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Decembre 2016
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G - Caserne des Minimes 12-14, rue de Béarn (3e). - Conclusion d’un protocole avec "Elogie".

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DLH 9 G, caserne des Minimes, rue du Béarn et conclusion d'un protocole avec "Elogie".

C?est M. Philippe GOUJON qui a la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - La gendarmerie visiblement n'a plus droit de cité dans notre ville puisqu'elle a été expulsée de ses derniers casernements.

Dès le printemps 2015, nous vous alertions par des v?ux renouvelés en 2016 pour empêcher cette évacuation forcée. Le bail signé avec l'Etat pour la caserne des Minimes expirait en 2009 puis il y a Exelmans, dans le 16e.

Vous avez choisi de rompre de manière anticipée ce bail dès l'an prochain, j'oserais dire de manière unilatérale et brutale dans la mesure où votre adjoint s'est rendu sur place en avril dernier pour faire un repérage, où, plus trivialement, un "constat d?huissier avant expropriation" cela a beaucoup choqué les gendarmes. La gendarmerie est révoltée par cette décision. Elle a reçu l?ordre de se taire, évidemment, le petit doigt sur la couture du pantalon comme d?habitude sur ordre d'un Gouvernement complice.

Je ne me prononce pas sur la réutilisation proposée de la caserne et sur la nature des aménagements publics. Il s?agit d?aménagement urbain et c?est autre chose. Je veux dire que la gendarmerie - on ne s'en souvient pas ici dans cette enceinte - exerce des missions essentielles pour la sécurité des Parisiens : des missions de police judiciaire par l'intermédiaire de la section de recherche de Paris, l'appui aux enquêteurs des différentes formations de gendarmerie et des pelotons d'intervention de la Garde républicaine.

Les escadrons de gendarmerie mobile, très nombreux sur Paris et la zone d?agglomération, sont fortement mobilisés pour veiller à la sécurité nationale, au bon déroulement des grands rassemblements toujours plus nombreux et des manifestations toujours plus violentes, où d'ailleurs beaucoup d'entre eux sont blessés - il y a une augmentation d'au moins 20 % des violences contre les gendarmes et policiers en manifestation. Cela sans compter les événements culturels, sportifs, internationaux de premier plan ou les services d'honneur au profit de la Mairie de Paris, par exemple.

La gendarmerie est un acteur majeur à chaque crise que doit affronter la Capitale ou le territoire national. Je pense aux attentats évidemment aujourd?hui avec l'appui précieux du G.I.G.N., qui a d?ailleurs été hébergé dans ces casernements pendant un temps. Au quotidien, la mobilisation de l'ensemble des forces de sécurité dans le cadre du plan Vigipirate, du dispositif "Sentinelle" est un élément absolument majeur de la lutte antiterroriste. Mais demain ce peut être une crue centennale que nous redoutons tous, qui finira par arriver et qui peut exiger l'intervention des gendarmes.

En guise de reconnaissance de cette exceptionnelle mobilisation de la gendarmerie au profit des Parisiens et de la Garde républicaine, vous choisissez de mettre à la porte les services et les personnels hébergés.

Si les conditions d'hébergement des soldats - c?est un deuxième sujet concernant ces casernements - de l'opération "Sentinelle" se sont améliorées, elles n'en demeurent pas moins très précaires. Les crédits ouverts par le Ministère de la Défense sont reconnus comme insuffisants par le Ministre lui-même. Il est d'ailleurs inacceptable de constater que ces soldats, dont les missions de huit semaines les éloignent durablement de leurs proches, soient logés dans des conditions aussi indignes. Je vous rappelle que certains soldats ont été obligés de s'abonner à une salle de sport pour pouvoir accéder à des douches parce qu'il n'y en a pas dans les endroits précaires où on les installe. C'est une situation provisoire qui dure.

De surcroît, la majeure partie de ces militaires, qui ont pour mission de défendre Paris, ne sont pas hébergés à Paris. Ils sont très loin de Paris, à Satory, à Saint-Germain-en-Laye, à Nogent, Vincennes, ce qui pénalise l'efficacité opérationnelle du dispositif "Sentinelle" dans la mesure où les soldats perdent beaucoup de temps pour rejoindre la Capitale. L?îlot Saint-Germain, le Val-de-Grâce sont des hébergements précaires et la Ville de Paris d'ailleurs cherche à les récupérer ; cela ne va donc pas durer très longtemps. Pour Reuilly-Diderot, c?est déjà terminé.

