Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

Discussion budgétaire - Audition des orateurs. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je donne tout de suite la parole à M. CRAVENNE.

M. François-David CRAVENNE. - Mon intervention sera consacrée au budget culture. Je m'adresserai donc à son responsable, Bruno JULLIARD, qui n'est pas encore là, il est peut-être encore à table. Les absents ont toujours tort ! Voilà un budget qui ressemble parfaitement à la politique culturelle de la Ville, raplapla, étriquée, sans souffle, sans sagesse ni vision autre que celle d'une culture faite pour plaire, non pas aux Parisiens mais à la gauche, à ses amis chers dans tous les sens du terme.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je demande à chacun de prendre sa place et d?arrêter les conversations. Nos débats ont repris. Merci.

Monsieur CRAVENNE, vous avez la parole.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Monsieur le Maire. Je reprends.

Donc, un budget qui ressemble à la politique culturelle de la Ville, raplapla, étriquée, sans souffle, sans sagesse ni vision autre que celle d?une culture faite pour plaire, non pas aux Parisiens mais à la gauche et à ses amis chers, dans tous les sens du terme, comme le prouvent nombre d?onéreuses subventions généreusement accordées tout au long de l'année.

Monsieur JULLIARD, vous êtes incapable de présenter un budget fait pour tous les Parisiens car vous êtes déjà usé par l'autosatisfaction à jets continus, le regard toujours fixé sur votre nombril ou ceux de vos obligés, oubliant les priorités criantes, tout occupé que vous êtes à parader ici ou là, traînant votre sectarisme et votre idéologie dépassée, cette idéologie que vous pensez si moderne, si dans l?air du temps, en promenant votre contentement là où vous croyez que l?on vous attend et où les Parisiens vous ont fui depuis longtemps.

Malheureusement, je n'ai que quelques minutes, donc je n'aurai pas le temps, et je le regrette, de développer tous les points noirs de la politique culturelle de la Ville. Je vais devoir me contenter d'en souligner quelques-uns. D?abord l'apprentissage de la musique en conservatoire et dans les centres d'animation. Gribouille vous aurait adoré. Vous avez tout le monde contre vous, mais trop occupé à écouter vos louangeurs drogués à l?argent public, vous ne voyez rien, n'entendez rien, ni les nombreux articles de presse, ni les parents d?élèves, ni même les professeurs. Détrompez-moi en faisant adopter le v?u responsable de nos amis centristes, mais vous observant agir depuis trois ans, je n'y crois guère.

Sachez que nous continuerons à nous battre contre l'arrêt programmé des cours individuels dans les centres d'animation.

Enivré par votre image fringante qui se reflète dans les yeux de vos groupies de votre entourage, vous avez raconté n'importe quoi en jurant que les cours seraient maintenus alors que c'est faux. Vous avez sorti du cerveau d?Ubu ou de Pierre Dac, le concept de pédagogie innovante individualisée par petits groupes. De plus, vous promettiez qu'il n'y aurait pas plus de deux enfants par groupe, en réalité, là où la réforme est déjà en place, il y en a près du double. Ce n'est pas sérieux.

Autre point : le patrimoine culturel de Paris et le fameux plan église à 80 millions d?euros. Là aussi, la confusion est totale. On n'y comprend plus rien. Quand vous n'acceptez pas leur terrible destruction, et je pense bien sûr à Sainte-Rita, les rénovations d'église se font une par une, en catimini, sans concertation aucune, sans annonce globale en oubliant, comme d?habitude, vos belles promesses, en l'occurrence l'assurance de proposer un plan pluriannuel de rénovation et d'investissement. Notre v?u vous demande d?ailleurs de rendre public ce plan.

Dernier sujet qui démontre à nouveau votre inaptitude à gérer raisonnablement et dans l?intérêt général les dossiers. Votre gestion de la sculpture que Jeff Koons souhaite faire accueillir par la Ville en hommage aux victimes du 13 novembre. On a la nette impression que la Ville ne sait pas quoi faire et que vous vous cachez derrière l'opacité des attributions d'emplacement de la Ville. Pourquoi annoncer que l'?uvre était un don alors qu?elle va coûter beaucoup d'argent à réaliser, un dindon de la farce, aurait pu dire Francis Blanche.

Vous ne semblez pas avoir les fonds, qu'ils soient publics ou privés, et les autorités expertes n'ont pas donné leur aval. Vous avez même, Monsieur JULLIARD, dit publiquement - il n'est pas là mais ce n'est pas grave, on lui répétera - qu'il est plus facile de mener une opération de mécénat une fois que l'on a pu en communiquer l'esquisse. Quel aveu ! Je pourrais continuer encore longtemps à démontrer ainsi votre difficulté à porter un projet culturel cohérent, solide, structuré. Aucune concertation ni avec l?opposition ni même avec la présidente de la commission culture, la talentueuse Fadila MÉHAL, que lorsque M. JULLIARD ne l?agresse pas en Conseil de Paris parce qu?elle ose être en désaccord avec lui, il ignore les propos constructifs comme il considère tous ceux qui ne pensent pas comme lui, c?est-à-dire des gens qui ne sont pas à sa hauteur, qui ne lui arrivent pas à la cheville qu'il a d'ailleurs enflée, voire boursouflée. Revenez aux réalités, Monsieur JULLIARD, Mme HIDALGO n'est pas la reine de Paris, mais vous, vous êtes bel et bien son petit marquis.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - On va mettre cela sur le compte du déjeuner.

La parole est à Mme Edith GALLOIS.

