier pour faire avancer les politiques publiques dans ce domaine. Ce label, lancé en 2013 par les Ministères en charge des personnes en situation de handicap et du tourisme, concerne les territoires ayant développé une offre touristique accessible à au moins deux des quatre formes de handicap : moteur, mental, auditif et visuel, et qui s'engagent à élargir leur offre à d'autres types de handicap. Une fois obtenu, ce label vaut pour trois ans et ne peut être renouvelé que si la collectivité a fait montre d'efforts significatifs depuis son obtention.

De fait, encore aujourd'hui, venir à Paris, y séjourner, s?y distraire, s'y déplacer n'est pas chose aisée pour les personnes en situation de handicap. Notre majorité a pris la mesure de cet enjeu et travaille à améliorer aussi bien l'accessibilité des sites que ceux des transports en commun, ou encore des équipements municipaux. Le groupe Ecologiste de Paris souhaitait, ici, mettre en lumière ce travail important et utile pour l'attrait de Paris. Paris, ville accueillante et accessible à tous, c?est ce vers quoi il faut tendre. Des initiatives prenant en compte la nécessité de préserver nos ressources, de réapprendre à voyager et à découvrir, fleurissent avec ou sans le soutien de la Ville. Il s'agit de les valoriser, de les amplifier. Nous voterons ce schéma en espérant qu?il inclura pleinement tous ces objectifs. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous.

La parole est à M. Sergio TINTI pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire.

Paris est l?une des villes touristiques les plus visitées au monde. Paris rayonne. Il faut en être fier et préserver cet atout. C'est le sens de ce schéma de développement touristique qui s'étale jusqu'en 2022. Nous soutenons ce projet de doter Paris d'une vision pour un secteur très important de son économie. C'est la première fois que Paris s'engage dans ce domaine si important pour son développement. C'est très important.

Nous sommes conscients également de la nécessité de soutenir un secteur qui connaît aujourd'hui un ralentissement important de son activité suite aux attaques terroristes que notre ville et notre pays ont connues. Vous le savez, nous militons pour un Paris pour toutes et pour tous. Au travers de sa politique sur le logement, notre Ville assure la diversité de sa population. Notre politique sur le tourisme se doit d'être en adéquation avec sa diversité, dans ses capacités d'accueil. Il faut une cohérence. Si nous devons avoir une politique précise sur le tourisme, il faut que cette politique s'adresse à toutes et à tous. Il faut que ce schéma, dans son application, révèle une dimension sociale.

Toutes les personnes désireuses de venir à Paris doivent pouvoir trouver à s?héberger et à vivre l'expérience de Paris. En famille, en couple, seul ou entre amis, Paris doit être accessible. A cet égard, la mise en place d'offres à destination des familles ou encore le développement des offres à destination des petits budgets est une bonne chose.

Nous le savons, le foncier à Paris coûte très cher. Toutefois, nous devons parmi les 12.000 chambres prévues dans ce schéma penser à toutes les bourses. C'est notamment une des propositions portées par les membres du Conseil parisien de la Jeunesse dans leur avis sur le schéma en question. Ils proposent de développer des auberges de jeunesse dans notre ville ou dans les villes limitrophes afin de permettre aux jeunes touristes voulant visiter Paris de pouvoir trouver un hébergement pour leur séjour.

Aussi, deux autres idées sont particulièrement intéressantes dans le même texte et nous les soutenons, à savoir le développement d'hébergements originaux, des campings urbains, ou encore une carte unique qui permettrait à la fois l'accès aux transports en commun mais aussi aux bornes Vélib' et Autolib'.

Les secteurs émergents que ce schéma vise à soutenir, la nuit, le tourisme vert, le tourisme LGBT, les nouveaux quartiers touristiques ainsi que l'accueil des grands événements sportifs de l'Euro 2016 jusqu'aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024, attireront nécessairement une population jeune que nous devons être en mesure de recevoir.

Nous saluons et nous nous associons à l'ambition de ce schéma d?obtenir pour Paris le label "Destination pour tous" attribué aux villes proposant une offre touristique cohérente et globale pour les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite, intégrant à la fois l'accessibilité des sites et des activités touristiques, mais aussi l'accessibilité des autres aspects de la vie quotidienne et facilitant les déplacements sur le territoire concerné. C'est très important pour le développement de notre ville.

Aussi, nous ne devons pas oublier que les personnes venant à Paris recherchent autre chose que l'expérience qu'ils peuvent connaître à Dubaï, Shanghai ou New York. Si Paris est aujourd'hui la ville la plus désirée au monde, c'est justement parce qu?elle est unique. On y vient pour son patrimoine, son histoire, pour son atmosphère et son art de vivre. On y vient pour découvrir la vie parisienne, on y vient pour ses bistrots, ses brasseries, ses terrasses, son architecture, ses musées et les offres culturelles sans pareilles, son ambiance ou ses bouquinistes, pour faire la fête aussi. C'est avant tout ce Paris que nous devons préserver et promouvoir. C?est ce Paris que nous devons développer pour les Parisiennes et les Parisiens. C'est cela qui fait la singularité et qui continuera à faire la force et l'attrait qu'exerce Paris sur les touristes du monde entier. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Sergio TINTI. Mme BÜRKLI pour le groupe les Républicains.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Une fois n'est pas coutume, je commencerai mon intervention par un remerciement. Un grand merci pour ce diagnostic exhaustif retraçant tout ce qui ne fonctionne pas en matière de tourisme à Paris. Tout y est : la malpropreté, le sentiment d?insécurité, la pollution des autocars, le manque de chambres d?hôtel, le coût de la vie à Paris, et on a même cette sensation un peu étonnante que vous découvrez via ce diagnostic notre ville. J'ai envie de vous dire : "welcome to Paris".

Sur ce sujet absolument stratégique pour notre Capitale - j'avais tiré le signal d'alarme dès juillet 2014 avant même la période tragique de 2015 - en proposant via un v?u que je redépose aujourd'hui de faire du tourisme une grande cause parisienne. Cette proposition est plus que jamais d'actualité car la Ville doit se doter enfin d'une politique touristique digne de ce nom.

Depuis 2001, jamais ce sujet n'a été abordé dans cette enceinte. Vous l'avez reconnu, Madame la Maire, vous avez sous-estimé ce secteur économique essentiel, un secteur sous-exploité, associé seulement aux loisirs comme s?il n'était pas sérieux pour un pays développé de s'en préoccuper.

