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Decembre 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la sécurité et à la tranquillité publique Place de la Chapelle.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 55 est relatif à la sécurité et la tranquillité publique place de La Chapelle.

Je donne la parole à M. HONORÉ, pour deux minutes maximum.

M. Christian HONORÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce qu'il se passe place de La Chapelle est un véritable scandale. Nous ne cessons de le dénoncer avec Pierre-Yves BOURNAZEL.

De quoi s'agit-il ? Il s'agit que le domaine public est occupé par des vendeurs à la sauvette, des trafics qui altèrent considérablement la vie des riverains. Depuis des mois, nous soutenons les habitants qui demandent par lettre, par pétition, que le calme et la tranquillité publics soient rétablis dans le secteur. Les habitants se mobilisent et font des propositions d'aménagement urbain pour que, justement, le domaine public soit réapproprié par ceux à qui il appartient, c'est-à-dire les habitants et les riverains.

C'est la raison pour laquelle nous vous proposons, avec Pierre-Yves BOURNAZEL, ce v?u qui est de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la tranquillité publiques place de La Chapelle, de donner des informations sur les résultats des actions de la police, en particulier sur la remontée des filières et, enfin, de mener des actions en lien avec les habitants et d'étudier la faisabilité des propositions et projets d'aménagement urbain destinés à la réappropriation par les habitants de l'espace public.

Je voudrais insister sur le fait qu'il y a une véritable exaspération qui est en train de naître dans ce quartier. Les gens en ont assez de vivre ce qu'ils vivent. Ce n'est pas supportable. Nous appelons solennellement la Maire de Paris et le Préfet de police à prendre leurs responsabilités pour amener le calme et la tranquillité publics dans ce quartier. Il est inadmissible qu'aujourd'hui encore, des gens se plaignent de ne pas pouvoir vivre dignement et normalement dans leur quartier. Voilà, Madame la Maire et Monsieur le Préfet, ce que je voulais vous dire au nom des tous les habitants du quartier avec Pierre-Yves BOURNAZEL. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur HONORÉ.

J'ai une demande de prise de parole du maire d'arrondissement, M. LEJOINDRE, avant la réponse de l'Exécutif normalement, selon le règlement de notre Conseil.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Chers collègues, quelques mots sur la situation de la place de La Chapelle que je connais bien, d?abord, pour y habiter, et, ensuite, pour avoir beaucoup vu, et notamment la semaine dernière, un certain nombre d'habitants auprès desquels j'ai pu revenir sur la faisabilité d'un certain nombre de propositions qu?ils avaient faites et que, bien sûr, nous accompagnons, parce que la situation de la place de La Chapelle, la place de La Chapelle en général, comme d'ailleurs les hôpitaux du 18e qui font face à une difficulté d'occupation de l'espace public, sont bien sûr au c?ur de nos préoccupations depuis de nombreux mois. J'ai pu, notamment, annoncer aux habitants qui, eux, le savent, que nous allons, par exemple, dès le mois de janvier prochain, revoir l'éclairage et que nous travaillons sur l'aménagement de la place et de la promenade urbaine sur laquelle nous nous sommes engagés avec Rémi FÉRAUD il y a maintenant deux ans, et nous avançons puisque, dès le 15 décembre prochain, une réunion est organisée pour justement en parler.

Les habitants se sont, d'ailleurs, eux-mêmes mobilisés, permettant au projet qui s?appelle "Oasis urbaine", qui est un projet de réaménagement total de la place de La Chapelle, d'être voté dans le cadre du budget participatif. Oui, bien sûr, des difficultés continuent d'exister à la place de La Chapelle. Nous en parlons quasiment hebdomadairement avec la commissaire et même directement avec le Préfet. Moi, je veux saluer la présence supplémentaire accrue de policiers, de plus en plus fréquents à cet endroit.

Je veux saluer le travail qui est fait par la DPSP en lien avec la Préfecture de police pour améliorer encore l?efficacité de nos interventions. Cela reste un défi à relever, mais je dois remarquer que, contrairement à ce que disait mon collègue HONORÉ, la Préfecture de police comme la Ville de Paris sont pleinement engagées sur ce sujet. S?il y avait des solutions évidentes et simples, cela fait un certain temps qu?on les aurait trouvées. Le problème est beaucoup plus complexe que ce que vous voulez bien en faire croire. Il ne suffit pas d?incantations, ce dont nous avons besoin, c?est d?actions, ce dont les habitants de la Chapelle ont besoin, c?est d?actions et ils peuvent compter sur nous pour les mener.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

La parole est à Mme BROSSEL pour répondre à ces interventions.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, ce sera surtout en complément de ce que vient de dire le Maire du 18e.

La récurrence des v?ux, Monsieur HONORÉ, ne crée pas l?action. La récurrence des v?ux ne crée pas l?engagement. La récurrence des v?ux ne crée pas le début des solutions. Vous pourrez déposer, sur chacune des rues du 18e arrondissement, à chacun de nos Conseils, des v?ux sur le sujet, ce n?est pas cela qui fera la réalité de nos engagements et de nos actions.

