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Novembre 2016
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2016 DAC 503 - Plaques commémoratives à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous commençons par le projet de délibération DAC 503. Il s?agit de l?apposition de plaques commémoratives à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015.

Je vais donner la parole successivement à Jean-Bernard BROS, Fadila MÉHAL, Rémi FÉRAUD, Danielle SIMONNET, Déborah PAWLIK, Joëlle MOREL et Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Jean-Bernard BROS a la parole.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, vendredi 13 novembre. Un jour que les Français et les Parisiens n'oublieront jamais. L'émotion est toujours vive quand nous repensons à cette soirée d'horreur. 130 personnes perdirent la vie. De nombreux blessés doivent encore panser leurs plaies, et les familles des victimes soulager la douleur de la perte d'un être proche. Voici un an, bientôt, Paris était victime d'une attaque barbare sans égal. Dans chaque ville et village de France, mais aussi au-delà de nos frontières, ce fut la stupeur et la désolation. Nous remercions encore tous ceux qui ont témoigné de leur solidarité.

Cet attentat terroriste a aussi montré toute la résilience dont était capable notre ville à travers la résistance de ses habitants. Chacun le sait : notre pays est actuellement confronté à une menace terroriste sans précédent. Nous vivons dans un monde perturbé, tourmenté. Dans ce contexte, nous devons ?uvrer quotidiennement avec humanité pour les Parisiens.

Nous, élus du Conseil du Paris, sommes fiers de porter la devise républicaine "Liberté, égalité, fraternité", de faire vivre ces valeurs et de les défendre avec passion. Comme interlocuteurs à l'écoute des citoyens, nous avons une responsabilité, celle de servir nos administrés et d'être à côté de l'Etat dans ce combat contre les obscurantismes et la violence.

Nous devons continuer à défendre la laïcité, notre force, qui protège la liberté des cultes et de conscience tout en garantissant aux citoyens la neutralité de l'Etat. Nous devons continuer à défendre le vivre ensemble, notre atout dans une ville socialement, culturellement et religieusement cosmopolite. Nous devons continuer à transmettre des valeurs humanistes d'unité et d'harmonie. Nous devons commencer dès maintenant pour l'avenir.

Notre groupe est, bien évidemment, en total accord avec ce projet de délibération. Nous nous réunirons bientôt pour commémorer et rendre hommage aux victimes de cette terrible barbarie. Nous serons devant ces plaques commémoratives pour nous souvenir de cette soirée effroyable. Par ce projet de délibération, nous faisons acte de mémoire. Je ne sais si la mémoire collective peut consoler, mais je sais combien elle permet de transmettre. Ce devoir de mémoire si nécessaire doit nous permettre de ne pas oublier, de ne pas banaliser ces événements.

Je me permets, au nom de tous ici, d'exprimer à nouveau nos condoléances à toutes les familles touchées. Je souhaitais terminer mon propos en exprimant notre reconnaissance aux pompiers et au personnel médical, et apporter notre soutien aux policiers, militaires et forces de l'ordre, aux agents de la Ville qui ont fait et font un travail remarquable.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL. - Monsieur le Maire, chers collègues, le vendredi 13 novembre 2015, un voile noir est tombé sur la France, un voile de deuil et de malheur qui plongea notre pays dans une sidération sans nom. Ce 13 novembre maudit, nous ne l'oublierons jamais car il résonne à notre mémoire comme la fin de l'insouciance et de la légèreté qui nous ont désertés, laissant la place au désarroi, à la peur et à la défiance. Ces lâches attentats exécutés froidement à Saint-Denis, à Paris dans le 10e et le 11e arrondissement, ont tué 130 victimes innocentes et traumatisé à vie des centaines de blessés. Leurs assassins étaient froids, méticuleux, ils étaient venus pour tuer, méthodiquement, au nom d'un dieu qu'ils avaient trahi et dont ils insultaient même le nom par leur fanatisme barbare.

