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Janvier 2001
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29 - 2001, DVD 18 - Réhabilitation de la place de la Concorde (8e). - Achèvement de la première phase de concertation préalable. - Poursuite de la concertation et modalités

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2001


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je vous propose de passer au projet de délibération DVD 18. Il s'agit de la réhabilitation de la place de la Concorde.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Monsieur le Maire, en tant que maire de l'arrondissement, je sollicite d'être le premier à parler.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Si Mme SCHNEITER l'accepte...
Mme Laure SCHNEITER. - Je vous en prie, Monsieur le Maire.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Une nouvelle fois, vous présentez au Conseil pratiquement le même projet de délibération concernant la place de la Concorde et un plan de "réhabilitation" qui ne réhabilite rien du tout faute du moindre accord des autorités supérieures en matière de monuments historiques quant aux partis architecturaux à privilégier ou à choisir.
Par contre ce projet a, en fait, pour objet d'imposer au dernier Conseil de votre mandature un plan de circulation des plus extravagant dont les conséquences sur la vie des quartiers proches n'ont jamais été étudiées ni même d'ailleurs envisagées.
Votre projet, Monsieur le Maire, a été différé à l'unanimité et à ma demande par le Conseil du 8e arrondissement toutes tendances politiques confondues.
Je me félicite, à ce propos, du v?u introduit par le groupe socialiste qui reprend enfin, une fois n'est pas coutume, très exactement ce que je prêche dans le désert depuis des années à propos de cette place et des méthodes à employer pour la réhabiliter et la remettre à son niveau. Il est totalement irresponsable de vouloir brutalement, et sans aucun essai préalable, interdire tout trafic sud-nord Place de la Concorde. Aucune étude d'impact n'a été menée, aucune consultation des élus du 8e arrondissement ni des riverains, ni du Maire du 8e arrondissement n'est intervenue. Personne n'a jamais vu aucune conclusion en provenance de la Préfecture de police, du Préfet de police, ni même de la D.C.T.C., la Direction du Commerce, des Transports et de la Circulation.
Comme je l'ai exprimé assez nettement je crois, et en public, la plus belle place du monde ne peut faire l'objet sans unanimité d'un bricolage dont les conséquences pourraient être fatales aux quartiers riverains, à la circulation générale à Paris, à la vie économique de la Capitale, à l'intérêt et au bien être des Parisiens.
Je demande aux élus du Conseil de repousser ce projet, de le laisser à l'appréciation de nos successeurs et de ne pas prendre part au vote ou de voter contre.
Je vous remercie.
M. Bertrand BRET. - Vos successeurs, parlez pour vous !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, malgré de très nombreuses critiques de départ, qu'elles soient venues de techniciens, de la Préfecture de police, d'élus de droite comme de gauche, d'associations, vous avez persévéré dans votre projet de réhabilitation de la Place de la Concorde, afin de réduire de 80 % la surface réservée à la voiture.
Dès le début, je vous ai totalement soutenu sur ce projet et je répète que si cette opération est menée à bien jusqu'au bout, ce sera une réalisation qui fera date dans l'histoire de l'urbanisme à Paris et dont on parlera dans le monde entier, dans le monde entier !
Je suis très heureuse des résultats de cette première concertation. D'une part, parce qu'elle a mobilisé de très nombreux Parisiens et d'autre part, parce que les avis émis vont complètement dans le même sens que celui que je vous présentais lors de notre premier débat, en novembre 1999. Comment ne pas me réjouir des 84 % d'avis favorables à la réduction de la circulation sur la place, afin de la rendre aux piétons ? Comment ne pas me réjouir de voir 80 % des partisans du projet préférer la réduction de 80 % de l'espace dévolu à la circulation à celle limitée à 50 % ? Comment ne pas me réjouir de voir tant de Parisiens, sensibles à la restitution des fossés et attachés à l'authenticité historique du site ? Ce sont les thèmes que j'avais développés dans mon intervention de novembre 1999.