Mme Edith GALLOIS. - Vous avez fait une réforme des centres d'animation dans laquelle les cours de musique individuels ont été supprimés pour les remplacer par du soi-disant semi-collectif, allant en principe de trois à cinq élèves. La réalité est que ces cours ne se réunissent jamais à moins de cinq élèves. Tout le monde est extrêmement mécontent de cette réforme et la grogne ne cesse de monter. Comme l'ensemble de mes collègues, j'imagine, j'ai des remontées très négatives du terrain sur cette réforme. Il faut en effet tenir compte que les pédagogies instrumentales, et notamment le format des cours, diffèrent énormément en fonction de l'instrument qui est enseigné.

Il est absolument nécessaire de laisser une liberté pédagogique aux enseignants notamment sur le format du cours, comme cela a pu être préservé dans les conservatoires de musique et de danse de la Ville de Paris.

Nous vous demandons donc que les conventions signées entre la Ville de Paris et les délégataires gestionnaires des centres d'animation soient modifiées afin d'y rétablir la possibilité de procéder à des cours individuels de musique ou semi-individuels, mais de vrais semi-individuels, c?est-à-dire pas plus de trois personnes. Nous souhaitons que le nombre d'élèves soit fixé au maximum à trois enfants.

À cet effet, nous proposons qu'un groupe de travail soit mis en place qui réunirait l'Exécutif, les services de la Ville, les représentants des délégataires des centres d'animation, des professeurs de musique, des élèves et des parents d'élèves, des représentants de l'ensemble des groupes politiques de notre assemblée. Ce groupe de travail serait chargé d'étudier les modalités tarifaires de ces cours, les plages horaires pendant lesquelles ils pourraient avoir lieu, la définition d'une part maximale de cours individuels de musique, de cours collectifs et semi-collectifs dans chaque centre d'animation rapportée au volume horaire total des cours de musique enseignés. C'est une proposition pragmatique et raisonnable que nous vous faisons, qui pourrait satisfaire tout le monde et tenir compte des difficultés budgétaires.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Madame GALLOIS.

La parole est à Mme MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - En vous écoutant, Monsieur CRAVENNE, j'étais très étonnée de votre vision de la politique culturelle à Paris. Je passerai sur votre ton car je pense que c'était peut-être un effet de manche pour être remarqué au sein du Conseil de Paris, et finalement en essayant de vous convaincre sur quelques questions que vous vous posez. Quand vous demandez quelle est la vision aujourd'hui de la politique culturelle à Paris, je crois que vous avez oublié un certain nombre de choses qui sont pourtant affichées, expliquées en 2e Commission parce qu'un certain nombre de vos représentants y sont.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame MAQUOI, une seconde. Je crois que les bancs de l'opposition ont manifesté assez bruyamment pour que nous puissions écouter M. CRAVENNE malgré ses propos.

Je vous demande d'écouter Mme MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Monsieur le Maire.

Ces priorités sont discutées en 2e Commission parce qu'elles ont du sens et les représentants de votre groupe y sont bien entendu écoutés, il y a du dialogue et parfois même de vrais points de convergence comme par exemple sur la réforme des conservatoires. Parce qu'on parle là quand même d'éducation artistique et les choix budgétaires de la Ville sont très clairs. Ils sont en augmentation pour que justement, tous les Parisiens et les Parisiennes puissent avoir accès à un service public de qualité en termes de musique, de danse et de théâtre porté par les conservatoires.

Je pense aussi qu'un certain nombre de représentants de votre groupe font partie du comité de suivi des conservatoires et donc ont pu assister au plan de sensibilisation qui a été mis en place, qui touche par exemple dans le 18e arrondissement, 850 enfants dès cette rentrée en plus et qui touche dans le 20e 971 enfants aussi, et ce depuis octobre. Dire que la Ville de Paris mène une politique juste pour quelques-uns, les chiffres et l'ampleur de ce qui est porté en termes d'éducation artistique démontrent le contraire. Aucunement dans votre intervention vous n'avez parlé de création, peut-être parce qu'en ce moment, à la Région Ile-de-France, les dispositifs qui soutiennent la création des artistes sont mis à mal et que c'est compliqué car on ne peut pas demander et porter une politique culturelle sans pouvoir assurer du soutien à la diffusion et à la création. Sur l'apprentissage de la musique, on est tout de même aujourd'hui à un moment où, grâce à un mouvement de cours en dehors des murs du conservatoire par des professeurs du conservatoire, nous allons toucher plus d'enfants. Là, je voudrais revenir sur les centres Paris Anim?.

Dans les centres Paris Anim?, effectivement, ce n'est pas juste une invention sortie de nulle part sur soit disant une nouvelle pédagogie. Les centres Paris Anim?, c'est un lieu de pratique amateur, et non pas un lieu d'enseignements spécialisés comme le conservatoire. Il s?agit de lieux dans lesquels on vient apprendre la musique, découvrir, se faire plaisir et parfois jouer collectivement. Cela fait plus de plaisir et cela fait que l'on continue.

Ce qui compte, c'est ensuite créer des passerelles entre, par exemple, une initiation dans le centre Paris Anim? et une poursuite dans le conservatoire. Il ne faut pas raconter n'importe quoi ni faire monter la sauce en expliquant que l'on tue la musique à Paris puisque c'est exactement le contraire.

Pour terminer, je voulais justement faire une intervention sur la politique jeunesse et le réseau constitué d'équipements pour la jeunesse. Aujourd'hui, ils sont plus clairs, plus lisibles. D?abord, pour les espaces Jeunes, qui accueillent prioritairement les 12 à 25 ans par le biais de l'accueil informel mais qui aussi les accompagnent dans leur projet vers leur autonomie comme lieu de la citoyenneté, de l'engagement. Je pense notamment à l?espace Jeunes dans le 20e arrondissement où l?on a des soirées Cultures du monde et où une partie de cet espace est dédié à la musique, à une pratique et est très investie par les jeunes.

