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Janvier 2001
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Conseil Municipal
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129 - QOC 2001-49 Question de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national, à M. le Maire de Paris sur le bilan opérationnel et financier de la lutte contre le S.I.D.A

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2001


Libellé de la question :
"M. Jean-Pierre REVEAU demande à M. le Maire de Paris de bien vouloir lui indiquer quel est le bilan opérationnel et financier de la lutte contre le S.I.D.A. menée par les services sanitaires et sociaux de la Mairie et du Département de Paris."
Réponse (M. Christian CABROL, adjoint) :
"La collectivité parisienne a engagé depuis plus de 10 ans toute une série d'actions visant à lutter contre le Sida, avec un double objectif : réduire l'extension de l'épidémie, venir en aide aux malades.
Cet objectif a été globalement atteint, ainsi que le montre un rapide bilan de ces actions, grâce à l'importance des moyens mis en ?uvre et à la très forte implication des professionnels de santé, des personnels de la Direction de l'Action sociale, de l'Enfance et de la Santé et de nos partenaires associatifs.
Depuis 2 ans, de nouvelles actions sont progressivement mises en place, afin de tenir compte du nouveau contexte issu de l'évolution de la situation épidémiologique et des besoins exprimés tant par les malades du Sida que par les personnes atteintes d'autres pathologies graves.
I - Bilan opérationnel et financier.
Le taux très élevé de cas de Sida à Paris (un quart des cas recensés en France) a conduit très tôt notre Assemblée à prendre toute une série de mesures, d'abord de sa propre initiative, puis à partir de 1996, en partenariat avec l'Etat, autour de 3 axes d'action :
1°) La prévention : depuis 1990, 33 campagnes d'information ont été organisées auprès des Parisiens ; plusieurs millions de brochures, d'affiches et de préservatifs ont été distribués ; un programme de prévention systématique en direction des jeunes a été reconduit chaque année par le service des actions médico-sociales scolaires et par l'E.M.I.P.S. (Equipe mobile d'information et de prévention du Sida) ; afin de réduire les risques liés à la toxicomanie, 16 distributeurs-échangeurs de seringues ont été installés sur la voie publique et 300.000 seringues sont collectées chaque année par les équipes du S.M.A.S.H. (Service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène) ; enfin des aides financières ont été accordées chaque année aux associations qui agissent en faveur de l'information et de la prévention (Sida Info Service, le C.R.I.P.S., Le Kiosque Info Sida Toxicomanie).
2°) Le dépistage : 11 consultations sont actuellement agréées pour effectuer de façon anonyme et gratuite les tests de dépistage à Paris. Le Département gère directement 3 consultations dont l'activité, en baisse régulière de 1994 à 1999, est de nouveau en hausse en 2000 (22.000 consultants). Par ailleurs, le pourcentage de personnes séropositives dépistées dans ces consultations ne diminue plus, ce qui doit nous inciter à poursuivre une politique dynamique de prévention et de dépistage.
3°) L'accompagnement social et psychologique : pour ce 3e volet de son action, le Département s'est pour l'essentiel appuyé sur le secteur associatif, très présent dès l'origine dans la lutte contre le Sida. Il a encouragé la création de places en appartements de coordination thérapeutique (121 places gérées par 11 associations), la mise en ?uvre d'un dispositif de maintien à domicile (80.000 heures annuelles d'aides ménagères) ainsi que l'organisation d'un service de portage des repas (35.000 repas annuels). Il a par ailleurs contribué à l'ouverture de centres d'accueil de jour, comme le centre Arc-en-ciel de l'association "Aides Ile-de-France" et celui de l'association "Tibériade", où les personnes atteintes du V.I.H. peuvent bénéficier d'une prise en charge sociale et psychologique.
Sur le plan financier, la lutte contre le Sida représente un effort annuel de 33 millions de francs, soit le tiers du programme de 100 millions de francs prévu par la convention passée avec l'Etat en 1996.
La moitié environ de ces financements est consacrée aux actions de prévention et de dépistage ainsi qu'à l'aide humanitaire ; l'autre moitié est utilisée pour financer l'accompagnement social et psychologique.
II - Nouvelles orientations.
L'évolution de la situation épidémiologique, caractérisée d'une part par un accroissement du nombre des hérérosexuels parmi les personnes contaminées et d'autre part par une baisse importante du nombre des décès grâce à la généralisation des multithérapies, a conduit la collectivité parisienne à réorienter progressivement son action :
- en matière de prévention, elle a axé ses dernières campagnes sur l'utilisation du préservatif auprès des jeunes ; dans les centres du Département, un dépistage des hépatites B et C est proposé à toute personne présentant des risques de contamination ;
- en ce qui concerne l'aide aux malades, plus nombreux dans la mesure où les décès se font plus rares, mais également mieux portants sous l'effet des multithérapies, elle a encouragé les actions visant à soutenir leur retour à la vie professionnelle et leur relogement dans des appartements-relais ou dans le parc social de la Ville.
Depuis plus de 10 ans, confrontée à une épidémie redoutable mais aujourd'hui contenue, la collectivité parisienne a mis en place, développé et fait évoluer tout un ensemble d'actions qui n'ont pas d'équivalent dans les autres villes françaises. Cette expérience unique doit pouvoir bénéficier aux malades atteints d'autres pathologies de longue durée. Une première réponse en ce sens a été donnée par la création de l'agence "Cancer Ville de Paris" en 1999 qui propose un accompagnement psychologique et social aux personnes atteintes ainsi qu'à leur famille. Elle doit être prolongée par une extension des aides à domicile au bénéfice de ceux qui, faute de dispositifs adaptés, en sont aujourd'hui privés."