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Novembre 2016
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2016 RGCI 2 - Paris capitale de la cuisine de rue. - Création d'un festival gastronomique.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons donc passer à présent au débat organisé, proposé par le Conseil, mais sur une proposition de délibération du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants. Il s'agit de créer un festival gastronomique en faisant de Paris la capitale de la cuisine de rue.

Je vous demanderai d'ailleurs de ne pas parler de "food trucks". Nos amis québécois ont un très joli mot pour parler des "food trucks", ils les appellent les popotes roulantes. Je trouve que nous devrions comme eux être un peu engagés dans la défense de la langue française. Ce n'est pas ma seule contribution au débat, mais je voulais l'ouvrir de cette façon avant de donner la parole à Jean-Bernard BROS, Président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, peu à peu s'imposent dans le paysage des grandes métropoles de nouvelles formes de commercialité grâce à l'innovation d'entrepreneurs privés.

C'est le cas de la cuisine de rue. Elle vient compléter depuis plusieurs années les activités traditionnelles de restauration et anime régulièrement nos rues en participant à l'amélioration du cadre de vie. S'il est une capitale de la gastronomie, c'est bien notre ville. Paris avec ses nombreux artisans est garante d'un savoir-faire gastronomique et du bien-manger. La cuisine de rue doit participer de cette culture. Il est vrai que pour accompagner le mouvement, la Ville de Paris a développé plusieurs actions. Je pense tout d'abord aux emplacements réservés aux désormais célèbres cocottes roulantes, qui rencontrent un succès certain auprès des Parisiens qui aiment s'y restaurer. Il ne faudrait pas qu?il y ait une mauvaise interprétation des cocottes roulantes, mais je ne vais pas m?arrêter au milieu?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Popote. Popote ! Pas cocotte, popote !

M. Jean-Bernard BROS. - Un peu d'humour dans ce Conseil tendu ! Un peu humour.

De manière plus générale, la cuisine de rue est également à l'honneur avec l'événement "La rue passe à table" qui se tient à Belleville. Là encore, beau succès de l'opération.

Nous pensons cependant que la Ville peut et doit aller plus loin. Ainsi, au-delà des premières actions entreprises, nous devons trouver de nouveaux moyens de marquer l'attention. C'est pourquoi nous proposons de positionner Paris en capitale européenne de la cuisine de rue. Les stands de rue offrent aujourd'hui en tout cas pour un grand nombre d'entre eux une qualité gustative et une diversité intéressante. Cette restauration que l'on peut qualifier de rapide est aussi une offre économiquement abordable qui séduit de nombreux publics. Cette nouvelle cuisine de rue est également porteuse de convivialité dans nos rues et encourage l'entreprenariat. Les frais de démarrage sont en effet moindres que pour un commerce traditionnel.

Enfin, nous pensons que c'est une manière d'amener les habitants de tous les quartiers à s'approprier ces nouveaux espaces commerciaux autour d'une cuisine originale et innovante. Pour ce faire, un événement marquant doit permettre de promouvoir la cuisine de rue. Notre groupe propose que chaque année un festival de la cuisine de rue soit organisé. Le lieu de ce festival est important. Paris offre des décors magnifiques pour accueillir l?événement. Je pense par exemple aux berges de Seine ou au bois de Vincennes. Il faudra définir avec les professionnels les lieux adaptés sans rien s'interdire. Il s'agira de proposer aux Parisiens une balade gustative, innovante et surprenante, rendue accessible aux gourmands et gourmets de tous âges.

Stand, popottes roulantes, "food bikes" - je n?ai pas la traduction de "food bikes" pour mes amis "écolos" à côté - et autres triporteurs pourront participer à ce festival gastronomique de la cuisine de rue dans un espace spécialement aménagé pour l'occasion. Les participants pourront d?ailleurs venir de toute l'Europe afin de partager les expériences culinaires et les savoir-faire gastronomiques.

Je termine. Nous souhaitons également que des critères écoresponsables sur la provenance des produits ou la gestion des déchets encadrent la manifestation et ce, pour la cohérence de notre politique en matière de développement durable.