Les centres Paris Anim? gardent leur vocation généraliste car ils accueillent des pratiques amateur et de la convivialité pour des Parisiens de 3 à 99 ans. Ils mènent en plus une réflexion et des actions particulières vis-à-vis des jeunes pour traduire la politique de la Ville de Paris de plus en plus mobilisée pour leur inclusion et leur participation à la vie de la cité.

Je pense que c'est la raison pour laquelle il faut faire un vote positif pour ce budget, qui met en ?uvre les 145 mesures du programme parisien pour l'autonomie des jeunes et qui concrètement soutient leur accès par des mesures en orientation, en formation, en recherche d'emploi, en pratique amateur, en loisirs.

Je voudrais mettre l'accent sur deux choses. D'abord, sur la citoyenneté par la formation B.A.F.A., qui est fondée sur l'échange entre les participants, un outil de mobilisation personnelle et qui permet aux jeunes de s'investir dans la construction de leur projet. C'était une priorité annoncée dans les v?ux de la Maire de Paris de mettre en place des B.A.F.A. citoyens. C?est 130 qui ont permis à des jeunes de 17 à 25 ans d?être plus subventionnés grâce aussi à l'association des Ceméa et de s'investir auprès d'associations et de structures dans leurs territoires.

La Ville a fait un effort majeur pour ouvrir le service civique aux jeunes de 18 à 25 ans pour une durée de 6 à 12 mois dans les domaines de la culture, des loisirs, de l'éducation, de l'environnement, de la citoyenneté, de la mémoire, des solidarité et des sports.

Merci à la Maire de Paris, merci à Pauline VÉRON, aux services et particulièrement à la mission jeunesse et citoyenneté de rendre possible cet investissement dans les services civiques.

Moi, je suis plutôt fière d'appartenir à une majorité qui donne donc des moyens à sa jeunesse, aux structures, aux associations et bien sûr aussi à la culture. Je voudrais souligner à nouveau la différence avec la politique menée par la Région Ile-de-France et comparer des choix budgétaires. Pour l'année prochaine, la Région a divisé les subventions "politique de la ville" par deux, soit une baisse de 2,2 millions d?euros. Pareil pour le soutien au développement de la vie associative. On a seulement 582.000 euros qui sont affectés à ce fonds contre 2,2 millions les années précédentes.

Les quelques exemples que j'ai cités dans cette intervention montrent, je le crois, au-delà d'une forme qui est à mon avis particulièrement mal adaptée quand on veut porter un débat démocratique, que l'on a peu de leçons à recevoir et que la volonté de la Ville de Paris est bien de se mobiliser pour que les jeunes Parisiens et Parisiennes puissent avoir une intégration, un accès à l'information, devenir citoyens de notre ville bienveillante et inclusive. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Monsieur Sergio TINTI, vous avez 2 minutes 35 pour épuiser le temps de parole de votre groupe.

M. Sergio TINTI. - Merci beaucoup.

Mon intervention concernera le budget consacré au sport.

Nous accueillons avec satisfaction la tendance globale de ce budget, avec un budget alloué aux sports de proximité stable, avec 1 % de plus par rapport à l'année passée et un budget alloué au sport de haut niveau en très léger recul, moins 4 %.

Le plus gros poste d'investissement concerne les gymnases, les terrains d'éducation physique, les salles de sport pour un montant total de 31,1 millions d?euros. Le deuxième concerne la continuation du plan "Nager à Paris" pour plus de 18 millions d?euros. Nous notons également l'effort fait pour la création de la baignade Daumesnil avec une autorisation de programme de plus de 4 millions d?euros. A cet égard, nous saluons le fait qu?au titre du fonctionnement la priorité soit donnée aux nouveaux équipements sportifs, notamment le gymnase Baron-Le-Roy et la piscine Emile Anthoine avec les 23 créations de postes destinés au fonctionnement de ces deux équipements municipaux.

Paris se doit de garder un service public du sport moderne et de qualité. Enfin, 13,7 millions d?euros sont destinés à financer et à promouvoir les grands événements sportifs. Nous savons l'importance pour notre Ville de continuer à recevoir et organiser des compétitions sportives internationales, notamment dans la perspective de notre candidature et de l?organisation espérée des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Toutefois, nous pensons que la construction d'une candidature ne passe pas seulement par l'accueil de ces grands événements, même s'ils sont indispensables au rayonnement de Paris dans la sphère sportive internationale. Une candidature se construit aussi avec nos concitoyennes et nos concitoyens, avec notre jeunesse.

C'est le sens des deux amendements relatifs au sport scolaire que nous portons pour ce budget primitif de 2017.

Le premier concerne la mobilisation de 50.000 euros destinés au rattrapage des subventions aux associations sportives scolaires, qui ont connu une baisse pour une grande majorité, voire une suppression pour certaines d'entre elles. Vous le savez, je l'ai répété de nombreuses fois dans cet hémicycle, l'environnement scolaire est le premier lieu de démocratisation de la pratique sportive dans notre pays.

Le second concerne la mobilisation de 50.000 euros destinés à soutenir les initiatives sportives des écoles primaires et des collèges dans le cadre de la promotion et du soutien de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Plus de 80.000 enfants fréquentent nos écoles primaires et plus de 56.000 collégiens étudient dans nos collèges.

Alors que le Ministère de l'Education nationale lance l'année de l'olympisme, de l'école élémentaire à l'université, ce fonds J.O.P. 2024 viendrait confirmer un soutien accru de notre Ville aux pratiques sportives scolaires.

Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, mon intervention concernera le budget du logement. Que dire de ce budget, si ce n'est qu'on ne change pas un budget qui perd ?

Très éloigné des préoccupations des Parisiens, il y a fort à parier qu'il produira les mêmes effets que ses prédécesseurs, à savoir d'abord une augmentation du nombre de demandeurs de logement - ils étaient 90.000 en 2001 et sont aujourd'hui 240.000 -, une baisse du taux de rotation dans le logement social - 5 % en 2001, 3,8 % aujourd'hui -, ce qui signifie qu'un parcours résidentiel est totalement bloqué à Paris. Troisième constatation : un nombre de logements sociaux attribués en baisse - 12.000 en 2001, 11.000 aujourd?hui -, conséquence du mode de production choisi qui privilégie à la fois la préemption et le conventionnement.

Oui, le constat est amer, mes chers collègues, car sur les 5 dernières années, la collectivité parisienne aura dépensé 2,8 milliards d'euros, soit en moyenne 550 millions d?euros par an en faveur du logement. En 2017, ce sont encore 577 millions d?euros qui sont inscrits.

Ce montant de 2,8 milliards d'euros représente 30 % du programme d'investissement municipal. Il s'agit, et de loin, du premier poste budgétaire. A titre de comparaison, nous n'avons que 900 millions d?euros pour les transports.

Le logement social a concentré l'essentiel de l'effort, avec 2 milliards d'euros, soit 400 millions d?euros en moyenne, avec trois constats majeurs.

Premier constat. Depuis 2010, la hausse continue des dépenses d'acquisition immobilière : 85 millions d?euros en 2011, 180 millions d?euros en 2016, soit, tenez-vous bien, 225 % d'augmentation.

Deuxième constat, la concentration des 48.000 logements financés depuis 2010 sur les arrondissements dépassant largement déjà les 25 % : 13e, 19e, 20e. Exception faite du 5e arrondissement, la réalisation des logements sociaux dans les 10 arrondissements centraux reste anecdotique et se compte en dizaines seulement. C'est ainsi que le 13e et le 19e dépassent 40 % de logements sociaux, que le 20e en est proche, que le 14e frôle les 30 % et que le 12e et le 18e ont dépassé maintenant les 23 %.

Votre objectif de rééquilibrage est donc un échec, avec toutes les conséquences sociales que l?on connaît.

Troisième constat : depuis 2010, la part de la construction neuve diminue. 24.000 logements sociaux financés au bénéfice des acquisitions de conventionnement, 18.000 logements financés, avec un record en 2015 : 4.500. Les montants dépensés ont explosé. 100 millions d?euros en 2010, 162 en 2016, 180 prévus en 2017, soit 80 % d?augmentation en six ans. 45 baux emphytéotiques ont ainsi été signés en 2015 : un record !

On connaît depuis l?année dernière l?utilisation scandaleuse faite de ces baux, réédités cette année avec un cynisme et une immoralité scandaleuse.

Le "hold-up" sur les bailleurs sociaux avait déjà été pratiqué par l?Etat avec la confiscation progressive du montant des surloyers de solidarité. Il s?est poursuivi cette année avec la fragilisation des 690.000 locataires par la très injuste réforme de l?aide personnalisée au logement, mais il atteint des sommets à Paris avec ses ponctions de 355 millions en 2016, de 290 millions en 2017. Jamais une municipalité n?avait osé aller aussi loin dans l?hypocrisie et l?immoralité !

Par manque de courage, par incapacité à engager une véritable réforme de l?action publique, par volonté de maintenir un système clientéliste, vous avez préféré compromettre par ces ponctions la qualité de vie des locataires que vous prétendez défendre par ailleurs.

Oui, ce sont bien les locataires du logement social qui feront les frais de cette opération de cavalerie budgétaire. Il s?agit d?une faute impardonnable, de la même essence que celle que vient de commettre le Gouvernement avec la réforme des aides au logement. Je l?ai dit tout à l?heure.

Face à la masse des crédits consacrés au logement locatif social, le budget 2017 réduit les aides à l?accession à la propriété au strict minimum. C?est parfaitement dans la logique de M. BROSSAT et de cette municipalité, qui ne veut pas d?une ville de propriétaires, mais bien de locataires.

Ces aides à l?accession vont en s?amenuisant depuis 2012 ; de près de 22 millions, elles passent à 5,5 millions en 2015 et à 3 millions seulement en 2016. Une véritable misère !

Je constate une nouvelle fois, avec un profond regret, l?absence de crédits en faveur de l?accession sociale à la propriété ; un produit qui facilite pourtant éminemment et énormément, à la fois le parcours résidentiel et la mixité sociale.

Mais quand donc vous déciderez-vous à enfin lancer des programmes d?accession sociale à la propriété à Paris ? On en produit aujourd?hui 3.000 en Ile-de-France, et le Gouvernement en souhaite 6.000 en 2018. Pourquoi Paris ne prend-il pas sa part dans cette progression ? Voilà, mes chers collègues, la physionomie du budget 2017 consacré au logement... Des perspectives peu réjouissantes, car les mêmes causes produiront les mêmes effets. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce budget 2017 est en effet un budget de responsabilité...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Où vous croyez-vous ?

Léa FILOCHE, vous avez la parole.

Mme Léa FILOCHE. - Merci.

On va essayer de sortir des postures, Mesdames et Messieurs, s?il vous plaît !

Essayons de sortir des postures et d?aborder les questions de fond, puisque nous sommes effectivement sur un budget de responsabilité et de combat pour renforcer la cohésion sociale, mais cela vous parle peut-être moins, et également pour renforcer les politiques inclusives par notre capacité à réduire les inégalités, et vous le savez bien, à essayer d?aider les plus vulnérables.