Cette première étape de concertation est donc une réussite. J'y ai modestement contribué en faisant adopter un amendement par notre Conseil, afin qu'une exposition soit organisée dans toutes les mairies d'arrondissements, ce qui n'était pas prévu au départ. C'était important, car ce projet concerne l'ensemble des Parisiens, les personnes visitant le site et pas seulement les habitants du 8e arrondissement.
Cette fois-ci, pour la poursuite de la concertation, vous proposez des expositions dans l'ensemble des mairies et non au 5e étage, en haut d'un escalier dérobé, comme cela a encore été le cas dans certaines mairies. Souvenez-vous d'une habitante du 15e arrondissement, Monsieur le Maire, qui vous a dit, lors de la réunion du 26 septembre dernier, qu'à l'accueil de la mairie du 15e, malgré son insistance, personne n'a pu lui indiquer l'endroit où se trouvaient les plans !
Je regrette que l'exposition sur le site même ne soit qu'envisagée, alors que la première expérience a montré combien elle était utile. Tout le monde connaît la place de la Concorde, la mairie du 8e arrondissement beaucoup moins.
L'une des critiques les plus entendues concerne les risques de voir Paris se transformer en ville musée. Je ne le souhaite absolument pas ; au contraire, ce sera un lieu de vie, animé, de rencontres, de promenade, pour les Parisiens comme pour les visiteurs, une place avec des piétons, des cyclistes, des rollers et des autobus propres.
Je comprends que les associations d'automobilistes irréductibles ne soient pas satisfaites, mais ils ne sont pas très nombreux. En revanche, il est nécessaire d'avoir une politique ambitieuse pour les transports en commun, afin d'encourager les automobilistes à les utiliser. D'ailleurs, une évolution a commencé, très lente certes, puisque les déplacements utilisant les transports en commun sont en augmentation et que pour la première fois les déplacements automobiles sont en baisse dans la Capitale.
Sans alternative crédible, aucune solution ne sera réellement fiable sur le plan de la circulation, notamment pour le coeur de Paris, car c'est l'ensemble de la circulation, des quais et des voies à proximité de la place qu'il va falloir réviser. Il faudra faire preuve de persévérance et de beaucoup de patience pour faire aboutir ce projet et proposer des transports en commun de qualité, notamment avec des bus confortables, réguliers et sûrs.
Monsieur le Maire, pour essayer de réduire la circulation automobile, ce n'est pas en faisant des expériences d'un jour, sans lendemain, que cela vous aidera à prendre une décision, car c'est ce genre d'opération qui serait du bricolage. Si vous voulez organiser une expérience de ce type, bien sûr qu'à ce moment là, ce sera un gigantesque chantier et que tout le monde dira que c'est impossible de changer la situation actuelle.
Cette opération ne sera menée à bien qu'en dissuadant également la pénétration automobile dans Paris. Tant qu'il n'y aura pas - cela fait 20 ans que je le répète - de bonnes liaisons de banlieue à banlieue, et de banlieue à Paris, pour tous les transports en commun, il y aura toujours trop de gens qui prendront leur voiture. N'oubliez pas, indépendamment des flux de transit, qu'il y a régulièrement au moins 250.000 Franciliens qui rentrent dans Paris chaque matin et qui continueront à le faire, tant qu'ils n'auront pas une autre alternative !
Concernant le voeu du parti socialiste, je suis d'accord sur beaucoup de points, mais dans les "considérants", je ne suis pas d'accord sur les paragraphes 6 et 7 et sur le voeu je ne suis pas d'accord sur le dernier paragraphe. Donc je m'abstiendrai sur ce voeu du parti socialiste.
Je suis consciente des difficultés de réalisation de ce magnifique projet - car c'est un magnifique projet - mais c'est avec enthousiasme que je voterai, moi, pour la poursuite de la concertation en vue de la réhabilitation de la Place de la Concorde.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Monsieur BRET.
