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2016 DEVE 145 - Labellisation de la Ville de Paris au label APIcité de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DEVE 145, relatif à la labellisation de la Ville de Paris au label APIcité.

La parole est à Mme GALLOIS.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Il s?agit d?un sujet extrêmement important. Je suis presque étonnée d?être la seule à prendre la parole sur le sujet.

Vous nous demandez d?approuver la candidature de la Ville de Paris à la labellisation APIcité de l?U.N.A.F. Ce label prolonge la charte "Abeille, Sentinelle de l?environnement", à laquelle la Ville de Paris a adhéré en mai 2015.

Il s?agit avec ce label de s?inscrire dans une démarche de sensibilisation sur le rôle primordial de l?ensemble des pollinisateurs dans le maintien de la biodiversité et la nécessité absolue de les protéger.

Son objectif est de valoriser les politiques locales en matière de protection des pollinisateurs. C?est une très bonne chose. La cause des pollinisateurs est une cause d?une importance absolument majeure pour l?équilibre naturel et le maintien de la vie, tout simplement, sur notre planète.

L?extinction des abeilles menacerait gravement la survie de l?humanité et je pèse mes mots. Ce n?est ni plus ni moins l?enjeu dont on parle à cet instant.

Or la situation est plus que préoccupante, puisque plus de 30 % des colonies d?abeilles et autres pollinisateurs disparaissent chaque année. Et le phénomène va en empirant, alors qu?elles permettent la reproduction de plus de 70 % des espèces végétales. On parle même de 80 % de reproduction des espèces végétales.

La prise de conscience, la sensibilisation sont donc - j?en suis absolument convaincue et mon groupe avec moi - les premiers pas d?une action qui doit s?enclencher rapidement et à très large échelle pour enrayer ce fléau.

On sait que ces insectes sont victimes des insecticides, mais également de la déforestation, de la pollution de l?air, de la réduction des ressources alimentaires, du fait des monocultures, des infections parasitaires, des frelons asiatiques, des réseaux 4G dans les campagnes, etc.

Pour toutes ces raisons, on est arrivé en France par exemple à cette situation totalement paradoxale, que les abeilles urbaines se portent plutôt mieux que celle des campagnes.

Mais c?est quand même dans la nature qu?elles sont les plus nombreuses et c?est là qu?elles peuvent remplir leur rôle de pollinisation. Compte tenu de cette situation, je considère que la Ville, oui, doit être la sentinelle des sentinelles de l?environnement.

La Ville doit sensibiliser, informer, et je dirai même qu?elle doit forcer et contraindre les autorités gouvernementales, nationales et européennes, à prendre des mesures radicales faisant fi des lobbies industriels, pour élaborer une véritable politique de protection des pollinisateurs.

Ce label APIcité s?inscrit donc totalement dans la démarche que je vous ai proposée, avec l?adoption du label "Bee Friendly" dont l?objet, je le rappelle, était de promouvoir les systèmes de production respectueux des pollinisateurs, en appliquant de bonnes pratiques dans les parcs et jardins qui étaient certifiés "Ecocert", parce que répondant à "zéro phyto". La complémentarité est donc parfaite.

Je vous pose simplement une question, Madame KOMITÈS : que devient ce label "Bee Friendly", qui a été voté - je le rappelle - par notre Assemblée à l?unanimité en mars 2015 ? Parce qu?il y a une absence que je ne m?explique pas dans votre exposé des motifs. Je n?imagine pas qu?il y ait eu un oubli, puisque celui-ci a été voté à l?unanimité, mais la cause est majeure, je l?ai dit, je le répète. Elle est vitale, elle est gravissime, il faut donc que chacun de nous ici en ait bien conscience, et que l?on dépasse d?éventuelles petites guerres d?ego. Même si j?attends votre réponse avec intérêt, je tiens à dire que pour nous, ce qui compte, c?est de passer à l?action. La sensibilisation est le premier étage de ce plan d?action. Nous le soutenons, nous soutenons le label APIcité et nous vous demandons également d?être encore plus ambitieux. La Ville de Paris peut profiter de son prestige mondial pour promouvoir la protection des abeilles dans le monde. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Madame GALLOIS.

La parole est à Mme Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous avez bien raison, Madame GALLOIS, de signaler la situation extrêmement préoccupante des abeilles en France, avec une production qui a été divisée par trois en vingt ans et un taux de mortalité très élevé.

La France détient même effectivement le triste record de mortalité en saison, avec un taux de plus de 13 % lorsqu?il est d?environ 10 % dans les autres pays européens, dû à un certain nombre de causes : une des causes est effectivement le frelon asiatique, qui étend son emprise sur le territoire français, mais surtout aux pesticides "néo-nicotinoïde". L?impact de ces insecticides sur les femelles est désormais bien connu.

Je vous rappelle que le 20 juillet dernier, l?adoption de la loi pour la reconquête de la biodiversité a entériné l?interdiction de ces substances d?ici septembre 2018, avec malheureusement des dérogations possibles jusqu?en 2020. Cette interdiction peut être lointaine, mais c?est une première mondiale qu?il faut saluer, dans un contexte de fortes pressions - je le rappelle - des acteurs de l?agrochimie sur les parlementaires et, si vous me demandez de continuer à pousser les autorités françaises et les autorités européennes sur ce sujet, je vous rappellerai simplement que le groupe UDI à l?Assemblée n?a pas voté pour, on a eu 8 contre, 4 abstentions et 5 qui n?ont pas participé au vote. Je ne donnerai pas les votes du groupe les Républicains, mais ce n?est franchement pas forcément très brillant non plus sur le sujet.

Je ne pense donc pas que l?on ait de leçon à recevoir. Vous m?interrogez sur? ce sont des faits, je suis désolée. Vous m'interrogez sur "Be friendly", je vous avais expliqué que c'était un label plutôt destiné aux agriculteurs. Nous le mettons en place via notre Plan Ruchers, puisque je signale que dans le cadre du Plan Ruchers que nous avons voté il y a quelques mois, nous allons développer des ruches, des hôtels à insectes notamment dans tous nos jardins partagés, et en lien avec tous les apiculteurs franciliens avec qui nous sommes en discussion.

Vous dire également que ce label APIcité a été créé par l?U.N.A.F. spécialement pour les collectivités, puisque cela n'existait pas avant. C'est effectivement grâce notamment, je le dis, à votre action au moment de "Be friendly" que ce label a été créé et nous entendons bien participer, c'est le sens de notre action, à ce nouveau label que nous entendons porter avec les apiculteurs. Je vous renvoie au Plan Ruchers, Madame GALLOIS, je vous referai passer la délibération.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 145.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DEVE 145).