Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

G - Subvention (100.000 euros) et convention avec l'association "Vers Paris sans Sida" (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DASES 457 G : subvention et convention avec l'association "Vers Paris sans Sida".

La parole est tout d'abord à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, il y a quelques jours, comme chaque année depuis 1988, était organisée la Journée mondiale de la lutte contre le Sida. 35 ans après les premières contaminations, les milliers de morts, tant de vies saccagées, tant de souffrances, la recherche a permis de trouver des moyens de prévention, de passer des traitements de survie, avec leurs cascades d?effets secondaires, à la trithérapie. Certes, toujours pas de vaccin, mais des médicaments antiviraux moins lourds que les premiers. En 20 ans, on est passé de 20 comprimés par jour à 2 à 5 aujourd?hui.

La trithérapie permet de faire baisser la charge virale jusqu?à la rendre indétectable. Les médicaments sont mieux tolérés et ils permettent de réduire de 96 % le risque de transmission du virus à un partenaire sexuel non affecté, parce que le Sida est une maladie sexuellement transmissible. Il faut le redire à ceux qui semblent l?avoir oublié, à ceux qui ont voulu censurer la campagne d?information et de prévention, à ceux qui l?ont trouvée peut-être trop sexuelle, à ceux qui voudraient que l?on cache la vérité, à ceux qui voudraient que l?on empêche des personnes d?être informées, d?être prévenues des risques qu?elles peuvent éviter en prenant les mesures qui existent.

Paris est la ville française la plus touchée par le Sida. Le nombre de victimes y est cinq fois plus élevé que la moyenne nationale, et nous voulons que cela cesse. Pour cela, il faut informer, dépister, prévenir, car parmi les nouvelles contaminations, 70 % proviennent de personnes qui ne savent pas qu?elles sont porteuses du virus. Il faut non seulement informer, mais informer les personnes concernées. A Paris, l?épidémie reste concentrée à 90 % dans deux groupes : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, chez lesquels l?épidémie s?aggrave, et les populations migrantes. Ne pas le faire, c?est être irresponsable, c?est non-assistance à personne en danger.

Plus d?un an après la déclaration de Paris en partenariat avec ONUSIDA, Paris a pris le "leadership" des villes engagées autour de l?objectif d?éradiquer l?épidémie d?ici 2030, c?est-à-dire avec pour objectif moins de 200.000 nouveaux cas par an dans le monde. En février 2016, l?épidémiologiste France LERT, que je veux remercier, a rendu un rapport visant à permettre à Paris d?atteindre en 2020 l?objectif des "trois 90", c?est-à-dire 90 % de séropositifs dépistés, 90 % de dépistés mis sous traitement et 90 % des patients traités avec une charge virale indétectable.

L?association "Vers Paris sans Sida", que nous soutenons et pour laquelle nous voterons une subvention de 100.000 euros, présente un projet consistant à mettre en ?uvre la première phase des recommandations du rapport de France LERT. Cette première phase s?étend du 1er décembre 2016 au 31 juillet 2017, avec des priorités dans trois domaines : le doublement des capacités de dépistage communautaire associatif de V.I.H. par T.R.O.D., c?est-à-dire test de dépistage rapide du V.I.H. en direction des migrants à Paris ; deuxièmement, le soutien de la montée en charge des consultations PrEP, c?est-à-dire la prophylaxie pré-exposition, ces consultations se faisant en CeGIDD à Paris, dans les centres gratuits d?information et de dépistage, afin de proposer à une personne qui n?a pas le V.I.H. et qui est à haut risque de le contracter un traitement préventif, et notamment le Truvada ; et enfin, une large campagne de communication à Paris, comme celle que nous avons eue il y a quelques jours. Trois pistes qui j?espère nous permettront de gagner la bataille en 2020 contre le Sida, et pour cela, nous devons nous en donner tous les moyens. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame TAÏEB.

M. Hervé BÉGUÉ a la parole.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, il y a quelques jours, le 1er décembre, pour la 29e fois, nous nous sommes rassemblés pour la Journée mondiale contre le Sida, pour nous souvenir des disparus depuis le début de la pandémie dans les années 80. Nous nous sommes rassemblés pour aussi maintenir la vigilance, vigilance pour les soins, pour les dépistages, pour la prise en charge de celles et ceux qui sont confrontés au V.I.H., pour être toujours en pointe en matière de prévention, particulièrement en direction des populations les plus exposées.

Le bilan de l?année 2015, qui est le seul en notre possession, est toujours inquiétant : en France, 5,4 millions de dépistages et 6.000 personnes qui ont découvert leur séropositivité. 40 à 50 % sont homosexuels et 38 % sont issus de populations récemment arrivées sur le territoire français. Voilà pourquoi le Gouvernement et la Ville ont choisi de relancer une campagne d?information et de prévention ciblée en direction des personnes encore touchées par le Sida.

Nous attendions cette campagne depuis longtemps, et nous nous réjouissions de cette belle campagne efficace. Je dois avouer que je n?ai pas compris la levée de boucliers des élus de droite, qui se sont offusqués de cette campagne d?affichage. Elle est pourtant bien anodine et si le message est clair, l?illustration photographique n?est en rien provocatrice. Je n?ai pas entendu, sur ces mêmes rangs de la droite, une levée de boucliers ou la moindre remarque sur une publicité initiée par une marque de lingerie féminine qui a fleuri dans nos abribus. Je pensais que certains débats ou certaines polémiques étaient derrière nous, surtout quand il s?agit de questions de santé publique. La sur-réaction de ces élus est scandaleuse. Il s?agit de la santé de nos enfants, et je ne peux admettre que l?on renvoie ces personnes dans la clandestinité.

Les objectifs de "Vers Paris sans Sida" sont désormais partagés par 250 villes dans le monde. En lien avec ONUSIDA, elles se mobilisent autour de trois objectifs : doubler la capacité de dépistage, plus particulièrement en direction des migrants, soutenir la prise en charge de consultations et promouvoir la lutte contre le V.I.H. dans toutes les populations, et notamment les plus particulièrement concernées.

Je suis très heureux que nous décidions de cette subvention, qui permettra de conjuguer toutes les énergies pour combattre le Sida partout et faire que diminue le nombre d?infections, et à terme que nous puissions vivre dans une ville sans Sida. C?est cet objectif que nous soutenons, et tous les moyens sont bons, je dis bien "tous les moyens", y compris par affichage pour parvenir à l?éradication du Sida.

"Si s?aimer d?amour, c?est mourir d?aimer, sont mourus d?amour, Sida Sidannés, les damnés d'amour, à mourir d'aimer, ils sont morts d'amour, d'amour Sidanné." Voilà ce que chantait Barbara il y a plus de 30 ans. Faisons que ces vers, un jour, ne soient plus qu?un souvenir, et non une réalité. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Hervé BÉGUÉ, pour ces très belles paroles.

Madame Anne SOUYRIS, vous avez la parole.

Mme Anne SOUYRIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, je vais être moins poète qu?Hervé. Deux semaines après la Journée mondiale de lutte contre le Sida, notre Conseil marque officiellement les grands débuts de "Paris sans Sida". Bras armé de Paris dans l?éradication de l?épidémie, parce que c?est possible, l?association "Vers Paris sans Sida" a besoin d?un financement public pour amorcer sa stratégie et lancer une campagne de sensibilisation. Je rappelle par ailleurs que l?association a pour mission de réunir des fonds publics et privés.