Aujourd'hui, nous sommes ici rassemblés dans ce moment grave et douloureux pour rendre hommage à ces 130 vies fauchées, à ces destins brisés et aux centaines de blessés qui essaient, coûte que coûte, un an après, de rassembler les morceaux épars de leur vie saccagée. Ces hommes et ces femmes incarnaient la France que nous aimons. La France qui défend la liberté d'expression de "Charlie", celle qui rit aux terrasses des cafés, celle qui chante et danse le bonheur de vivre au Bataclan. C?est parce qu?ils étaient la vie qu'ils ont été tués. C'est parce qu'ils défendaient notre mode de vie qu'ils ont été massacrés. Que leurs noms, à jamais, soient gravés dans les plaques, dans les rues de Paris qui portent encore les traces de ces massacres indicibles.

Nos pensées vont aux familles et aux proches. Notre sollicitude et notre compassion à leur égard sont immenses, car leur dignité a été exemplaire. Ils n'ont cédé ni à la peur, ni à la haine, puisant dans le souvenir de leurs chers disparus la force d'honorer leur mémoire, en restant debout pour ne pas qu'ils meurent une seconde fois. Ces hommes, ces femmes avaient tous les âges, mais, pour la plupart, ils avaient moins de 35 ans. Ils venaient de toutes les régions de France. 17 pays dans le monde ont porté leur deuil.

En faisant en sorte que des plaques leur soient dédiées, la Mairie de Paris rend hommage à cette jeunesse qui n'a malheureusement pas eu le temps d?éclore. Et comme pour mieux répondre aux terroristes, nous réaffirmons haut et fort que nous ne céderons jamais au totalitarisme, fut-il religieux. La culture sera notre glaive. Elle sera notre bouclier.

En tant que présidente de la commission culture, je fais le serment que nous multiplierons les concerts, les spectacles, les expositions et que nous continuerons à aller au stade de France, dans les manifestations sportives, et nous préparerons le moment venu les Jeux Olympiques, comme une réponse à ceux qui nous somment de nous renier, de rejeter ce qui fonde notre identité. Car telle est notre détermination. Nous ne céderons ni à la peur, ni à la vengeance. Nous ne céderons pas à la division non plus. Nous dépasserons nos différences, nos origines, nos couleurs, nos convictions, nos croyances et nos confessions, car de notre unité dépend l'avenir de notre nation et la conviction de notre destin collectif.

La terrible épreuve que nous avons traversée le 13 novembre nous a tous meurtris, mais elle a forgé en nous une nouvelle identité, celle d?offrir à nos enfants une France qui soit un grand pays, fier de son histoire, fier de son mode de vie, de sa culture, de son raisonnement et surtout de son idéal universel. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Rémi FÉRAUD.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Un an, c'est une date, le 13 novembre 2016, qui est un moment important même s'il est dur pour chacun d'entre nous et pour tous les Parisiens.

Bien sûr, il y a la nécessité de la vie, qui a repris, mais il y a aussi celle de l'hommage aux victimes, aux morts, aux blessés, à leur famille, à leurs proches, et la nécessité d'inscrire ces crimes terroristes, cette tragédie dans l'histoire de Paris.

Pour être bref et sobre, je veux saluer la décision des familles d'inscrire les noms des victimes sur les plaques qui seront apposées dimanche prochain. Pour ma part, j'ai vu les corps sur le trottoir ; j'estime qu'il est juste que les noms des victimes qui sont tombées soient inscrits là où les attentats ont eu lieu.

Je veux saluer le travail mené avec la Ville de Paris, l'ensemble des services, je pense aux services de la Propreté, aux archives de la Ville de Paris. Je veux saluer le travail mené avec l'Exécutif municipal et en particulier avec Bruno JULLIARD et son cabinet. J'associe d'ailleurs à mon intervention le Maire du 11e, François VAUGLIN, car je sais l'intensité, la difficulté mais aussi l'extrême rigueur, l'attention que nous avons mis ensemble à préparer ce 13 novembre.

