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Decembre 2016
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2016 DU 192 - Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul" (14e). - Bilan de la mise à disposition de l’étude d’impact. Dossiers de création et de réalisation. Programme des équipements publics de la Z.A.C. Contrat de concession. Vœu déposé par le groupe SOCA relatif à l'aménagement de l'éco-quartier.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DU 192, les amendements nos 105 et 106 et le v?u n° 107 qui y sont rattachés portent sur la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul".

Je vais donner la parole tout de suite à Eric AZIÈRE, puis à Hervé BÉGUÉ, la Maire du 14e, Carine PETIT, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Jean-François LEGARET et Galla BRIDIER. Uniquement Jean-François LEGARET. Eric AZIÈRE.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Tout d?abord, dans cette intervention, je voudrais me faire le simple porte-parole des membres de l?association pour le quartier de Saint-Vincent-de-Paul, et je reflète ici l?intervention de son président, François SCHLUMBERGER, au dernier Conseil d?arrondissement du 28 novembre dernier.

Dans cette intervention, il est clair que transparaissait d?abord le désarroi des membres de l?association dans ce qu?il serait convenu d?appeler la superficialité de la concertation avec la mairie du 14e, et il a mis précisément en cause dans cet alibi de concertation que l?on ne discute pas du fond, c?est-à-dire que l?on ne touche pas aux invariants du projet, mais l?échange porte sur la cosmétique de ce grand projet d?aménagement, sur ce qu?ils appellent la couleur des volets.

Le deuxième reproche porte sur le silence de la Mairie de Paris aux deux demandes d?échanges proposées par l?association par lettre, en mars 2015 et en avril 2016, et qui sont jusqu?à aujourd?hui restées sans réponse.

Enfin, le troisième reproche est celui de l?hypocrisie de la méthode, qui consiste à feindre, avec les membres de l?association, la compréhension et la prise en compte des problématiques mises en avant par les membres de l?association pour le quartier de Saint-Vincent-de-Paul, et en coulisses, en quelque sorte par-derrière, à encourager les initiatives, et en particulier les v?ux qui vont à l?encontre cette fois des souhaits des riverains. Ce double langage est particulièrement mal supporté.

Et je crois que parmi les nombreuses associations de riverains qui réagissent aux projets, aux quelques grands projets d?aménagement urbain, celle du quartier de Saint-Vincent-de-Paul pourtant était vraiment, au moins au départ, dans un état d?esprit beaucoup plus constructif, et dans un constat certes fataliste qu?a provoqué le choix du projet, et elle mériterait, il me semble, une autre écoute, un autre accueil et un autre traitement, et au minimum une réponse à ses deux demandes.

Cette fois sur un plan plus personnel, laissez-moi-vous dire que sur un site d?exception de 3,5 hectares, entre l?Observatoire de Paris, la place Denfert-Rochereau et face à la Fondation Cartier, c?est-à-dire un quartier riche d?histoire, de patrimoine, au Sud de Paris, vous avez décidé de réaliser un quartier à dominante logements, comprenant au moins 50 % de logements exclusivement constitués des catégories les plus sociales, P.L.A.-I., PLUS et une proportion de 15 % de super P.L.A.-I., tout ceci destiné évidemment aux populations les plus fragiles, aux personnes cumulant les difficultés économiques et sociales, dont les ressources sont inférieures de 60 % au traditionnel plafond de ressources exigé par les PLUS, c?est en tout cas le v?u adopté par ce Conseil de Paris il y a un mois.