Vous parlez de 15 mois de concertation, de 400 participants. Personnellement, comme maire d'arrondissement je n'ai pas été consultée sur ce schéma, maire d'un arrondissement pourtant qui abrite les grands magasins, la plus forte concentration d'hôtels 3 et 4 étoiles, le plus grand nombre de salles de spectacle privées. On aurait pu imaginer que je puisse avoir un avis sur la question et je pense aussi que l'ensemble de mes collègues maires d'arrondissement ont un avis sur le sujet.

Dans les annexes, j'ai bien pris connaissance de l'avis du Conseil de la Jeunesse sur ce schéma, mais je n'y ai trouvé ni l'avis du Comité des arrondissements ni celui du Conseil de la Nuit. Il est étonnant qu'en 15 mois vous n'ayez pas trouvé le temps de les consulter ni même de réunir nos adjoints en charge du tourisme. En tout cas, dans le 9e il y a un adjoint en charge du tourisme.

Il est étonnant aussi que dans votre plan d'action sur 59 mesures, il n?y ait que la mesure 22 où le mot maire d'arrondissement apparaisse. Surprenant aussi la quasi-absence de la Région dans votre publication. Ma collègue Catherine DUMAS a eu l'occasion de le dire, alors que depuis la loi NOTRe c?est la Région qui est désignée chef de file du territoire en matière de tourisme, la seule fois ou le mot région apparaît dans vos documents, c?est dans la fiche 54. Cela pour dire que la Ville pourrait se rapprocher de la Région pour fusionner l?O.C.T.P. et le C R T, ce n'est pas sérieux.

Relancer le tourisme à Paris ce n'est pas seulement injecter de ci, de là des milliers d?euros, c?est aussi repenser au XXIe siècle l'accueil des touristes. Reconquérir le tourisme, pas seulement leur vendre tel ou tel monument ou musée car ils les connaissent - ils viennent d?ailleurs pour cela -, c?est leur offrir une ville accueillante et un tourisme écoresponsable tourner vers l'innovation.

La facilité, ces dernières années, a été de se contenter de se dire que "Paris sera toujours Paris". Arrêtons de considérer que le tourisme est une richesse inépuisable. Aujourd'hui, nous en faisons la preuve et les frais. Le contexte national nous a rattrapés et nous prouve que nous ne pouvons plus vivre sur nos acquis et notre magnifique patrimoine. À l'inverse, que de signaux négatifs adressés par la Ville de Paris en direction du secteur touristique depuis 2014, considérant les touristes et ceux qui en vivent comme des contribuables à taxer.

Vous dites qu'il faut associer qualité de vie et tourisme, mais là encore, dans les faits vous laissez des campement s'installer dans les secteurs touristiques, vous ne soutenez pas les v?ux que j'ai déposés pour élargir les compétences en matière de sécurité des vigiles des grands magasins, tout comme vous refusez de dédier à ce quartier emblématique de Paris - 12 millions de visiteurs par an, je vous le rappelle - ce qui en fait le site le plus visité de la Capitale, une brigade de propreté comme cela existe déjà sur les Champs-Elysées.

1.000 autocars circulent chaque jour dans Paris, cela ne doit pas être une fatalité. Il est annoncé dans votre communication que dès 2016 la Ville réalisera son Schéma directeur du stationnement autocar. J'imagine donc que celui-ci sera présenté à notre Conseil en décembre. Mais peut-être que le fait que les autocaristes aient régulièrement quitté vos tables rondes a retardé l'élaboration de ce schéma.

Je vous propose à nouveau d'aller plus loin en limitant la circulation et le stationnement de ces véhicules aux grands axes avec l?interdiction d'emprunter les rues résidentielles. A moyen terme, tout est à inventer, des navettes fluviales ou électriques, des aménagements aux portes de Paris, des incitations financières pour que les taxis et les VTC fassent le choix de l'électrique, un métro qui fonctionnerait 24 heures sur 24.

C'est la maire d'un arrondissement vitrine de Paris qui s'exprime ainsi, d'un arrondissement avec une importante zone touristique internationale, mais c'est aussi l'élue et l'habitante parisienne qui est convaincue qu'aujourd'hui le principal levier qui s'offre à nous pour allier développement économique et attractivité de notre Capitale est celui du tourisme. En effet, une ville accueillante au monde est une ville qui aura au préalable fait de la notion d'accueil dans des rues propres et sûres son point fort.

Ne peut-on pas puiser dans nos ressources et imaginer que nos kiosquiers, dont l?implantation et le maillage du territoire sont importants, deviendraient nos ambassadeurs du tourisme ?

Vous qui vous targuez de promouvoir le vivre-ensemble, vous oubliez que celui-ci passe aussi par la prise en compte du secteur touristique et son meilleur accompagnement, au profit des visiteurs de Paris mais surtout et avant tout au bénéfice des Parisiennes et des Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il ne va plus rester beaucoup de temps à vos collègues, car ils sont nombreux derrière vous. Eric AZIÈRE, président du groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Madame la Maire.

J'ai deux minutes pour vous dire et dénoncer un véritable repoussoir à touristes à Paris, qui est le métro parisien.

Notre métro est sale, jonché de détritus, sur les quais, dans les couloirs. Les voitures sont sales, les sièges sont salis, les voitures sont taguées. Notre métro est pollué, les seuils d'alerte sont dépassés dans beaucoup de stations, les retards et incidents se multiplient. Le métro d'ailleurs attend toujours sa connectabilité. Je ne parle pas de l'accessibilité et de ceux qui voyagent avec une valise.

La mendicité est partout dans les voitures, sur les quais, dans les couloirs, passive, active, quelquefois agressive. Véritable Cour des miracles. On ne distingue plus les vendeurs à la sauvette des vendeurs accrédités. C'est la même chose pour les musiciens, musiciens ambulants dans les couloirs, sur les quais sans oublier les messages en toutes les langues pour justifier, signaler qu'il y a des pickpockets dans les rames ou dans la station.