M. Bertrand BRET. - Merci, Monsieur le Maire.
Juste deux réflexions concernant cette proposition : lors du premier débat que nous avons eu, il y a de cela déjà quelques temps, l'adjoint au maire compétent de l'époque, M. PLASAIT, s'était engagé au nom de la Ville à ce qu'il y ait une étude d'impact, je veux dire grandeur nature, sur l'aménagement, à la demande des élus socialistes et apparentés, et d'ailleurs de la mairie d'arrondissement unanime du 8e arrondissement.
Je regrette qu'au jour d'aujourd'hui, c'est-à-dire presque un an après, cette étude in situ n'ait toujours pas été réalisée. Ce serait là un bon moyen et j'allais même dire, Monsieur le Maire, ce serait sans doute le seul moyen de pouvoir véritablement apprécier l'impact de cette disposition. Faute de quoi toutes les études de flux que l'on pourrait mener ne seraient que des études de papier.
C'est la raison pour laquelle nous avons déposé un voeu qui reprend cette idée de pouvoir réaliser une véritable expérimentation grandeur réelle du projet d'aménagement que vous nous présentez.
Le deuxième engagement qui avait également été pris par l'adjoint compétent - mais il est vrai qu'entre temps il a changé - c'est que cette étude de l'aménagement de la Place de la Concorde ne soit pas dissociée d'une étude de requalification des jardins des Champs-Elysées. L'un et l'autre sont intimement liés. Le Carrousel du Louvre, le Jardin des Tuileries, ont été réaménagés. Toute la perspective des Champs-Elysées a été requalifiée, réaménagée.
Il serait invraisemblable, irrationnel, incohérent que l'on rénovât l'aménagement de la place de la Concorde et qu'on laissât en l'état celui du jardin des Champs-Elysées, propriété de la Ville !
Donc il y a là, à l'évidence, une cohérence de situation, une cohérence de projet qui devrait être conduite.
Cela avait retenu l'attention de M. PLASAIT. A l'évidence, aujourd'hui, cela n'apparaît pas. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est regrettable.
C'est la raison pour laquelle, nous, nous reformulons cette seconde proposition.
C'est en ce sens également que nous souhaitons que le comité de concertation, le comité de pilotage se réunisse et prenne en charge cette double volonté à la fois de réaliser cette étude d'impact in situ et en même temps de requalifier non pas la seule place de la Concorde mais l'ensemble du site la place de la Concorde, avec les jardins y afférents.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Lors de la séance du Conseil de Paris des 22 et 23 novembre 1999, les élus du groupe du Mouvement des citoyens avaient eu l'occasion de faire part de leur position sur le projet de réhabilitation de la place de la Concorde. Ils ont en effet toujours estimé nécessaire une opération de réhabilitation de cette place, dont la Municipalité a d'ailleurs trop longtemps négligé l'entretien.
Dès février 1997, Georges SARRE avait demandé l'engagement d'un plan de mise en valeur de la place de la Concorde, prévoyant de réduire la place accordée à l'automobile, bien avant que vous ne présentiez les objectifs de votre projet.
Mais les élus du groupe du Mouvement des citoyens considèrent qu'il n'est pas acceptable qu'une telle opération ait pour conséquence prévisible d'aboutir à amplifier les encombrements aux alentours de cette place, aussi prestigieuse soit-elle, notamment sur les voies sur berges, et ceci au détriment des efforts qui ont pu être engagés pour mettre en valeur le patrimoine monumental de ce secteur de Paris et la Seine.
Si vos choix peuvent profiter à la place de la Concorde, ils iront par contre clairement à l'encontre des efforts de mise en valeur poursuivis en faveur des monuments historiques situés à proximité du site de la Seine, inscrit, je vous le rappelle, par l'U.N.E.S.C.O. au titre du patrimoine mondial.