Je voudrais commencer par affirmer que ce budget est non seulement sérieux, mais il est aussi basé - et je pense qu?il est intéressant de le rappeler aujourd?hui - non pas sur des postures, mais sur des engagements que nous avons pris devant les Parisiens et qui ont été validés à différentes étapes depuis 2014.

Depuis 2010 effectivement, la Ville de Paris a subi un choc budgétaire de plus d?un milliard d?euros de ressources, soit 12 % de ses recettes annuelles de fonctionnement, sous l?effet du double choc de la baisse des dotations et donc du désengagement de l?État et de la hausse de la participation à la péréquation, dont nous sommes plutôt fiers au niveau national comme au niveau régional.

Mais dans ce contexte de pertes de recettes, nous continuons avec détermination la mise en ?uvre de nos priorités et de nos engagements - je le répète - pris devant les Parisiens, notamment dans la poursuite de notre plan d?investissement de 10 milliards d?euros sur la mandature.

Ce budget 2017 est à nouveau à la hauteur des attentes de la demande de solidarité des Parisiens et notamment - et c?était l?objet de mon intervention - sur la question des dépenses en faveur de l?effort social.

Le budget 2017 dédié à l?aide sociale et à la solidarité s?élève à 2,325 milliards d?euros. On peut commencer par souligner les créations de nouveaux postes, dont 17 postes pour la reprise en gestion de deux centres de santé dans le 20e et dans le 14e arrondissement, qui ont été transférés par le centre d?action sociale de la Ville de Paris à Paris.

Il est à noter que le principal poste de dépenses, celui relatif aux revenus de solidarité active, le RSA, nous engage autour de 412 millions d?euros, en baisse de 12 millions par rapport au budget 2016, car nous avons moins de bénéficiaires du RSA à Paris, grâce notamment aux politiques d?emploi que nous menons.

Le deuxième poste de contributions versées aux centres d?action sociale, fixées à 353 millions d?euros, progressent, elles, de près de 9 millions d?euros sous l?effet de la poursuite de la réforme du nouveau Paris solidaire.

Je voudrais d?ailleurs profiter de cette intervention pour rendre hommage à la fois aux agents, mais également aux élus d?arrondissement qui sont engagés au quotidien auprès des habitants parisiens.

Viennent ensuite les dépenses liées à l?Aide sociale à l?enfance, l?ASE, qui constituent le troisième poste de dépenses avec un budget alloué de 307 millions d?euros. Ce budget est en diminution, là encore, de 700.000 euros par rapport à 2016, car nous avons aujourd?hui moins de mineurs isolés étrangers sur l?ensemble du territoire parisien.

Je souhaite d?ailleurs à ce sujet présenter l?amendement budgétaire que le groupe Socialiste et Apparentés a déposé. C?est un amendement de 150.000 euros, visant à renforcer la qualité de la prise en charge des mineurs isolés étrangers au-delà même des compétences prévues à l?origine par les textes et ce, dans deux domaines : d?une part, pour améliorer la prise en charge sanitaire en s?inspirant du dispositif mis en place au centre d?accueil humanitaire de Paris et, d?autre part, pour renforcer l?accompagnement des jeunes migrants vers les dispositifs de droit commun, lorsque ces derniers ne relèvent pas ou plus d?une prise en charge au titre de l?Aide sociale à l?enfance, parce qu?ils sont jeunes majeurs mais qu?ils requièrent toutefois une prise en charge au titre de leur vulnérabilité.

Les priorités budgétaires sont donc d?apporter toujours plus de service public aux Parisiennes et aux Parisiens et d?accroître la qualité des services publics.

A cet égard, le budget d?investissement consacré à la petite enfance s?élève à 53 millions d?euros, dont 33 millions alloués à la construction et à la restructuration de crèches, notamment dans le 20e, le 17e, le 15e et le 16e.

Cette enveloppe inclut également 800.000 euros pour la mise aux normes d?accessibilité des établissements d?accueil, sur tout le territoire parisien - je le répète.

Ce choix de faire en sorte que le service public de la petite enfance soit une réalité sur tout le territoire est un choix qui nous oblige effectivement à faire des investissements, des embauches de personnel pour pouvoir assurer un service public de qualité, sur tout Paris.

Nos engagements pris dans le cadre du pacte de lutte contre la grande exclusion se traduisent également par l?ouverture d?un restaurant solidaire, d?un espace solidarité d?insertion pour les familles, et cette priorité se manifeste également par l?ouverture du centre d?accueil humanitaire que nous avons implanté sur deux sites, celui du 18e qui a déjà ouvert, et l?autre à Ivry-sur-Seine qui ouvrira début 2017.

Quand j?entends certains élus de droite dire que les choix budgétaires de la Mairie de Paris depuis de nombreuses années ne permettent pas aux arrondissements, et en l?occurrence le 16e, de proposer des places de structure d?accueil de la petite enfance en nombre suffisant, j?ai bien envie de répondre : que dire de la reprise par la Ville de l?immeuble d?EDF, place Possoz, pour la création d?une crèche ? Que dire de l?ouverture des crèches rue Erlanger et avenue de Versailles ? Que dire de la réouverture après la rénovation de la crèche Chaillot ?