Enfin, c'est un moment, le 13 novembre, que nous avons préparé longuement. C'est un projet de délibération qui arrive tardivement pour que justement l'ensemble des éléments soit réuni. C'est un projet de délibération dont je ne doute pas que nous le voterons tous. Je veux saluer aussi le fait que ce projet de délibération ait pu être inscrit à l'ordre du jour du Conseil de Paris avant le 13 novembre afin qu?il y ait bien cette décision solennelle du Conseil de Paris d'inscrire sur chaque site des attentats, à Paris, la mémoire de chacune des victimes du 13 novembre 2015. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Un an déjà. Il y a un an, l'obscurantisme le plus fanatique, revendiqué par Daech, commettait sa série d'attentats et plongeait de nouveau Paris et Saint-Denis dans l'horreur, 10 mois après les terribles assassinats commis contre Charlie Hebdo, l?Hyper Casher et à l?encontre de policiers.

Un an déjà, et nous n'oublierons jamais les 130 morts, les 350 blessés et les près de 4.000 personnes victimes psychologiques présentes sur les 6 lieux des attaques, comme nous n'oublierons jamais également les victimes de l?église de Saint-Etienne-du-Rouvray et de Nice.

C'est notre peuple dans son ensemble qui a été frappé. Nous ne devons jamais oublier. Les cérémonies prévues pour cette sinistre et effroyable soirée du 13 novembre, l'apposition des plaques commémoratives et le projet d'un monument mémoriel dédié à la mémoire des 130 victimes sont là pour permettre le recueillement des Parisiennes et des Parisiens et plus largement, et transmettre cette mémoire.

Comme l'ensemble des collègues, je remercie l'implication des services de la Ville en étroite collaboration avec les associations des victimes, "Life for Paris" et "13 novembre", les familles des victimes, les riverains, les gérants des établissements visés, les mairies des 10e et 11e arrondissements et la Ville de Saint-Denis.

L'ensemble des hommages collectés sur les lieux des attentats témoignent également de la grande cohésion et solidarité citoyennes dont a fait preuve le peuple de Paris et plus globalement l'ensemble des citoyens. Je salue l'initiative prise par la Ville de Paris et les Archives pour leur conservation et leur mise en ligne.

Madame la Maire, je souhaiterais néanmoins que l?on entende également l?appel des associations, qui demandent une pleine égalité de traitement entre victimes physiques et psychologiques des attentats à l'occasion de ces cérémonies de commémoration du premier anniversaire du 13 novembre à Paris. Nous devons leur permettre de pouvoir assister aux cérémonies.

Evidemment, nous transmettons de nouveau toutes nos condoléances et nos pensées aux familles, aux proches. Oui, nous restons debout, fiers et attachés à la liberté d'expression, à la liberté de conscience, à la joie de vivre ensemble, en terrasse, à un concert ou dans un stade.

Ces attentats successifs qui ont frappé notre pays depuis janvier 2015 ont mis et mettent notre pays en grave tension. Ils appellent une réponse qui doit être guidée par les principes de la République. La lutte contre le terrorisme, contre les terroristes, est aussi une lutte de principe. Daech n'est pas une attaque contre de prétendues valeurs occidentales. Les premières et plus nombreuses victimes de Daech sont d'ailleurs les musulmans en Iraq. Daech s'attaque à la France pour ses interventions à l'international et Daech prend pour cible nos principes politiques républicains et nos modes de vie pour mieux contribuer à la dislocation de notre société dans le but de nous affaiblir.

C'est pourquoi nous devons combattre l'utilisation qui est faite, hélas, par certains des attentats, qui tendent à mettre nos compatriotes de confession musulmane, réelle ou supposée, sous le coup d'une suspicion généralisée. Ne participons pas à la diffusion de l'idéologie du choc des civilisations, dangereuse pour la République.