Le sentiment d'insécurité dans le métro ressort de toutes les enquêtes d'opinion ; certaines stations, pas les moins touristiques, sont devenues des lieux de "deal". Ce sentiment est renforcé par la facilité et la désinvolture avec laquelle les fraudeurs sautent allègrement les tourniquets et barrières du métro devant les yeux arrondis par l'étonnement des touristes qui achètent, eux, leurs tickets. Je n'insiste pas sur une signalétique approximative, que ce soient pour les sorties, les plans de quartier ou les correspondances. Tout cela, je le constate comme tous ceux qui prennent le métro au moins 4 fois par jour. J'ai quelquefois envie de m'excuser quand je lis dans les yeux de nos touristes l'amusement, l'étonnement ou l?effroi. Le métro parisien dans le souvenir des touristes étrangers n'est pas un atout pour Paris. Il faut changer cela. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Revenons à l'amour de notre ville.

Rémi FÉRAUD, Président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, je voudrais tout d?abord vous remercier, Madame la Maire, ainsi que Jean-François MARTINS, pour la qualité de cette communication sur le tourisme, dont nous débattons aujourd?hui. Il serait bien que notre débat soit lui aussi d?ailleurs de qualité, parce que c?est un sujet crucial pour Paris, première destination touristique mondiale.

Sujet qui demande à être traité de façon pragmatique, en anticipant les grandes tendances, et en même temps en corrigeant les effets conjoncturels. Et dans nos débats, nous avons souvent tendance à confondre les deux.

C?est ce que fait le plan que vous nous soumettez, qui a d?ailleurs été conçu en concertation avec les professionnels du secteur, et je remercie Jean-François MARTINS d?avoir associé notre groupe à sa préparation.

Rappelons que Paris accueille 47 millions de touristes chaque année, dont une majorité d?étrangers, emploie plus de 400.000 personnes à l?échelle du Grand Paris, dont près de la moitié sont des Parisiens intra-muros. Cela représente 13 % de nos emplois. La croissance du secteur touristique est estimée à 4 % par an et nous devons tout faire, à la fois pour profiter de cet essor face notamment à la concurrence d?autres villes européennes et pour inverser la tendance négative qui s?est installée à la suite des attentats de 2015.

Je veux saluer les mesures d?ores et déjà prises par la Ville, notamment en promouvant son image. Les films publicitaires ne sont pas seulement anecdotiques, ils participent de cette image de Paris dans le monde.

Le plan que vous présentez développe des actions indispensables pour améliorer la qualité d?accueil des touristes également, avoir une offre qui soit plus innovante. C?est veiller aussi à un équilibre harmonieux entre les Parisiens et les visiteurs, car cette question qui est revenue dans certaines interventions, est évidemment importante.

A l?instar du "Welcome City Lab", nous devons en effet chercher à réinventer aujourd?hui une offre touristique, peut-être parfois trop traditionnelle, en misant sur l?innovation notamment technologique.

Nous devons faciliter la venue de nouvelles clientèles touristiques, comme d?autres villes européennes l?ont fait : des clientèles désireuses de découvrir la nuit parisienne, le tourisme LGBT, sujet sur lequel la Maire a confié une mission Jean-Luc ROMERO. Mais c?est aussi le tourisme de mémoire, comme le parcours proposé par le groupe UDI-MODEM sur la Révolution française, ou bien la valorisation de nouveaux quartiers touristiques pour mettre en valeur tous les territoires de Paris.

Paris doit être aussi une ville toujours plus attractive, notamment grâce à la politique volontariste que nous menons pour améliorer la qualité de vie et lutter contre les pollutions.

Nous savons tous que le critère environnemental est aujourd?hui devenu crucial dans les destinations touristiques, qu?il participe à l?image de la ville et que la création des voies sur berges piétonnes, que nous avons votée, concoure bien entendu à mettre en valeur les quais de la Seine, patrimoine mondial de l?UNESCO, et donc à développer l?attractivité touristique de la ville.

S?il reste encore des élus sur ces bancs - je l?ai entendu tout à l?heure - qui pensent que la bagnole est synonyme d?attractivité touristique, ils se trompent. Contrairement à ce que nous entendons, c?est cette lutte contre la pollution qui renforce l?attractivité de la ville. Les deux ne s?opposent absolument pas.

Puis le plan présenté par la Municipalité détaille également d?importantes avancées en matière de fluidité des visites, de dématérialisation, comme de sécurité, Monsieur AZIÈRE.

Je sais que Colombe BROSSEL travaille en lien avec la Préfecture de police pour élaborer un plan de sécurité spécifique aux touristes, que c?est un enjeu crucial, qu?il ne peut pas être abordé avec le slogan de la police municipale, notamment sur les sites qui sont très fréquentés par les touristes ou les gares parisiennes.

Nous avons besoin de sérieux sur ce sujet lorsque nous l?évoquons. Nous avons besoin de défendre aussi l?image de Paris. Et puis nous avons besoin de professionnels formés pour accueillir les touristes et bien les orienter, ce que propose d?ailleurs le plan avec notamment les services civiques. Je ne crois pas que nous ayons besoin de stagiaires sous-payés, comme je l?ai vu présenter récemment ; ce ne sont pas des solutions pour répondre aux enjeux qui sont devant nous.

Je voudrais aussi insister sur un dernier point soulevé dans ce plan qui est le développement nécessaire de l?hébergement. Paris et sa proche couronne ont besoin de 14.000 chambres supplémentaires d?ici 2020. Nous travaillons à la diversification de l?offre hôtelière, notamment en direction de la jeunesse, mais aussi à la régulation des hébergements entre particuliers qui peuvent constituer un véritable problème dans certains quartiers, qui contribuent à tendre le marché locatif pour les Parisiens et sont parfois une concurrence déloyale pour l?hôtellerie.

Il faut là aussi saluer le volontarisme de la Municipalité parisienne vis-à-vis des professionnels de ce secteur, afin que chacun puisse tirer parti d?une évolution, certes, utile mais qui doit rester maîtrisable. Comme d?autres villes européennes et mondiales, il faut désormais continuer sur cette voie, afin justement de maintenir un équilibre à la fois économique et dans la qualité de vie de l?ensemble de la ville.

On le voit, la question du tourisme touche en réalité à tous les aspects de la vie de Paris. En cherchant à développer et à améliorer sa qualité, nos participants rendent notre ville aussi plus forte, plus agréable à vivre et au bénéfice de tous.

