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Decembre 2016
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Vœu déposé par le groupe LR relatif à l'installation d'une crèche de Noël sur le parvis de l'Hôtel de Ville.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 132 est relatif à l'installation d'une crèche de Noël sur le parvis de l'Hôtel de Ville.

M. LEGARET a la parole.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, à Paris pendant de longues années, il y a eu sur la place de l'Hôtel de Ville, sur le parvis, une crèche de Noël, manifestation très populaire, comme il y en a beaucoup en France et dans le monde entier à l'époque de Noël. Cette crèche a disparu, et nous n'ignorons pas que des débats parfois un peu sortis de leur contexte ont eu lieu sur la possibilité pour des municipalités d'avoir des crèches de Noël dans leurs locaux. Alors, vous savez que la question a été tranchée de manière solennelle et très raisonnable par le Conseil d'Etat, qui par deux décisions prises le 9 novembre 2016 a considéré que les crèches de Noël ne portaient nullement atteinte au principe de légalité. J'ajoute que la crèche du parvis de l'Hôtel de Ville n'était pas dans les locaux de l'Hôtel de Ville, mais sur la place comme d'ailleurs c'est le cas dans un grand nombre de villes de France. Voilà les raisons pour lesquelles, avec Pierre LELLOUCHE, Catherine LECUYER et les élus de notre groupe, nous avons proposé que l'on reprenne l'installation d'une crèche temporaire bien sûr? J'ai dû dire quelque chose de très de drôle, mais cela m'a échappé, il faudra que vous m'expliquiez?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Poursuivez, Monsieur LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Nous avons donc proposé que cette opération soit renouvelée chaque année à l'époque de la nativité.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - En l'absence de Nawel OUMER, Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Messieurs les Maires, je m'attendais à ce que ce soit Pierre LELLOUCHE qui défende ce v?u, je sais qu'il l'a fait avec beaucoup de conviction, sans aucun esprit polémique dans le Conseil du 8e arrondissement. Je remercie Jean-François LEGARET qui le défend avec nettement plus de hauteur de vue et de tenue que ne peut le faire Pierre LELLOUCHE.

Il n'en demeure pas moins que je regrette cette volonté quasi systématique d'instrumentaliser ce type de débat plus ou moins grave, plus ou moins important, et de s'adresser à ce que certains d'entre vous pourriez considérer comme une simple clientèle électorale plutôt qu'à l'ensemble des Parisiens.

Notre démarche est pourtant claire. Ce que nous préoccupe et ce qui nous rassemble est la sauvegarde d'un patrimoine exceptionnel commun à tous les Parisiens et ouvert aux visiteurs du monde entier, cela, je vous rassure, dans une excellente relation de travail avec le Diocèse par exemple en ce qui concerne le Plan Eglises.

Il en va de même de notre rapport aux différents cultes. Il est navrant d'entretenir une forme de concurrence interreligieuse simplement pour des raisons d'affichage politicien. Je ne peux pas croire d?ailleurs que ce v?u vienne permettre à une partie de la droite parisienne de donner quelques gages au vainqueur des primaires de la droite et, paraît-il, du centre, que bien peu sur ces bancs avaient soutenu.

Pour en venir au fond, quelques rappels. Le Conseil d'Etat, comme vous l'avez souligné, s?est en effet prononcé dans une décision récente sur la question de l'installation de crèches de Noël dans un bâtiment ou emplacement public. S'il a acté que cela ne contrevenait pas systématiquement à la loi de 1905, il a en revanche veillé à encadrer très précisément ces installations. Le Conseil a d'ailleurs dans cette même décision confirmé l'interdiction de la crèche envisagée par le Maire de Melun qui ne rentrait pas dans ce cadre. Le Conseil d'Etat fait notamment preuve d'une grande prudence lorsque la crèche doit être installée dans l'enceinte des bâtiments publics, siège d?une collectivité publique ou d'un service public et cela semble devoir exclure le parvis de l'Hôtel de Ville. Le Conseil exige enfin que l'installation résulte d'une tradition locale bien établie. Or, comme vous le soulignez vous-mêmes, cela fait plus de 20 ans qu'aucune crèche n'a été installée sur le parvis de l'Hôtel de Ville et pas une seule de nos 20 mairies d'arrondissement n'en a le projet pour cette année. S'agissant enfin de la provocation particulièrement malvenue, mais que vous n'avez pas reprise dans votre propre intervention, sur la création de places en crèche, je veux simplement rappeler que pas moins de 800 nouvelles places ont été créées en 2016 et que plus de 850 supplémentaires le seront en 2017. Bref, au regard de ces différents éléments en opportunité mais aussi en droit, j?émets un avis défavorable à votre v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - J?ai une demande d?explication de vote. Monsieur LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Non, franchement, cette réponse n'est pas acceptable.

