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Decembre 2016
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2016 DU 36 - DDCT - Signature du protocole de préfiguration du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (N.P.N.R.U.) parisien (13e, 18e, 19e et 20e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DU 36 - DDCT et à l?amendement technique n° 104 qui est rattaché.

Je donne la parole à Danièle PREMEL, Galla BRIDIER et Danielle SIMONNET.

Danièle PREMEL ?

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, ce projet de délibération s'inscrit dans toute une histoire. Déjà, en 2011, au moment du lancement du deuxième Programme national de renouvellement urbain, le Conseil économique et social, dans un rapport, écrivait : "Ce nouveau programme doit être l'occasion de rectifier les insuffisances qui ont pu apparaître dans la mise en ?uvre du P.N.R.U. pour coupler davantage et de manière plus efficace les opérations de rénovation urbaine et celles visant au désenclavement des quartiers. Elles doivent également et impérativement être mieux reliées aux actions menées sur le terrain dans le domaine social, l'accompagnement humain et la gestion urbaine de proximité."

Relisons à l'aune de ces alertes le protocole de préfiguration de ce nouveau programme national de renouvellement urbain qui vise pour et par les populations l'amélioration des conditions de vie des habitants, la mixité sociale, la requalification du tissu urbain, la présence des services et équipements publics, le soutien du commerce de proximité et la création d'activités.

Une fois de plus, nous voyons bien que la volonté politique, si elle veut transformer le réel en améliorant profondément les quartiers prioritaires de la politique de la Ville et en agissant sur les dysfonctionnements urbains les plus importants, ne peut pas s'en remettre au marché, ni au privé, mais bien à des investissements et à des interventions publiques fortes.

Aujourd'hui, le projet de délibération ne porte pas sur la phase opérationnelle mais sur le financement de 28 études et sur les moyens d'ingénierie comme les postes de chef de projets urbains et "politique de la ville".

Dans le cadre de ce protocole d'accord d'Etat, la Caisse des dépôts et consignations et l'A.N.R.U. amènent un financement d'un peu plus de 1,5 million d'euros équivalents à 50 % des coûts.

Je ne vais pas développer les cinq secteurs retenus par l'A.N.R.U. pour Paris mais souligner ce qui pour nous est à souligner ou à questionner. Que ce soit une opération ambitieuse de démolition-reconstruction, comme à la porte de Bagnolet, porte de Montreuil dans le 20e, que ce soit une opération où l'accent sera mis sur le fonctionnement et l'articulation avec la Z.A.C. "Paris rive gauche" d'usage, comme à Bédier-Oudiné dans le 13e, que ce soit une opération qui concerne les problématiques d'usage des espaces collectifs et une meilleure insertion urbaine des ensembles d'habitat récents, comme à la Goutte-d'Or dans le 18e, que ce soit une opération de désenclavement de grands ensembles isolés comprenant 7.200 logements dont 89 % de logements sociaux, comme les quartiers porte Montmartre, des Poissonniers et Moskova et porte de la Chapelle-Charles Hermite, que ce soit une opération portant sur la clarification de la nature et des usages des espaces publics et privés, de leur bon fonctionnement et de l'ouverture du site à la vie du quartier, comme aux Orgues de Flandre, quartier Stalingrad-Riquet dans le 19e.

L'accent est toujours mis, au-delà de l'aspect technique et purement d'aménagement de ces opérations, sur la dimension intégrée dans le projet de l'usage de l'espace public et de sa cohérence avec les objectifs de la politique de la Ville. Amélioration et diversification de l'habitat, mixité sociale, diversification des fonctions des territoires, développement économique et emploi local, ouverture du quartier, mobilité des habitants, requalification de l'espace public et dimension métropolitaine, dans la mesure où trois quartiers sont en interface avec les communes limitrophes.

Quelle belle ambition, dans le discours, il est même souligné que l'ensemble de ces objectifs devra être nourri par une concertation continue avec les habitants, les acteurs, les gestionnaires, comme les usagers du quartier. Que ces choses-là sont bien dites !

Au moment où l'on ferme les bureaux de poste de quartier, y compris dans les territoires "politique de la ville" comme à Tristan Tzara dans le 18e arrondissement, qu'on diminue le service des bus traverses, qu'on ne réunit pas le comité d'organisation de concertation de Paris Nord-Est élargi, que la Préfecture donne une nouvelle règle aux ateliers linguistiques qui excluent des populations qui manifestent leur désir d'apprentissage de la langue française, que l'Etat modifie le calcul de l'A.P.L. par lequel 600 et 800 ménages parisiens risquent une procédure d'expulsion locative.

Alors, soyons vigilants et mobilisés pour que ce nouveau programme respecte ses bonnes intentions et ses objectifs, car si nous ne sommes pas attentifs, notamment sur la place des populations et la prise en compte de leur parole, nous ferons peut-être de la rénovation, mais sans âme et sans respecter ni les habitants, ni leurs besoins. C'est cet engagement que nous devrons prendre en votant ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Madame Galla BRIDIER, vous avez la parole.

Mme Galla BRIDIER. - Merci, Monsieur le Maire.

Quelques mots pour vous exprimer notre satisfaction de voir plusieurs sites parisiens retenus dans le cadre de ce nouveau Programme national de renouvellement urbain.

Cela va permettre de poursuivre la transformation en profondeur de certains de nos quartiers, qui connaissent de grandes difficultés urbaines et sociales.