Si je n?avais qu?un mot à dire de conclusion, c?est que comme élu parisien, et dans un contexte qui est celui d?aujourd?hui avec une vraie difficulté conjoncturelle liée à la menace terroriste et aux terribles attentats que nous avons vécus, nous soyons tous, au-delà des divergences politiques et parfois des divergences de projets, de véritables défenseurs de Paris comme destination, comme ville, comme notre ville.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, cher Rémi FÉRAUD.

M. LELLOUCHE avec 5 minutes 15 pour trois orateurs de son groupe, donc vous vous débrouillerez.

Monsieur LELLOUCHE ?

M. Pierre LELLOUCHE. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Je vais faire très court.

Je voudrais dire à M. FÉRAUD, ainsi qu?à vous, Madame, que faire un point critique malheureusement sur la réalité de la situation à Paris n?est pas faire preuve de manque de patriotisme. Cela n?est pas être un mauvais défenseur de la Capitale. Je crois que nous sommes tous attachés au rayonnement de notre ville mais il y a des jugements différents sur les causes de l?effondrement du chiffre d?affaires qui peut atteindre 40 %. Je suis député de quatre arrondissements qui sont au c?ur de l?industrie touristique à Paris et partout où l?on va, le constat est vraiment très inquiétant.

Il y a évidemment à la base cette affaire des attentats qui, comme en Afrique du Nord dans plusieurs pays, a eu un fait dévastateur sur l?économie touristique. Mais il y a aussi, Madame la Maire, je vous le dis très simplement et ne voyez pas là d?attaques personnelles, je résumerai cela, si vous voulez bien m?entendre, en trois lettres S-I-R : saleté, insécurité, Roms.

Ne dites pas oh ! Parce que c?est la réalité.

Saleté parce que vous avez des quartiers entiers qui sont insupportablement sales. Dans le Triangle d?or, aux Champs-Elysées où il y a énormément de touristes, je vous assure que la situation de la propreté est insupportable. Il en va de même à proximité des grands magasins et dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés où je me promenai hier après-midi.

Ecoutez, apprenez un tout-petit peu à respecter l?opposition, s?il vous plaît !

Deuxièmement : l?insécurité. J?ai la liste, Madame - je vous la communiquerai - des braquages des joailliers, des grandes enseignes de mode. C?est invraisemblable le nombre d?attaques qu?il y a. Des gens se font piller.

Quand vous avez trois stars de cinéma américain qui sont pillées à Paris, ne vous étonnez pas que cela ait un impact dévastateur sur le tourisme international.

Quand vous avez des Chinois et des Japonais, des Asiatiques qui sont systématiquement dépouillés, ne vous étonnez pas si vous avez un problème de chute de la fréquentation des Asiatiques et des Américains à Paris qui se chiffre à moins 40 %, moins 30 %. On a des notes de l?ambassade de Chine et du Japon qui se plaignent de l?insécurité de leurs ressortissants à Paris. C?est la réalité.

J?en viens maintenant à la question des Roms. J?ai vu des enfants hier, des familles entières. Là, vous distribuez une brochure sur l?exploitation des enfants, c?est gentil de distribuer des brochures à l?entrée du Conseil de Paris, mais qu?est-ce que vous faites pour les enfants qui sont en train de crever de froid dans la rue et que je vois tous les jours dans mon quartier, que j?ai vu encore hier partout dans Paris en me promenant. Tous les 100 mètres, vous avez ça !

Quand vous êtes arrivés après l?alternance, la première chose que vous avez faite a été d?enlever l?arrêté anti-mendicité. Aujourd?hui, la police ne peut même plus enlever ces gens du trottoir. Donc ni la police ne s?en occupe, ni la Ville ne s?en occupe, ni personne ne s?en occupe.

Vous êtes en train de laisser perdurer sur nos trottoirs des situations humaines insupportables et une image de la ville scandaleuse. Je vous accuse de ne pas aimer Paris. Je vous accuse de torpiller son image.

Voilà ce que vous faites et vous publiez des brochures. C?est scandaleux ! Voulez-vous que l?on aille voir les enfants dans la rue ? Montrez-moi ce que vous faites ! Laisseriez-vous vos gosses dans la rue ? Voilà mes deux minutes, Madame la Maire.

Je considère que ce débat est une vaste plaisanterie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il y en a qui se font du mal tout seul. On continue. Je crois que nous allons poursuivre, mais M.LELLOUCHE, quand il vient au Conseil de Paris, il faut que cela se voit, parce qu?il n?est pas toujours là non plus.

La parole est à M. Eric HÉLARD pour le groupe UDI-MODEM et sur le tourisme, s?il vous plaît.

M. Eric HÉLARD. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, personne n?en a parlé, mais au moment où nous examinons le schéma de développement touristique de la Ville, Manuel VALLS va présider un comité interministériel tourisme, qui ne s?était pas réuni depuis treize ans. C?est vous dire la gravité de la situation.

Dans un contexte marqué en effet par une baisse moyenne de 8 % des arrivées internationales en France depuis le début de l?année, et par un recul plus marqué dans la Capitale, la réunion de ce jour va, nous l?espérons, permettre d?annoncer des nouveaux moyens pour permettre de retrouver une dynamique positive, mais il faudra des mesures choc.

Certes, on l?a dit, les attentats dramatiques que nous avons subis ont contribué à faire fuir de nombreux touristes, mais il ne faut pas se voiler la face, il y a longtemps déjà que ce que j?appellerais en la circonstance la problématique parisienne de la sécurité au quotidien a contribué à amorcer?

On ne peut pas continuer ??

Mme LA MAIRE DE PARIS. - ? Laissez notre collègue Eric HÉLARD, qui n?a rien à voir avec ce qui vient d?être dit, poursuivre son propos.

Eh oui, nous souhaitons une bonne après-midi à M. LELLOUCHE !

M. Eric HÉLARD. - Je reprends, après cette petite récréation.

Je disais donc qu?il ne faut pas se voiler la face malgré tout, il y a longtemps que la problématique parisienne de la sécurité au quotidien a contribué à amorcer une décrue lente, mais certaine, de l?image internationale de la Capitale.