J'ai présenté ce v?u d?une façon absolument pas polémique. Les termes qui ont été utilisés par le Premier adjoint, clientélisme, je ne sais quoi, c'est totalement sorti du contexte et d'une agressivité incroyable.

En ce qui concerne les conditions de légalité, je le répète, c'est le Conseil d'Etat qui a tranché. Je ne vois pas qui peut exprimer mieux que le Conseil d'Etat la légalité. Je trouve que cette réponse n'est pas acceptable et je proteste contre la forme et les termes employés par le Premier adjoint. Je proteste vraiment vigoureusement et solennellement.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - C'est entendu. Nous avons deux demandes d'explication de vote, l?une du groupe Communiste - Front de Gauche par Jean-Noël AQUA et l?autre du groupe Ecologiste de Paris par Sandrine MÉES. Et une troisième par le groupe Socialiste.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Monsieur le Maire.

Par ce v?u, je pense que le groupe les Républicains fait son "coming out", si je puis me permettre, de son clientélisme religieux ; c'est très clair, et son goût de la provocation identitaire.

Nul besoin d'être au Conseil d'Etat pour comprendre que ce v?u contrevient au principe de laïcité tel que édicté dans l'arrêt du Conseil d?Etat. Relisez-le, c'est inscrit en toutes lettres sur le fait contradictoire avec la loi de 1905. Le but de ce v?u n'est clairement pas de respecter la loi. Je pense que le groupe les Républicains s'appelle républicain juste pour le vernis. A six mois de l'élection, clairement, vous êtes en train de nous chanter la petite litanie du catholicisme identitaire pour faire revenir vers une droite dure des ouailles perdue vers la droite extrême. Excusez-moi, effectivement, le principe de la laïcité, c?est un principe de neutralité de la puissance publique afin de garantir la liberté de conscience, et assez naturellement nous voterons donc contre ce v?u. Je pense que le clientélisme religieux n'est pas à la hauteur de ces lieux.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Sandrine MÉES.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire. Le groupe Ecologiste de Paris pense que le parvis de l'Hôtel de Ville ne doit pas devenir une cour des miracles mais continuer à accueillir des événements permettant à tous les habitants de s'y retrouver sans esprit de chapelle. Nous pensons que le parvis a vocation à rester de temps en temps inoccupé comme en ce moment, ce qui en fait une accueillante agora laïque. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Rémi FÉRAUD. Le jésuite Rémi FÉRAUD.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Pas encore, pas encore?

Je voudrais simplement faire remarquer à Jean-François LEGARET, qui certes a fait lui-même une présentation modérée, que l'avis du Conseil d'Etat ne conduit pas à obliger les communes à installer des crèches dans l'espace public, qu'il n'y a en l'occurrence à Paris aucune demande qui a été formulée par les autorités ecclésiastiques de Paris.

En cette fin d'année 2016, l'essentiel pour nous devrait être, dans le respect de chaque religion, de combattre pour la laïcité. Il s'agit franchement d'un v?u qui est une provocation inutile, souhaitée par personne et qui certainement ne suffira pas au retour en grâce de M. LELLOUCHE auprès de votre candidat à l'élection présidentielle. Je vous propose que nous le rejetions dans l'intérêt de Paris.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Vous avez déjà répondu. Ecoutez, franchement, vous avez déjà répondu, je crois que les choses sont assez clairement dites. On va s'arrêter là.

Monsieur LEGARET, ce sont des explications de vote en tout cas à la hauteur de celles que parfois votre groupe ou d'autres font. D'accord. Ce sont des explications de vote. Ce sont des prises de position des groupes politiques, vous vous êtes exprimé, vous avez défendu le v?u, je vous ai redonné la parole et je pense qu'on peut s'arrêter là.

Eh bien je redonnerai la parole à tous ceux qui le demandent, alors. On fait un grand débat. Cela va aller, peut-être ! Elles sont tout à fait acceptables et on va s?arrêter là, Monsieur LEGARET.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 132 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.