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2016 DASES 428 G - Subvention (783.592 euros) et convention avec le Centre d’action sociale de la Ville de Paris pour la réalisation de projets votés dans le cadre du budget participatif 2015.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DASES 428 porte sur l'attribution d'une subvention et d'une convention avec le Centre d'action sociale de la Ville de Paris.

La parole est à Mme Danièle PREMEL pour nous en parler.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Ce projet de délibération est l'une des traductions concrètes du budget participatif de l'année 2015, une traduction qui s'inscrit dans les champs de l'action sociale, un sujet qui est relativement peu abordé par le budget participatif qui traite majoritairement de l'amélioration du cadre de vie.

Cependant, ce projet de délibération soulève plusieurs interrogations sur la démarche globale du budget participatif. Ces interrogations ne sont pas propres aux projets du C.A.S.-V.P. présentés dans le projet de délibération. Elles peuvent s'appliquer à toute une série de projets primés aux budgets participatifs 2015 et 2016.

Mes réserves s'appliquent à tous les projets pour lesquels nous comprenons vite qu'ils ont d'abord été élaborés par les Directions de la Ville de Paris.

Pour prendre l'exemple du projet de délibération, nous actons le financement de la création de cuisinettes dans le centre d'hébergement d'urgence Crimée, ou la modernisation de l'accès au courrier dans les permanences sociales d'accueil. Ces projets sont très pertinents et je pense qu?il est important de les financer, mais ils me paraissent tellement pertinents, tellement adaptés aux besoins très spécifiques de ces structures que je me rends bien compte qu'ils n'ont pu être faits que par les équipes du C.A.S.-V.P.

Ce qui me gêne profondément dans cette démarche, c'est que le C.A.S.-V.P. soit obligé de passer par le budget participatif pour faire financer des projets qui me paraissent prioritaires. Nous avons déjà eu ce débat sur les écoles, sur les collèges, les différents travaux qu'il fallait faire, et s'il y a besoin de travaux, il faut les faire tout de suite, c'est notre responsabilité.

S'il faut améliorer les conditions d'accueil dans les centres d'hébergement de la Ville, le sujet est assez important pour que le financement soit directement fait.

Je pense qu'il n'est pas souhaitable de se servir du budget participatif pour mettre en concurrence l'hébergement des plus démunis avec la végétalisation d'un morceau de rue. C'est une question politique, une question de priorité que l'on choisit de donner à notre action.

Si l'on poursuit la même logique d'année en année, je crains que la démarche du budget participatif perde de son sens, se détache de l'initiative citoyenne pour devenir une sorte de repêchage des projets de la Ville recalés lors des arbitrages internes.

Nous voterons ce projet de délibération, car l'enjeu est bien d'améliorer les conditions de vie des publics du C.A.S.-V.P., mais nous avons de plus en plus de réserves sur le budget participatif auquel nous sommes très attachés, et dont nous craignons les dérives.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, merci, Madame PREMEL, pour votre intervention et votre attachement à la réalisation des projets du budget participatif, mais je ne partage pas votre analyse et je vais essayer de vous en convaincre.

Ce projet de délibération concerne la mise en ?uvre de deux projets votés en 2015 par les Parisiens, dans le cadre du budget participatif 2015.

Premier projet, 175.000 euros pour la mise en ?uvre du projet tel que déposé sur la plate-forme par un habitant du 3e arrondissement : créer un espace sportif en plein air au sein de la résidence Homère pour personnes âgées.

Ce projet, proposé par un habitant du 3e arrondissement et voté dans le cadre du budget participatif du 3e arrondissement, consiste bien à équiper les jardins de la résidence pour personnes âgées de dispositifs permettant la pratique du sport en plein air et la gymnastique douce.

Pour cela, nous avons effectué les aménagements nécessaires pour rendre ces nouveaux équipements sportifs accessibles, et le C.A.S.-V.P. n'est pas à l'origine de ce projet, qui a été proposé et voté par les habitants du 3e arrondissement.

Deuxième projet, 608.592 euros pour un projet issu des propositions de 7 Parisiens et de l?association "11.000 Potes" : développer l'aide aux personnes en situation de précarité. Elle était venue à l'Agora de l'année dernière présenter son projet. Ce projet, doté de 4,4 millions d'euros, est arrivé en troisième position lors du vote en 2015. Il proposait, je cite, "de rénover des bains douches parisiens et d'offrir de nouveaux services aux personnes sans ressources ou sans domicile. Il propose également de développer des bagageries et des lieux d'échange et de service".

Un outil numérique serait également élaboré pour permettre l'inscription et l'accompagnement des sans domicile fixe, afin de faciliter leur domiciliation administrative qui conditionne l'accès à de nombreux droits.

Vous voyez dans ces propositions que des orientations claires sont fixées dans le souhait des Parisiens à travers ce projet. Ensuite, effectivement, l'administration, en présence des porteurs de projets - car j'organise des réunions avec les porteurs de projets pour leur faire des propositions concrètes pour mettre en ?uvre les propositions qui parfois peuvent être très concrètes quand il s'agit d'un bain douche identifié, mais développer des lieux d'échange ou des services pour les S.D.F. n'est pas forcément quelque chose de très précis - peut leur proposer des projets plus précis qui correspondraient à la mise en ?uvre du projet proposé.

C'est comme cela qu'on arrive, dans ce projet de délibération, à la création d'un outil numérique pour les P.S.A., qui font de la domiciliation administrative, un aménagement du centre d'hébergement Stendhal, ou du C.H.U. Crimée pour leur proposer la mise en ?uvre de leur proposition. Ces projets correspondent pleinement à ce qui a été voté par les Parisiens pour lutter contre la précarité. C'était le souhait qui était dans ces projets, et permettent ainsi d'éviter que des familles avec des enfants ne retournent à la rue. D'autres acteurs contribuent à la mise en ?uvre de ce projet, notamment des associations avec lesquelles on travaille. Je voudrais vraiment ici lever vos appréhensions. Il y a parfois certains projets dans le budget participatif qui sont très précis, très localisés par les porteurs de projets, mais qui traduisent une intention très claire. Il s'agit ensuite de concrétiser cette intention avec des projets très précis qu'effectivement parfois les services peuvent proposer, mais qui sont validés par les porteurs de projets. Je crois que l'on peut souligner et se réjouir que le projet du budget participatif de cette année et celui de l'année dernière que nous évoquons aujourd'hui permettent aux Parisiens de montrer leur attachement au fait que nous construisions une ville plus solidaire et que ces projets de solidarité soient arrivés en tête des votes du budget participatif.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Pauline VÉRON.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 428 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DASES 428 G).