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Novembre 2016
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2016 DEVE 141 - Rapport Développement durable. - Communication de la Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 141. Rapport Développement durable.

La parole est à Mme GATEL pour 5 minutes maximum.

Mme Maud GATEL. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, nous examinons aujourd'hui la sixième édition du rapport Développement durable de la Ville de Paris. L'exercice imposé depuis 2011 permet d'avoir un aperçu global et non fragmenté des actions mises en ?uvre dans le champ du développement durable et d'en tirer les principaux enseignements.

Dans le champ des politiques environnementales, nous vous reconnaissons un certain volontarisme à l?image de la prise de conscience qui se produit dans la quasi-totalité des grandes métropoles dans le monde, car les nuisances environnementales et sanitaires sont le revers de la médaille de la concentration urbaine.

Volontarisme, certes, mais les résultats sont-ils à la hauteur ? Pas vraiment.

Certes, des projets que nous avons soutenus ont été lancés, mais il convient d'aller plus loin. Il y a aujourd'hui un contraste entre vos ambitions et les résultats tangibles. C'est par exemple le cas avec la pollution de l'air où nous restons dans le rouge. A ce titre, nous attendons beaucoup plus de la politique que nous avons approuvée d'interdiction progressive des véhicules les plus polluants.

Nous sommes également demandeurs d'une véritable politique incitative de co-voiturage et d'auto-partage pour faire dans l?usage de la voiture individuelle, un véritable basculement, à savoir passer de la propriété à l'usage.

Nous vous sentons encore bien timides sur ces points.

Ainsi, l'ouverture des 226 places réservées à l'auto-partage est bien dérisoire au regard du potentiel que revêt ce nouveau mode de déplacement dans Paris et en Ile-de-France. C'est une offre qui a besoin de passer à une taille critique, à raison d'au moins une offre de quelques voitures en auto-partage par quartier et ce, en complément de l'offre Autolib?.

Nous attendons aussi beaucoup des politiques que nous pourrons développer dans les prochaines années en faveur du piéton et du vélo. Pour les piétons, ce ne sont à ce stade que des annonces et non une réalité.

Paris, en comparaison de tant et tant de grandes métropoles, notamment dans son hyper centre, est en retard en matière de zones piétonnes.

Quant à la pratique du vélo, nous ne pouvons que constater que le principal frein que constitue le vol, ou la crainte du vol, n'est pas levé, le déploiement de petits parkings à vélos de quartier ne voyant toujours pas le jour.

Ce rapport pointe aussi les actions à conduire dans le domaine de l'alimentation. Sur ce point, nous touchons à un domaine qui devrait devenir une priorité. Si l?on en croit les différents rapports internationaux sur l'état de la planète, l'alimentation dans toute sa chaîne, de la production, la distribution aux déchets, en passant par la consommation, serait responsable de près de 30 % de notre impact sur la planète. Agir sur le gaspillage alimentaire en faveur du bio dans les cantines, en faveur de l'agriculture urbaine et par le développement d'une ceinture maraîchère, cela va dans le bon sens.

Je voudrais souligner également le poids identifié de notre consommation carnée. Là encore, les rapports internationaux soulignent que si nous, Occidentaux, réduisions de moitié notre consommation de viande, nous réduirions globalement de près de 25 % notre impact sur la planète.

La Maire de Paris pourrait compléter son action dans le domaine d'une alimentation plus durable, en incitant les Parisiens à réduire leur consommation de viande.

Il y aurait tant à dire sur la question du changement climatique. Je note avec plaisir que votre rapport concède enfin que la place de la République est trop minérale, alors même que nous savons que tout nouvel aménagement de place doit dorénavant laisser une large part au végétal, notamment au sol pour lutter contre les canicules estivales.

Toujours en matière de rafraîchissement, nous continuons d'insister pour que notre réseau d?eau non potable, notamment les réserves du bassin de Grenelle, soit résolument préservé.

Enfin, et c'est un point sur lequel nous sommes déjà intervenus à plusieurs reprises notamment par la voix de Yann WEHRLING, la préservation des grands arbres est tout à fait primordiale. Leur capacité de rafraîchissement, bien plus que les petits arbres ou d'autres espaces végétalisés, est considérable et nous souhaitons vous inviter, Madame la Maire, à considérer l'idée d'un vrai plan de protection des grands arbres en lien avec l'action que va engager la Région Ile-de-France en la matière. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Joëlle MOREL pour 5 minutes.

Mme Joëlle MOREL. - Mes chers collègues, le groupe des élus écologistes a souhaité intervenir sur ce sixième rapport Développement durable, rapport conséquent qui reflète l'importance croissante que prend ce sujet et les nombreuses actions déjà mises en ?uvre par la Ville de Paris pour que notre collectivité devienne véritablement une ville durable.

