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Decembre 2016
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relatif au C.M.A.I. (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame FANFANT, vous pouvez reprendre votre intervention au début.

Mme Nathalie FANFANT. - Merci.

J'ose espérer que nos collègues socialistes ne vont pas préparer un bûcher pour me mettre dessus parce que je leur signale que je viens d'une commune qui s'appelle le Saint-Esprit et que je suis une demoiselle Sainte-Rose. Cela, c'est pour l'attaque sur la crèche.

Bon, on en revient au C.M.A.I. Je disais qu?on en arrive au top de l?incohérence de l?Exécutif parisien qui, il y a un an, a fait voter un v?u très particulier, posant la solidarité de la Ville de Paris avec les Outre-mer et demandant, quasiment intimant l?ordre au Gouvernement de tenir compte des spécificités des territoires d?Outre-mer pour sa loi sur l?égalité dont chacun sait que c?est une vaste fumisterie.

Puis aujourd?hui nous apprenons que la Ville de Paris veut fermer le centre municipal d?accueil et d?information, qui est un établissement qui a pour objet depuis bientôt quarante ans, mais peut-être qu?ils veulent le fermer parce que c?est la droite qui l?a ouvert, de s?occuper des ultramarins qui arrivent à Paris, en leur proposant des services aussi bien sociaux que juridiques, pour l?aide à la recherche de logement, etc.

Moi, je voudrais savoir pourquoi aujourd?hui la Ville de Paris veut fermer cet établissement, d?autant plus que dix agents de la Ville de Paris ne savent pas ce que l?on va faire d?eux. Au départ, ils étaient vingt mais ils ne sont là plus que dix. C?est quelque chose qui est préparé depuis un moment.

La première question : qu?est-ce qu?on fait des agents qui ne demandent aucune information sur leur devenir ? Deuxièmement, qu?est-ce que la Ville de Paris compte faire pour les ultramarins ? Je rappelle qu?il y en a largement plus de 200.000 dans Paris.

Vous étiez bien contents de les trouver pour voter pour vous pour les municipales, et aujourd?hui vous voulez fermer le seul service qui leur est spécifiquement dédié. A quoi ils ont droit aujourd?hui en tant que citoyens parisiens, n?est-ce pas, à part rien ? Après avoir clamé une grande solidarité pour les ultramarins. La solidarité, c?est bien quand c?est chez les autres à 7.000 kilomètres?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Il faut conclure.

Mme Nathalie FANFANT. - Mais dans Paris, cela ne marche plus !

Maintenant je voudrais qu?on nous donne? Et je vais prendre à témoin tous les ultramarins de Paris et ceux de la Région parisienne et de la France entière, ce qui fait un million de personnes, pour demander ce que la Ville de Paris compte faire du C.M.A.I. DOM-TOM au bout de quarante ans.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame FANFANT, s?il vous plait, il faut conclure.

Mme Nathalie FANFANT. - Cela vous embête que ce soit la droite qui l?ait ouvert. Eh bien, répondez maintenant !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je ne suis pas sûr qu?on ait quitté le sujet, là.

La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Certes pas, Monsieur le Maire.

Contrairement à ce que sous-entend ce v?u et ce que je vous ai fait savoir, Madame FANFANT, la Ville n?a aucune intention de se défaire de sa mission d?accueil social dédié aux Parisiens ultramarins ou aux ultramarins arrivant dans la Capitale, notamment par l?intermédiaire du centre municipal d?accueil et d?information des Outre-mer, puisque c?est l?objet de ce v?u.

Le maintien en l?état du C.M.A.I. est de plus en plus ténu, notamment en raison de sa très faible fréquentation, actuellement moins de cinq personnes par jour en moyenne, avec une part majoritaire de Franciliens, Paris étant la seule collectivité territoriale francilienne à disposer d?une telle structure. Par ailleurs, depuis 2001, le service social de proximité n?a cessé de se développer dans les arrondissements, ce qui affaiblit d?autant la fréquentation du C.M.A.I.

Deux rapports de l?Inspection générale ont, en 2002 puis en 2010, pointé la nécessité de faire évoluer de manière conséquente le C.M.A.I. ; un proposait d?ailleurs sa fermeture. Nous proposons plutôt aujourd?hui de repenser la mission de service public à vocation sociale remplie par le C.M.A.I., afin de l?adapter à la réalité des besoins et de mutualiser ses actions avec celles, identiques, menées par le secteur social associatif ultramarin. Je pense notamment au Centre d?action sociale en faveur des originaires des départements d?Outre-mer, C.A.S.O.D.O.M., principale association d?Ile-de-France à vocation sociale agissant pour les ultramarins. C?est en lien étroit avec le C.M.A.I. depuis plus de vingt ans que le C.A.S.O.D.O.M. rend les mêmes missions d?accueil.

L?ensemble des dispositions, sur lesquelles nous sommes en train de travailler avec le C.A.S.O.D.O.M., seront présentées au Conseil de Paris de janvier prochain, avec un projet de délibération ad hoc. Comme le proposait la présidente de la 2e Commission, Fadila MÉHAL, le délégué à l?Outre-mer fera les présentations de ces dispositions lors d?une prochaine 2e Commission, il pourra par exemple vous dire que les sept agents du C.M.A.I. ont tous été individuellement informés des échéances et ont tous exprimé leur accord avec les évolutions proposées. Vous verrez que cette réorganisation garantit aux ultramarins la pérennisation de la mission d?accueil du C.M.A.I. et le renforcement du lien associatif, raisons pour lesquelles je vous demande de bien vouloir retirer votre v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u est-il maintenu, Madame FANFANT ?

Mme Nathalie FANFANT. - Je vais le maintenir et je suis contente d?avoir eu des réponses, dont je vous remercie, mais je vais le maintenir juste pour que les ultramarins sachent que la droite pense à eux et pas qu?à Jésus !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - C?est bien ce que je disais, je ne suis pas tout à fait sûr qu?on ait quitté le sujet précédent !

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 133 avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.