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Novembre 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par M. TIBERI relatif au devenir du bâtiment et des jardins de l'hôpital du Val de Grâce.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous reprenons donc notre séance avec la présentation du v?u n° 88 relatif au devenir du bâtiment et des jardins de l'hôpital du Val-de-Grâce.

Pour le présenter, je donne la parole à M. Dominique TIBERI.

M. Jean-Louis MISSIKA vous répondra.

M. Dominique TIBERI. - C'est bien ce qui m'inquiète. Monsieur le Maire, merci beaucoup.

Il y a un an, un gouvernement de gauche nous annonçait la fermeture de l'hôpital du Val-de-Grâce. Décision regrettable. L'approbation par une opposition de droite, approbation par son silence, ne la rendait pas moins regrettable. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation nouvelle. On nous avait annoncé que le bâtiment était en mauvais état. Aujourd'hui, la Préfecture de Région nous dit qu?il est en bon état. On nous avait surtout promis que les locaux ne seraient pas vendus. Or, la Préfecture de Région vient de nous annoncer que ces locaux seraient vendus - on ne sait pas à qui - et que l'on est même à la recherche des ayants droit de l'architecte, qui n'est plus de ce monde, pour obtenir leur accord quant à la démolition, c'est-à-dire que l?on sait peut-être déjà à qui il sera vendu.

Par souci de protection du patrimoine, parce qu'en plus c'était une ?uvre non classée mais remarquable au sens propre du terme sur le plan architectural. C?est un hôpital et sa coupe horizontale est une vertèbre. C'est symboliquement assez fort. Je demande simplement que l'on respecte la parole qui a été donnée. Je suis conscient des intérêts des uns et des autres, y compris de l'Etat et du Gouvernement que je ne critique pas. Je critique le non-respect de la parole donnée. Les engagements qui ont été pris l'année dernière auraient dû être tenus.

Donc, je souhaite que le Conseil de Paris demande - c'est le v?u au sens du mot "souhait" - que ce bâtiment ne soit pas vendu. Je parle de l'hôpital. Je sais parfaitement que les locaux les plus anciens sont préservés. Ils sont classés, comme l'église Anne-d'Autriche. Tout cela, je connais. Vous savez, j?ai toujours vécu dans le 5e arrondissement, donc je connais par c?ur. Mais l'hôpital, qui ne devait pas être vendu, et les terrains sur lequel il est bâti, vont l'être. Je connais l'appétit de grands groupes immobiliers, voire de certains fonds souverains pour le centre de Paris. Je voudrais que l?on évite de les voir arriver ici. C?est tout.

Merci beaucoup.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur TIBERI.

La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA pour vous répondre.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - D'abord, merci, cher Dominique TIBERI, de ce v?u et de l'intérêt que vous portez à l'hôpital du Val-de-Grâce. Comme la Maire de Paris, je suis moi-même sous le choc de ce que nous avons appris cette nuit. Nous basculons dans l'inconnu. Bien évidemment, il y a là quelque chose d'assez effrayant.

Ce que je veux dire sur le Val-de-Grâce, c?est d?abord que ce n'est pas une question nouvelle. La question du devenir du Val-de-Grâce a été débattue sous la présidence précédente. L'idée d'arrêter l'activité hospitalière, elle non plus, n'est pas une idée nouvelle. Ce qui a été fait en octobre 2014, c'est l'annonce, par le ministère de la Défense, que les équipes seraient progressivement transférées vers les deux autres hôpitaux d'instruction des armées. Cette décision était justifiée par le ministère par le coût de rénovation estimé, puisque l'hôpital n'avait pas été rénové depuis 1979 et qu'une évaluation de l'ordre de 180 millions d?euros pour le remettre aux normes de sécurité actuelles avait été faite. Par ailleurs, je voudrais insister sur ce point parce qu'on laisse souvent de côté cet aspect des choses. Certes, ce lieu était un lieu d'excellence, mais c'étaient souvent des professeurs de médecine venus d'autres hôpitaux qui venaient officier pour des personnalités. L'offre de soin était relativement faible, avec 330 lits disponibles. Cette offre ne répondait que très partiellement au besoin des armées. Ce que nous avons fait depuis cette annonce, c?est que nous avons indiqué à l'Etat que nous souhaitions être associés dans le cadre d'une approche de concertation afin de définir le devenir de ce site majeur dans le 5e arrondissement. Je vous rappelle quand même que ce bâtiment est, si j'ose dire, protégé par son statut de grand équipement dans le cadre du plan local d'urbanisme. Vous avez rappelé, à juste titre, qu'il s'agit d'un site unique, à la fois par l'histoire du lieu, par l'intérêt architectural de l'ensemble et par sa position géographique au c?ur du 5e arrondissement et en plein c?ur de Paris. Je partage avec vous tous ces constats. C'est pour cette raison que j'ai indiqué, dès le début de nos discussions avec l'Etat, que nous souhaitions conserver une activité en lien avec la santé sur ce site. Aujourd'hui, le devenir de ce bâtiment n'est pas acté. J'ai, comme vous, noté l?intérêt architectural de son bâtiment, son empreinte historique. Je suis favorable à favoriser au maximum le réemploi et la rénovation de bâtiments existants plutôt que la démolition reconstruction. Par contre, vous proposez dans votre v?u que la Ville se porte acquéreur du site. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une proposition très raisonnable. Je crois qu?il vaut mieux travailler sur la définition d'un cahier des charges avec l'Etat.

C'est pour cette raison que j'émettrai un avis défavorable.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Jean-Louis MISSIKA.

Je soumets donc aux voix le v?u n° 88?

Vous avez déjà présenté votre v?u, Dominique ? Maintenez-vous votre v?u ?

M. Dominique TIBERI. - Je le maintiens et je suis, pour le reste, la parole donnée. Je suis prêt à enlever la dernière phrase qui concerne la préemption, si cela peut obtenir? Non ?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Non, non.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par M. TIBERI, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je vous remercie.