Réduire la circulation sur la place de la Concorde n'a de sens que si ce projet s'inscrit dans un plan d'ensemble visant à casser la circulation de transit dans le centre de Paris pour le revitaliser, pour mieux le mettre en valeur. Nous avons d'ailleurs eu l'occasion de vous faire part de nos propositions en faveur de la mise en valeur du centre de Paris et de la Seine. Je vous en rappelle donc quelques principaux axes :
- le réaménagement et la réhabilitation de l'ensemble des places qui bordent le coeur historique de Paris, Bastille, République, Invalides, Port-Royal, Gobelins, Austerlitz ;
- la mise à l'étude d'une vaste zone destinée à couvrir le centre ancien ;
- le développement d'un nouveau réseau maillé de bus en site propre sur les grands axes et la mise en service de petits bus électriques pour innerver le coeur historique ;
- la création d'un réseau de tramway dans Paris dont une ligne pourrait se développer rive droite ;
- la mise en oeuvre d'un nouveau plan de circulation et de stationnement interdisant le stationnement de surface aux non résidents du 1er au 4è arrondissements, excepté pour les véhicules prioritaires naturellement ;
- l'aménagement d'itinéraires confortables pour favoriser les déplacements des cyclistes et des piétons ;
- et la couverture de plusieurs hectares de voies sur berges de façon à les rendre accessibles aux piétons, cyclistes, touristes.
Il faut reconnaître que nous sommes loin, avec ce projet isolé de réhabilitation de la place de la Concorde, des voeux de ce plan de revitalisation du centre de Paris et de mise en valeur de la Seine que nous proposons de réaliser.
Ce réaménagement de la place de la Concorde ne modifiera pas en effet les problèmes posés par la circulation automobile, qui risque bien au contraire de se reporter sur d'autres axes centraux et d'avoir des effets non maîtrisables faute d'un projet d'ensemble.
Ce réaménagement ne peut avoir de sens que s'il s'intègre dans un plan d'ensemble cohérent destiné à désengorger ce coeur historique et à le mettre en valeur.
Une mesure d'urgence peu coûteuse pourrait d'ailleurs être prise rapidement pour réduire la pression qui s'exerce sur ce coeur historique de Paris : la suppression de tous les axes rouges.
En tout état de cause, les élus du groupe du Mouvement des citoyens qui se sont opposés aux objectifs initiaux de réaménagement de la place de la Concorde en novembre 1999 ne voteront pas le projet de délibération qui leur est présenté et qui prévoit la poursuite de cette opération.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. OGÉ.
M. Yves OGÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, mon intervention au nom du groupe U.D.F. sera volontairement courte car je souhaite simplement exprimer à nouveau notre désapprobation sur l'éventuelle réalisation de ce projet, tout au moins dans sa partie concernant la circulation.
Si celui-ci est intellectuellement et culturellement séduisant, nous continuons à penser, comme l'avait si bien exprimé Yves GALLAND, il y a quelques mois, que ce projet est dans sa réalisation tout à fait utopique si l'on ne peut le concevoir dans le cadre d'une réorganisation générale de la circulation parisienne.
Cependant, comme il ne faut surtout pas être borné en matière d'évolution de la Capitale, nous ne pouvons donc pas être contre la poursuite d'une concertation sur ce sujet, mais quelle concertation ? Avec qui ? Avec l'Etat et les Ministères concernés ? Ou avec les élus qui, vous le savez, Monsieur le Maire, par la voix de notre collègue François LEBEL sont tout à fait contre ce projet ?
Si véritablement vous voulez poursuivre celui-ci au-delà de l'effet médiatique, seules des expériences poussées grandeur nature pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sont nécessaires pour déterminer les éventuelles possibilités et l'ampleur des problèmes en résultant.