Concernant ladite campagne, notre groupe espère que les puritains de tous bords auront le bon goût de ne pas vouloir la faire interdire, comme cela a été le cas il y a quelques semaines avec les affiches du Ministère de la Santé, car au-delà du caractère insultant des outrages homophobes venus d?une partie de la droite et de l?extrême-droite, il faut rappeler l?utilité, et même la nécessité de telles campagnes. Nous sommes en effet aujourd?hui près d?un but qui paraissait impensable voilà encore quelques années : l?éradication de l?épidémie d?ici 2030. Pour cela, encore faut-il pouvoir sensibiliser un public qui s?ignore, des personnes vivant avec le V.I.H., mais qui ne le savent pas. C?est toute l?ambition de l?objectif des "90-90-90" d?ONUSIDA, programme des Nations Unies dédié à la lutte contre la pandémie : 90 % des personnes vivant avec le V.I.H. connaissent leur statut sérologique, 90 % des personnes infectées par le V.I.H. et dépistées reçoivent un traitement durable, et 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont un taux de virus dans le sang durablement diminué, le tout d?ici 2020.

La stratégie de "Vers Paris sans Sida" adhère à cet objectif. Le Sida se combat par la recherche, mais il se combat aussi par la politique. Constitué en cause exceptionnelle au cours des années 90, le Sida est aujourd?hui moins présent dans l?espace public, parfois laissé à ses spécialistes. Il nous faut renverser cette tendance, faire prendre conscience aux publics ciblés qu?ils doivent se faire dépister, et alors nous aurons peut-être la chance d?aboutir à un Paris sans Sida.

Notre groupe votera donc favorablement ce projet de délibération.

Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, beaucoup, Madame la Présidente.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, bien sûr, je voterai également pour ce projet de délibération, car nous savons que l?on peut avoir un monde sans Sida. On peut faire disparaître le Sida, c?est possible, sans vaccin, grâce aux traitements, mais il faut de l?argent pour que tout le monde ait accès aux traitements. Et d?ailleurs, en ce moment, sachez qu?il y a environ 3.200 personnes qui meurent chaque jour du Sida dans le monde, tout simplement par manque de volonté politique.

En France, on n'a pas d'excuses, parce qu'on a la Sécurité sociale. Et en France, cet héritage de 1945 peut permettre que tout le monde ait droit aux traitements. Pourtant cela ne suffit pas, il y a besoin de faire bien d'autres actions.

Comme le projet de délibération le rappelle, l'épidémie reste concentrée dans deux groupes. Un groupe qui concerne 38 % de migrants, et donc il y a besoin d'actions spécifiques, et depuis de nombreuses années la Ville soutient les actions spécifiques en direction de ces publics. Dans le projet de délibération, le projet de l'association "Vers Paris sans Sida" vise aussi à travailler avec ces publics.

Là-dessus je voudrais dénoncer avec vigueur une des conséquences indirectes de la mesure de Mme PÉCRESSE, quand elle refuse toute aide aux personnes sans papiers concernant les transports. Comprenez que dans les conséquences indirectes d'une telle disposition, il y a aussi notamment l'accès aux soins, l'accès à des actions de prévention, et on voit bien toute l'aberration de mesures discriminatoires comme cela.

Le deuxième groupe, il est écrit dans le projet de délibération, 50 % sont des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et évidemment comme mes collègues l'ont rappelé, les affiches montrant des homosexuels 200 fois plus fragiles que les personnes hétérosexuelles face à l'épidémie du Sida et au risque de transmission, eh bien ces affiches menées par le Ministère, par le Gouvernement étaient nécessaires.

Je suis comme mes chers collègues, non seulement choquée mais aussi scandalisée par la réaction d'un certain nombre de maires, et je voudrais vous citer une phrase hallucinante de l'indignation des associations familiales catholiques, on en parlera tout à l'heure, qui gèrent notamment certaines crèches municipales parisiennes que nous finançons.

Les associations familiales catholiques demandaient aux maires de retirer ces affiches et déclaraient "On se voit obligé de parler homosexualité en famille".

Wouah? Wouah? Oui, ces affiches, il faut vraiment continuer à les coller et j'espère que le projet de délibération que nous allons voter permettra aussi de redoubler les campagnes de sensibilisation et ce type d'affiches qui auront pour conséquence indirecte que l'on parle de l'homosexualité en famille.