Voilà le terrain de la confrontation identitaire vers lequel veulent nous entraîner les djihadistes, voilà ce dont se nourrit le FN. C'est précisément contre cela et contre l'idée sous-jacente d'une guerre des religions qu'il faut s?élever. Nous devons également refuser que ces attentats soient le prétexte à une évolution sécuritaire et liberticide de notre pays. Je le redis, la constitutionnalisation de l'état d'urgence est un déplorable choix politique car ces dispositions sont attentatoires à nos libertés tout autant qu?inefficaces contre les terroristes, tout comme les débats nauséabonds autour de la déchéance de la nationalité et l'hystérie de cet été autour du burkini. La réponse à la lutte contre le terrorisme se situe sur 3 terrains : le terrain géopolitique, le terrain de la sécurité intérieure mais aussi le terrain des principes républicains. Notre peuple doit se montrer soudé, soudé sur ces principes républicains et notre Ville, frappée en plein c?ur, doit poursuivre son implication indéfectible pour la défense de ces principes. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Déborah PAWLIK.

Mme Déborah PAWLIK. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il y a un an, des innocents se voyaient arrachés à leur vie alors qu?ils la mordaient à pleines dents en écoutant un concert de rock ou en prenant un verre à la terrasse d'un café.

Un an déjà que Paris a été dévastée.

Notre groupe disait il y a un an, par la voix de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, que changer de vie, avoir peur, sortir moins, se sentir bridés dans notre liberté aurait donné raison au terrorisme. L'année qui vient de s'écouler nous a montré la force de résilience des Parisiens qui ont inlassablement continué à vivre sans se laisser intimider.

Les cicatrices ne sont pas encore refermées, à supposer même qu'elles ne le soient jamais. Le recueillement et le souvenir font aussi partie du travail de reconstruction de chacun car nous avons toutes et tous été marqués dans notre chair. Naturellement, nous nous associons à vos propos et à l'approche de cet anniversaire terrible du 13 novembre. A quelques jours de cette commémoration, permettez-moi de revenir simplement sur deux points. Tout d?abord, en ce qui concerne le choix d'un lieu de commémoration ou d?un ?uvre mémorielle, citoyenne ou non, de nombreuses propositions ont été formulées. A cet égard, il nous semble légitime et souhaitable que des initiatives citoyennes, surtout lorsqu'elles viennent de victimes ou de leurs proches, voient le jour. Les manifestations de solidarité au lendemain des attentats avaient déjà été marquées par la spontanéité des Parisiens et des Français dans leur ensemble. Chacun témoignait de sa peine à sa manière. Dans le 10e arrondissement par exemple, rue Bichat, rue Alibert ou place de la République, où l'on déposait fleurs et bougies dans un silence presque religieux. Il est donc normal que la même spontanéité irrigue aujourd?hui les commémorations et qu'elles soient encouragées et valorisées par nous. Le politique doit accompagner la société, y compris et surtout dans ces moments qui appartiennent à chacun. Nous avons donc raison de prendre le temps qu'il faut et qu'il faudra pour composer avec les envies de tous et respecter les choix exprimés. L'objectif d'une inauguration pour le 13 novembre 2017 nous paraît ainsi souhaitable et raisonnable. Ensuite, concernant les commémorations du 13 novembre à venir cette fois, celles-ci devront être marquées par la plus grande sobriété. Permettez-moi aussi de rappeler qu'elles ne doivent pas être le rassemblement simplement de quelques officiels mais de toutes celles et ceux qui souhaiteront venir se recueillir, car c?est Paris dans son ensemble qui a été meurtrie. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Joëlle MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous serons dans quelques jours le 13 novembre 2016. En cette journée douloureuse, certains veulent célébrer dans l'intimité le souvenir des proches quand d'autres attendent un événement public.

Les rencontres qui ont eu lieu dans le 11e, au printemps, à l'initiative de la Ville de Paris autour de M. Sébastien MAIRE, chef de la résilience, nous ont permis de mesurer combien appartient à chacun sa manière de s'exprimer pour surmonter ce traumatisme.