La clientèle asiatique, qui est aujourd?hui au c?ur des préoccupations des pouvoirs publics, enfin, en est l?illustration la plus parfaite : fort pouvoir d?achat, beaucoup de liquidités, shopping de produits de luxe, autant d?attraits pour le banditisme. La proposition de renforcement des caméras de vidéosurveillance à Paris annoncée dans la presse aujourd?hui va dans le sens d?une demande que nous faisons de longue date. Elle répond à l?enjeu de sécurité, centrale pour les touristes, et doit concerner prioritairement les aéroports, les sites touristiques, les hôtels de luxe. Je salue donc le réalisme de la décision du Gouvernement en la matière.

Deuxièmement, il faut créer à Paris une brigade touristique de plusieurs centaines d?agents - c?est l?objet du v?u que je défends - c?est-à-dire une unité spéciale de la Brigade anti-incivilités de la Ville, qui sera compétente pour l?information et la prévention des atteintes à la tranquillité des touristes.

Elle devrait être très facilement identifiable des touristes, composée d?agents parlant au minimum l?anglais. Elle patrouillera exclusivement aux abords des sites touristiques les plus fréquentés et interviendra en support des brigades mobiles de la Police nationale, ce qui devait être annoncé aujourd?hui par le Gouvernement.

La Ville ne peut rester inerte face à un phénomène qui nuit à sa réputation internationale. J?espère que vous y apporterez une réponse favorable complémentaire à celle relative au déploiement de commissariats mobiles au sein des sites touristiques les plus fréquentés.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur HÉLARD, pour vos propositions. Il reste une minute trente pour deux orateurs les Républicains. Monsieur HODENT ?

M. Thierry HODENT. - Merci, Madame la Maire.

Je vais essayer de laisser quelques secondes à Alexandre VESPERINI et je vais aller vite.

J?avais prévu de vous parler de beaucoup de choses sur le 7e arrondissement, sur la Tour Eiffel, sur les musées, etc. On fera comme si on l?avait dit. Je voulais juste revenir sur l'importance de tous ces lieux touristiques pour le 7e, nous avons quand même dans le 7e arrondissement 50.000 visiteurs par jour, ce qui est à peu près la taille de l?arrondissement. On double donc l?arrondissement tous les jours grâce aux touristes. C?est pour nous fondamental.

Ces lieux génèrent de l?activité pour tous nos restaurateurs, nos hôteliers, mais aussi hélas, il est le théâtre d?incivilités, de ventes à la sauvette, de vol à la tire, sans oublier en ce qui nous concerne sur la Tour Eiffel, les "tuk-tuk" et les "pousse-pousse", qui fleurissent dans l?arrondissement et qui génèrent une pollution pour tous les habitants.

Je rappellerai également que le 7e arrondissement est très concerné par "Airbnb", qui en fait ses choux gras, puisque beaucoup d?appartements autour du Champs de Mars sont loués via "Airbnb" ; ce qui fait une concurrence non négligeable vis-à-vis de nos hôteliers.

Enfin, le 7e arrondissement vit principalement, en dehors des Ministères, du tourisme ; l?action touristique de la ville est donc fondamentale pour notre arrondissement et l?on ne peut que soutenir tout ce qui sera fait pour aider le tourisme dans Paris et dans le 7e arrondissement.

Je vous remercie. Je pense qu?il reste quelques secondes pour Alexandre VESPERINI. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Dix secondes, Monsieur VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Dix secondes, merci, Madame la Maire, vous êtes trop bonne !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, c?est votre collègue M. LELLOUCHE qui est très bon.

M. Alexandre VESPERINI. - Oui, il est très bon, je le remercierai également, ne vous inquiétez pas.

Simplement, pour regretter l?absence de votre adjointe chargée du commerce, de l?artisanat : où est-elle ? Du monde forain, également. Je pense que toutes ces professions, dont vous vous faites les grands défenseurs dans votre projet de délibération, apprécieront son absence qui est, je crois, assez brillante de ce point de vue-là.

Je la regrette, je ne suis pas le seul à mon avis, pas seulement à droite d?ailleurs.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Les dix secondes étaient utiles ! C?était formidable.

Je donne maintenant la parole pour vous répondre à Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Merci à tous les orateurs qui se sont penchés sur le contenu de ce plan et qui ont fait un certain nombre de propositions.

Merci rapidement aux professionnels industriels, pas forcément industriels productivistes - je rassure M. BOUTAULT. C?est une industrie au sens où il y a un certain nombre d?acteurs économiques qui travaillent sur un seul et même sujet touristique, même si tout cela peut se faire avec une somme de micro-entreprises, d?artisans. Tout cela n?a pas besoin d?être une grande usine, lorsque l?on emploie le mot "industrie", dans ma bouche, c?est effectivement une stratégie industrielle que nous avons pour le premier secteur économique de Paris : savoir quelles offres, quels produits, quels leviers d?innovation, quels enjeux d?infrastructure nous avons, pour répondre à l?objectif non malthusien - et c?est peut-être sur ce point que nous divergerons - de continuer à faire progresser le nombre de touristes, un objectif de plus 2 % par an et, en même temps, d?améliorer la manière et la qualité avec lesquelles on les accueille à Paris.

Vous l?avez tous signalé et souligné. Le tourisme à Paris connaît une période difficile et c?est pourquoi nous tentons de faire face aux deux enjeux.

Le premier est un enjeu conjoncturel. Les attentats que nous avons connus cette année à Paris, mais aussi à Bruxelles et à Nice, ont évidemment durablement endommagé la réputation de la destination et l?inquiétude des visiteurs. C?est pourquoi nous devons engager des moyens supplémentaires ; Mme JÉGO fait semblant de ne pas les avoir vus, mais les 1,8 million que nous avons mis en ?uvre avant l?été en matière de promotion touristique et les 2 millions supplémentaires, ainsi que l?accompagnement à l?emploi pour les structures de tourisme qui rencontreraient des difficultés, notamment de trésorerie en cette fin d?année, ces 2 millions supplémentaires iront très directement, avec, chère Madame DUMAS, les 2 millions d?euros de la Région, à parité avec l?Etat, à qui nous demanderons 4 millions d?euros pour un plan de promotion de 8 millions d?euros en 2017, c?est-à-dire un effet de levier en promotion touristique très immédiat, pour faire revenir les touristes immédiatement à Paris. Cela n?attendra pas et c?est la manière de faire face à l?enjeu extrêmement conjoncturel.