Ainsi, d'ici quelques années ou quelques mois, Paris sera une capitale sans militaires hébergés en son sein, au grand regret d'ailleurs du chef d'état-major des armées avec qui je me suis entretenu et cela me paraît assez grave pour la défense de notre ville, surtout en ce moment.

En février dernier, M. le Représentant du Préfet de police, qui brille d?ailleurs par son absence, comme souvent, précisait que la résiliation anticipée des baux des casernes parisiennes négociée avant les attentats devait se faire avec des compensations en raison de la réalité du risque terroriste. Je sais qu?ils sont, pour certains d'entre eux, hébergés dans des appartements à droite et à gauche mais cela n'a rien à voir avec l'usage que l'on peut faire de casernes.

J'aimerais donc connaître - on lui transmettra - de la part du Préfet de police les avancées qu'il a obtenues. C'est dommage qu'il ne soit jamais là quand on a besoin de lui.

La situation internationale, et la menace terroriste qui en découle, sont appelées à durer. Personne ne peut le nier. Pour preuve, le Gouvernement propose à l'Assemblée nationale, ce soir même, de prolonger l'état d'urgence jusqu'à l'élection présidentielle. Paris ne peut se permettre d?évincer l?ensemble des emprises militaires opérationnelles sans détériorer son niveau de protection. Je crois qu'il faut absolument empêcher la fermeture de ces casernements extrêmement utiles à la défense des Parisiens.

(M. Mao PENINOU, adjoint, remplace Mme Colombe BROSSEL au fauteuil de la présidence).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Ian BROSSAT pour vous répondre.

Je vous rappelle que nous sommes en séance jusqu'à 21 heures et que le temps de se disperser n'est pas venu.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci à Philippe GOUJON.

Avec ce projet de délibération, nous abordons la transformation en logements sociaux de la caserne des Minimes, au c?ur du 3e arrondissement. Cette opération emblématique incarne à plusieurs titres notre politique volontariste en matière de logement. En effet, la Ville de Paris a souhaité mobiliser, avec la mairie du 3e arrondissement, cette grande emprise foncière dont elle est propriétaire. C'est la Ville de Paris qui est propriétaire. Nous avons obtenu de l'Etat que notre bien puisse être à nouveau mis à notre disposition. Cette caserne sera donc transformée, comme l'a été la caserne de Reuilly, dans le 12e arrondissement, enfin, comme l?est la caserne de Reuilly en ce moment puisqu'elle fait l'objet de travaux, et comme le sera la caserne Exelmans dans le 16e arrondissement.

Il s'agit de la transformation de locaux d'activité en logements et également de logements de fonction en logements sociaux. "Elogie" réalisera un programme de logements sociaux mixte, avec 30 % de P.L.A.-I., 40 % de PLUS et 30 % de P.L.S. Nous veillons à la mixité des publics. Il y aura également une crèche de 99 berceaux et un espace public afin que l'îlot soit véritablement ouvert sur le quartier.

La caserne des Minimes, en réalité, aujourd'hui, et chacun le sait, est très largement sous-occupée, alors même que 1.500 familles sont inscrites au fichier des demandeurs de logements sociaux dans le 3e arrondissement. Nous sommes donc fiers d'avancer sur ce chantier et de loger ainsi des familles qui sont aujourd'hui en difficulté de logement dans cet arrondissement.

S'agissant des soldats de l'opération "Sentinelle", puisque vous en avez parlé, soyez sûr que nous sommes très soucieux de les accompagner dans leur mission. Nous sommes très actifs sur ce sujet et nous savons tous les efforts qu'ils consentent pour protéger la population parisienne. Ainsi, avec ma collègue, Catherine VIEU-CHARIER, nous avons pris de nombreuses mesures pour les soldats en mission sur Paris, notamment pour leur offrir des lieux d'hébergement et de repos. A cet égard, je tiens à préciser que ces prérogatives relèvent de l'Etat et chacun, je crois, ici, peut le comprendre. Nous n'en avons pas moins proposé des sites du domaine intercalaire de la Ville de Paris. Les mairies d'arrondissement sont aussi pleinement engagées sur ce sujet.

Je vous invite donc à voter ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 9 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2016, DLH 9 G).