Vous dites qu?il manque plus de 3.300 places de crèches dans le 16e, mais qu?avez-vous fait quand vous étiez aux responsabilités parisiennes ? Sous notre mandature, cela a déjà été dit, nous avons ouvert plus de 1.500 places supplémentaires, portant l?offre à 34.900 places. Nous poursuivons en 2017 cet effort et c?est un choix assumé et revendiqué. Notre premier budget, c?est la solidarité, et les dépenses sociales continuent de progresser, vous ne pouvez le nier, au rythme des besoins. Mes chers collègues, en conclusion, ce budget est un budget sérieux qui allie l?exigence et la responsabilité pour une ville monde bienveillante, attractive, solidaire et inclusive, portant des investissements pour les générations à venir. Je vous invite donc à voter avec enthousiasme ce budget de responsabilité et de combat et je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Léa FILOCHE.

La parole est à Mme Sylvie CEYRAC.

Mme Sylvie CEYRAC. - Merci.

Monsieur le Maire, chers collègues.

J?interviendrai au nom de mon groupe sur le budget du Centre d?action sociale de la Ville, dont la communication est annexée au budget primitif 2017. Je dois dire que dès le départ, je n?ai pas été déçue. Je ne pense pas que les seniors parisiens soient de votre avis sur la préservation de leur pouvoir d?achat, et plus particulièrement ceux qui ont fait les frais de votre réforme délétère du "pass Navigo".

C?est sur cette réforme qu?une fois de plus, je vais revenir. C?est tout de même un comble que la communication sur le budget du Centre d?action sociale n?en parle pas. C?est un comble parce que c?est vous-même, en juin dernier, à l?occasion d?une première réunion de bilan, qui expliquiez que l?effet budgétaire de cette réforme ne serait constaté qu?en 2016. Eh bien, on y est en 2016, à la fin même de l?année.

Alors, Madame la Maire, Monsieur le Maire, quels sont les résultats budgétaires consolidés 2016 ? Quelles sont les économies effectivement réalisées grâce à cette magnifique idée qui a consisté à évincer de nombreuses personnes âgées du bénéfice de la carte "Emeraude" ?

Les 15 millions d?euros que vous nous promettiez, il y a maintenant deux ans, sont-ils au rendez-vous ? Puisque la communication ne l?évoque pas, force est de se référer aux éléments de bilan que vous avez bien voulu nous communiquer, c?est-à-dire la note que votre cabinet a transmise en septembre dernier à la suite de la réunion du 22 juin.

Vous conviendrez d?ailleurs, chers collègues, que l?information en la matière fait l?objet d?un contrôle très particulier. Alors que nous avions demandé la présentation diffusée par le Centre d?action sociale, on nous adresse une note rédigée par le cabinet de l?Exécutif municipal. C?est tout de même étrange. Y aurait-il dans ce document quelque chose qui vous gêne au point que l?opposition ne puisse pas en disposer ? Puisque vous assumez, comme vous l?avez dit et redit, d?avoir décidé de revoir brutalement les conditions d?attribution du "Navigo Emeraude", quel est le problème ? Pourquoi ne voulez-vous pas nous transmettre ce document que nous vous avons demandé à quatre reprises ?

C?est sûr, ce document faisait état d?éléments de bilan brut en comparaison du nombre de bénéficiaires avant et après la réforme, etc. Autant d?éléments que votre note ne fournit pas mais qu?elle interprète. Ainsi, si diminution des bénéficiaires il y a eu, c?est selon vous lié aux déménagements. Ce serait en effet près de 20.000 seniors qui auraient quitté Paris depuis deux ans. Curieux, tout de même !

Non, vous vous moquez de nous. S?il y a eu diminution du nombre de bénéficiaires, c?est tout simplement parce que votre réforme les a exclus du dispositif. Il faut le dire, assumez-le. Si la dernière tranche de tarification ne représente que 5 % des bénéficiaires, c?est parce que vous en avez évincé et ce n?est pas parce qu?ils sont moins désireux d?obtenir un "pass Navigo".

On ne peut donc pas se contenter du simple constat que 60 % des usagers actuels bénéficient d?un titre gratuit ou d?un forfait à 30 euros. Moi, ce que j?ai vu lors de cette réunion, c?est qu?il y avait près de 20.000 bénéficiaires en moins à cause de votre réforme, 20.000 personnes âgées que vous avez choisi de laisser sur la touche, les condamnant à l?isolement. Et celles-là, elles n?ont pas compris, elles ne vous le pardonnent toujours pas, elles nous en parlent encore, et elles sont extrêmement tristes.

Plus encore, vous ne vouliez pas voir tous les effets de votre réforme. Près de 20.000 bénéficiaires en moins dans les tranches d?imposition comprises entre 0 et 992 euros. Près de 50 % de bénéficiaires en moins dans la tranche d?imposition comprise entre 992 et 1.600 euros.

Oserez-vous me dire qu?ils appartiennent aux usagers dont les revenus sont si favorables qu?ils peuvent s?acquitter d?une participation de 120 à 200 euros par an pour leur carte de transport ? Non, Monsieur le Maire, le pouvoir d?achat des seniors parisiens ne sort pas intact de votre politique à leur encontre et il est parfaitement inadmissible que vous laissiez écrire cela.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Thomas LAURET. Vous êtes la dernière intervention du groupe Socialiste et vous avez 16 minutes.

M. Thomas LAURET. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues.

Je voudrais, à l?occasion du débat budgétaire, insister sur l?importance de notre engagement budgétaire pour la lutte contre la pollution au nom de notre collectivité, mais aussi au nom de tous les Parisiens et les Franciliens.

En effet, juste avant le pic de pollution le plus long et le plus intense que nous ayons connu depuis dix ans, certains élus de droite montraient avec un cynisme coupable leur capacité à faire renaître leur pulsion conservatrice de défense du modèle automobile des années 1970.

