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Decembre 2016
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2016 DDCT 151 - Subventions (113.825 euros) à 48 associations pour le financement de 49 projets sur les quartiers politique de la ville parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DDCT 151 relatif à l'attribution de subventions à 48 associations pour le financement de 49 projets sur les quartiers "politique de la ville" parisiens.

Je donne la parole pour ce projet de délibération à Mme Marie ATALLAH, pour le groupe Ecologiste de Paris, pour 5 minutes maximum.

Mme Marie ATALLAH. - Bonjour. Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Le contrat de ville est l'un des dispositifs les plus importants pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales dans notre ville. Le nouveau contrat parisien, signé en mai 2015 pour une nouvelle durée de 5 ans, de 2015 à 2020, a été le fruit d'une très large concertation avec l'ensemble des acteurs concernés de notre territoire, et notamment avec les représentants des habitants tant au niveau parisien qu'au niveau des arrondissements.

Le présent projet qui nous est présenté ici porte sur un complément de financement pour 49 actions associatives mises en ?uvre dans les quartiers "politique de la ville". C'est bien le reflet d'une réelle dynamique associative locale qui participe activement à la réalisation des objectifs de notre nouveau contrat de ville parisien.

Cette dynamique associative dans nos quartiers mérite d'être saluée ici. Elle est l'expression de l'implication de très nombreux citoyens parisiens qui ont fait le choix de relever avec nous le défi de la lutte contre les inégalités entre les quartiers.

Renouveler le soutien de notre Assemblée à toutes les initiatives associatives qui émergent dans les quartiers est plus que nécessaire en cette fin de première année de mise en ?uvre de notre nouveau contrat de ville parisien. Notre soutien est nécessaire pour exprimer notre inquiétude quant à la politique de l'Etat et surtout de la Région Ile-de-France en matière d'attribution de subventions destinées aux associations locales, et je pense notamment ici à celles qui mènent des actions de soutien scolaire pour les enfants ou de cours sociolinguistiques pour les parents, notamment les femmes, ou d'information sur la contraception, ou encore de lutte contre la discrimination.

Les 48 actions associatives soutenues par le présent projet sont utiles et très utiles. Je voudrais souligner la diversité de ces actions et tout particulièrement les actions culturelles et de médiation interculturelle qui sont développées dans les quartiers au plus près des habitants pour faciliter leur accès au droit, les rapprocher des institutions éducatives culturelles et artistiques, ou pour les accompagner dans leurs propres projets de création artistique. C'est l'occasion pour moi ici de rappeler la thématique de notre M.I.E. portant sur le thème "Paris ville interculturelle" que j'ai le plaisir de présider au nom de mon groupe écologiste. Dans le cadre de cette M.I.E., plusieurs séances seront consacrées à analyser la place de la culture et du dialogue interculturel comme vecteur d'intégration et de vivre ensemble dans les quartiers "politique de la ville".

Je souhaite attirer l'attention sur le troisième axe de notre contrat de ville visant à dynamiser les quartiers populaires dans la ville. Sur cet axe important, nous avons noté que seulement deux actions associatives ont été retenues dans le présent projet, et il est mentionné que d'autres projets viendront renforcer cette orientation plus spécifiquement dans le cadre des prochains grands projets de renouvellement urbain, qui seront présentés plus tard à notre Assemblée.

Une transformation approfondie de nos quartiers populaires périphériques qui cumulent tout type de difficultés plaçant leurs habitants dans une situation de rupture territoriale et d'exclusion sociale, est un enjeu majeur pour notre ville, mais aussi et surtout pour la métropole.

Les G.P.L.U. permettront de créer la continuité territoriale entre Paris et sa banlieue, mais aussi d'agir sur le rétablissement d'un équilibre de mixité sociale et fonctionnelle assurant une dynamique économique et sociale positive et inclusive pour Paris et sa métropole.

Pour terminer, Monsieur le Maire, nous souhaitons avoir un éclairage sur la toute nouvelle instance de conseil citoyens dans le cadre du nouveau contrat de ville. Quelle est la place et le rôle réservés à cet outil de participation des habitants et quel bilan en tirez-vous après une première année de mise en ?uvre dans nos quartiers ?

Quelle démarche d'évaluation comptez-vous engager à Paris sur la participation des habitants à la mise en ?uvre des actions qui les concernent dans le cadre de notre nouveau contrat de ville ?

Sachant que cette question de l'évaluation de la participation des habitants est placée comme une priorité dans le premier apport de l'Observatoire national de la politique de la ville de janvier 2016.

Nous votons le présent projet avec un soutien fort en faveur de la dynamique associative qui participe de la réduction des inégalités sociales et territoriales et contribue à renforcer notre cohésion sociale dans une ville inclusive et solidaire.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Mme BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, Madame ATALLAH et merci de votre soutien constant à l'ensemble des actions menées notamment dans le cadre du contrat de ville, mais plus largement en direction, avec et pour les habitants des quartiers populaires.

Trois éléments de réponse rapide à votre intervention. D'abord, vous dire un mot sur la mise en place des conseils citoyens. Au-delà de la forme du conseil citoyen, ce qui est intéressant dans la démarche adoptée à l'époque par le Ministre de la Ville, M. François LAMY, et les parlementaires, c'est l'idée de graver dans le marbre de la loi la participation des habitants. C'est bien cela qui nous importe.

Les conseils citoyens dans les 8 arrondissements concernés sont officiellement mis en place. L'Etat a signé les arrêtés de nomination des habitants. L'Etat, comme vous le savez, a proposé de financer, et la Ville le cofinancera, un poste d'adulte relais pour chaque conseil citoyen parce que l'initiative et la participation des habitants sont encore plus efficaces lorsqu'elles sont un peu accompagnées par quelqu'un dont cela peut être en effet le métier de faire de la médiation, d'aller vers les habitants. Les recrutements sont en cours et devraient être finalisés en début d'année 2017.

Par ailleurs, tous les ans, il y a un comité de suivi dans chacun des 8 arrondissements qui réunit l'ensemble des signataires locaux du Contrat de ville qui ont pris part à l'élaboration du projet de territoire. Pour la première année, les habitants des conseils citoyens étaient présents dans ces instances de pilotage. Je n'ai pas pu assister aux 8 comités de pilotage, mais à ceux auxquels j'ai assisté, indéniablement, la présence des habitants était un élément vraiment de force de ce que nous faisons, par leur capacité d'abord à nous réinterroger, nous institution, sur ce que nous faisons, en termes d'accessibilité et de clarté.

Je le dis rapidement, mais notre jargon est parfois un peu désarmant pour les habitants. La participation des habitants nous oblige à redire quelles sont les priorités des projets de territoire et comment nous essayons de les mettre en ?uvre. Cela nous a permis de réinterroger un certain nombre de politiques publiques, et notamment la politique scolaire et d'accompagnement de la scolarité qui a été beaucoup l'objet de questions et d?interrogations.

Je crois que l'ensemble des personnes qui participaient à ces comités de suivi - je parle sous le regard du directeur de la DDCT - ont trouvé que c'était vraiment une vraie belle amélioration, avec des rendez-vous pris pour continuer à creuser les sujets. Cela n'a fait que renforcer ma conviction, si j?en avais douté un quart de seconde, sur le fait qu'intégrer les habitants au c?ur du processus d'élaboration de nos politiques publiques, cela bouscule la façon dont on fait des politiques publiques et cela les rend meilleures et plus efficaces.

Deux petits points que vous avez également évoqués dans votre intervention sur la question de l'emploi et de l'insertion, pour aller rapidement, qui correspond à l'axe 3 de notre Contrat de ville. Nous faisons feu de tout bois, chère Marie ATALLAH, pour pouvoir accroître et améliorer l'efficacité des politiques publiques menées en direction des habitants des quartiers populaires. Vendredi dernier, j'étais en comité de suivi I.T.I. - Investissement Territorial Intégré. C'est un projet que nous avons porté avec nos amis de "Est Ensemble".

Il y a beaucoup de projets et tout cela représente un investissement du F.S.E. et du F.E.D.E.R. de plusieurs millions d?euros dans nos quartiers des 18e, 19e, 20e et Est Ensemble. Nous avons examiné plusieurs projets qui seront présentés en comité d'engagement de la Région puisque la Région est délégataire de l'argent du F.S.E. sur des questions d'emploi, de formation et d'insertion. Nous allons continuer à faire feu de tout bois.

Oui, moi aussi j'ai des inquiétudes non pas tant sur la question de la participation de l?État car le financement, dans les quartiers populaires dans le cadre des engagements du Contrat de ville est en hausse de la part de l'état. Nous pouvons avoir parfois des divergences sur la façon dont l'argent est affecté par l'État. Mais globalement les sommes financières sont en hausse.

En revanche, j'ai une inquiétude sur l'engagement de la Région, je l?ai déjà dit ici et je le redis encore. L?accompagnement de la Région est nécessaire, notamment sur les questions de formation et de développement économique ; c'est un partenaire obligatoire.

Je me permets de conclure que j'ai également des inquiétudes parfois sur l'attitude de certains Conseillers de Paris, notamment d'opposition. Je siège dans un Conseil d'arrondissement dans lequel les élus d'opposition ont décidé, depuis 3 mois, par principe, de ne plus voter aucun projet de délibération de soutien à un projet associatif dans les quartiers populaires. C'est un acte de défiance vis-à-vis de l'ensemble de ceux qui portent les projets. C'est surtout un acte de défiance vis-à-vis des habitants des quartiers populaires.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup Madame BROSSEL.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDCT 151.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DDCT 151).