Alors, outre le fait que l?on est loin dans l?idée de réaliser un projet de quartier à dominante logements de "Réinventer Paris" et de ce souffle d?un appel à l?innovation urbaine, à des solutions inédites, à la révolution des usages, la concentration, dans un ensemble de 43.000 mètres carrés de surface de plancher, de 70 % de logements sociaux, c?est-à-dire plus de 30.000 mètres carrés, dans un arrondissement, le 14e, qui n?est pas un arrondissement en déficit de logements sociaux, et qui a vu même son parc social atteindre cette année 30 % de logements sociaux, qui est passé en 10 ans de 20 à 30 %, pardonnez-moi de vous dire que ce n?est plus de la mixité sociale, c?est de l?acharnement sociodémographique qui met en péril un équilibre rare dans le 14e, fait de diversités socio-économiques et culturelles, dans un arrondissement de surcroît avec un pourcentage de logements sociaux nettement supérieur à la moyenne et aux obligations légales. Et ce ne sont pas les 6.000 mètres carrés d?un grand équipement privé d?intérêt général au nom abscons de CINASPIC qui est de nature à relever l?ambition de ce projet.

Ce que je voudrais dire en conclusion devant ce constat, c?est qu?on a une quadruple absence : une absence d?ambition, d?abord, pour le 14e arrondissement - excusez-moi de dire ça devant la Maire du 14e arrondissement -, une absence de vision sur un grand défi - une parcelle de 3,5 hectares à Paris, c?est quand même suffisamment rare pour que l?on s?y arrête -, une absence de concertation - et on vient de le constater avec l?association de Saint-Vincent-de-Paul -, une absence de passion partagée pour ce projet par l?ensemble de tous les habitants du 14e arrondissement, qui provoque d?ailleurs dans l?ensemble du 14e arrondissement une immense déception. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Hervé BÉGUÉ.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, tout d?abord, je voudrais saluer le programme d?aménagement de la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul", et je ne porte pas du tout la même appréciation que M. AZIÈRE. Mais cela ne va surprendre personne ici.

Tout d?abord, il y a eu une très longue concertation. Ensuite, il y a la question des invariants, mais les invariants, Monsieur AZIÈRE, étaient dans le programme de la majorité municipale du 14e, celle pour laquelle les habitants du 14e ont voté, tout de même !

Ensuite, mais vous êtes allés au fond de votre pensée. En fait, ce qui vous gêne, vous l?avez dit : c?est le logement social, voire très social ! Dans un quartier où, si vous pensez que dans le quartier de l?Observatoire, il y a beaucoup de logement social, nous n?avons pas tout à fait la même définition du logement social. S?il s?agissait de la porte de Vanves, peut-être on pourrait tomber d?accord, mais quand il s?agit de l?Observatoire, excusez-moi du peu !

Cela étant dit, c?est quand même la création sur Paris d?un premier éco-quartier à vocation populaire. C?est un événement sur Paris.

Mon propos portait plus sur l?amendement que nous proposons. Nous demandons à ce qu?un mur d?escalade soit intégré au sein du gymnase prévu à cet effet dans les équipements publics. Or, je crois savoir que vous comptez nous opposer qu?une erreur matérielle technique au motif de notre amendement est insérée au titre de rappel des objectifs d?aménagement et des éléments programmatiques.

Vous avez sans doute raison, toutefois j?aimerais revenir sur le fond de cet amendement, en vous alertant sur l?opportunité de prévoir un mur d?escalade dans le 14e arrondissement et le lieu pourrait s?y prêter. L?escalade est un sport plébiscité par les Parisiennes et les Parisiens, les Franciliennes et les Franciliens : en quatre ans, le nombre d?adhérents à la Fédération française de la montagne et de l?escalade a doublé avec près de 500 adhérents supplémentaires chaque année.

La demande à Paris, et particulièrement dans cet arrondissement, est forte et continue de croître d?année en année. "Roc 14", qui est l?association d?escalade de l?arrondissement, est l?une des plus importantes associations et l?une des premières associations d?escalade de notre ville.

Aujourd?hui, ils refusent des adhérents parce qu?ils n?ont pas assez de place et pas assez de lieux pour pouvoir intégrer tous les pratiquants de l?escalade ou tous ceux qui voudraient le faire, ce qui les amène à faire des tirages au sort pour pouvoir donner des cartes de cette association et je trouve que c?est très dommageable.

Permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de pratiquer le sport de leur choix et assurer la diversité de l?offre sportive est un défi que nous devons relever. Installer un mur d?escalade au sein des équipements publics prévus dans l?aménagement de la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul" permettrait de satisfaire à cette exigence. Nous serons attentifs aux différentes étapes de l?essor de la Z.A.C. et nous ne manquerons pas de continuer de défendre ici l?importance de cet équipement. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Carine PETIT.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais d?abord adresser quelques remerciements tout de même à plusieurs équipes.

D?abord, au Secrétariat général, aux équipes de la Direction de l?Urbanisme, de la Direction du Logement et de l?Habitat qui ont été les deux premières directions extrêmement sollicitées pour bâtir ce premier programme.

Je voulais vraiment aussi remercier les équipes de Jean-Louis MISSIKA et de Ian BROSSAT, qui ont été les deux adjoints à la Maire de Paris qui ont fait en sorte qu?en décembre 2016, nous adoptions ces projets de délibération très importants qui vont nous permettre de rentrer dès l?année 2017 dans la réalisation de la programmation.

Et puis, bien évidemment, Jean-Louis MISSIKA et Ian BROSSAT ne seraient rien ou pas autant sans leurs équipes et leurs cabinets. Donc je veux là aussi vraiment les remercier pour le travail, le suivi et l?appui qui est très apprécié de la Maire du 14e et de ses équipes.

Je veux aussi dire merci aux contributions des groupes politiques de la majorité qui, depuis ces deux dernières années, contribuent de manière constructive et positive à l?enrichissement de ce projet, au fur et à mesure de ces étapes importantes.

Puis, Monsieur AZIÈRE, je veux souligner le travail fourni par les habitants, les collectifs d?habitants, le conseil de quartier, les différentes associations qui ont travaillé avec nous, là aussi, pendant ces deux dernières années dans l?atelier, dans le Comité local d?organisation de la concertation que nous avons mis en place depuis le début, et auquel d?ailleurs les élus de l?opposition sont associés, invités. Mais malheureusement nous n?avons jamais pu constater leur présence, mais cela ne saurait certainement tarder.

Dans le cadre de ce Comité d?organisation de la concertation, nous avons toujours avancé avec franchise, sincérité et transparence, assumant nos accords et assumant aussi nos désaccords, mais travaillant toutes et tous dans le sens de l?intérêt général.

Nous sommes habitués aux propos de M. SCHLUMBERGER, avec qui nous travaillons beaucoup. Il n?est pas le président de l?association mais le vice-président de l?association, et un membre actif de ce Comité d?organisation de la concertation. Nous avons des échanges, des échanges au fur et à mesure des réunions, qu?elles soient publiques, que ce soient des ateliers de travail, mais nous arrivons à progresser et à avancer ensemble.

D?ailleurs, c?est à tel point que M. SCHLUMBERGER est ravi de ce que nous avons déjà pu obtenir en amont de ce projet de délibération et du traité de concession que nous nous apprêtons à voter, je l?espère, à l?unanimité, puisque nous avons demandé, la mairie du 14e a relayé cette demande du Comité d?organisation de la concertation pour l?intégrer pleinement, ainsi que les habitants, aux prochaines étapes - jury de concours, pré-réunions avant les comités de pilotage de la Ville de Paris -, que tout cela soit associé aux décisions, aux éléments et aux documents qui seront élaborés en lien avec l?aménageur, les adjoints à la Maire de Paris et la mairie du 14e arrondissement.

Merci à l?intégration puisqu?il y a des v?ux. C?est sympa, les v?ux, mais c?est toujours mieux quand on arrive à intégrer des éléments en amont dans les projets de délibération, n?est-ce pas Mao PENINOU ?