Ces deux rencontres ont été particulièrement bénéfiques pour le personnel qui représentait les différents services décentralisés de la Ville, et pour les élus du 11e, présents, tous encore bouleversés par cette période attentats et post attentats.

A ce moment-là, nous avons exprimé le souhait de la création d'un geste de résilience collective à partager avec les populations meurtries du 11e, du 10e et de Saint-Denis.

La Ville de Paris, par ce projet de délibération, a choisi, afin d'honorer la mémoire de chacune des victimes des attentats du 13 novembre 2015, l?apposition de six plaques commémoratives dans les rues de Paris, sur les lieux des attaques, ce dimanche. Les noms et prénoms des victimes seront inscrits, selon la volonté des familles et des proches.

Le groupe Ecologiste réaffirme sa volonté d'organiser ce moment dans le respect de toutes les attentes et de toutes les volontés qui s'expriment. Entendre, accompagner et faciliter les initiatives associatives des victimes et des initiatives de quartier. A chacun la liberté d'exprimer à sa manière son émotion, la liberté de choisir son mode de résilience, la liberté de choisir sa façon de résister à la peur et au repli sur soi.

Notre responsabilité, en tant qu?élus et militants politiques, c'est d'abord de permettre à chacun et chacune de vivre ce moment douloureux comme il l'entend, en évitant toute récupération politique malgré la période électorale qui s'ouvre.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

En fin, Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire, tous mes collègues qui m'ont précédé se sont exprimés avec des sentiments unanimes. Je voudrais associer le groupe des élus communistes à cet hommage collectif, porter au plus haut niveau notre soutien aux familles des victimes, remercier l'ensemble des agents et des services qui ont travaillé à la préparation de cet hommage.

La mémoire des événements restera dans le c?ur et l?âme de tous nos concitoyens, qu'ils soient Parisiens ou bien au-delà, il était donc important que l'espace public de notre ville porte une trace de ces tragiques événements pour ne jamais oublier celles et ceux qui sont tombés.

Se souvenir, c'est résister, c'est construire l'avenir pour ne plus jamais vivre cela. Depuis le 13 novembre 2015, notre pays n'est plus tout à fait le même, nous vivons toujours en état d'urgence, et les guerres continuent au Moyen Orient. Il faut que cela change, et en travaillant la mémoire, nous travaillons à ce que cela change.

Nous ne nous entendrons peut-être pas sur les solutions à apporter au conflit, mais nous sommes tous rassemblés dans la fraternité pour faire vivre les souvenirs, la mémoire de celles et ceux qui sont tombés sous les coups des extrémistes, des fanatiques. Ils voulaient s'attaquer à notre ville, à notre mode de vie, à nos idéaux et finalement Paris est restée debout. Cette nuit du 13 novembre restera une plaie vive, mais nous restons debout et unis contre l'obscurantisme, la barbarie, unis pour défendre les principes de notre République : la liberté, légalité et la fraternité.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire et merci à l'ensemble des intervenants.

Il y a presque un an maintenant, Paris sombrait dans l'horreur et l'année 2015 se terminait malheureusement comme elle avait débuté, avec des attentats sanglants en plein c?ur de Paris.

L'intégrisme islamiste faisait 130 morts le 13 novembre 2015. Quelques mois auparavant déjà, on avait tué dans Paris des journalistes parce qu'ils étaient journalistes, des juifs parce qu'ils étaient juifs, des policiers parce qu'ils étaient policiers. Quelques mois plus tard, on tuait des dizaines de Parisiens ou de touristes qui étaient à Paris tout simplement parce qu'ils étaient des Parisiens libres, des Parisiens heureux, des Parisiens qui vivaient ensemble et parce qu?ils vivaient ensemble, heureux, respectant leurs différences, ils devenaient des cibles.

Un an plus tard, l?heure est à la commémoration et à l?hommage envers l?ensemble de ces victimes.

