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Novembre 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par les groupes les Républicains et UDI-MODEM relatif au centre d'hébergement du bois de Boulogne.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 80 est relatif au centre d'hébergement du bois de Boulogne.

La parole est à M. Pierre GABORIAU.

M. Pierre GABORIAU. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, chacun de nos collègues de cette Assemblée connaît désormais la décision prise par la Mairie de Paris, sans concertation avec les élus du 16e arrondissement, de construire dans le bois de Boulogne, allée des Fortifications, un centre d'hébergement d'urgence destiné variablement, selon les supports de communication de la Ville, à l'accueil des sans-abri, des migrants, des S.D.F. ou des réfugiés. Le Préfet de Région d'Ile-de-France a indiqué, quant à lui, devant les associations de riverains, qu'il ne s'agissait pas d'un centre d'hébergement d'urgence, mais d'un centre d'hébergement et de réinsertion sociale qui, de fait, n'est pas destiné au même public.

En tout état de cause, le site choisi par la Mairie de Paris pour cet hébergement de 200 personnes, non seulement n'est pas autorisé au regard de la réglementation encadrant le site classé du bois de Boulogne, mais n'est pas non plus adapté à une politique d?insertion des personnes accueillies du fait de son éloignement de la zone urbaine et de toute activité sociale.

Un début d'incendie survenu le 17 octobre, à 5 heures du matin, déclaré au commissariat 3 heures 30 plus tard, un autre début d?incendie survenu le week-end dernier, ont mis en lumière les défaillances du site en termes de protection, de sécurité et d'encadrement, renforçant les légitimes préoccupations des riverains.

Finalement, le plus grand flou demeure quant aux personnes auxquelles ce centre est destiné, quant aux moyens de sécurité mis en ?uvre, quant au processus d'intégration et de socialisation prévu.

Aussi, sur proposition du Maire, Claude GOASGUEN, et du Conseil d'arrondissement, le Conseil du 16e arrondissement a émis le v?u que des aménagements soient effectués pour garantir la sécurité du centre d'hébergement du bois de Boulogne et de ses abords, en particulier avec l'installation d'un système de vidéo-protection, et que des explications précises et complètes soient officiellement adressées au Maire du 16e arrondissement, indiquant le processus de désignation des personnes accueillies, la durée de leur séjour et les moyens investis pour leur intégration sociale.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Je vous le dis sincèrement, Monsieur GABORIAU : c'est la honte. Honnêtement, présenter un v?u pareil, vous, c'est une honte. Parce que faire ce que vous avez fait, c'est-à-dire vous comporter en pyromane pendant des semaines dans cette affaire, à aller faire croire n'importe quoi sur ce centre d'hébergement, à aller diffuser des instruments de communication scandaleux, mensongers, plein de calomnies et aller dire après : "Allez sécuriser le site". Quand on sait ce qui s'est passé, les deux tentatives d'incendie successives, et maintenant, vous voudriez nous expliquer que vous êtes les pompiers dans cette affaire ? Mais c'est une honte absolue !

Et vous savez, j'y étais avec la Maire de Paris et Dominique VERSINI samedi. J'y suis retourné hier, dans ce centre d'hébergement. J'ai en tête les visages de ces familles qui ont enfin un toit. J'ai en tête cette dame qui me disait : "On peut enfin, avec le bébé, se doucher correctement sans aller faire des mètres et des mètres et aller dans les bains publics de la Ville. Notre vie a changé". Voilà ce qu'ils me disaient. Et vous, vous êtes là à essayer de faire de la politique politicienne minable sur ce centre d'hébergement. Moi, je suis très fier que la Ville de Paris, qu'"Aurore", que l'Etat aussi, nous ayons tenu sur cette affaire.

Et croyez-moi, tenir, malgré vous, malgré un certain nombre d'associations locales que vous avez chauffées à blanc, malgré un certain nombre de riverains que vous avez chauffés à blanc également, tenir, ce n'était pas évident. Eh bien, on a tenu parce que c'était une question de valeurs, parce que c'était une question de principes, parce que, quand on est confronté à des arguments comme ceux que vous avez développés, on ne lâche pas. Eh bien, nous n'avons pas lâché. Quand je vois le sourire de ces familles qui ont retrouvé une vie normale, je me dis que nous avons eu raison de ne pas lâcher.

Et je vous le dis aussi : y compris dans le 16e arrondissement, il y a des gens qui n'ont pas supporté vos outrances et qui, d'ailleurs, se portent bénévoles. Il y a plus de 500 personnes qui se sont portées bénévoles. Il y a des gens qui, tous les jours, de plus en plus d'ailleurs, depuis les événements de ces derniers jours, apportent des jouets, apportent des couvertures, apportent des vêtements. Eh bien, ces gens sont l'honneur de Paris et l'honneur du 16e arrondissement, honneur que vous n'avez pas eu dans cette affaire.

Croyez-moi, nous n'allons pas lâcher et cela nous incite d'ailleurs à poursuivre notre politique en faveur des sans-abri, à poursuivre notre politique de rééquilibrage parce qu'il n'y a pas de raison que ce soit systématiquement les quartiers les plus populaires de Paris qui soient mis à contribution pour faire de la solidarité. Croyez-moi donc : nous allons continuer.

J?émets évidemment un avis défavorable à ce v?u qui, je le répète, est une honte.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Honnêtement, je pense que cela va sur le sujet. Le Maire du 16e arrondissement n'est pas là. Cela va. Honnêtement, vous avez joué - vous l?avez dit - surtout les pyromanes. Le maire du 16e arrondissement, au nom duquel vous avez parlé, a joué les pyromanes sur cette affaire, dans une salle, devant la presse, à exciter tout le monde. Ce qui est en train de se passer aujourd'hui en est la conséquence directe. Je pense que cela suffit.

Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes les Républicains et UDI-MODEM, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.