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2016 DAE 324 - Subventions d'investissement dans le cadre de "Paris Code".

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAE 324 relatif à l'attribution de subventions d'investissement dans le cadre de "Paris Code".

La parole est à M. Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet de délibération est aussi important que le précédent sur les "Makers" et, d'ailleurs, il est un peu lié dans sa logique.

Avec ce projet de délibération, nous partageons en effet le constat que la révolution industrielle du numérique a conduit à un bouleversement de l'économie francilienne et mondiale et à la création massive de nouveaux métiers sans forcément que les formations suivent et que le volume de candidats puisse augmenter au même rythme que la demande.

Cette demande est très forte, toutes les entreprises sont concernées : le secteur du numérique mais aussi les entreprises des secteurs dits "traditionnels" dans de nombreux métiers sont fortement impactés par les technologies numériques en constante évolution.

Un autre constat est également à faire. Une appropriation inégalitaire des technologies d?information et de communication produit des effets discriminatoires. Elle renforce l'exclusion de personnes déjà fragilisées, seniors, personnes en situation de handicap, réfugiés, personnes sans domicile, personnes peu qualifiées, jeunes en échec scolaire, familles monoparentales, etc. Si l?équipement des ménages en ordinateurs a connu une croissance significative ces 20 dernières années, cette progression masque des disparités importantes fondées sur une segmentation générationnelle mais surtout sociale forte.

Ce constat est d'autant plus important que l'accès à l'emploi, aux services publics, à la formation, à la culture, à l?expression citoyenne est de plus en plus conditionné par une maîtrise de l'information et de l'Internet.

Nous soulignons la spécificité de cet appel à projets "Paris Code", objet de ce projet de délibération. Cette spécificité réside dans l'aide à des publics fragilisés, décrocheurs scolaires, jeunes en réorientation, personnes en reconversion pour leur seconde partie de carrière, afin qu?ils réintègrent un parcours professionnel stable via des métiers de développement, programmeurs, développeurs, référents numériques, experts centrés sur des métiers très innovants.

Nous saluons le déploiement de moyens humains, logistiques et financiers pour le moins inédits dans le cadre de cet appel à projets : mobilisation des services de la Ville, mise à disposition d'équipements publics, identification de locaux vacants, attribution de financements en fonctionnement et en investissement pour un montant global de plus d'1million d'euros, mobilisation des acteurs du secteur privé pouvant proposer et coordonner des offres d'emploi, des contrats de professionnalisation, des stages d?immersion en entreprise, du mécénat de compétence. On voit que le plan est très large.

La finalité est double : soutenir le déploiement des formations innovantes dans les métiers du numérique à Paris et favoriser l'insertion effective sur le marché de l'emploi des personnes qui en bénéficieront.

Cependant - cela concerne un autre sujet mais il reste lié à celui-là -, nous peinons à avoir une cohérence entre ces décisions utiles d'un côté, pour lesquelles nous voterons favorablement, et l'autre décision, des investissements en baisse concernant les établissements publics numériques, E.P.N., de l'autre, alors même qu'eux aussi sont des lieux propres à encourager l?appropriation des T.I.C. par toujours plus de citoyens. L?ampleur du défi appelle en effet une mobilisation forte et une cohérence entre les différentes actions, et il faut garder une cohérence de l'ensemble de nos plans d'actions. Je vous remercie de votre attention, relativement faible.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Jérôme GLEIZES.

Pour vous répondre, la parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci beaucoup, Jérôme GLEIZES, pour cette intervention sur un projet de délibération important.

"Paris Code" est un projet que je porte avec ma collègue Pauline VÉRON pour justement traiter de plusieurs sujets.

Le premier, vous l'avez très bien dit, c'est le déficit de compétences que nous connaissons dans le domaine du numérique et donc la nécessité d'avoir plus de formations.

Le deuxième, c'est le fait que ces formations peuvent être ouvertes à des jeunes en situation difficile par rapport par exemple au décrochage scolaire ou à des personnes en reconversion car ces formations sont parfois intéressantes justement pour ce type de public.

Le troisième, c'est que nous devons effectivement faire en sorte que ces formations puissent toucher des publics un peu éloignés du monde du numérique, et je pense notamment aux femmes qui sont très peu nombreuses dans les "start-up" du numérique ou dans les métiers de l'informatique par rapport à leurs compétences et leur appétence réelle.

Nous avons lancé ce programme en juin 2016 à travers un appel à projets qui nous a permis la sélection de 12 projets portés par divers opérateurs de formations particulièrement innovants, ce qui représente un total de 536.000 euros en investissement et de 520.000 euros en fonctionnement.

Le jury d'experts qui s'est tenu en septembre a permis de distinguer des actions de formation certifiantes et qualifiantes, ainsi que des actions de sensibilisation. Ces actions viseront plus de 1.000 stagiaires pour cette première édition. De ce point de vue, nous sommes très contents du fait que le programme "Paris Code" est un programme qui aura un impact réel sur la formation dans ces domaines.

J'ajouterai qu'il se développera en plusieurs étapes : la création d'une plateforme Internet, la constitution d'un ensemble de partenaires privés, l'élaboration d'une charte entreprise-ville qui sera proposée à la signature de ces partenaires. Nous pensons que c'est la mobilisation de toutes les parties prenantes qui pourra nous permettre de faire en sorte que les jeunes Parisiens et Franciliens puissent avoir accès à une formation qualifiante dans le domaine du numérique. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Jean-Louis MISSIKA.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 324.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 324).