Mais avant d?évoquer ces commémorations, je voudrais tout d?abord saluer le travail de fond, sensible, discret, réalisé par les services de la Ville sous le pilotage de Colombe BROSSEL pour accompagner les victimes au quotidien depuis un an, les rescapés, les blessés. Plus de 150 familles ont été accompagnées, qu?il s?agisse de logements, d?aides sociales, d?accès aux soins ; beaucoup a été fait et continue d?être fait pour prendre soin de celles et ceux qui ont été meurtris.

Ce rappel est utile, car c?est bien ces deux axes que nous devons tenir : d?abord nous préoccuper des vivants, des blessés et des rescapés bien sûr, et plus largement de tous les Parisiens qui ont démontré leur détermination à faire société ensemble, à ne pas s?enfermer dans la crainte de l?autre et dans la haine. Mais aussi, nous souvenir de ceux qui nous ont été enlevés, et autant que possible, nous en souvenir de façon sensible, humaine, au-delà des figures imposées.

Depuis plusieurs mois, nous travaillons à l?organisation des commémorations de ces attentats, en étroite collaboration avec les associations ; la première, "Life for Paris" et la seconde, "13 novembre - fraternité et vérité", dont je salue d?ailleurs un représentant ici même en tribune.

Nous avons échangé avec ces associations, avec les victimes, avec les familles des victimes, les gérants des établissements visés, les mairies des 10e et 11e arrondissements, ainsi qu?avec la Ville de Saint-Denis.

Tous, nous avons souhaité que ces hommages soient marqués par une grande sobriété, pour laisser place au recueillement spontané de l?ensemble des Parisiens.

Afin d?honorer la mémoire de chacune des victimes et d?attester de l?importance tragique de ces événements dans l?histoire de notre ville, il est proposé que six plaques commémoratives soient apposées dans les rue de Paris, sur les cinq lieux des attaques. D?ailleurs, une plaque similaire sera dévoilée à Saint-Denis à côté du Stade de France.

Celles-ci mentionneront les prénoms et noms des victimes, conformément à la volonté exprimée par toutes les familles et proches des victimes et par les associations qui les représentent. Chaque famille a été interrogée sur ce point, et ces plaques seront dévoilées dans la matinée du 13 novembre 2016.

Je voudrais aussi remercier l?ensemble des personnels, d?où qu?ils viennent, des cabinets ou de l?administration, qui ont réalisé ce travail difficile, souvent éprouvant, minutieux et qui a été fait, je le crois, avec beaucoup de tact et de diplomatie. Par ailleurs, une sélection de messages de solidarité et de soutien choisis parmi des hommages nombreux, spontanément déposés sur les lieux mêmes des attentats et collectés conjointement par les Archives et les services de Propreté, je me joins également aux remerciements et félicitations qui ont été adressés aux Archives et aux services de Propreté. Cette sélection de messages sera mise en ligne sur le site de la Ville de Paris, à compter du 13 novembre, et exposée salle Olympe de Gouges à partir du 14 novembre prochain. Enfin, nous sommes conscients qu?au-delà des victimes directes, cet anniversaire est un cap difficile à passer pour de nombreux Parisiens, particulièrement pour les habitants des 10e et 11e arrondissements ; pour tous ceux qui en ressentiraient le besoin, des permanences médico-psychologiques seront assurées du 10 au 15 novembre au sein des hôpitaux Saint-Louis, Saint-Antoine et l?Hôtel-Dieu, et bien évidemment, toutes les victimes seront accompagnées, qu?elles aient subi des séquelles physiques ou psychologiques, cela va bien entendu de soi. Chacun pourra par ailleurs être reçu sans prise de rendez-vous préalable grâce à l?engagement de l?A.P.-H.P. que je veux une nouvelle fois remercier.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci beaucoup, et avant de mettre le projet de délibération DAC 503 aux voix, vous me permettrez d?avoir une pensée pour les combattants, qui aujourd?hui à Mossoul comme à Raqqa, essaient d?arracher ces villes à l?empreinte de Daech.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 503.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité, je vous en remercie. (2016, DAC 503).