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Decembre 2016
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2016 DLH 303 - Création d'un centre hébergement d'urgence mis en œuvre par l'association "Emmaüs Solidarité" situé sur Ivry-sur-Seine, destiné à accueillir les publics vulnérables.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DLH 303 : création du centre d'hébergement d'urgence à Ivry-sur-Seine.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais commencer mon intervention par rendre un hommage un peu particulier et un peu appuyé, après ce qui vient de se passer dans cet hémicycle, à Dominique VERSINI, parce qu?au-delà de tout ce pourquoi tu t'engages et de tout ce que tu fais au quotidien pour cette Ville, tu es une belle personne qui permet de faire avancer beaucoup de choses, beaucoup de dossiers, beaucoup de valeurs. Je pense que c?est important de se le dire de temps en temps. J'ai le micro, du coup, je le dis et je le pense.

Je salue aussi, j'en profite, Anne HIDALGO, mais aussi le Maire d'Ivry-sur-Seine et celui de Grande-Synthe qui, là aussi, méritent tout notre soutien parce qu?ils ont eu le courage de prendre des initiatives humaines, malheureusement là où l'Etat a en partie renoncé, et je le regrette. Rien que pour cela, vous avez tous les quatre tout mon respect pour avoir agi avec pragmatisme et humanité. C'est une crise sans précédent qui tombe sur la France et l'Europe aujourd'hui, avec des déplacements importants, avec des moments compliqués à gérer au quotidien. J'ai envie d'avoir une pensée aussi, vu que j'ai toujours le micro, pour Alep qui, en ce moment, vit des heures compliquées, et ses habitants?

(Mme Colombe BROSSEL, adjointe, remplace M. Bruno JULLIARD au fauteuil de la présidence).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Chers collègues, le niveau de brouhaha dans cet hémicycle est à la limite du supportable. Est-ce que nous pouvons écouter Léa FILOCHE et seule Léa FILOCHE, s?il vous plaît ?

Mme Léa FILOCHE. - Merci.

Effectivement, j'aimerais bien que l'on puisse partager ensemble ces mots pour Alep qui, peut-être, leur arriveront, mais je pense très fort aux habitants d'Alep aujourd'hui qui souffrent beaucoup et qui ont peu de soutien, international en tout cas.

Cette introduction faite, cela a forcément des incidences sur notre vie au quotidien. Nous l'avons vécu ces derniers mois, ces deux dernières années en particulier. Dominique VERSINI, avec Anne HIDALGO, vous avez choisi d'ouvrir deux centres humanitaires en Ile-de-France pour essayer de répondre avec nos moyens à cette situation, deux centres humanitaires qui sont territorialisés sur deux sites distincts. Le premier regroupe le pôle accueil et le centre de mise à l'abri temporaire, tous deux situés au 72, boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris. Le pôle accueil permet une réception, une évaluation et une réorientation en fonction des situations. Le centre de mise à l'abri temporaire permet d?héberger, avant que ceux-ci ne soient orientés vers des dispositifs d'hébergement correspondant à leur situation. Ce premier site de pré-accueil humanitaire pour migrants a ouvert ses portes le 10 novembre dernier. Il est un sas d'entrée pour les migrants vers des procédures d'asile qui doivent clarifier la situation de chacun.

Le site que l'on a visité avec Dominique VERSINI est une vaste structure d'accueil pour les primo-arrivants. Je crois savoir qu'aujourd'hui, environ 80 sont accueillis par jour dans cette halle. C?est une halle de 10.000 mètres carrés, dotée de 400 lits, 600 lits à terme. Elle offre un hébergement de 5 à 10 jours aux hommes seuls, avec trois pôles : le pôle accueil ; le pôle soin, où sont réalisés des diagnostics infirmiers et un peu de "bobologie" mais surtout des suivis psychologiques ; et un pôle de mise à l'abri dédié aux hommes seuls où ceux-ci peuvent dormir jusqu'à 10 jours.

Globalement, le bilan est plutôt positif jusque-là puisque l?on ne constate plus de grands campements à Paris, comme celui que nous avons connu précédemment. Je crois que pour chacun d'entre nous, élus locaux, c'est plutôt déjà une bonne première référence.