Quelle émancipation pour toutes et tous que l'on parle enfin de l'ensemble des sexualités en famille, pour le droit d'aimer de toutes les façons possibles.

Mes chers collègues, oui, quelle honte pour ces maires d'Aulnay, d'Angers, qui ont interdit ces affiches, qui ont d'emblée été remplacées par des publicités sexistes d'Uber, vous imaginez la provocation, qui posaient bien plus de problèmes de débat en famille, parce qu'on voyait des femmes réduites à de purs objets.

Pour terminer, je voudrais dire que ce projet de délibération, le seul regret que j'ai, c'est que dans ce projet que je soutiens totalement de l'association "Vers Paris sans Sida", du fait sans doute d'une insuffisance de moyens alloués par les pouvoirs publics à tous les niveaux, la structure doit reposer en partie sur des dons privés.

Cette recherche d'argent privé pour pouvoir mener l'ensemble de ces actions de communication, alors que j'estime que sur un enjeu aussi majeur de santé publique, on devrait être capable d'assumer un financement 100 % public pour atteindre ces objectifs.

Vous l'aurez compris, cela n'est pas une critique sur le projet de délibération mais plus globalement sur l'insuffisance des moyens que nous allouons à la santé pour l'ensemble de nos objectifs.

J'espère, mes chers collègues, que nous serons unanimes dans ce Conseil pour adopter ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame SIMONNET.

Je suis saisi d'une demande d'intervention du groupe les Républicains.

Monsieur BOURNAZEL, vous avez la parole.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais simplement vous dire que la lutte contre le Sida n'est pas une cause de gauche ou de droite, mais une cause républicaine, et je crois que dans l'histoire, depuis maintenant plus d'une trentaine d'années, la droite et le centre ont montré avec force et courage qu'ils étaient capables de se battre.

La première Ministre de la Santé qui a fait de la lutte contre le Sida une grande cause nationale, c'est Mme Michèle BARZACH, Ministre de la Santé de M. CHIRAC. Je ne reviendrai pas en arrière sur ce qu'il s'est passé avant 1986, ce n'est pas le lieu, mais cela donnerait un peu plus de modestie à certains avant de s'exprimer.

La pénalisation des propos homophobes, c'est un gouvernement de droite, Jean-Pierre RAFFARIN, et Mme GUEDJ qui était Secrétaire d'Etat, qui ont mis dans la loi la condamnation des propos homophobes, et pas la gauche.

Je suis obligé de le rappeler, parce que je n'aime pas cette manière de s'approprier des causes qui transcendent les clivages politiques, et il y a des imbéciles sur tous les bancs à gauche et à droite.

Je voudrais ajouter une chose, il y a des gens de droite qui sont largement majoritaires, qui assument tout à fait la campagne d'affichage. Il n'y a pas de problème sur cette campagne d'affichage. On ne peut pas prendre l'exemple de deux maires qui disent ce qu'ils veulent et en faire une généralité.

Je rappelle que notre collègue Dominique STOPPA-LYONNET siège au Conseil d'administration de "Vers Paris sans Sida", et que la Région Ile-de-France, pilotée par Valérie PÉCRESSE, mène une grande campagne contre le Sida. Elle soutient toutes les associations de lutte contre le Sida et fait de cette cause une cause d'intérêt général et pas politicienne.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Parfait. Merci beaucoup, Monsieur BOURNAZEL. Pour répondre à ces interventions, la parole est à Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais remercier l'ensemble de mes collègues, mêmes ceux qui n'étaient pas inscrits, qui ont estimé nécessaire de s'exprimer sur ce projet de délibération. Je crois qu'effectivement, on a adopté à l'unanimité de ce Conseil, il y a à peu près un an, le rapport et la stratégie "Vers Paris sans Sida".

Là on entre dans le vif du sujet avec ce projet de délibération, puisqu'une coordonnatrice a été recrutée, un comité stratégique est en place et travaille à mettre en ?uvre les 60 recommandations du rapport "Vers Paris sans Sida" de France LERT et le fonds "Vers Paris sans Sida" a été créé pour récolter les fonds publics et privés. Je partage assez ce qu'a dit Danielle SIMONNET.

