Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2016 DAC 579 - Subvention (2.000 euros) à l'Association des auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale (I.H.E.D.N.) (7e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 579 concerne la subvention à l'Association des auditeurs de l'Institut des hautes études de défense nationale.

La parole est à Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - L'Institut des hautes études de défense nationale est un établissement solide qui a déjà dispensé des milliers de formations à des personnalités civiles ou militaires intéressées par les questions de défense nationale. D'ailleurs, sa mission est de promouvoir l'esprit de défense nationale. Nous n'avons strictement rien contre cette I.H.E.D.N.

Par ailleurs, les personnalités qui bénéficient de ces formations, ce sont les auditeurs. Ces auditeurs disposent d'une association - A.A.I.H.E.D.N. -, Association des auditeurs de l?I.H.E.D.N. C?est cette association qu'il est proposé, là, de subventionner. Cette amicale existe depuis 1948 et, jusqu?à présent, elle n'a jamais été subventionnée par la Ville de Paris. Excusez-moi, je n'ai pas très bien vu qu'elle avait vraiment besoin d'un tel financement, qu'elle était étranglée peut-être. Non, je n'ai pas vu cela.

En revanche, j'ai vu, dans bien d'autres cas, des associations à caractère d'environnement, par exemple, être menacées ou ne plus survivre parce qu'on leur avait baissé une subvention de 500 euros ou de 1.000 euros. Je me souviens ici d'un débat sur le Festival du livre et de la presse d?écologie. Alors, voilà. Quel rapport, me direz-vous, entre ces petites associations d'environnement, auxquelles je pense - mais il y en a bien d'autres - ou bien celle-ci ? Le rapport, c?est que la subvention vient de la Ville de Paris, quelle que soit la délégation, quelle que soit la ligne budgétaire et que, voilà, nous aurions fait d'autres choix dans ce budget contraint qui oblige à faire des choix, qui oblige à faire des arbitrages, qui oblige effectivement à prendre des décisions qui ne sont pas toujours prises de gaieté de c?ur.

Nous n'avons rien contre cette A.A. de l?I.H.E.D.N. Rien. Simplement, nous pensons que, dans le cadre contraint qui est le nôtre aujourd'hui, ce n'est pas celle-ci qui aurait dû prioritairement profiter d'une subvention de 2.000 euros, mais bien d'autres. Et c'est parce que nous ne sommes pas d'accord sur ces arbitrages-là que nous voterons contre. Ce n'est pas contre l'association, c'est contre un certain nombre d'arbitrages.

Nous avons sorti un seul exemple, celui-ci. On aurait pu, évidemment, en sortir des dizaines et des dizaines d?autres. Nous n'avons pas voulu encombrer le travail du Conseil de Paris pour répéter chaque fois la même chose. Nous avons choisi, en cette fin de Conseil, un projet de délibération pour dire "on votera contre", parce qu?il y a beaucoup d'arbitrages que l'on n'arrive pas à comprendre et qui ne seraient pas les nôtres si c'était un ou une écologiste qui était Maire de Paris, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Nous voterons donc contre. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, 3.500 militaires de l'opération "Sentinelle" arpentent nos rues parisiennes pour protéger nos concitoyens, défendre nos valeurs face à une menace terroriste endogène qui, malheureusement, n'a pas faibli depuis. Ces soldats sont affectés sur des missions de huit semaines dites "dynamiques". Ils sillonnent les rues 10 heures par jour, pendant 2 jours d'affilée, avec 25 kilos sur le dos. Ils ont sacrifié leur vie de famille et leurs projets pour nous, pour la République. Ils sont en bas de chez nous, sur les écoles, sur les sites touristiques. Bref, ils sont depuis bientôt deux ans dans le paysage des Parisiennes et des Parisiens qui expriment clairement deux besoins fondamentaux face à la menace : être protégés et comprendre.

Comprendre, comprendre le monde militaire que l'on ne voyait que de loin il y a si peu de temps encore sur les théâtres d'opérations extérieures et qui prend soudain une réalité concrète depuis que ce monde fait partie intégrante de notre quotidien. Comprendre, et il est essentiel de le rappeler, qu'un pays libre et démocratique a besoin d'une armée solide pour défendre ses valeurs.

Comprendre que la défense s'incarne dans la République et qu'elle ne vaut que par la volonté de la Nation, des concitoyens qui se reconnaissent dans la France, dans son histoire, dans ses valeurs, dans ses institutions et également dans son armée chargée de protéger cet héritage et de les protéger.

Les élus que nous sommes ont une responsabilité dans cette compréhension du rôle de nos soldats, qu'ils soient à Paris avec "Sentinelle" ou en "Opex". Et nous avons plus que jamais le devoir de parler, d'échanger avec nos concitoyens sur l'organisation, les enjeux de la défense aujourd'hui, sur les défis actuels et à venir, sur les espoirs que nous portons. C'est là la mission des correspondants de défense dans chaque arrondissement et dans chaque commune de la Métropole, et je suis correspondante défense.

Ce travail, nous l'effectuons avec des associations comme celle des auditeurs de l?I.H.E.D.N., Paris Ile-de-France, parce qu?ils n'hésitent pas à donner de leur temps pour aller apporter des réponses claires à nos administrés. Parce qu?enfin, la défense, ce sont aussi des métiers qui méritent d'être présentés à des jeunes qui s'interrogent trop souvent sur leur avenir. C'est pourquoi je suis très fière de nos actions qui développent cet esprit de défense auprès des jeunes et qui renforcent la capacité de résilience de notre société dans les épreuves que nous traversons. Je suis très fière de l'opération "Parrainage citoyen", du partenariat entre les classes parisiennes et l'équipage du porte-avions Charles-de-Gaulle, fière du prochain rapprochement entre le Conseil parisien de la jeunesse et la Commission Armées-Jeunesse. Et je suis, bien évidemment, fière de vous proposer cette subvention à l'Association des auditeurs dont les actions s'inscrivent pleinement dans l'objectif de favoriser et de faire vivre le lien Armée-Nation indispensable dans notre démocratie.

Cette association apporte son savoir et son expertise aux élus correspondants défense. Deux séminaires ont déjà eu lieu à l'Hôtel de Ville le 21 octobre et le 8 décembre derniers. Ces moments d'échange ont permis au Maire et correspondants défense du Grand Paris présents, de comprendre les enjeux et les mécanismes de l'opération "Sentinelle" et de cerner un peu mieux leur propre rôle. Et je continuerai à organiser, au cours de l'année 2017, d'autres séminaires de ce type. L'Association des auditeurs de l?I.H.E.D.N. favorise également les réflexions sur les enjeux de défense, de citoyenneté, par des colloques et des conférences sur des sujets dont l'incidence sur notre quotidien est évidente, comme "comment le vivre ensemble est-il vécu ? Quelles solutions en tirer pour la défense de la fraternité, etc. ?".

Je vois donc dans ces actions une participation citoyenne et démocratique qui vient en appui du monde de la défense. J'y vois un décloisonnement et un brassage entre les mondes civil et militaire qui sont vraiment essentiels. J'y vois une aspiration de la société civile à comprendre et à peser sur les sujets de défense et de sécurité. Favoriser tout cela, c'est l'objet de cette subvention. C'est pourquoi je vous invite, mes chers collègues, à voter en faveur de cette subvention, en faveur du débat, de l'échange avec la société civile qui vient en appui du monde de la défense, véritable pilier d'une démocratie libre qui porte fièrement ses valeurs. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 579.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DAC 579).