Le second centre installé à Ivry-sur-Seine, celui dont parle le projet de délibération dans le Val-de-Marne, ouvrira ses portes à partir de janvier 2017 dans une ancienne usine des eaux appartenant à la Ville de Paris. Il accueillera femmes, enfants et personnes vulnérables, répartis à peu près autour de 200 femmes isolées, une centaine de personnes en situation familiale et une cinquantaine de personnes qui sont déjà implantées sur Ivry-sur-Seine dans différents squats, afin de contribuer à la résorption des campements de la ville. Le site d?Ivry aura deux pôles : un pôle soin et un pôle de mise à l'abri. Le centre n'accueillera que des migrants préalablement passés par le site parisien et transférés ensuite par le biais des navettes.

Je le disais en introduction, la crise migratoire et réelle et nous devrons nous organiser pour y faire face dans de bonnes conditions ; il est important en cela que l'Etat nous soutienne, ce qu'il fait. Il est important aussi qu'il n'y ait pas de barrage à cette solidarité nationale, que certains Maires certes portent, mais malheureusement nous sommes loin d'avoir des discours assez, on va dire, acceptables sur la question.

Les valeurs et la responsabilité qui nous incombent quand on est un élu local est effectivement d'arriver à faire en sorte que cette solidarité nationale puisse traverser les frontières, les mois, les semaines et permette à toutes et à tous de pouvoir arriver en France dans les meilleures conditions possibles. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame FILOCHE.

La parole est à Mme Galla BRIDIER, pour cinq minutes maximum.

Mme Galla BRIDIER. - Madame la Maire, mes chers collègues, le dispositif de primo-accueil des réfugiés continue de se déployer.

Quelques semaines après l'ouverture du centre humanitaire de la Chapelle, nous votons aujourd'hui la création d'un centre d'hébergement d'urgence à Ivry, destiné à accueillir prioritairement des publics vulnérables, des familles, des femmes enceintes ou isolées.

Par l'ouverture de ce centre, nous allons pouvoir enfin éviter à ces publics fragiles de passer par la case de l'hôtel. Nous allons également pouvoir favoriser la scolarisation des enfants ; cela doit vraiment être un objectif, même pour de petites périodes.

Face à ces camps à ciel ouvert dans le Nord-Est parisien et notamment tout récemment dans les quartiers de Jaurès et Stalingrad, Paris a pris ses responsabilités et a inventé un nouvel échelon qui n'existait pas : le primo-accueil. Ce primo-accueil permet à des corps harassés et des esprits angoissés par la faim, le froid et la peur de trouver enfin pour quelques jours un peu de repos. En tant qu'élue métropolitaine, je dis ici avec un certain soulagement ma satisfaction de voir la solidarité que nous devons mettre en ?uvre pour l'accueil des réfugiés s'exprimer entre les communes. Une fois encore, le groupe Ecologiste et moi-même sommes heureux que nos propositions depuis des mois en faveur de structures d'accueil de proximité aient reçu un écho. Nous sommes aussi satisfaits que la route tracée par Damien CARÊME, Maire écologiste de Grande-Synthe, ait pu inspirer d'autres villes à s'engager pour apporter une aide et un secours indispensables à ces personnes réfugiées. Je tiens au nom du groupe Ecologiste à remercier moi aussi le Maire d'Ivry, Philippe BOUYSSOU, d'accueillir ce centre sur le territoire de sa commune mais aussi pour avoir compris l'interdépendance de nos collectivités, car nos communes sont interdépendantes face à des crises qui ignorent le découpage territorial francilien et les frontières, que cela soit l'arrivée de réfugiés, la pollution de l'air ou la gestion des crues. Ce second centre humanitaire est la preuve que Paris et ses voisins peuvent agir en bonne intelligence dès lors que cette notion d'interdépendance est comprise et que les postures politiques s'effacent. Nous, élus écologistes, pensons que la Métropole a ici un rôle important à jouer. Au lieu de rester un échelon méconnu de nos concitoyens, elle pourrait sortir grandie de cette épreuve à travers la création d'un plan métropolitain de l'habitat et d'hébergement ambitieux pour l'accueil des publics les plus fragiles et notamment les personnes migrantes et réfugiées. Aussi, j'en appelle à l'ensemble des composantes politiques de notre Assemblée siégeant au Conseil métropolitain d'?uvrer en ce sens. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame BRIDIER.

Je donne maintenant la parole à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, je pense qu'on est tous d'accord sur le fait qu'il était temps d'agir autrement. Evidemment, la problématique d'émigration est de plus en plus une problématique d'émigration contrainte.

Contrainte par les politiques de libre-échange, contrainte par les catastrophes écologiques provoquées d'ailleurs par nos politiques productivistes, contrainte par les politiques géostratégiques qui contribuent à déstabiliser des zones entières, à détruire les Etats, et par la carence de notre politique en faveur de la paix.

Evidemment, la première tâche pour nos Etats-Nations, serait d'agir sur les causes, de rompre avec ces politiques de libre-échange notamment conduites par l'Union européenne. Mais, en attendant, on doit assumer les conséquences. Est-ce que la République française assume toutes ces conséquences ? Non, hélas.

La Ville de Paris essaie donc de prendre en charge les siennes, et c'est heureux parce que nous avons constaté depuis plus d'un an et demi - et nous les avons dénoncées - des responsabilités de l'Etat qui préférait multiplier les opérations d'évacuation par les forces de l'ordre, y compris par la violence, à l'encontre d'ailleurs d'élus présents ici qui, comme moi, se retrouvaient avec celles et ceux, citoyens, qui étaient solidaires avec les exilés. Nous interpellions la Ville sur le fait que, même si cela n'était pas sa mission première puisque l'accueil et l'hébergement d'urgence notamment pour les exilés est une mission qui relève d'abord de l'Etat, Paris, ville riche, devait néanmoins assumer de prendre des responsabilités.

Evidemment, j'accueille globalement favorablement ce projet de délibération. Néanmoins, je pense que nous avons le droit et même le devoir d'exprimer un certain nombre de critiques.

Premièrement, dans le projet de délibération vous dites que depuis juin 2015 plus de 15.000 nouveaux arrivants installés dans des campements ont été mis à l'abri grâce à l'action coordonnée des services de l'Etat et de la Ville.

15.000 nouveaux arrivants ont été hébergés. Vous savez que les échos que nous avons du terrain, c'est que bon nombre des exilés ont fait l'objet de multiples mises à l'abri qui ont été bien souvent non pérennes et qu'il y a un énorme flou quant à la comptabilisation de ces mises à l'abri. S'agit-il de 15.000 mises à l'abri qui concernent peut-être 7.000 personnes ou s'agit-il réellement de 15.000 personnes qui ont été mises à l'abri?

Il nous manque des études indépendantes sur ce qu'il en a été vraiment dans les faits et il y a eu aussi énormément d'échos négatifs sur les structures d'hébergement où les personnes ont pu atterrir. J'ai pu d'ores et déjà exprimer cela dans de précédents v?ux lors de précédents débats au Conseil de Paris.

Concernant maintenant ce projet de délibération, ce que je regrette, c'est un positionnement de notre collectivité, comme l'ensemble des pouvoirs publics, qui vise systématiquement à opérer un tri. Un tri entre les primo-arrivants et les autres, un tri entre les demandeurs d'asile et les autres. Or il y a une obligation de l'Etat qui est de mettre à l'abri, c'est-à-dire de garantir un toit, un hébergement à toutes et à tous, quelle que soit la situation administrative.

Lorsqu'on opère ce tri, qu'on demande à des structures d'opérer ce tri et qu'on cautionne l'opération du tri, forcément, que deviennent ceux qui ne correspondent pas à la classification établie ? Combien y en a-t-il et combien y en aura-t-il et comment s'organiseront celles et ceux qui seront désignés par les pouvoirs publics comme ne relevant pas du bon tri et devant faire l'objet par exemple de reconduite à la frontière ? Cautionnons-nous cela ? Quand nous organisons ce tri, de fait; nous le cautionnons et moi, personnellement, je ne souhaite pas le cautionner.

Il y a donc tout un problème dans la mise à l'abri par rapport à cela, qui méconnaît ou refuse de reconnaître à toutes et à tous ce droit fondamental à l'hébergement d'urgence.

Autre préoccupation, celle de se dire que ce centre d'hébergement d'urgence de 400 places sera situé à Ivry-sur-Seine. Bien sûr, je remercie moi aussi la Municipalité d'Ivry-sur-Seine mais je trouve dommage que ce soit à la Chapelle ou à Ivry-sur-Seine. On avait d'autres solutions possibles et on a toujours d'autres solutions possibles en plein c?ur de Paris. En effet, on a, je vous le rappelle, 20.000 mètres carrés de projets pour une soi-disante valorisation à l'Hôtel-Dieu qui pourrait accueillir des personnes exilées qui ont à la fois besoin?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vais vous inviter à conclure, Madame SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - ? d'hébergement d'urgence et de soins.

Je voterai donc ce projet de délibération avec néanmoins l'ensemble de ces critiques qui feront l'objet d'échanges ultérieurs, je n'en doute pas.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame SIMMONET. La parole est à Jean-Bernard BROS, pour cinq minutes maximum.

Monsieur BROS ?

M. Jean-Bernard BROS. - Oui, c'est à moi ; j'étais perturbé par votre collègue, Madame la Maire.

Les élus de notre groupe ont salué l'engagement pris par Anne HIDALGO pour un accueil digne des populations réfugiées sur le territoire parisien. Nous saluons aujourd'hui la continuité dans la réalisation des promesses tenues.

Nous le savons tous, l'arrivée de migrants en Europe n'est pas un phénomène qui va se tarir. La guerre au Proche-Orient, la pauvreté aujourd'hui, les déplacés climatiques demain; fermer les yeux ou édifier des barrières n'y changera rien. C'est à nous, autorité publique, de prendre en charge les besoins en accueil. C'est à nous d'adapter notre accueil et de proposer des solutions.

C'est ce que nous faisons et je salue aujourd'hui encore l'engagement de l'Exécutif et plus particulièrement celui de Dominique VERSINI sur ce dossier.

Le projet de centre d'hébergement d'urgence à Ivry-sur-Seine est la deuxième phase majeure dans notre plan pour l'accueil des réfugiés. C'est un projet solide, qui doit répondre aux besoins des familles, des enfants, et des populations plus vulnérables de se reposer dans un espace sécurisant. Les structures d'accompagnement, de restauration ou de prise en charge médicale prévues sont essentielles et permettront de remplir l'objectif que nous nous sommes donné. L'organisation du site avec le choix d'un opérateur comme Emmaüs Solidarité est un autre choix à saluer. Nous voyons et apprécions déjà le professionnalisme de cette association dans le centre situé porte de la Chapelle. L'activité du premier centre se déroule en effet très bien. Quelques mesures d'ajustement sont encore attendues, mais notre choix de soutenir cette ouverture était le bon. Nous avons donc toute confiance pour la suite à Ivry, il nous faut saluer ensemble un projet humaniste qui fait honneur à notre ville. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur BROS.

Pour vous répondre, je vais donner la parole à Dominique VERSINI et je confirme à Léa FILOCHE que chacun et chacune d'entre nous, membres de l'Exécutif, est très honoré de pouvoir travailler avec Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Mes chers collègues, merci à Léa FILOCHE pour ses paroles qui me touchent, et merci à Colombe BROSSEL également.

Sachez que ce projet de délibération incarne vraiment les valeurs que nous portons, des valeurs d'humanisme, des valeurs d'accueil, des valeurs de respect de personnes qui fuient la guerre, la misère et viennent dans nos pays pour être mises à l'abri et tenter d'entrer dans le cadre de la procédure de demande d'asile. Ils vont également dans tous les autres pays d'Europe, nous sommes confrontés à une crise mondiale, à une crise européenne.