Aujourd?hui, nous respectons donc nos engagements et notre calendrier : acquisition du foncier, création d?une Z.A.C., un outil d?aménagement public fort qui permet une cohérence dans les futures réalisations et une garantie pour respecter des objectifs d?intérêt général.

Je reviens sur quelques éléments du programme, notamment sur celui du logement. Oui, Monsieur AZIÈRE, oui, Mme KOSCIUSKO-MORIZET qui n?est pas là et qui avait, elle aussi, promis de porter la parole des habitants énervés de l?arrondissement, nous assumons qu?à maîtrise publique du foncier, nous réaliserons 50 % de logements sociaux sur ce futur quartier.

Et ne mélangez pas, Monsieur AZIÈRE, là, vous dites 70 % de logements sociaux, mais vous nous reprochez de ne pas faire de l?intermédiaire mais du coup vous additionnez l?intermédiaire au social pour mélanger, attiser la confusion et agiter le chiffon rouge du logement social.

Nous y ferons aussi de l?acquisition libre, à peut-être 11.000 ou 12.000 euros du mètre carré, ce qui n?est pas accessible à n?importe qui, et oui nous ferons du logement accessible à 6 euros, 7 euros, 13 euros, 11 euros, 18 euros, 20 euros du mètre carré en intermédiaire et en social. Pour les familles aussi, nous l?assumons, puisque dans le fameux pourcentage si élevé de logement social dans le 14e arrondissement, nous comptons près de 2.000 logements étudiants qui ont été livrés, je le rappelle. Donc, nous souhaitons que Saint-Vincent-de-Paul comporte aussi des logements sociaux, intermédiaires ou privés consacrés aux familles.

Un mot aussi pour finir, pour dire combien la ville éphémère, la ville temporaire, la ville intercalaire des grands voisins qui existent aujourd?hui sur le site a donné de la force et de l?enthousiasme, et a contribué aussi à apporter une valeur à ce site aujourd?hui de manière inespérée.

Nous sommes là tous à le saluer et j?aurais aimé d?ailleurs que "Yes We Camp !", "Plateau urbain" et "Aurore", dès l?origine et à l?origine de ce projet, recueillent le même sentiment et la même unanimité dans ces rangs puisqu?ils travaillent dur, ils ont travaillé dur et sans quasiment aucun moyen de la Ville de Paris.

Voilà, nous avons hâte et nous sommes impatients. Nous reprenons dans notre v?u, notre contribution du 14e arrondissement à ces projets de délibération, un certain nombre de points que j?ai déjà évoqués et nous avons hâte de travailler avec "Paris Batignolles Aménagement" et de continuer notre travail avec les habitants.

Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

Jean-François LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je voulais d?abord vous prier d?excuser Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. Et puisque vous nous proposez de délibérer sur la création et la réalisation de la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul", nous avons des regrets parce que certains principes auraient pu nous séduire, par exemple le souci d?exemplarité environnementale, la limitation de la circulation motorisée ou encore la volonté d?inscrire le site dans la trame verte et dans la continuité historique.

Mais malheureusement nous constatons, comme Eric AZIÈRE l'a fort bien dit, que le dossier qui nous est présenté n'est absolument pas à la hauteur de cette ambition et de ces volontés, affichées, qu'en réalité ces principes ne se traduisent absolument pas ou très mal dans le libellé du texte du fait notamment de choix largement critiquables en termes de densité ou de formes urbaines.

Alors au mois de juillet, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET avait déjà rappelé que la tenue de concertations par l'Exécutif avait été presque complètement défaillante, notamment parce que des documents d'étude du projet n'avaient jamais été transmis, et force est de constater que si tout cela a été formellement un peu amélioré, cela n'a porté que sur des adaptations d'un projet dont les grands choix stratégiques ont été présentés, cela a déjà été dit, comme des invariants.

C'est bien de faire une concertation en postulant que l'on va discuter d'invariants.