Mais vous savez, Monsieur le Maire - et nous le constatons à chaque grande manifestation dans Paris, or il y en a à peu près maintenant tous les jours - si une manifestation a lieu entre Montparnasse et le 16e arrondissement, les répercussions à Denfert-Rochereau sont énormes et provoquent des perturbations pendant des heures. Ceci confirme que vous ne pouvez essayer de traiter la circulation à la Concorde sans concevoir celle-ci sur l'ensemble de Paris ; c'est d'ailleurs tout à fait ce qu'ont dit les précédents orateurs.
C'est une occasion peut-être cependant de reparler des axes souterrains nord-sud, est-ouest, dont notre groupe vous a demandé l'étude de principe depuis de nombreux mois, malheureusement sans résultat pour le moment.
Je vous remercie.
Nous ne voterons pas ce projet.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "U.D.F. et Modérés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la place de la Concorde fait partie du patrimoine de tous les Parisiens, même du patrimoine mondial ; je voudrais ajouter que pour moi c'est la plus belle des places parisiennes.
En ce sens, j'approuve le principe de restructuration de la place, notamment pour faciliter la traversée des piétons et la liaison entre le jardin des Tuileries et l'avenue des Champs-Elysées.
Il me semble aussi très souhaitable de supprimer le stationnement de surface pour y diminuer la pollution visuelle que représentent les voitures et les cars de tourisme qui y stationnent.
Je souhaite aussi très vivement que le plus rapidement possible la place retrouve son authenticité. Chacun aura compris que je veux parler de la grande roue qui s'y trouve encore en jouant les prolongations.
Si sa présence pouvait, aux yeux de certains trouver, une justification en raison des fêtes du millénaire, son maintien aujourd'hui à cet emplacement n'en a plus aucune, en tout cas pour les Parisiens qui sont quand même les premiers intéressés.
A ce propos, je voudrais mentionner que lors de la première réunion publique liée à la concertation du projet qui nous intéresse aujourd'hui, M. PINON, historien, s'est prononcé contre toute fragmentation et encombrement excessif de cet espace.
Vous vous souviendrez peut-être, mes chers collègues, que j'étais intervenue au sein de cette Assemblée avant le montage de la roue pour demander qu'elle soit installée ailleurs que sur cet emplacement historique.
J'interviens aujourd'hui sur ce projet pour exprimer des réserves quant à ce qui est prévu en matière de circulation automobile.
Le projet mise sur une diminution globale de la circulation automobile parisienne de 20 %. Cet objectif, qui est certes louable, va bien au-delà de celui du plan de déplacement urbain qui, lui, vise les 5 % de diminution. Comme certains des orateurs précédents l'ont dit, une diminution de cette ampleur ne va pas sans remettre en cause l'ensemble de la circulation parisienne.
En effet la place de la Concorde est un n?ud de communications essentiel et notamment entre la rive gauche et la rive droite. Or, le projet prévoit qu'il ne sera plus possible de passer de la rive gauche à la rive droite par le Pont de la Concorde.
Il me semble qu'il s'agit là d'un inconvénient important et, dans le cas où cette disposition serait adoptée, l'augmentation de la fréquentation sur les itinéraires de report, pénaliserait gravement des lieux où aujourd'hui elle s'effectue bien, là où le transit est fluide.
Je demande donc que, dans la suite des études et de la procédure, toute l'attention nécessaire soit portée à cette question afin que ce projet ne se contente pas de satisfaire une aspiration légitime des Parisiens à une diminution de la place de la voiture dans la ville, mais prenne en compte de façon responsable et sans céder aux sirènes attirantes de la démagogie facile du tout "anti-voiture", la nécessité de préserver dans Paris la circulation de transit nécessaire à la vie économique de la Capitale.
Je vous remercie.
Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. DOMINATI pour répondre à l'ensemble des intervenants.
Je lui demande également de se prononcer sur le v?u n° 11.
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint, au nom de la 3e Commission. - En ce qui concerne le réaménagement et la mise en valeur de la place de la Concorde, il s'agit d'un projet ambitieux du Maire de Paris, comme cela a déjà été souligné.
