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Janvier 2001
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57 - 2001, DLH 10 - Réalisation par la R.I.V.P. d'un programme de réhabilitation de 31 logements P.L.A.-I, 21 logements PLUS et 4 commerces situé 63-65-67, rue de Rome (8e). - Participation de la Ville de Paris au financement de l'opération et octroi de sa garantie pour le service des intérêts et l'amortissement des emprunts à contracter par la R.I.V.P

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2001


M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 10 relatif à la réalisation par la R.I.V.P. d'un programme de réhabilitation de 31 logements P.L.A.-I, 21 logements PLUS et 4 commerces situé 63-65-67, rue de Rome.
Je donne la parole à M. LEBEL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Monsieur le Maire, avec ce projet de délibération, je voudrais dénoncer un aspect choquant et à plusieurs titres, de ce que l'on baptise faussement ici, une politique de mixité sociale. Une mixité sociale mal comprise et détournée par la tentation (classique en France) de la mesure autoritaire plutôt que de la mesure incitative, de la mesure de responsabilisation, de la mesure de défiscalisation par exemple.
De quoi s'agit-il ?
L'histoire commence avec le C.D.R., le Consortium de réalisation, dont on se souvient qu'il avait été créé pour gérer l'immense faillite du Crédit lyonnais et sauver ce qui pouvait l'être.
Propriétaire des immeubles 63 à 65-67, rue de Rome, le C.D.R. avait pour mission de s'en séparer au mieux pour tenter de diminuer la facture réglée par tous les contribuables qui, je vous le rappelle, était une facture de plus de 150 milliards de francs.
Il aurait donc été normal et honnête, et conforme à sa mission, que le C.D.R. cède ces immeubles au prix maximum, c'est-à-dire au prix du marché. En l'occurrence, le prix du marché est assez élevé dans ce quartier. C'était oublier les forces qui nous gouvernent et la démagogie qui les anime. On a donc recommandé au C.D.R. de céder ces immeubles à la R.I.V.P. au prix le plus bas possible.
Je ne sais pas d'ailleurs si la Commission des opérations de bourse, la C.O.B., serait tout à fait d'accord sur ce procédé. Quoi qu'il en soit, organisme public, le C.D.R. s'est empressé d'obtempérer et, ce faisant, a spolié les contribuables que nous sommes.
En effet, la R.I.V.P. a acheté ces trois immeubles à 7.400 F du mètre carré. Si l'on considère qu'à peu près, dans cet état, le prix du marché est de 25.000 F du mètre carré, je multiplie la différence par 3.000 mètres carrés et j'obtiens 52 millions de francs.
Mais cela ne s'arrête pas là. Avec cette opération, on réduit aussi paradoxalement et de façon significative, l'accès des plus démunis au logement social.
On les prive de dizaines, je dis bien de dizaines de logements qui ne seront pas construits pour financer des programmes comme celui-ci dans les quartiers les plus chers de Paris.
Troisième aberration : après avoir spolié le contribuable, je le rappelle, de 52 millions de francs, après avoir privé les mal logés de plusieurs dizaines de logements qu'on ne construira pas, on crée à l'intérieur du 8e arrondissement, un véritable ghetto, fermé, clos, de trois immeubles. On a réinventé en quelque sorte et en plus petit, c'est vrai, en plein centre-ville, la politique des barres et des cités, avec le même aveuglement qu'en 1970 et avec fatalement, à terme, les mêmes problèmes que l'on connaît aujourd'hui.
La mixité sociale ce n'est pas le ghetto enkysté dans un quartier, c'est une vraie politique d'insertion diffuse et individuelle qui n'a rien à voir avec ce projet.
C'est la raison pour laquelle je ne le voterai pas.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, président. - La parole est à Vincent REINA.
M. Vincent REINA, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais tout simplement dire à M. LEBEL que bien évidemment, la Ville a refusé de payer trop cher. Elle a demandé à l'Etat de compenser. C'est le cas pour l'immeuble de la rue de Rome, mais c'est aussi le cas d'une autre opération rue de Trévise, dans le 9e arrondissement.
La Ville n'a payé que la subvention et pour le reste, je laisse M. LEBEL avec les propos qu'il a pu tenir sur la mixité sociale.
Sur cette affaire-là, la Ville a refusé de payer trop cher. Elle a demandé à l'Etat d'assumer et de compenser.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - C'est le contribuable qui paye.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 10.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DLH 10).