En quelque sorte, une concertation sur la couleur des volets, comme le dirait le président de l'association pour le quartier Saint-Vincent-de-Paul, qui nous a demandé d'ailleurs à nous, de nous faire son porte-parole dans notre enceinte du Conseil de Paris.

Faut-il, en vérité, Madame la Maire du 14e, et Monsieur l'adjoint, que vous écoutiez bien peu les associations de riverains pour qu?elles en soient réduites à nous demander à nous, élus de l'opposition, de faire valoir leurs arguments auprès de vous.

Voilà bien ces grands choix dont nous souhaitons débattre et qui ne sont pas dans le projet de délibération.

La densité d'abord.

Le projet tel que vous le proposez aujourd'hui prévoit 60.000 mètres carrés de surfaces destinées au logement, sur ce qui représente une concentration de près de 600 logements et seulement 4.800 mètres carrés de rez-de-jardin, ce qui n'est pas tout à fait dans la définition que vous donnez et que l'on donne habituellement en termes de bon sens à la qualification d'éco-quartier.

Alors, s'il suffit de signer une charte pour obtenir ce label, c'est assez simple, mais comment vivra cet îlot une fois qu'il sera sursaturé dans la durée ? Comment s'articulera-t-il avec le reste du quartier ?

Il fonctionnera d'autant plus difficilement que la forme urbaine choisie, avec des espaces quasi clos, absolument pas ouverte sur le reste du quartier, ne peut que créer des recoins propices aux petits trafics, à ces nuisances urbaines que nous ne cessons de dénoncer.

Quant aux logements sociaux, comme cela a été dit également par Eric AZIÈRE, en leur réservant 68 % de la programmation des logements, dont 50 % de P.L.A.-I., cela risque de nuire fortement à la mixité sociale que vous appelez de vos v?ux plutôt que de la promouvoir, puisque vous concentrez autant de logements sociaux sur deux bâtiments mitoyens en c?ur d'îlot, vous enfermez les populations futures et créez les conditions d'une potentielle ghettoïsation du site par anticipation.

Alors pourquoi ne pas revenir aux 28 % de logements sociaux initialement prévus dans le projet, ou bien retenir la création d'un E.H.P.A.D. qui permettrait entre autres de réduire la densité de la population par rapport au nombre de logements sociaux, ou encore de favoriser une mixité intergénérationnelle ?

Les élus et les riverains auraient bien aimé débattre avec vous de toutes ces questions mais justement, manque de chance, elles étaient dans la colonne des invariants.

Monsieur le Maire, Madame la Maire du 14e, les habitants du quartier méritent mieux que ces oukases sur les paramètres principaux du projet, puisque vous passez sans aucune discussion de 28 à 50 % de logements sociaux, vous concentrez sans aucun débat le bâti sur 60 % de la parcelle, et vous ne laissez que 20 %. Vous aurez beau tourner cela sous toutes les formes, c'est un constat, vous ne laissez que 20 % de la surface pour les espaces verts et les activités économiques, ce n'est pas de la concertation, c'est même totalement à l'opposé de la concertation.

Ce sont des choix unilatéraux, dogmatiques, qui ont réduit la concertation à un exercice de pure forme, un exercice de façade, puisque tout ce qui compte vraiment avait été déjà tranché sans aucune concertation. Ces éléments conduisent à un projet d'aménagement qui risque fort de ne pas s'intégrer dans le quartier, dans ce sud parisien qui est très fortement marqué par son histoire et sa qualité, et de détériorer largement la vie quotidienne des riverains sur un site pourtant tout à fait exceptionnel.

Ainsi, puisque ce projet n'est ni transparent, ni innovant, ni exemplaire, nous voterons contre votre projet de délibération. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Galla BRIDIER.

Mme Galla BRIDIER. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Franchement, Monsieur LEGARET, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre en parlant de ghettoïsation boulevard de l'Hôpital. Les choses se regardent plus au niveau des quartiers qu'au niveau de l'îlot, cela paraît complètement absurde.