Vous savez cependant que l?une des métaphores qui sied si bien à Paris, c?est celle d?être une nef voguant sur les flots. Si nous voguons en ce moment par gros temps et que nous devons traverser des tempêtes, nous le faisons. Avec ces 8 millions d?euros d?investissement en promotion, il faut qu?après la tempête, le cap ait été fixé et que, malgré la tempête, nous continuions à aller quelque part.

Ce quelque part, c?est 2022, avec la vision collective. Il est important qu?elle soit collective, parce que parmi toutes nos politiques publiques, le tourisme a la spécificité de ne pas être majoritairement administré par du service public.

Le touriste est amené à Paris par une compagnie aérienne, privée, par une compagnie ferroviaire, parfois publique ; puis il est accueilli dans un hôtel, qui est une entreprise privée. Il prend ensuite un taxi, qui est un artisan privé. Puis il va dans un restaurant, lui-même une entreprise privée. Et par conséquent, pour que nous offrions la meilleure expérience touristique possible, cela dépend évidemment de ce qui est de notre responsabilité - certains l?ont souligné et je vais y revenir - mais aussi que toute la filière du tourisme à Paris, professionnelle, partage cette même ambition, ce même cap, celui d?accueillir le plus de touristes à Paris, mais aussi de les accueillir au mieux.

Mme BÜRKLI appelle de ses v?ux une stratégie pour le tourisme à Paris. Madame BÜRKLI, j?attire votre attention sur le fait que c?est ce dont on parle spécifiquement aujourd?hui : une stratégie pour le tourisme à Paris, et en matière touristique, il n?y a pas de baguette magique. Il n?y a pas la bonne idée du matin en se disant que tout va fonctionner.

C?est un travail fastidieux, précis, opérationnel, parfois visant à identifier sujet par sujet. En ce qui concerne les infrastructures avons-nous la capacité d'accroître les flux de transport ? Avons-nous la capacité d'augmenter nos capacités d'accueil hôtelières pour faire face à un afflux de tourisme que nous espérons ? Avons-nous l'offre de restaurants, de culture, de patrimoine, de shopping qui correspond aux évolutions de tendance des touristes ? Ce sont toutes ces questions que nous avons voulu traiter et connaître, pas seulement investir sur les aéroports, les gares, les centres de congrès et d'affaires.

Je tiens à rassurer Nicolas BONNET-OULALDJ, le tourisme d'affaires n'est pas le grand capital qui se réunit dans une crypte pour décider comment ils vont manger des ouvriers au petit-déjeuner, le tourisme d'affaires, ce sont? Non, n'applaudissez pas juste pour cela, applaudissez-moi pour le reste de mon ?uvre ! Le tourisme d'affaires, Monsieur BONNET-OULALDJ, ce sont des congrès salons comme le Salon des vignerons indépendants, le Salon du chocolat, "EquipHôtel" en ce moment, c'est-à-dire 100.000 hôteliers de la France entière qui viennent choisir leurs produits et échanger.

Donc, ce n'est pas le tourisme d'affaires que le tourisme du méchant business tel que, j'imagine, vous le conceviez, c'est 40 % de nos nuitées, la dépense moyenne la plus importante, et une place de leader mondial pour Paris qui fait vivre, je sais que vous y êtes attaché, Monsieur BONNET-OULALDJ, du "Fabriquer à Paris" parce qu'il n'y a pas plus grande industrie fabriquée à Paris que le tourisme, industrie non délocalisable, avec de l'emploi non qualifié, de l'emploi qualifié, des jeunes, des femmes, des hommes, c'est donc un très beau secteur en matière d'emploi non délocalisable auquel je sais que vous serez attaché.

Cette stratégie, qui part d'abord de nos infrastructures et de l'offre, est évidemment lucide sur ceux qui sont nos atouts. Je veux le dire, j'entends çà et là et je vais répondre à ceux qui sont peut-être nos faiblesses aujourd'hui, n'oublions pas, M. COUMET l'a signalé, que 74 % des touristes à Paris sont ce qu'on appelle des "repeaters", excusez-moi pour cet anglicisme, des gens qui reviennent à Paris. Si 74 % des touristes à Paris sont des "repeaters", c'est que l'expérience ne doit pas être si terrible que cela.

Si l'enquête de satisfaction faite par le Comité régional du tourisme, et pas par moi, dit que, dans les aéroports, quand ils reprennent l'avion, dans les gares, on en interroge 50.000 par an, le taux de satisfaction de l'expérience de visite est de 93 %. Cela ne veut pas dire qu'on n'a rien à améliorer, mais que peut-être la Tour Eiffel, nos restaurants, les Champs-Elysées, les grands magasins, nos musées, notre politique commerciale, notre politique culturelle ne sont peut-être pas si mauvaises s'ils repartent si satisfaits que cela.

Je vais répondre à M. AZIÈRE et au groupe les Républicains sur un certain nombre de sujets qui sont probablement des pistes d'amélioration, mais je nous invite tous à la modération, les touristes repartent majoritairement satisfaits de leur visite à Paris. Et quand j'entends M. LELLOUCHE qui dit - il faut écouter ce qu'on dit - les Chinois se font systématiquement voler, ils sont 800.000 à venir à Paris. Systématiquement chaque Chinois qui vient à Paris repart sans son portefeuille.

Essayons de faire preuve de modération, de lucidité et de calme pour traiter les problèmes tels qu'ils doivent être traités, comme la question de la propreté. Nous sommes une ville extrêmement dense. Dans la 5e ville la plus dense du monde, vous rajoutez 24 millions de visiteurs en plus dans un espace public très saturé et qui viennent évidemment produire tout ce que l'activité humaine produit. Cela demande évidemment des efforts supplémentaires. Mao PENINOU les avait déjà engagés dans le plan Propreté et le plan "Zéro déchet", ils sont confirmés dans ce schéma touristique avec des renforcements de brigade sur les lieux très fréquentés, Tour Eiffel, Montmartre, Champs-Elysées en particulier.