Je voudrais rappeler que le Ministre de la Culture et le Préfet de police de Paris ont fait part de leur accord sur les objectifs poursuivis et sur les modalités de la concertation entreprise.
Celle-ci a été engagée en vertu de l'article L 302 du Code d'Urbanisme et a permis de présenter aux élus, aux services compétents, aux associations, aux usagers, à de très nombreux Parisiens, les objectifs de remise en valeur de la place.
Elle s'est traduite par une exposition sur la place de la Concorde et dans les 20 mairies d'arrondissements avec registre d'observations, ainsi que par deux réunions publiques en juin et en septembre 2000.
La concertation préalable a montré l'adhésion de tous à l'objectif de réduction de la circulation automobile afin de rendre la place de la Concorde aux piétons et assurer la continuité du cheminement entre les jardins des Tuileries et les Champs-Elysées.
Cette première phase de concertation a fait apparaître une préférence des Parisiens pour un traitement à dominante végétale. Il est bien évident que les incidences en matière de circulation ont été prises en compte, en particulier les conséquences de la suppression du sens de circulation sud-nord sur la place.
Les résultats des études, présentés lors des deux premières réunions publiques, ont permis de montrer qu'il était possible de rendre aux piétons 80 % de la surface aujourd'hui dédiée à l'automobile.
Ce parti se traduit par une diminution de 20 % du trafic sur la place, ce qui s'inscrit totalement dans les objectifs des politiques de déplacements menées à Paris depuis 1996.
Ces objectifs sont conformes au plan de développement urbain de la Région Ile-de-France qui vient d'être approuvé. Il apparaît donc clairement qu'ils sont largement partagés par les Parisiens.
L'élaboration du programme de restauration et de mise en valeur de la place s'engage donc en étroite liaison avec les services de l'Etat.
Une deuxième phase de concertation prévoit des réunions publiques pour présenter le résultat des études complémentaires, en présence des adjoints, des Maires, du 1er et du 8e arrondissement, des services de l'Etat concernés, de la Préfecture de police, de la R.A.T.P., et des associations locales.
Des expositions à la mairie du 8e, dans d'autres mairies d'arrondissement, et sur les sites, auront lieu. Aujourd'hui, nous en sommes à la deuxième phase de concertation.
M. le Maire du 8e arrondissement nous a fait part tout à l'heure de son opposition et je dois dire de son impuissance puisqu'il dit avoir milité depuis très longtemps contre ce réaménagement.
En réalité, je comprends mal cette observation. Je le lui dis très sincèrement.
D'autre part, M. BRET a signalé que mon prédécesseur avait accepté une étude d'impact, grandeur nature, et a relevé que 6 mois après, elle n'était toujours pas réalisée.
Je voudrais, n'étant qu'un interprète des services techniques, lui dire qu'en réalité cette étude ne peut avoir lieu que lorsqu'un projet aura été défini en accord avec les associations, les Maires, les représentants de l'Etat : ce qui est présenté aujourd'hui est une déclaration d'intention et d'objectif et non un projet.
Je vous remercie de votre attention.
Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. Jacques DOMINATI.
Je veux mettre aux voix tout d'abord le v?u présenté par M. DELANOË, M. BRET et les élus du groupe socialiste.
Quelle est votre position, Monsieur le premier adjoint ?
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint, rapporteur. - En ce qui concerne le v?u... l'Assemblée fera ce qu'elle voudra.
Le v?u a été soumis à la discussion. On a demandé exactement, je viens de le signaler, à la fois à l'Etat, à la Préfecture de police, de quoi il retournait.
Le v?u apporte quelques précisions mais encore une fois, je le répète, nous ne sommes pas rentrés dans la discussion du projet. On peut cependant adopter ce v?u si vous le souhaitez, il a d'ailleurs été présenté en Commission.
Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u n° 11 déposée par le groupe socialiste et apparentés en vue d'apporter diverses modifications au projet relatif à l'aménagement de la place de la Concorde.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 18.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DVD 18).