Bref, pour plutôt rebondir sur les propos de Mme la Maire du 14e, je peux vous dire en tant qu?élue du 18e, que vous pouvez effectivement vous réjouir de la dynamique actuelle que vous avez sur ce site, puisque pour le comparer à un autre site avec une grande friche qui est celui de Grand Train à Ordener Poissonniers dans le 18e, ce n'est vraiment pas le même esprit avec malheureusement aucune intégration des habitants du quartier de la Goutte-d'Or, par exemple.

Vraiment, je souhaite de tout c?ur que cette dynamique solidaire, conviviale qui existe aujourd'hui à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul et sur le site des Grands Voisins se traduira dans la vie future et le projet de la Z.A.C.

Pour ma part, je serai extrêmement brève, je veux juste revenir sur une de mes marottes et vous présenter l'amendement que je porte au nom de mon groupe, relatif au programme d'habitat participatif, puisque de v?u en v?u nous arrivons aujourd'hui à un amendement sur le sujet, qui complète bien, je crois, le v?u de votre majorité dans le 14e, et demande donc à inscrire dans le programme de la Z.A.C., un nombre de 10 % des logements consacrés au programme d'habitat participatif. Je vous laisserai me répondre sur le sujet. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci de toutes vos interventions.

Pour vous répondre à tous, la parole est à M. Jacques BAUDRIER.

M. Jacques BAUDRIER. - Merci, Monsieur le Président.

Merci à toutes les intervenantes et tous les intervenants pour leur contribution, je voudrais répondre à M. LEGARET et à M. AZIÈRE que leurs interventions concernent plus le Plan local d'urbanisme et le Plan local d'habitat que la seule Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul", et que leurs interventions contre le logement social sont particulièrement caricaturales et excessives, et tout ce qui est excessif me semble insignifiant.

A la fois Carine PETIT, Hervé BÉGUÉ et Galla BRIDIER leur ont très bien répondu sur ce point et sur l'équilibre qu'apportera ce grand projet sur la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul" à la répartition du logement social dans le 14e, mais aussi à Paris et dans le Centre de Paris. Jean-Louis MISSIKA a déjà eu l'occasion d'évoquer les objectifs de l'Exécutif municipal concernant ce quartier lors du Conseil de Paris de juillet, au moment de l'approbation du bilan de la concertation.

Pour ce grand projet, je souhaiterais revenir sur certains points essentiels.

Saint-Vincent-de-Paul est une opération emblématique de la mandature, cette Z.A.C. sera à la hauteur de nos ambitions en matière d'innovation sociale, environnementale, Mme BRIDIER l'a relevé, de nouveaux modes de faire dans l'urbanisme, de mixité sociale, d'intégration des nouveaux usages dans les bâtiments et l'espace public, ainsi que des opérations temporaires.

Avant même que la Z.A.C. n'ait été créée, ce quartier était déjà emblématique.

Les occupations temporaires gérées par les associations "Aurore", "Yes we Camp" et "Plateau urbain" ont fait du site une sorte de village utopique en plein c?ur de Paris, qui a attiré et attire des curieux du monde entier, qu'ils soient là pour camper, assister à un atelier de réparation de vélos ou à un concert.

L'intégration sociale y est exemplaire, puisque 600 personnes y dorment en hébergement d'urgence en foyer de travailleurs migrants.

Cette occupation temporaire nous interpelle et nous pousse à faire encore mieux dans notre approche urbaine pour que ce quartier, lorsqu'il sera réaménagé, ait tout de suite une certaine âme telle que celle que l'on peut trouver actuellement.

Il ne s'agit pas de poursuivre une occupation temporaire, mais bien de se laisser inspirer par tout ce qu'il s'y passe en ce moment pour construire un quartier vivant, ouvert sur la ville, foisonnant d'activités et d'engagements.