Cette remarquable modernité s?est traduite d?abord dans la dénonciation des berges piétonnes. Une mesure qui serait responsable de tous les maux d?Ile-de-France, de tous les bouchons franciliens, comme si les berges rive droite étaient la seule route existante pour traverser l?Ile-de-France d?Ouest en Est.

Ce serait par ailleurs une décision unilatérale, comme si nous n'avions eu des heures de débat dans cette Assemblée, la droite proposant, je le rappelle, non pas de s?opposer à la fermeture mais une solution de passage alternatif entre les quais hauts et les quais bas, solutions très pratiques en cas de crue pour noyer les voitures dans la Seine.

Ensuite, nous avons eu l?argumentaire dilatoire : ce serait la faute de l?industrie allemande, oubliant à ce moment-là que les vents d?Ouest sont majoritaires dans notre secteur. Puis la cause de la pollution serait industrielle, donc il faudrait laisser tranquilles les automobilistes.

Soyons objectifs, le pic de pollution est lié à la conjonction de plusieurs phénomènes. D?abord l?hiver, qui suppose que l?on se chauffe, en particulier comme entreprise, qui se conjugue au trafic automobile, mais aussi à l?anticyclone avec l?absence de vent et une température plus élevée en hauteur qu?au sol, ce qui permet de constituer une forme de cloche sous laquelle la pollution automobile s?accumule avec celle liée au chauffage bien sûr.

Mais n?oublions pas que le trafic automobile représente 56 % de l?émission des particules fines. Alors il a fallu que l?Assistance publique- Hôpitaux de Paris et un certain nombre de pneumologues communiquent sur leurs recherches et leurs études pour que les arguties pro-automobilistes fassent enfin silence. L?étude "Pollux" sur les urgences pédiatriques a relevé 47.000 cas d?asthme sur 1,3 million de patients passés aux urgences, et a conclu la chose suivante : les particules ultra fines PM 2,5, celles qui ne sont pas filtrées par les pots d?échappement, les fameux pots d?échappement que les constructeurs automobiles louaient, sont directement responsables des passages pour asthme aux urgences.

Urgentiste et généralistes confirment : nous qui sommes en bonne santé, dans notre majorité, nous subissons des effets somme toute désagréables mais légers, bien que déjà inquiétants, comme les yeux rouges, la gorge qui pique et la toux. Mais les bébés et les personnes âgées subissent directement les effets des polluants déclencheurs de crise d?asthme et de pathologies respiratoires et cardio-vasculaires. Ce sont des urgentistes et des généralistes qui le disent. Le problème se pose d?ailleurs surtout à long terme et c?est bien là le sujet : les pathologies cardio-vasculaires et les cancers sont responsables d?une diminution de l?espérance de vie en Ile-de-France et à Paris c?est démontré.

Oui, ce budget permettra de lutter contre la pollution automobile et de poursuivre la transition écologique :

- le remplacement des véhicules diesel d?ici 2020 quand la Région fait le choix d?attendre 2029 ;

- le développement des énergies renouvelables et l?isolation des bâtiments, collecte des biodéchets - merci aux 2e et 12e arrondissements de s?engager dans cette démarche à titre expérimental, avant une généralisation que j?espère la plus rapide possible sous l?autorité, le dynamisme et la détermination de Mao PENINOU ;

- la végétalisation des bâtiments et des espaces publics - j?attends avec impatience l?inauguration des parcs des berges rive droite ;

- la mise en place de la vignette "Crit'Air" qui permettra d?écarter de la circulation en cas de pollution les véhicules les plus polluants ;

- une incitation à acheter des véhicules propres électriques hybrides rechargeables.

Je crois que les Parisiens sont prêts : 61 % sont favorables à la circulation alternée et c?est peut-être la seule conséquence positive du pic de pollution que nous avons eu la semaine dernière.

La Ville agit avec la gratuité du stationnement, l?aide à l?installation de bornes Autolib?, Scootlib?.

Nous sommes à la veille d?une grande transition et c?est notre responsabilité de poursuivre dans cette voie, avec une grande détermination collective que comprennent nos concitoyens. Nous y avons intérêt pour espérer vivre plus longtemps à Paris. Nous y avons aussi intérêt économiquement car nous produisons notre électricité. Nous l?exportons même, alors que nous continuons à importer pétrole et gaz enrichissant des Etats qui bénéficient en plus parfois d?avantages fiscaux - je pense au Qatar - pour faire leurs emplettes et d?énormes investissements immobiliers parisiens. C?est une aberration et je souhaite qu?elle cesse le plus vite possible. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur LAURET.

Monsieur BOURNAZEL, vous avez la parole. Vous êtes l?avant-dernier intervenant de votre groupe et il vous reste un peu plus de 16 minutes.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je pense en prendre un peu moins.

Monsieur le Maire, construire un budget est un exercice extrêmement difficile, j?en conviens, mais c?est un exercice essentiel. Cela fait maintenant quinze ans et demi que vous êtes aux responsabilités à la Ville de Paris et, en quinze ans et demi, on a une marque de fabrique. On voit ce que vous avez fait ou ce que vous n?avez pas fait.

D?abord, vous faites des choix. Ces choix, les Parisiens les regardent. Avez-vous fait des réformes structurelles essentielles pour la Ville de Paris ? Prenons par exemple les dépenses publiques de fonctionnement : clairement, non, vous n?avez pas fait les réformes structurelles. Avez-vous essayé d'avoir un plan pour diminuer de manière durable ces dépenses de fonctionnement pour mieux investir dans l'intérêt des Parisiens ? La réponse est clairement non?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Mes chers collègues, s'il vous plaît.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Cette réponse est clairement non, et vous auriez pu reprendre un certain nombre de propositions que nous avons faites lors de l'élection municipale de 2014 et que nous continuons à faire, notamment pour ne pas remplacer un certain nombre de fonctionnaires qui partent à la retraite, celles et ceux qui sont dans la technostructure de l'Hôtel de Ville, celles et ceux que vous recrutez dans des postes de direction ou de sous-direction alors que nous avons besoin de remettre des effectifs sur le terrain au plus proche des attentes des Parisiens.