Avec Anne HIDALGO, nous étions ce week-end au Vatican où il y avait un Sommet des maires accueillant des réfugiés, invités par le Pape, et parmi eux, il y avait 75 maires italiens, allemands, de tout pays d'Europe et nous étions tous là.

Le Maire de Vintimille disait, nous sommes la génération d'Erasmus, et là je me trouve dans ma ville assiégé avec des gardes-frontières, ce n'est pas l'Europe à laquelle je crois. Il nous a dit qu'il n'arrivait pas à communiquer avec le Maire de Nice, ce qui ne nous a pas totalement surpris.

A Paris, nous avons choisi de faire face, d'accepter d'être une ville refuge et après avoir vu pendant des mois, pendant un an et demi, c'est vrai, 30.000 personnes qui sont arrivées, qui se sont installées dans des campements de rue indignes, avec l'Etat nous avons mis en place des opérations de mise à l'abri. Il y en a eu 30, mais après ce n'était plus possible, ni pour les personnes elles-mêmes, on ne peut pas vivre dans la rue, même si nous avons ouvert nombre de places, cela ne nous satisfait pas.

Il n'est pas possible pour les Parisiens d'être confrontés à cela, même s'ils ont été, il faut le dire, d'une générosité extraordinaire dans les quartiers dans lesquels ces réfugiés s'installaient.

Il n'est pas possible de continuer sans mettre en place un vrai dispositif.

Le dispositif que nous avons mis en place à la porte de la Chapelle, que tous les Conseillers de Paris présents dans cet hémicycle ont été invités à visiter, tous ne l'ont pas fait, mais ceux qui l'ont fait ont reconnu un dispositif professionnel, géré par des professionnels tel "Emmaüs", pour mettre à l'abri ces personnes.

C'est un dispositif, Danielle SIMONNET, pour les primo arrivants qui demandent l'asile. Ceux qui ne demandent pas l'asile sont réorientés vers le dispositif de droit commun pour les sans domicile fixe.

Le projet de délibération qui vous est présenté est la deuxième étape, celle qui permet d'accueillir les familles avec enfants, les femmes, les couples, dans des conditions dignes, qui permettra d'avoir aussi une classe dans le centre, et je remercie vraiment moi aussi très sincèrement Philippe BOUYSSOU, le Maire d'Ivry, qui nous a accueillis, et tous les Ivryens et Ivryennes qui sont volontaires et bénévoles pour accueillir ces familles.

Cela démarrera en janvier, montera en puissance, et en mars ce sera 400 personnes qui pourront être accueillies. Il sera mis en place une classe en partenariat avec l'Education nationale. La P.M.I. interviendra, "Médecins du monde", "Pédiatres du monde", "Gynécologues sans frontières", tout sera mis en place pour accueillir ces familles qui resteront deux, trois mois le temps d'être orientées, le temps de l'instruction de leur demande d'asile.

On n'est pas confronté à des situations faciles, et quand on se déplace, que l'on sort de notre cadre et que l'on voit des gens dans le monde entier, dans des petites communes d'Italie de 600 habitants, accueillir autant de réfugiés, on se dit quand même qu'au niveau générosité, au niveau accueil, en Allemagne, en Grèce, partout, nous, finalement, nous recevons une petite part des exilés du bout du monde, nous essayons de nous organiser et de les accueillir du mieux possible.

Je suis vraiment fière, ici, aux côtés de la majorité de cet Exécutif et je veux saluer aussi le groupe UDI qui a toujours reconnu ce projet d'accueil des réfugiés, vraiment, nous devons être fiers de ce que nous faisons, c'est un chemin que nous traçons, nous ne savons pas ce qu'il sera demain, je ne sais pas ce qu'il se passera dans six mois, dans deux ans, je sais que c'est une question dont l'humanité doit se saisir parce qu'elle ne va pas s'arrêter, ce sont des dizaines de millions de personnes, et nous nous sommes là avec des espèces de chicayas ridicules quand des gens meurent en ce moment. Je trouve cela vraiment indigne !

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame VERSINI.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 303.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté et je vous en remercie. (2016, DLH 303).