Enfin, pour clôturer l'événement, nous proposons que soit remis chaque année un prix de la meilleure cuisine de rue. Un jury composé de chefs, d?artisans, de blogueurs, et aussi de Parisiens sélectionnés choisira parmi les participants le lauréat. Ce dernier pourra bien sûr arborer ce titre sur un stand tout au long de l'année. Si la gastronomie est l'art d'utiliser la nourriture pour créer le bonheur, alors, mes chers collègues, mettons-là à l'honneur pour le plus grand plaisir des Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-Bernard BROS, pour cette initiative et cette proposition.

Je donne la parole maintenant à Mme Catherine DUMAS, pour le groupe les Républicains.

Mme Catherine DUMAS. - Merci, Madame la Maire.

En effet, depuis quelques années à Paris comme dans les autres capitales, il existe une offre de restauration différente, celle de la cuisine de rue, illustrée notamment par les "food trucks" mais aussi par des stands de restauration rapide. Cette nouvelle façon de consommer offre un service rapide, un choix de nourritures diversifiées et pas trop onéreuses.

Ces propositions de restauration sont de plus en plus de qualité, produits "bio", produits artisanaux. C?est un fait, le "food truck" est la version mobile du restaurant classique et séduit les consommateurs.

Vous proposez l'organisation d'un festival annuel autour de ce type de restauration. Pourquoi pas ? Ce moment festif peut trouver sa place dans l'animation parisienne. Attention cependant à la sélection des participants, qui devront être irréprochables sur la qualité des aliments, leur valeur nutritionnelle.

Un dernier mot mais un mot important concernant la restauration traditionnelle en souffrance en ce moment du fait de la désertion des touristes. La Ville doit veiller à ce qu'il n'y ait pas de concurrence frontale avec la restauration de rue. Elle doit aussi plus que jamais soutenir tous les professionnels de la gastronomie parisienne. En tenant compte de ces observations, nous soutenons cette proposition de création d'un festival gastronomique.

(Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est maintenant à M. Rémi FÉRAUD.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

La cuisine de rue est devenue un véritable phénomène de société dans beaucoup de grandes villes comme à Montréal, à Bruxelles ou à Lyon. Paris a d?ailleurs déjà favorisé l?implantation de ces nouvelles formes de restauration conviviale et économique que sont les popotes roulantes, très prisées des habitants comme des touristes en autorisant leur implantation dans de nombreux lieux parisiens à l?initiative d?Olivia POLSKI.

Je salue bien sûr l?initiative du groupe RGCI et du Président BROS aujourd'hui pour contribuer à développer encore davantage l?essor d'une cuisine de rue qui a longtemps été considérée comme bas de gamme mais dont le statut est en train de changer, notamment sous l'influence de chefs qui en ont compris à la fois le potentiel ludique et innovant.

Un temps considérés comme de potentiels concurrents pour les restaurants traditionnels, les camions de restauration sont en fait devenus très complémentaires et importants pour l'animation de certains quartiers. L?investissement de départ moindre que pour un restaurant permet à de jeunes créateurs de se lancer et conduit parfois à l'ouverture d'un restaurant dans un deuxième temps. L'inverse se rencontre également puisque des restaurateurs qui ont pignon sur rue se lancent également dans une activité de rue qui est vue comme complémentaire. Il suffit de voir le succès d'événements comme "La rue passe à table" à Belleville pour mesurer le potentiel de développement de telles initiatives.

De plus, nous l'avons dit hier lors du débat sur la communication sur le tourisme, il faut aussi inventer une nouvelle forme attractive pour susciter la venue de visiteurs à Paris, tout en misant sur les fondamentaux qui font l'identité française et parisienne. Nous le savons, la gastronomie en fait partie. Elle reste très identifiée à notre art de vivre et l'idée de créer un festival entre bien en phase avec nos préoccupations de promotion du tourisme et de la destination Paris.

Il me semble aussi particulièrement intéressant de développer ce festival dans des lieux emblématiques de la Capitale. Votre proposition des berges de Seine piétonnes me semble particulièrement adaptée. De plus, la dimension internationale est à retenir en faisant de ce concours l'occasion de découvrir des cultures culinaires du monde entier pour confirmer aussi la dimension cosmopolite de Paris. Pour toutes ces raisons, Monsieur le Président, notre groupe Socialiste et Apparentés votera favorablement à votre proposition et se tient bien sûr à votre disposition pour faire partie du jury de sélection. Merci à vous.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

La parole est à Mme Joëlle MOREL, pour 3 minutes.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Madame la Maire.

Le groupe Ecologiste votera pour cette proposition de délibération visant à créer un festival gastronomique de cuisine de rue.

Nous pensons que cette expérimentation peut être une opportunité à saisir pour nous faire nous interroger sur notre alimentation et ses conséquences en termes sanitaires, mais aussi en termes écologiques. Il s'agit aussi que cette expérimentation soit évaluée après son déroulement, car ce projet pose toutefois quelques questions. Si je constate, comme vous, un engouement pour la cuisine de rue dans plusieurs villes européennes et du monde, le soutien au déploiement des popotes roulantes et autres installations de rue dans notre ville nous impose une vigilance sur plusieurs aspects.

Paris est une ville particulièrement dense où les activités de restauration sont déjà particulièrement nombreuses. Il faut donc cibler les quartiers qui souffrent d'une désertion commerciale pour inciter les popotes roulantes à s'installer tout particulièrement dans ces périmètres. C'est un aspect qui n'est pas mis en exergue dans votre proposition. Tout comme le secteur industriel du tourisme qui occupe également nos débats à ce Conseil, les commerces sont particulièrement en difficulté du fait des attentats depuis 2015. Les activités commerciales sont en baisse. C'est donc avec une grande prudence et avec beaucoup de concertations avec les commerçants qui seraient concurrencés par l'installation des popotes roulantes, que nous devons agir.

D'autre part, vous faites référence au "food market", ces stands de cuisine de rue installés deux fois par mois dans le marché du boulevard de Belleville. Créée il y a quelques mois, c'est une opération encore récente qui mérite que nous la laissions vivre quelque temps afin d'en évaluer les côtés positifs et les côtés négatifs. Notamment, je veux parler des nuisances sonores, déjà particulièrement fortes dans ce quartier.

Par ailleurs, ces activités de cuisine de rue restent fragiles économiquement. L'expérience de la friche Truillot, dans le 11e arrondissement, le montre. La friche a d'ailleurs fermé ses portes avant la fin de la convention, faute de ventes suffisantes. L'entreprenariat est sans aucun doute à encourager, mais l'objectif n'est pas non plus de développer encore plus de précarité et des difficultés financières.

Enfin, le groupe Ecologiste de Paris souhaite que ce festival de cuisine de rue soit réellement gastronomique et écologique. Le festival doit être un moment fort pour que les Parisiens s'interrogent sur leur alimentation, découvrent d'autres manières de s'alimenter et luttent aussi contre le gaspillage alimentaire. C'est l'occasion de faire connaître tout particulièrement des aliments locaux, biologiques, équitables, mais aussi le végétarisme, le véganisme.

A l?heure d'une prise de conscience croissante de la population quant à la limitation de nos ressources sur terre et à l'importance d'une alimentation saine pour notre santé, il est urgent d'accompagner localement, par tous les moyens, à tous les niveaux, le changement inévitable de notre alimentation.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci?

Mme Joëlle MOREL. - Nous voterons cette proposition de délibération et nous soutenons cette expérimentation, mais nous demandons que des critères d?éco-responsabilité accompagnent cette démarche et que le principe d'une évaluation soit acté.

Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Madame MOREL.

La parole est à Mme Anne TACHÈNE, pour trois minutes maximum.