Je rappelle ici qu'on est la ville touristique qui possède le plus de poubelles dans l'espace public, le plus de sanisettes et on en rajoute dans ce plan, gratuites qui plus est, et qu'enfin évidemment le déploiement de la brigade de lutte contre les incivilités va apporter une amélioration sur ces questions car, en termes d'équipements, on peut encore rajouter des poubelles de rue, rajouter des sanisettes, mais évidemment c'est une question de comportement sur laquelle la Brigade des incivilités est appelée, dans les quartiers de Paris des Parisiens comme dans les lieux les plus touristiques, à lutter contre les jets de détritus dans l'espace public, les épanchements urinaires sur les portes cochères et tout ce qui rend pénible certains quartiers de Paris mais sur lesquels on doit être lucide et, en même temps, avec une volonté de progrès indéniable.

Sur la question de la sécurité je laisserai le Premier Ministre annoncer ce soir, car la sécurité à Paris est de sa responsabilité, des mesures supplémentaires à l'issue du Comité interministériel pour la sécurité. Mais depuis janvier 2015, depuis les terribles attentats à Charlie Hebdo, re-notons, près de 6.000 personnels supplémentaires dans le cadre du déploiement de "Sentinelle" qui, au-delà de la question de la menace terroriste, a un effet extrêmement dissuasif sur la petite délinquance aux abords notamment de la Tour Eiffel et du Champ-de-Mars sur lesquels on a une baisse du vol à la tire et du vol avec violence. Là encore, elle existe, et je ne nie pas ni le fait que des starlettes très peu protégées se fassent voler leurs bijoux à Paris, je le regrette et la Maire de Paris a eu l'occasion de lui adresser toute sa sympathie et nos regrets, mais objectivement les chiffres sont à la baisse sur la petite délinquance.

Il faut continuer à progresser, on doit pouvoir progresser, là encore, avec l'Etat, la Préfecture de police, le plan sécurité des touristes qui dépend à la fois de l'effort de police mais aussi de l'effort de l'appareil judiciaire et du Parquet. Je veux dire, au groupe UDI-MODEM, qu'évidemment cette question de police touristique peut paraître séduisante sur le papier, cela peut paraître une bonne idée, mais le gros des réseaux de petite délinquance touristique au Louvre sont des réseaux de droit commun, du crime en bande organisée, qui dépasse largement le petit tourisme et qui a besoin du coup d'une approche globale et pas spécifiquement liée au tourisme.

C'est pourquoi on croit plus dans la coopération police-justice-Ville de Paris sur ces sujets que de créer une micro brigade qui, du coup, n'aurait pas les moyens de remonter la chaîne de ces trafics et donc de les démanteler. Vous pouvez arrêter un petit voleur ou un petit délinquant, si vous ne faites que cela, le lendemain, ils sont deux de plus. Si on ne traite pas le démantèlement des réseaux, on n'y arrivera pas. Tout cela pour dire qu'une fois que ces sujets sont adressés avec lucidité, que notre offre et nos capacités structurelles sont améliorées pour accueillir plus de touristes, évidemment, nous devons le faire en ayant le souci du développement de notre ville vis-à-vis de ses habitants. Je ne veux pas que Paris devienne Barcelone où il y a eu des manifestations d'habitants contre le tourisme et à juste titre. Je veux dire ici qu'au-delà du tourisme, c'est une politique municipale menée par l'ensemble des adjoints.

Quand vous voyez ce que fait Ian BROSSAT justement dans le centre de Paris contre les meublés touristiques pour maintenir du logement social, ce que fait Olivia POLSKI ou la S.E.M.A.-EST en matière de diversité commerciale, c'est un combat que nous menons. Et comme certains d'entre vous, M. BOUTAULT et Mme SIMONNET ont mentionné, dans le 4e arrondissement, il y a des combats locaux, le Maire d'arrondissement a permis la réinstallation de deux librairies dans le 4e arrondissement, ce n'est pas qu'une politique touristique, c'est le volontarisme global de cet Exécutif et de cette majorité pour que les quartiers du Centre de Paris restent des quartiers d'habitation grâce à une politique du logement et une politique commerciale, mais aussi grâce à une politique touristique.

Excusez-moi d'avoir été un peu long. Je termine sur les avis et v?ux avec un avis favorable au v?u du PC relatif aux salariés de l'Hôtel Pullman parce que ce n'est pas la première fois qu'un grand hôtel est l'occasion d'une grande rénovation et que cela fait l'objet, dans ces cas-là, d'un plan de sauvegarde de l'emploi, ce qui avait déjà été le cas sur le "Pullman" de La Défense et le Sofitel, avec les négociations qui ont été entamées le 13 septembre dernier et qui doivent s'achever d'ici la fin de l'année pour les 517 salariés et les 150 salariés en sous-traitance avec un plan de sauvegarde de l'emploi, prioritaires à l'embauche sur les autres hôtels franciliens du groupe ACCOR puisque "Pullman" appartient à ACCOR, le reclassement dans le parc hôtelier du groupe en France avec des propositions et une aide à la mobilité, et enfin un plan de départs volontaires avec indemnisation pour ceux qui ne trouveraient pas, dans les opportunités précédentes, une solution. C'est pour cela qu'on émettra un avis favorable pour continuer à maintenir la pression sur ce sujet.

J'ai émis un avis défavorable sur le v?u UDI-MODEM sur la police touristique tout en disant que le plan sécurité des touristes avec la Préfecture de police doit continuer à exister, mais dans le cadre de la police de droit commun contre la délinquance de droit commun. Il n'y a pas de délit touristique, il n'y a pas un vol à la tire sur touriste, il y a un vol à la tire et il doit être traité, qu'il s'agisse d'un Parisien ou d'un touriste.

Madame BÜRKLI, votre v?u proposant une grande cause parisienne, il n'y a pas besoin de le faire, ce plan de 59 actions concrètes, une perspective à 6 mois, 2 millions d'euros conjoncturels immédiats pour la relance du tourisme suffisent à eux seuls à prouver la mobilisation de l'ensemble de l'Exécutif parisien sur le sujet et donc, comme je suis sur une position de modération des grandes causes pour que chacune garde de la valeur, j'émettrai malheureusement un avis défavorable sur votre v?u.

Enfin, je crois que c'est tout sur les avis donnés aux v?ux.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous Jean-François MARTINS. Merci à toutes celles et ceux qui, dans ce contexte extrêmement difficile, portent notre ville, cette image. Bien sûr que les critiques sont nécessaires, elles permettent d'avancer et de progresser. Mais il faut que chacun ait vraiment conscience du moment que nous vivons et de la façon dont est instrumentalisée la situation parisienne.