Il faut aussi mettre tout le monde autour de la table et vu l'importance du combat, vu les besoins de financement, tout le monde est le bienvenu pour participer à ce financement.

L'association le fonds "Vers Paris sans Sida" a été créée le 21 octobre. Un certain nombre de membres du Conseil de Paris sont membres du Conseil d'administration du Fonds. Créé le 21 octobre en cette fin d'année, il aura déjà réuni environ 600.000 euros de fonds privés.

Aujourd'hui, il vous est proposé d'apporter un apport de 100.000 euros. Pour quoi faire ? Les trois premières actions mises en ?uvre sont premièrement, le doublement d'ici juin 2017 de la capacité de dépistage envers les publics originaires d'Afrique subsaharienne. Pas tant des migrants, quand on a habité l'Afrique subsaharienne, qu'on habite en Europe, on a migré un moment, mais la migration peut être ancienne, mais ce sont des personnes originaires de l'Afrique subsaharienne qui sont particulièrement touchées par le V.I.H. et auprès desquelles il faut intensifier l'effort de dépistage.

Deuxièmement, nous allons contribuer à la création des consultations "Prep", qui s'adressent plus à un public d'hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, et nous allons financer 11 consultations hebdomadaires qui permettront de prendre en charge 1.000 personnes en plus à Paris dans les mois à venir.

Troisièmement, nous allons renouveler la campagne de santé publique France que nous avons soutenue. Nous l'avons d'ailleurs étendue, suite à une décision de la Maire de Paris, sur les supports numériques de la Ville, jusqu'au 9 décembre, alors que la campagne nationale s'arrêtait le 1er ou le 2 décembre. Dans quelques mois, nous reprendrons une campagne de communication pour adresser le message de la prévention diversifiée à ceux qui sont touchés particulièrement dans notre ville : les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, les personnes d'origine subsaharienne, les personnes transgenres, et les travailleuses du sexe.

Oui, pour réussir la lutte contre le V.I.H, il faut mettre fin aux discriminations et aux stigmatisations. C'est le message politique essentiel. En santé publique, on ne peut pas toucher une population si on ne la reconnaît pas pour ce qu'elle est, si on ne l'accepte pas comme elle est sans jugement, et si on ne met pas en place les actions de prévention et de dépistage adaptées à cette population. C'est ce que nous ferons.

Plusieurs orateurs ont souligné que quelques personnes, isolées, certes, toutes proches de l'opposition municipale, mais qui sont très isolées malgré tout, il faut le reconnaître, ont cru utile de partir en guerre contre cet affichage. Qu'il y ait, dans un mouvement politique, des personnes qui n'admettent pas que l'on voie deux hommes s?enlacer sur les murs de la Ville, c'est-à-dire qui ne supportent pas la vision de sexualités diverses, est tout à fait regrettable. Je crois qu'il faut qu'ensemble, on soit très clair et qu?on porte un message déterminé. J'attends, pour ma part, à partir de ces principes, que la Région qui a pris des engagements de principe entre maintenant dans le vif du sujet et adopte un propre programme qui porte la lutte contre les discriminations pour pouvoir mettre fin à l'épidémie de V.I.H.

Je conclurai en un mot en disant qu'à Paris, environ 4.000 personnes sont séropositives sans le savoir et que tout l'enjeu est de trouver ces 4.000 personnes parce que, quand nous aurons réussi à les dépister et rapidement, nous pourrons les prendre en charge, elles ne contamineront plus personne et nous vaincrons l'épidémie de V.I.H. Encore une fois, pour arriver à les toucher, il faut les reconnaître et les reconnaître pour ce qu'elles sont. C?est un message de ville inclusive que nous portons et nous en sommes fiers.

Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Bernard JOMIER.

Merci à tous pour ce débat de bonne qualité.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 457 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2016, DASES 457 G).