Mme Anne TACHÈNE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, nous sommes donc amenés à nous prononcer sur la proposition de nos collègues radicaux de gauche pour permettre à la Ville de Paris d'initier un festival annuel de la cuisine de rue. Cette proposition a reçu un accueil favorable de la part du groupe UDI-MODEM.

En effet, la gastronomie de rue est bien aujourd'hui au croisement de deux cultures bien parisiennes : celle de la gastronomie, qui reste l'un des marqueurs de l'image de l'art de vivre à la française, mais celle également d'une façon de consommer à un rythme très parisien. En cela, le fameux jambon beurre reste un symbole indétrônable.

Complétant les activités de restauration parisienne, ces nouvelles formes de cuisine de rue apportent une nouvelle forme de convivialité et permettent à de nouveaux entrepreneurs de lancer leur activité.

En cela, les nouveaux sites dédiés aux "Food trucks", aux Popotes, ce que vous voulez, participent de ce développement, et les nombreuses réponses à l?appel à projets de juin dernier démontrent bien l?engouement pour cette nouvelle forme de commerce que nous avions donc accompagnée.

D?ailleurs, pour être tout à fait honnête, cet engouement dépasse déjà nos frontières. Chez certains de nos voisins européens, les rassemblements ou les festivals organisés remportent un grand succès.

Alors inscrire Paris dans la liste des villes innovantes et attractives, créer de nouvelles offres d?événements touristiques, faire émerger de nouveaux quartiers à l?instar de ce que rappelait hier le maire du 13e sont bien quelques-uns des éléments que la Ville de Paris a inscrits dans sa stratégie de développement touristique. En cela, un festival gastronomique de cuisine de rue viendra utilement compléter l?offre parisienne.

A l?occasion du groupe de travail qui sera mis en place, les modalités concrètes du festival seront décidées. Je suis bien certaine que tous ici, nous serons attentifs aux différents critères d?innovation, de diversité et bien sûr de qualité que nous souhaitons voir valoriser pour ce festival. Aussi, et sans être plus longue, le groupe UDI-MODEM adoptera cette proposition de délibération en remerciant bien sûr Jean-Bernard BROS et son groupe de son initiative. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est maintenant à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, pour trois minutes maximum.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, mes chers collègues, cher Jean-Bernard, nous voterons cette proposition de délibération et je ne ferai aucune remarque sur la tradition radicale en France qui a toujours su lier le débat politique et le moment de convivialité autour d?un repas.

Voilà une proposition qui a toute sa place dans cette session du Conseil de Paris, qui abordait la question du tourisme dans notre capitale, même si je sais qu?elle s?adresse avant tout aux Parisiennes et Parisiens.

Je crois me souvenir que Jack LANG avait, en son temps, été critiqué parce qu?il avait proposé que la cuisine soit élevée au rang d?art.

Depuis 2003, l'UNESCO reconnaît certaines cuisines mondiales dans le patrimoine immatériel de l?humanité. C?est le cas de la cuisine arménienne et mexicaine, mais c?est le repas à la française qui a été consacré en 2010 par l?institution onusienne.

Quel plus bel endroit que notre ville pour consacrer la cuisine et pas seulement française bien entendu ? La cuisine du monde entier a sa place à Paris. N?oublions pas que nous avons une chance inouïe, nous vivons dans une ville où l?on peut faire le tour du monde de la gastronomie, sans pour cela devoir quitter notre capitale. Beaucoup de pays envient cette diversité.

Organiser une fois par an un moment festif autour de la cuisine, en s?inspirant des exemples qui existent dans notre ville ou ailleurs en Europe et dans le monde, est une excellente idée.

Repas de quartier, fête des voisins, fête des écoles sont déjà des moments d?échanges autour de bons plats préparés par chacun. La France est certainement le pays qui exporte le plus de chefs dans le monde, même si ces dernières années la nourriture standardisée a pris une part importante du marché de la restauration rapide. Les autres formes de restauration que les chaînes américaines ont su réinventer, et il est caricatural de dire qu?entre le jambon-beurre et le hamburger, il n?y a rien.

Nous pourrions aussi proposer chaque année de mettre à l?honneur une cuisine en invitant un pays et ses spécialités. Les Parisiens sont curieux et exigeants, l?offre de restauration est variée dans notre ville.

Il convient, comme le prévoit la proposition de délibération, que cette initiative soit complémentaire du travail que nous faisons en matière de qualité des produits, de lutte contre le gaspillage et la récupération des déchets. Tout comme ce que nous préconisons en matière d?aide à la bonne consommation.

Les Ateliers santé ville et les halles alimentaires, que nous avons nous-mêmes proposés, contribuent à cette idée que l?accès d?une nourriture saine à bon prix est une revendication qui fait son chemin dans la tête de nos concitoyens.

J?ajouterai aussi, même si je ne l?ai pas formulé sous forme d?amendement, que nous soyons attentifs aux conditions sociales des équipes participant au concours. Nous devons aussi sur ce plan être vigilants : la restauration est l?un des secteurs où les conditions de travail des salariés sont parfois loin des standards du code du travail.

Je me permettrai de conclure par cette formule du célèbre Brillat-Savarin : "La cuisine est le plus ancien des arts puisqu?Adam naquit à jeun." Sachons donc partager les cuisines car le moment du repas en France est un moment quasi sacré. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci à vous, Monsieur le président.

La parole est à Mme SIMONNET, pour une minute.

Mme Danielle SIMONNET. - Moi aussi, je citerai Brillat-Savarin, révolutionnaire français et fin gastronome, qui a dit dans l?un de ses fameux aphorismes : "La découverte d?un met nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d?une étoile."

Et là-dessus vivent les Popotes roulantes, et pourquoi pas des Popotes roulantes au quinoa "bio" produit en France en circuit court et sans produits carnés pour avoir en même temps un respect des conditions de travail des petits commerces avoisinants et bien évidemment de notre environnement.

Tout cela pour dire que bien évidemment je soutiens le projet de ce Festival gastronomique de la cuisine de rue, mais cela doit être l?occasion pour les Parisiennes et les Parisiens, à travers ce partage extrêmement important d?une grand part de notre culture, ce que nous mangeons, que ce soit aussi un moment de prise de conscience que, pour manger sainement, il faut respecter d?où viennent les produits, avoir une réflexion et un soutien à l?agriculture paysanne, biologique, en circuit court, et réduire aussi nos productions et nos consommations carnées. Evidemment, tout cela doit se faire, comme cela a été dit par d?autres collègues, dans le respect aussi et la concertation permanente avec les commerces avoisinants. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Madame SIMONNET.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Olivia POLSKI, pour cinq minutes.

Mme Olivia POLSKI, adjointe. - Madame la Maire, Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, Monsieur le Président, l?initiative que vous nous proposez aujourd?hui, et dont on voit qu?elle rencontre un franc succès, vient prolonger l?élan que la Maire de Paris a souhaité donner depuis maintenant deux ans à la cuisine de rue dans Paris. Vous en avez parlé, nous avons effectivement commencé avec la mise en place d?un certain nombre de camions de restauration, Cocottes roulantes, Popotes roulantes, si vous voulez, en tout cas des lieux dans Paris où effectivement on peut avoir accès, puisqu?on a fait un gros travail y compris avec les arrondissements, à de la cuisine de restauration rapide de qualité.

Nous avons ensuite prolongé aussi par un appel à projets, vous l?avez évoqué, boulevard de Belleville pour un événement qui s?appelle "La rue passe à table", qui a lieu deux jeudis soir par mois sur le boulevard de Belleville et qui rencontre un énorme succès, puisqu?il y a plus de 10.000 personnes par jeudi soir qui viennent y déguster des cuisines du monde entier - cela a été évoqué - proposées par des dizaines de restaurateurs ou de traiteurs, et qui viennent tester là un nouveau rapport plus direct et plus immédiat à une nouvelle clientèle.

La Ville de Paris voit dans ces nouvelles offres un complément à l?offre culinaire traditionnelle qui répond à d?autres attentes, à d?autres besoins, à d?autres budgets, et non comme une concurrence puisque le sujet a été évoqué.

D?ailleurs, pour beaucoup de restaurateurs, c?est aussi une façon de venir à la rencontre d?un nouveau public. Le Synhorcat est un partenaire de ce que l?on a pu faire sur ces questions-là à chaque fois. Effectivement, c?est vu comme une diversification de l?offre de restauration, à la fois pour les restaurateurs et aussi une façon de mettre le pied à l?étrier de jeunes entrepreneurs, de jeunes chefs qui voient là aussi l?occasion pour eux de se déployer plus facilement et plus simplement.

Vous l?avez évoqué aussi, cette nouvelle cuisine de rue favorise des moments de convivialité, des innovations culinaires à moindre coût, dans un contexte économique contraint. Elle permet de populariser, avec des produits de qualité, éventuellement aussi ce que vous avez pu évoquer, c?est-à-dire des produits "bio" de petits producteurs. On le voit aussi dans l?événement "La rue passe à table" dans le 11e arrondissement. Nos camions de restauration ont aussi des offres comme celles-ci.

Cela permet donc d?expérimenter plusieurs concepts qui pourront trouver après leur place dans un restaurant sédentaire dans Paris ou prolonger sur l?espace public une activité sédentaire.

C?est le témoignage d?une nouvelle façon de consommer avec l?ambition de participer à la diversité et à la qualité de l?offre de restauration rapide existant face aux grandes chaînes. C?est aussi une façon de montrer qu?on peut faire de la restauration rapide de qualité face à d?autres grandes enseignes.

La création et l?organisation de ce festival, dont nous avons pu, Monsieur le Président, discuter en amont de la présentation de cette proposition de délibération et qui rejoint d?ailleurs des demandes de beaucoup d?associations dans le secteur, permettra de mettre en valeur notre gastronomie parisienne et, vous l?avez évoqué, nous souhaitons également que ce soit une vitrine à l?international de ce qui se fait dans Paris en matière d?innovation culinaire accessible au plus grand nombre.

Ce sera donc une façon de valoriser le dynamisme de notre Capitale en la matière.

Vous évoquiez un lieu qui pourrait être les berges de Seine. Bien évidemment, je pense que c?est un endroit où ce genre d?événement a toute sa place. Il faut juste que l?on voie techniquement avec les services, à la fois de la police mais également de la Ville, si c?est possible et nous verrons ensuite comment l?on pourra effectivement le mettre en place, à la fois avec l?ensemble des groupes politiques ici ou les services de la Ville, pour que cela soit une vraie réussite avec, comme point d?orgue, vous l?avez demandé, un prix annuel - je pense que c?est effectivement une excellente idée. Cela nous permettra également en parallèle de ce que l?on fait sur la remise du prix du Goût d?Entreprendre ou la mise en place d?un label "Fabriqué à Paris", de valoriser encore une fois le "Made in Paris".

Je ne peux donc qu?émettre un avis très favorable à votre proposition et je vous en remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame POLSKI.

La parole est maintenant à M. Jean-Bernard BROS pour conclure ce débat.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci. Il me reste à vous remercier et remercier l?ensemble des groupes, des présidents de groupe, l?ensemble des collègues du Conseil pour ce soutien.

Je pense que c?est un événement qui sera très convivial, qui permettra effectivement l?échange avec des conditions précises. Pour mes collègues Ecologistes notamment, vous retrouverez dans la proposition de délibération tous les critères d?éco-responsabilité, de biodiversité, etc. On y a pensé.

C?est également un moment pour éduquer les jeunes à essayer de se nourrir autrement et ce sera un moment sympathique.

Encore merci, je vous donne rendez-vous autour de nos popotes, voire de nos cocottes, comme vous voudrez, le plus vite possible, j?espère en 2017.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Président. Vive les cocottes et les popotes !

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de délibération RGCI 2.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de délibération est adoptée à l'unanimité. (2016, RGCI 2).

Félicitations !