En effet, si le premier rapport de la Ville de Paris, qui date de 2011, fait 27 pages et a pour titre "Rapport environnemental", nous voici cinq ans plus tard devant un rapport qui va bien au-delà de l?obligation légale. Celui-ci est devenu un outil permettant d?avoir un regard sur les actions et projets de la Ville de Paris sur les cinq finalités du développement durable : lutte contre le changement climatique, préservation de la biodiversité, cohésion sociale, épanouissement de tous les êtres humains, mode de production et de consommation responsable.

Les collectivités locales jouent un rôle primordial dans le développement durable du territoire. A travers la mise en place des politiques publiques, mais aussi par leur mode de fonctionnement interne, elles se doivent d?être exemplaires.

Ce rapport est très riche et complet, et je ne citerai que quatre points.

Premièrement, les opérations d?accompagnement de la Ville sur l?évolution thermique de l?habitat privé sont essentielles et doivent encore se développer. L?opération "Eco-Rénovons Paris", qui se met en place dans les arrondissements, est un bel exemple pour travailler concrètement avec les copropriétés et avec les Parisiens. Et une large communication est aujourd?hui nécessaire pour faire connaître cette démarche.

Deuxièmement, l?expérimentation "Potex" sur la qualité des sols a démarré en 2012 et porte sur l?évaluation des différents types d?aménagements réalisés dans les jardins partagés. Elle a pour objectif de mesurer les différentes catégories de pollution pour connaître la qualité chimique des végétaux cultivés et la possibilité de les consommer. Le diagnostic des pollutions des sols est essentiel, tout particulièrement dans les établissements de la petite enfance. Il est urgent de multiplier la mise en place de ces mesures adaptées sur les différents sites.

Troisièmement, je voudrais saluer les économies d?énergie réalisées dans l?éclairage public qui ont atteint 24 % en février 2016 par rapport à 2004. 164 opérations de rénovation de l?éclairage de rue et 150 traitements de carrefour ont permis le remplacement de nombreux luminaires. L?année 2015 fut aussi marquée par le déploiement généralisé des Led et par une expérimentation positive dans le 13e. Cette expérimentation devrait se multiplier dans les autres arrondissements.

Quatrièmement, en tant que présidente de la S.E.M.A.-EST, je souhaite citer également "Paris Commerce Energie". Cette plateforme propose des modèles de consommation théorique d?énergie par type de commerce et des solutions par type d?appareil ou de fonction. Il est temps de faire évoluer cette plateforme car elle n?est pas interactive et ne répond pas aux demandes de diagnostic et d?accompagnement personnalisé pour les commerces qui cherchent à réduire leur facteur énergétique et à privilégier des solutions adossées aux énergies renouvelables. Je propose donc qu?une réflexion soit engagée très vite pour faire évoluer cette plateforme à travers des expérimentations avec les commerçants de la S.E.M.A.-EST.

Pour terminer cette intervention, la ratification de l?accord de Paris est entrée en vigueur vendredi dernier, et aujourd?hui s?ouvre à Marrakech la 22e Conférence mondiale sur le climat. Les négociateurs batailleront autour de trois grands enjeux : la négociation des règles de l?accord de Paris, le relèvement du niveau d?ambition des contributions nationales pour le climat et la réorientation de la finance vers le développement bas carbone. Avec une obligation de résultat car, en 2015, la concentration de dioxyde de carbone dans l?atmosphère n?a jamais été aussi élevée.

Les élus écologistes seront très attentifs pour que les résultats des négociations autour de la COP 22 soient à la hauteur des enjeux.

Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci à vous.

Pour vous répondre, la parole est à Célia BLAUEL.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce rapport du Développement durable est un document annuel, que nous retrouvons à chaque fois au moment des débats d?orientations budgétaires, puisque c?est un document obligatoire qui doit être publié pour justement inspirer et éclairer les discussions d?orientations budgétaires.

J?espère en tout cas que cela a été le cas pour nombre d?entre vous. Et j?en profite pour remercier l?ensemble des Directions de la Ville qui, chaque année, font un travail vraiment important pour compléter ce document qui, comme l?a dit Joëlle MOREL, est excessivement exhaustif et revient sur l?ensemble de l?activité de la Ville, tant en termes de lutte contre le changement climatique et la pollution atmosphérique, le travail sur la biodiversité, qu'en termes de cohésion sociale et de solidarité.

Dans le temps qui m?est imparti, je voudrais répondre aux questions qui m?ont été posées par les deux intervenantes.

D?abord à Maud GATEL, pour dire que cette lecture du rapport Développement durable, que je qualifierais de verre à moitié vide, vous ressemble peu et je souhaite vraiment vous répondre point par point.