Je m'inscris grandement dans l'ensemble des propos qui ont été tenus à l'instant par ma collègue Danièle PREMEL, je reviendrai sur seulement quelques points. Je voudrais souligner que les performances environnementales et énergétiques ont une vraie place dans ce protocole et je m'en félicite. De même, ce n'est pas mentionné dans les priorités transversales à tous les projets, mais il serait très important que l'éducation soit identifiée comme un enjeu majeur de ce protocole. Elle aurait peut-être mérité une place encore plus grande.

Par ailleurs, l'amélioration de l'attractivité des établissements scolaires est une question très importante à laquelle les écologistes sont très attentifs, et je n'ai pas vu grand-chose non plus concernant la mise en place d'une dynamique culturelle dans ces quartiers, cela me paraît pourtant un enjeu très important. Nous devons avoir cette réflexion.

Vous l'aurez compris, pour nous l'amélioration de la qualité de vie des quartiers parisiens ne saurait se cantonner à une rénovation strictement urbaine. Nous alertons depuis longtemps sur l'idée tronquée selon laquelle pour changer la vie des gens, il suffit de changer le bâti.

Pour aller plus loin, les études lancées par ce projet de délibération devront elles aussi intégrer ces dimensions à leur réflexion, car la liste des études prévues et annexées à ce projet de délibération montre qu'elles seront pour la plus grande majorité des études urbaines d'impact environnemental ou de développement économique.

Je retiens tout de même l'étude sur la préfiguration d'un chantier d'auto- réhabilitation de logements dans le patrimoine diffus des bailleurs dans le quartier de la Goutte d'Or et celle sur les usages des services publics et collectifs sur le quartier Bédier-Oudiné.

Pour conclure, vous l'aurez compris, je me réjouis que ce protocole ne reste pas cantonné uniquement à l'urbain et au bâti de manière stricte en intégrant à la réflexion un panorama large de thématiques et de sujets. Pour autant, le défi consiste à développer une approche intégrée de l'humain et de l'urbain, pour résoudre les difficultés sociales, éducatives, d'emploi auxquelles sont confrontés les habitants de ces quartiers. Ensuite, il est essentiel qu'une dynamique avec les habitants soit lancée, concrétisons-la avec les habitant de ces quartiers dans une démarche de co-construction tout aussi ambitieuse que le présent protocole.

Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Jacques BAUDRIER pour vous répondre.

M. Jacques BAUDRIER. - Merci pour ces interventions.

Je voudrais, Madame BRIDIER, m'associer à votre satisfaction du fait que 5 quartiers parisiens aient été retenus dans le cadre de ce nouveau Programme national de renouvellement urbain, lors de cette sélection qui a été effectuée fin 2014-début 2015, car cela n'allait absolument pas de soi. Je voudrais vous dire que j?ai été très heureux de ce résultat sur lequel nous avons travaillé au quotidien avec Colombe BROSSEL.

Cela s'inscrit dans la démarche du grand projet de renouvellement urbain parisien qui associe, de façon impérative, l'urbain et le social. C'est bien un projet de délibération que nous portons ensemble et avec les deux aspects intimement liés.

Cela n'allait pas de soi puisque l'on nous disait auparavant qu'il aurait été possible qu'aucun quartier parisien ne soit retenu. Comme les sélections ont lieu une fois tous les 10 ans, c'est un fait qu?il faut noter. Ce projet de délibération est très important puisque c?est celui qui nous permet d'acter la signature avec l'A.N.R.U. du protocole de préfiguration pour lancer toutes les études sur ces 5 sites. C'est un des deux grands moments qui fait suite à notre audition dans le cadre du Comité d'engagement de l'A.N.R.U., début septembre, qui a permis de valider et de faire converger toutes nos démarches avec l'ensemble des acteurs du N.P.N.R.U. Cela nous permet de valider un programme de travail et d'études qui vont, au cours d'une période de 18 mois, nous permettre d'aboutir à des projets urbains stabilisés et de signer ensuite des conventions d'aménagement dans le courant de l'année 2018.

Je tiens à vous signaler que les questions scolaires et culturelles sont vraiment au c?ur de ces projets. Pour déjà avoir animé un certain nombre de réunions publiques, je peux vous dire que, dans le secteur Python-Duvernois dans le 20e arrondissement, c'est la question scolaire qui est vraiment au c?ur. Dans le quartier Bédier, l?école Franc Nohain est une question centrale dans l'aménagement du quartier et du réaménagement d?école. Dans tout le secteur du Nord du 18e arrondissement, le collège Utrillo et son réaménagement constitue aussi un enjeu essentiel. Les questions scolaires comme les questions culturelles - nous étions au centre musical Barbara dans le 18e pour la réunion publique, il y a quelques semaines, sur le quartier Goutte-d'Or - sont vraiment au c?ur de nos préoccupations et des échanges que nous avons dès maintenant avec la population. Donc n'ayez aucune inquiétude de ce point de vue.

Je puis répondre à Danièle PREMEL que nous sommes vigilants et mobilisés et que les habitants sont nombreux à travailler dans le cadre des réunions publiques animées par les maires d'arrondissement, par Colombe BROSSEL et moi-même, au quotidien, sur l?ensemble de ces secteur, sont également très mobilisés. Nous avons d'ailleurs, dans les prochains jours, le résultat d'une concertation exemplaire qui a été engagée sur le secteur Chevaleret-Oudiné dans le 13e arrondissement. Je crois qu?il fera date en termes d?exemple de concertation et d'implication des habitants, dans le choix urbain et dans le projet urbain qui va être retenu.

Je vous appelle donc à voter ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets tout d'abord aux voix, à main levée, l'amendement technique n° 104.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement technique n° 104 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 36 - DDCT ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2016, DU 36 - DDCT).