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Janvier 2001
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38 - 2001, PJEV 23 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention signée avec la Société centrale canine pour l'organisation de cours d'éducation canine

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2001


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération PJEV 23 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention signée avec la Société centrale canine pour l'organisation de cours d'éducation canine.
Mme SCHNEITER a la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, vous nous proposez de signer l'avenant à la convention passée avec la Société centrale Canine, afin d'organiser des cours d'éducation canine pour "responsabiliser les propriétaires de chien et faciliter ainsi une meilleure intégration de ces animaux".
Vous avez déjà organisé avec la Société centrale Canine des cours d'éducation canine au Champ-de-Mars, aux Buttes-Chaumont, dans un jardin du 13e. Pourquoi pas ?
Les propriétaires dressent plus ou moins bien leur chien et des conseils peuvent toujours leur être utiles. Mais ce genre d'opération touche très peu de propriétaires et l'on ne dresse pas un chien en une ou deux heures. Tous cela est très gentil mais ce n'est pas très sérieux. En tout cas, ce n'est pas ainsi que vous trouverez la solution au ramassage des crottes de chien dans Paris, ni au coût énorme que cela représente pour la Ville de Paris.
Voilà des années que je vous le répète, et je suis la seule élue de ce Conseil à le faire : ce sont les propriétaires et non les chiens qu'il faut, si j'ose dire, "dresser" pour débarrasser rues et trottoirs des crottes de leurs chiens !
Pour ce faire, il faut, enfin, appliquer le décret voté par le Conseil de Paris et M. Jacques CHIRAC, en 1992, faire payer une amende aux propriétaires indélicats, multiplier le nombre d'inspecteurs de la propreté et la police de proximité pour verbaliser ; informer la population, en apposant partout, dans Paris, des panonceaux qui rappellent la réglementation. A l'heure actuelle, s'il y en a une dizaine, c'est bien le maximum, pour une ville de 2 millions d'habitants !
Ramasser les crottes de chien, c'est facile ! Avec un gant en caoutchouc ou un sac que l'on retourne ensuite et qui sert de sac poubelle que l'on va jeter dans une corbeille à papiers. Cela prend dix secondes.
Une pelle, une balayette pour les gros chiens (excusez-moi d'entrer dans les détails) car la masse des déjections est proportionnelle à la taille du chien... oui, mais personne ne dit jamais des choses aussi évidentes. Les crottes vont dans un sac plastique et l'on met pelle et balayette dans un autre sac, que l'on rapporte et nettoie chez soi. C'est ce que l'on voit le plus souvent, quand on se promène, en Suisse ou en Grande-Bretagne. Cela prend de trente secondes à une minute.
Pour les personnes âgées ou celles qui ont mal au dos, il y a des petites pelles et des petits balais avec de longs manches, qui évitent de se baisser. M. SEGUIN, sur ce sujet, dit n'importe quoi, en pensant que la majorité des propriétaires de chiens sont tous "perclus de rhumatismes" ou des personnes âgées, qu'il ne faut donc surtout pas sanctionner s'ils n'arrivent pas à se baisser. Tout cela est grotesque !
Multiplier des sachets partout, à la disposition des propriétaires serait utile, les fameux "sacs propreté". A l'heure actuelle, il n'y en a que dans les mairies ; effectivement, c'est un peu juste. Il faudrait en mettre à l'entrée des métros, des parcs et jardins, combinés sur les corbeilles à papiers, chez les commerçants, etc.
Mais n'oublions pas que les propriétaires peuvent également assumer ce genre de dépense. Ils achètent de la nourriture, des colliers, des laisses pour leurs chiens. Le coût des gants en caoutchouc ou de sacs (je conseille les sacs moyens pour la congélation des aliments), c'est 8,25 F les 25 sacs. Bon ! Un coût dérisoire. Ce serait un coût dérisoire pour les propriétaires, qui ne grèveraient pas beaucoup leur budget, même celui de personnes avec de faibles revenus.
Une fois encore, c'est une question de discipline et d'organisation.
D'autres systèmes sont plus coûteux et pas plus pratiques : pince-crottes en carton, sacs avec lame en métal que l'on glisse sous les crottes, etc... C'est bien là que l'on voit à quel point les élus, et non des moindres, n'ont pas réfléchi à la question et qu'ils ne proposent pas les bonnes solutions, alors qu'elles sont tellement simples.
Quant aux caninettes, c'est un système d'appoint qui ne résoudra rien. Tout d'abord, peu hygiénique car, même ramassées fréquemment, ces crottes s'entassent en plein air et sont porteuses de microbes, sans parler de l'odeur.
Un habitant du 13e, qui a une caninette près de chez lui, m'a dit qu'elle était nettoyée très irrégulièrement, alors que la Ville de Paris explique que les caninettes de ce type sont nettoyées plusieurs fois par jour. Eh bien, ce n'est pas vrai. En tout cas pas dans le 13e arrondissement.
Vous aviez programmé des affiches pour sensibiliser les Parisiens, pourquoi ne pas les avoir largement diffusées ?
Par exemple, celle qui montrait un enfant faisant des pâtés avec des crottes. Je reconnais que cela n'est pas très ragoûtant, mais c'est frappant et cela donne vraiment à réfléchir.
Pour en finir avec les caninettes, continuons à être réalistes. Les chiens, pressés de s'exécuter, n'attendent pas d'arriver à celles de leur quartier. Alors, assez de tous ces gadgets ridicules, assez de "moto-crottes", de conseillers canins qui n'ont pas le droit de verbaliser, assez de cours d'éducation canine comme vous nous le proposez dans ce projet. Il faut sévir pour mettre fin à une situation qui exaspère de plus en plus de Parisiens.
Je voterai néanmoins pour ce projet, mais vraiment sans aucun plaisir.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. REINA pour répondre à Mme SCHNEITER.
M. Vincent REINA, adjoint, au lieu et place de Mme DECRASSAC-DESPUJOLS, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Les professeurs bénévoles agréés par la Société centrale canine savent cependant s'adapter à leur public, Madame SCHNEITER, constitué en règle générale de 15 à 20 personnes accompagnées de leur chien afin que chaque séance leur soit bénéfique.
Un véritable dialogue s'installe entre les partenaires, qui peut porter sur un grand nombre de problèmes quotidiens tels les vaccinations.
Cette action est accompagnée par l'aménagement d'espaces destinés aux déjections canines et par la distribution de sacs de ramassage sur les sites concernés.
Sur un site comme le Champ-de-Mars, l'action conduite a déjà porté ses fruits. C'est bien entendu une action de fond qui s'adresse aux volontaires. Elle doit être poursuivie et encouragée afin d'aider les Parisiens à développer leur civisme. Elle ne peut se substituer aux campagnes d'information grand public, à l'indispensable nettoiement et à l'inévitable répression.
Voilà, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur REINA.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 23.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001,PJEV 23).