Pour cela, nous avons pris plusieurs décisions fortes. D'abord, par souci environnemental, la conservation d'au moins 60 % des bâtiments existants. Ensuite, pour la vitalité commerciale, la réservation d'un grand nombre de locaux, normalement les cours anglaises sur les 6.300 mètres carrés prévus pour l'activité et le commerce, à des activités comme l'économie sociale et solidaire, l'artisanat, les activités de réemploi.

Nous travaillerons avec l'aménageur à une différenciation des loyers des locaux, afin de pouvoir accueillir une grande diversité de structures.

Nous souhaitons également que le quartier ait une forte dimension culturelle. C?est pourquoi des grands espaces, à hauteur de 6.000 mètres carrés, ont été réservés pour un grand équipement culturel privé qui donnera sur l'avenue Denfert-Rochereau, renforcera l'attractivité de ce quartier et, bien entendu, par souci de mixité sociale - cela a été l'objet de la plupart de vos interventions et spécialement au regard du quartier du 14e arrondissement -, une part importante de logements sociaux, dont 50 % seront réalisés dans le quartier, ainsi que des logements intermédiaires pour 20 %. Globalement, 43.140 mètres carrés seront réservés aux logements, dont beaucoup pour des familles, comme Madame la Maire du 14e arrondissement l?a, à juste titre, rappelé.

Pour ce qui est de l'habitat participatif - et plusieurs v?ux et amendements s'y rapportent -, nous travaillerons à y réserver 8 à 12 % de la part des logements, ce qui amènera à constituer un nombre de logements participatifs tout à fait exceptionnel au regard des expériences françaises d'aménagement. Nous travaillerons notamment sur une possibilité de logement participatif social. Bien entendu, ce quartier - et vous avez été nombreux à le souligner - sera un symbole en matière de mobilité puisqu'il sera entièrement piéton. Il sera donc un lieu d'expérimentation de nos nouvelles manières d'habiter et de coopérer.

Pour ce qui est des réponses aux différents v?ux et amendements, pour ce qui est du v?u de Mme la Maire du 14e arrondissement, je lui propose de remplacer l'objectif des 10 % d?habitat participatif par une fourchette de 8 à 12 % afin de ne pas figer totalement le bilan de l'aménageur, car cet objectif demande encore du travail. Mais, dans tous les cas, la direction de la Ville et l?aménageur sont déjà en ordre de marche pour tendre vers cet objectif ambitieux. Tous les autres objectifs cités par ce v?u rejoignent nos priorités.

Pour ce qui est de l'amendement du groupe Ecologiste de Paris, qui porte aussi sur la même ambition, nous demanderons le retrait de cet amendement pour des raisons juridiques, en particulier, car elles se réfèrent au bilan de la concertation, en y ajoutant notamment un objectif chiffré alors que cet élément n'a jamais été introduit dans la concertation. Cela remettrait en cause le bilan de la concertation approuvé par le Conseil de Paris du mois de juillet.

Et, enfin, pour ce qui est du mur d'escalade, je demanderai donc également le retrait, au titre d'une même question juridique, parce que, pour les raisons d'ailleurs déjà évoquées par M. BÉGUÉ, nous ne pouvons accepter cet amendement puisqu?il remet en cause l'exposé des motifs, donc les éléments programmatiques. Mais l?Exécutif s'engage à travailler de façon très active à l'implantation d'un mur d'escalade dans le quartier.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur BAUDRIER.

L'amendement n° 105 est-il maintenu par le groupe Ecologiste de Paris ?

Mme Galla BRIDIER. - Il est retiré.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Et l'amendement n° 106 du groupe Communiste - Front de Gauche ? Retiré. Merci.

La Maire du 14e arrondissement accepte-t-elle l'amendement à son v?u ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 107 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2016, V. 394).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 192.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté, ainsi que la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul". (2016, DU 192).

Je vous en remercie.