Il se trouve qu'on fait l'objet, dans certains médias, je pense notamment outre-Atlantique, d'un "bashing" de Paris qui n'est pas totalement innocent non plus, qui est une réponse sans doute au fait que nous soyons un pays qui a empêché l'accord transatlantique d'avancer. Il y a sûrement des raisons à tout cela. En tout état de cause, ayez conscience que toute parole portée ici a des répercussions là-bas.

Je veux bien qu?effectivement on nous dise, on nous explique qu'il y a à améliorer la propreté, je le dis tous les jours et on y travaille tous les jours. Vous n'en doutez pas puisque l'on passe par ce Conseil, avec des moyens supplémentaires, avec une organisation différente, les Brigades de lutte contre l?incivilité, qui sont autant de réponses qui apporteront effectivement des solutions au quotidien des Parisiens.

Mais moi j'aimerais que vous soyez tous aussi exigeants avec certaines autres villes dans lesquelles on ne parle jamais des méthodes qui ont été inventées ailleurs. Les méthodes consistant, effectivement, à braquer des stars dans leur demeure, les méthodes consistant à braquer des voyageurs sur l'autoroute, ce n'est pas à Paris que cela a été inventé et que cela se déploie, je pense. Regardez un peu. Soyez au moins honnêtes dans le fait qu'il y a des phénomènes auxquels nous sommes confrontés. Pour certains, des phénomènes nouveaux, mais qui ne méritent pas les excès de parole, surtout lorsqu'on est tous engagés pour faire en sorte que cela aille mieux et que les touristes reviennent.

Je le redis, nous restons la première destination touristique mondiale, mais nous savons qu'aujourd'hui il faut se battre pour le rester. Il y a quelques années, nous n?avions pas besoin de nous battre, nous engrangions les chiffres et l'arrivée des touristes.

Depuis les attentats notamment, nous sommes dans une situation différente où il faut se battre pour effectivement rassurer, ce que nous avons fait, ce que nous faisons, ce que je fais lorsque je vais à l'International. Je suis allée au Japon avec la Présidente du Conseil régional il y a plusieurs mois, nous avons rencontré l'ensemble des tours opérateurs et des autorités japonaises qui ont à voir avec ce sujet.

Je suis allée à Pékin où j'ai rencontré l'ensemble des tours opérateurs chinois pour travailler avec eux sur l'accueil des touristes chinois à Paris. D'ailleurs, ce qu'ils m'ont dit, ce n'est pas du tout ce qui a été dit sur les bancs par M. LELLOUCHE. Ils ont évoqué des sujets qui n'ont rien à voir avec la politique municipale. Ils ont parlé d'une politique des visas concernant notamment les touristes et les familles chinoises, avec l'impossibilité pour eux d'avoir des visas pour venir avec leurs familles à Paris. C'est le sujet qu'ils nous ont posé, et ce sujet-là était public.

Vous voyez, il y a parfois des sujets qui ne relèvent pas complètement de nous. Même s'il faut améliorer la propreté, même s'il faut améliorer l'accueil, même si bien sûr, je l'avais dit mais je constate les évolutions, les Parisiens sont beaucoup plus accueillants, disons-leur merci. Ils ont compris qu'il y avait un sujet, disons merci aux Parisiens. Ils sont plus accueillants vis-à-vis des touristes aujourd'hui qu'il y a quelques mois, ils sont contents de voir les touristes dans leurs quartiers.

Disons aussi merci pour les choses qui avancent et regardons le monde pas simplement avec un regard qui ne serait critique que sur nous-mêmes. Sinon, on peut être un peu masochiste. Je ne suis pas masochiste. J'aime bien la vie, et j'aime bien qu?on gagne. Il y a beaucoup de batailles dans lesquelles ce que l'on dit a son importance, je pense à la bataille pour les Jeux olympiques. Soyons fiers des progrès de notre ville, engageons-nous ensemble, c'est un sujet que nous devons porter ensemble.

C'est cela le sujet, personne ne brillera dans son petit coin, ni moi ni personne d'autre sur ce sujet-là. Soit on réussit tous ensemble, soit on échoue tous ensemble. Je pense que l'on peut réussir tous ensemble. C'est ce à quoi je vous invite et ce plan vous invite, car il a été construit avec les professionnels et il est pour nous tous un schéma d'action, un agenda pour notre mobilisation pour le tourisme.

S'il y a des choses encore au-delà à faire, on les fera. Et s'il y a des propositions, des idées, des projets qui sont utiles et peuvent venir encore renforcer ce plan, on avancera. Mais de grâce, pas de caricature. Epargnons-nous cela entre nous, le monde est suffisamment dur et caricatural pour que nous n'y rajoutions pas notre grain de sel de cette façon.

Vive Paris !

Nous allons maintenant procéder au vote des v?ux et des projets de délibération.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 11 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche et le groupe Socialiste et Apparentés, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2016, V. 306).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 12 déposé par le groupe les Républicains, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 13 déposé par le groupe UDI-MODEM, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 120 déposé par l'Exécutif, avec bien sûr un avis favorable.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2016, V. 362).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 40 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 40 G).

Je n'ai pas vu le vote les Républicains sur le projet de délibération. Vous le votez ou pas ?

C'est le projet de délibération, ce n?est pas tout en bloc. Ce n'est pas sur les v?ux.

Nous ne saurons pas si le groupe les Républicains vote le projet de délibération DAE 40 G.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 83 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 83 G).

Même remarque, je n'ai pas vu le vote des Républicains. Si c'est une nouvelle méthode de ne pas dire que l'on vote pour le dire après, prévenez-moi. Je suis très respectueuse, mais la séance publique est maintenant, si les gens veulent savoir ce que l'on vote, c'est maintenant que cela se sait.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 260.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 260).

Je ne sais toujours pas ce que vote le groupe les Républicains.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 317.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 317).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 361.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 361).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 363.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 363).

Je n'ai pas tout compris. J'ai vu des votes pour, quels sont les votes pour côté les Républicains pour le projet de délibération. ? Vous les notez en séance.

Je suis désolée de cette nouvelle méthode. Je n'étais pas prévenue, mais je me réjouis que le plan stratégique sur le tourisme soit adopté. Merci.