Que dire d'ailleurs de la politisation de l'administration parisienne lorsqu'on apprend par "Le Parisien" la semaine dernière, qu'un certain nombre d'anciens permanents du parti socialiste ou d'agents publics ou de fonctionnaires membres des cabinets ministériels de la gauche rejoignent aujourd'hui les bancs de notre administration au mépris des fonctionnaires de la Ville de Paris, qui voient leur carrière bloquée par l'arrivée de ces militants politiques ?

Deuxièmement, un débat s'engage au Parlement sur le statut de Paris. C'était l'occasion de rénover profondément ce statut et de faire de la Maire de Paris une vraie Maire de Paris, mais elle ne va pas jusqu'au bout des choses. Elle craint même de se faire élire au suffrage universel direct.

Aujourd'hui, alors que vous avez tous les pouvoirs au niveau national, le Gouvernement et l'Assemblée nationale, pourquoi n'avez-vous pas proposé l'élection du Maire de Paris, un homme ou une femme, un Parisien ou une Parisienne égale une voix, permettant d'élire directement le Maire de Paris plutôt que de rester sur ce suffrage indirect qui n'est pas acceptable aujourd'hui au XXIe siècle ?

Le troisième sujet est l'attractivité. Paris est-elle la ville-monde la plus exemplaire en matière économique ? La Maire de Paris, par exemple, était contre le travail du dimanche, elle y était opposée de manière idéologique et de manière frontale pendant des années, nous expliquait-elle jusqu'à hier, et aujourd'hui elle nous dit qu'elle y est finalement favorable, parce qu'elle donne raison à notre analyse, Paris a besoin de devenir une véritable ville-monde attractive qui attire des emplois. Pour cela, nous devons permettre le travail le dimanche.

Sur la question du logement, cela fait 15 ans et demi que vous menez une politique. Vous n'avez de cesse de dire que c'est votre priorité. Pourtant, il n'y a jamais eu autant de demandeurs de logements sociaux qu'aujourd'hui à Paris.

Par ailleurs, les classes moyennes ont de plus en plus de mal à se loger à Paris et jamais les prix n'ont été aussi importants dans l'accession au logement privé, c'est l'échec total aussi en matière de logement.

Sur la pollution, qui est un sujet d'intérêt général, on ne peut pas avoir raison seuls contre tous. La Maire de Paris passe en force sur la question de l'aménagement des voies sur berges. Pourquoi pas aménager les voies sur berges à moyen et long termes, mais on ne peut avoir raison à la fois contre la Région d'Ile-de-France, contre les Maires des communes environnantes, contre le pouvoir économique, contre la population, contre les Franciliens, il faut apprendre à échanger, à discuter et à concerter pour avoir des décisions co-construites et collectives, ne pas passer en force et avoir raison contre tous les autres.

La propreté de Paris, cela fait 15 ans et demi que vous vous occupez de la politique de Paris, allez-vous dans les quartiers parisiens interroger nos concitoyens ? Tous nos concitoyens des quartiers Nord, Ouest, Sud vous diront que Paris est de plus en plus sale. Demandez aux touristes ce qu'ils pensent de Paris. Paris est une ville sale. Aujourd'hui, elle est en tête de tous les classements européens, la première ville la plus sale d'Europe.

Dans l'hémicycle. - C'est faux. C'est Longjumeau.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Voilà votre politique et vos résultats. Sécurité et tranquillité, qui sont aussi des questions essentielles et d'intérêt général.

Mme HIDALGO est opposée de manière dogmatique là aussi à une police municipale. Or, la police municipale est le seul levier qui manque aujourd'hui pour assurer la tranquillité de tous les Parisiens dans tous les quartiers de Paris.

Il faudrait avoir le courage aussi de changer le statut de Paris, de confier des pouvoirs de police concrets et réels à la Maire de Paris, à la Municipalité de Paris et permettre la constitution d'une police municipale qui s'occupe enfin de régler les problèmes de la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens, par exemple de l'occupation illégale du domaine public. Venez place de la Chapelle, je ferai un v?u tout à l'heure, l'occupation illégale du métro de cette place, on ne peut plus y circuler. Venez à Château Rouge voir comment cela se passe. Venez le vendredi, le samedi et le dimanche à la porte de Montmartre et à la porte de Clignancourt, ces quartiers sont occupés de manière illégale par des revendeurs à la sauvette, personne ne dit rien, personne ne fait rien. Il serait temps de s'occuper de tous les Parisiens, de tous les quartiers de Paris en matière de sécurité et de tranquillité.

La précarité, on n'en a pas beaucoup parlé. Depuis 15 ans et demi, nous le voyons tous sur tous les bancs, dans le métro, dans nos rues, de plus en plus d'hommes et de femmes avec des enfants dans le froid, que se passe-t-il à Paris ? Peut-on encore accepter au XXIe siècle, en 2016, que des hommes et des femmes soient livrés à eux-mêmes dans la rue, que des hommes, des femmes et des enfants soient livrés aux mains de mafias lorsqu'ils sont étrangers ou migrants ? Nous ne pouvons pas l'accepter, là aussi il serait temps d'avoir une vraie politique en matière de lutte contre la précarité. La politique politicienne, