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Decembre 2016
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Vœu déposé par le groupe LR relatif à la dératisation.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons les v?ux non rattachés, notamment le v?u n° 80 relatif à la dératisation.

La parole est à Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Un tout autre sujet. Lundi 5 décembre dernier, je déposai ce v?u concernant la dératisation de notre Ville de Paris ; jeudi 8, trois jours plus tard, la Ville de Paris communiquait sur le sujet. Certains y verront un lien de cause à effet, je n'en sais rien, ou le hasard peut-être, ou la Divine providence. La prolifération des rats à Paris, notamment dans nos parcs, dans nos jardins, sur les quais, dans nos rues mais aussi dans les bâtiments municipaux, notamment dans les écoles, dans les immeubles et dans notre réseau de transport souterrain, devient insoutenable. Cela crée des troubles et des préjudices graves sur la santé des personnes en inoculant, notamment à l?homme, la leptospirose, mais aussi cela pose des problèmes sur nos biens matériels.

Cette prolifération des rats écorne l'image de Paris, tant auprès des particuliers que des touristes, mais aussi des acteurs économiques, des investisseurs. Cela mine la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens, légitimement choqués par ces problèmes d'hygiène. Une campagne intense de dératisation en surface et dans les sous-sols est nécessaire, mais plus que cela encore, il faut prévenir durablement leur réapparition, d'une part avec des mesures structurelles comme, par exemple, assurer l'étanchéité des canalisations de la Ville de Paris, mais aussi des immeubles de bureaux et de logements, ainsi que mettre à disposition des pique-niqueurs, des bacs hermétiques dans les parcs et, d'autre part, avec des mesures de prévention et de sanction pour limiter les incivilités et notamment les jets de nourriture sur l'espace public. C'est la raison pour laquelle je demande avec mon groupe que la Mairie de Paris lance une campagne massive de dératisation à Paris, comprenant un système d'information géographique sur la présence des rats, des mesures d'élimination et enfin des mesures permettant de prévenir leur réapparition.

Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur BOURNAZEL.

Pour vous répondre, la parole est à Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Cher Pierre-Yves BOURNAZEL, nous avons réuni à l'Hôtel de Ville, le 17 juin dernier, un séminaire international regroupant des villes européennes notamment sur cette question de la lutte contre les rats parce que nous ne sommes pas la seule grande ville à être touchée par la prolifération de ces rongeurs et nous avons voulu partager les expériences pour mettre au point notre propre plan de lutte. Ce plan d'action a été lancé. Je vous rassure, vous avez sans doute un flair particulier ou alors vous étiez bien informé puisque vous saviez que les actions ont débuté vers le 20 novembre, dans les parcs et jardins, donc 15 jours avant que vous déposiez votre v?u.

Il y a deux grandes populations de rats à Paris. Une population de rats dans les égouts qui, d?ailleurs, rend des services très utiles et il ne faut surtout pas les exterminer ; il faut les réguler et les empêcher de remonter à la surface. Puis il y a une deuxième population qui est devenue autonome, des colonies qui se sont créées dans les parcs et jardins, ce qui est nettement moins sympathique, et ces populations se développent notamment parce que, dans les parcs et jardins, les rats trouvent ce dont ils ont besoin. C'est un animal assez simple, il lui faut un terrier, à boire et à manger. On leur donne beaucoup à manger dans les parcs et jardins.

On a mis au point une stratégie, un plan d'action qui a débuté en fermant les espaces verts, l'un après l'autre - huit depuis novembre ont été fermés : le Champ-de-Mars, les squares Cambronne et Garibaldi dans le 15e arrondissement, le jardin de la tour Saint-Jacques. On les clôture pour qu?ils ne soient plus nourris et on peut poser des pièges. On affame les rats et, comme cela, on peut s'en débarrasser. En quelques jours, ce sont près de 200 rongeurs dans le seul jardin de la tour Saint-Jacques qui sont passés de vie à trépas. Désolé, j'aime beaucoup les animaux mais, en l'occurrence, c'était une nécessité de salubrité publique.

Ce plan, qui comporte aussi un travail sur l'installation de corbeilles inaccessibles aux rats, d'adaptation des horaires de travail des agents de la DPE pour éviter que les déchets alimentaires restent trop longtemps sur l'espace public, des actions de communication envers les Parisiens pour qu?ils cessent de nourrir les rats en pensant nourrir d'autres animaux. Bref, c'est plusieurs Directions de la Ville qui sont impliquées pour que nous arrivions à réguler, dans les meilleures conditions, la population de rats et la réduire fortement dans l'espace public.

Le plan que vous appelez de vos v?ux, vous le voyez, est en cours. Il est appliqué. Attendons un peu, il va donner des résultats. Je vous remercie donc de retirer votre v?u puisque vous avez été exaucé par anticipation.

Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci pour toutes ces informations précieuses, utiles et qui nous ravissent. Vous avez beaucoup inspiré le groupe UDI-MODEM. Mme Édith GALLOIS souhaiterait une explication de vote.

Mme Edith GALLOIS. - L?inspiration, Madame la Maire, cela fait deux ans qu'on l'a puisque nous avons déposé un v?u en 2014 que vous aviez rejeté, puisque vous dites que vous êtes inspirée au mois de novembre. On soutient ce v?u de Pierre-Yves BOURNAZEL qui a bien fait de vous rappeler qu'il y avait un vrai problème. Je tiens à dire qu'en 2014, nous vous avions expliqué que quand on multiplie les lieux de pique-nique, ce que l?on trouve formidable et convivial, mais que l'on n'a pas en même temps les moyens sanitaires et d'hygiène qu'il faut pour ramasser les poubelles, quand on laisse dormir des gens sur les trottoirs sans avoir des installations sanitaires, quand on dit que Paris est salie mais pas sale, cela veut dire que l'on ne prend pas la mesure des responsabilités qui vous incombent, en termes de propreté et de salubrité.

Effectivement, il y a une prolifération extrêmement grave des rats. Vous vous targuez que ce soit partagé par d'autres villes. Peut-être, c'est au moins quelque chose que l'on aurait pu ne pas partager avec d'autres villes, mais vous n?avez pas pris les bonnes mesures. Cela manque de bon sens, de sens pratique et d'anticipation, voire de vision, mais ce n'est pas quelque chose qui vous aveugle, la vision politique. On est dans une situation relativement grave. Je suis heureuse de savoir que vous avez quelques centaines de rats qui sont morts en quelques jours. Continuez comme cela, mais c'est bien dommage que vous ayez attendu deux ans pour vous manifester.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous êtes libre d?avoir vos propos, mais ils sont un peu déplacés tout de même. Si les bonnes intuitions avaient été d'interdire les pique-niques des Parisiens parce que les pique-niques créent la présence de rats, si votre idée, c?est de nous soutenir comme nous le faisons dans le budget, depuis 2014, pour mettre plus de moyens sur la propreté et l'entretien de la Ville, soutenez-nous, mais ne soyez pas dans des injonctions contradictoires en permanence. S'il vous plaît, pas de leçon de vision à propos d'un plan de dératisation de la Ville de Paris.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 80 déposé par le groupe les Républicains avec un avis? Allez-y, Monsieur BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je retire mon v?u puisque je prends acte des engagements de la Ville de Paris au travers de votre adjoint au Maire et nous serons très attentifs au résultat car, là, c?est une question d?intérêt général et il faut vraiment agir.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Voyez, Madame GALLOIS, il ne fallait pas se précipiter. Merci, Pierre-Yves BOURNAZEL.

Le v?u est donc retiré.