Nous sommes en effet face à un sujet extrêmement complexe. C?est d?ailleurs sa complexité qui fait qu?à la Préfecture de police - je laisserai Serge BOULANGER le dire - et à la Ville de Paris, nous avons accru les moyens qui sont aujourd?hui présents et mis à disposition de la mairie d?arrondissement mais aussi et surtout des habitants de la place de la Chapelle pour pouvoir essayer, améliorer au fur et à mesure, avec une coordination assurée tous les quinze jours par le directeur de cabinet du Préfet de police sur ces questions de vente à la sauvette.

Notre engagement est total. Je le redis ici comme je l?ai déjà dit dans des séances précédentes, je sais que nous allons y arriver. Nous y sommes déjà arrivés à la porte de Montreuil. Ce fut long, difficile, compliqué. Frédérique CALANDRA n?est pas là mais elle pourrait témoigner du fait que cela a été long, difficile et compliqué, mais nous y sommes arrivés et nous y arriverons place de la Chapelle, comme dans le 20e arrondissement. Et nous y arriverons aussi avec l?engagement des habitants. Il y a des projets de promenades urbaines. Il y a une réunion d?ailleurs le 15 décembre. Il y a l?oasis urbaine, un projet retenu au budget participatif de 2016. Voilà, il y a un engagement de tous et aussi et surtout des habitants. C?est comme cela que nous allons avancer. Mais ce n?est pas parce que vous déposerez à chaque séance un v?u que cela minimisera notre engagement et notre volonté d?y arriver.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BROSSEL.

Monsieur le Représentant du Préfet de police ?

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je m?inscrirai dans le prolongement de ce qu?a dit le maire du 18e et Mme BROSSEL, dans la mesure où, sur ce sujet particulier que nous abordons à chacun des Conseils de Paris que sont les ventes à la sauvette, cela illustre réellement la notion de coproduction, non pas uniquement sur le plan de la sécurité, mais aussi de tranquillité publique, d?occupation d?espaces publics. Nous avons dans ce domaine une action tout à fait particulière et sans failles.

Nous avons une réunion tous les quinze jours du comité de pilotage qui associe l?ensemble des acteurs. On ne peut que se féliciter, même si le défi reste à relever encore, même s?il y a encore de nombreuses choses à faire, nous n?avons qu?à nous féliciter de pouvoir à chaque comité de pilotage cranter des opérations qui sont réalisées dans l?espace public, qui est reconquis et avec une action de l?ensemble des acteurs, y compris les opérateurs de transports publics que l?on a d?ailleurs évoqués sur un autre sujet.

A chaque fois, il m?est nécessaire de rappeler quand même que, contrairement à ce qui peut être dit, personne ne reste l?arme au pied dans ce sujet difficile, auquel nous sommes confrontés, et qui nécessitera encore des semaines et des mois d?action collective.

Sur le 18e arrondissement, c?est près de 13.000 procédures simplifiées et 344 tonnes de marchandises qui ont été saisies. Pour le secteur évoqué par le Conseiller, M. BOURNAZEL, sur le secteur de la Chapelle, depuis le mois d?août simplement, ce sont 70 procédures qui ont été réalisées de manière simplifiée et 1,2 tonne de produits qui a été saisie.

Je voudrais dire également que la D.R.P.P. mène une action avec les autres services spécialisés sur ce qui concerne les filières, et notamment toutes les filières d?approvisionnement de ces ventes à la sauvette, et 63 arrestations ont été réalisées ces dernières semaines concernant ce secteur de la Chapelle avec des produits qui concernent les cigarettes et autres marchandises.

Enfin, le groupe d?intervention régional, qui est une structure dédiée mixte en termes de police, gendarmerie et de services d?enquêtes, travaille là aussi sur le secteur de la Chapelle pour éradiquer au plus vite ces ventes. On a bien conscience des nuisances que cela peut générer pour les riverains, mais trois filières ont déjà été identifiées ces dernières semaines.

En tout cas, soyez assurés de la détermination de la Préfecture de police à participer avec la Mairie de Paris et le Maire du 18e à ce groupe de pilotage et à pouvoir, jusqu?à éradication totale du phénomène, mener son action sur ce secteur particulier de la Chapelle.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet de police.

Je soumets aux voix ce v?u n° 55 avec un avis défavorable de l?Exécutif, en demandant aux Conseillers de Paris qui viennent d?arriver petit à petit de se réveiller en silence.

Je donne la parole pour une explication de vote à M. Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - Merci.

Deux choses, la première est que la droite du 18e s?est véritablement spécialisée dans le dénigrement, en multipliant des v?ux de type "Fox News" et on a vraiment l?impression de vivre? Je passe tout le temps dans ces quartiers et c?est toujours le côté noir des choses, il n?y a jamais rien de positif.

C?est absolument incroyable et je ne comprends pas pourquoi ils font cela. Est-ce qu?ils espèrent quelque chose au plan électoral ? Je n?en suis pas vraiment sûr, d?autant que nous ne nions pas la réalité des choses. Et je m?associe à la réponse qu?a fait le Maire du 18e, en précisant tout de même qu?en ce qui concerne les marchés à la sauvette, nous demandons depuis longtemps que d?autres carrés des biffins ouvrent sur d?autres modes. Tant que l?on ne régulera pas la misère, eh bien, elle continuera de s?imposer un peu partout de manière non réglementée.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - C?est une minute pour une explication de vote.

M. Pascal JULIEN. - Donc, vous avez compris que l?on votera contre et que l?on a des propositions à faire. Merci.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULIEN.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.