D?abord sur les transports, je vous renvoie au bilan carbone qui a été publié cette année. Réalisé tous les cinq ans, le bilan de l?action contre le dérèglement climatique de notre ville montre justement que, sur les transports, là où il y a des politiques publiques extrêmement volontaristes depuis 2001, les effets se font sentir et se mesurent de manière extrêmement forte. Aujourd?hui, rien que dans ce secteur, nous avons moins 39 % d?émissions de gaz à effet de serre liés à l?action de la Ville. C?est moins de 30 % de la part de la circulation automobile qu?on mesure aujourd?hui, et ce sont des baisses significatives en termes de présence de polluants atmosphériques.

Je n?ai plus tous les chiffres en tête, mais je vous invite vraiment à consulter ce document qui montre à quel point, que là où la Ville a été volontariste, les résultats sont là. Evidemment, il faut aller encore plus loin sur les berges, sur la politique de transports et c?est ce que nous sommes en train de faire. Parfois un peu seuls, mais c?est bien en tout cas dans cette direction que l?on s?oriente.

Sur la question de l?alimentation, oui, c?est une priorité. Là, je vous invite à regarder de plus près le plan d?alimentation durable de notre Ville qui fixe un objectif de 50 % d?alimentation bio à tenir d'ici à 2020, avec des sous-critères d'alimentation locale et de saison. On a de très bons résultats pour l'année 2015 puisque nous sommes aujourd'hui à 33 % d'alimentation bio dans la restauration collective, ce qui nous permet d'envisager un 50 % en 2020 de manière extrêmement optimiste.

Nous travaillons aussi sur cet objectif de - 25 % de la part carnée dans notre alimentation puisque, comme vous l?avez dit, c?est important en termes de bilan carbone de travailler sur la part de la viande dans la restauration collective. Nous allons tenir cet objectif de - 25 % puisqu'a été adoptée, sous l'impulsion du groupe Ecologiste de Paris, l?idée d'un repas végétarien par semaine dans les écoles et que, d'ores et déjà, c'est une alternative quotidienne qui est mise en place dans les restaurants des personnels.

Nous allons même aller au-delà sur cette question de l?alimentation. Nous ne l?avons pas étudiée pendant ce Conseil, mais il y a le projet de délibération DEVE 133 qui revient sur l'élaboration d'un état des lieux de l'alimentation parisienne. Au-delà de la simple restauration collective, nous nous lançons dans une étude d'une cartographie des acteurs des filières agricoles qui viennent alimenter Paris et les Parisiens pour voir justement où on en est aujourd'hui et qu'est-ce qui manque pour que l'on puisse revenir à une alimentation et à un approvisionnement beaucoup plus local.

Sur toutes ces actions, je ne rentrerai pas dans le détail, mais nous allons aujourd'hui, à Paris, au-delà de ce qui se fait à l'échelle étatique. Nous sommes d'ailleurs en discussion, parfois, avec le Ministère de l'Agriculture sur ces sujets. Et, je dois le dire aussi, nous allons au-delà de ce que fait la Région Ile-de-France qui a fait des coupes sévères dans les subventions à l'agriculture biologique ces derniers mois. Il y a une vraie interrogation de ce point de vue-là sur la pérennité d'un certain nombre d'actions.

Deux derniers éléments avant de conclure.

Je vois que, décidément, le réservoir de Grenelle s'invitera dans toutes nos discussions au sein de cette Assemblée.

Pour vous répondre aussi, je tenais à vous rappeler que notre Conseil a adopté, dans le cadre de l'adoption du schéma directeur du réseau d'eau non potable, la préservation de ce site. Les réservoirs de Grenelle seront préservés, ils n?auront plus de vocation hydraulique dans l?avenir, mais vont accueillir - et Pénélope KOMITÈS en a fait l'annonce la semaine dernière - un très beau projet d'agriculture urbaine, porté à la fois par la Ville et par "Eau de Paris" évidemment. Ce projet, à mon avis, donnera des effets et des résultats intéressants puisque nous allons sur un sujet d'aquaponie, avec non seulement une production agricole, mais aussi de pisciculture.

Enfin, pour répondre à Joëlle MOREL, je partage beaucoup de ce que vous avez dit dans votre intervention. Comme il ne me reste que 30 secondes, je veux dire qu?effectivement, c?est avec beaucoup de plaisir que je répondrai favorablement à votre proposition de partenariat sur cet outil destiné aux petits commerces qui a été développé l'année dernière. Celui-ci a été créé pour les aider à faire des économies de consommation d'énergie et d'eau, et c'est un outil qui gagne à être connu, donc avec un grand plaisir.

Pour conclure, puisque tout le monde a toujours de très bonnes idées sur toutes ces questions, il y aura un comité de pilotage sur la révision du Plan Climat d?ici à la fin de l?année, ouvert à tous les groupes politiques. C'est une première aussi, donc je serai très heureuse de prendre toutes vos contributions pour aller encore plus loin.

Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame BLAUEL.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 141.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DEVE 141).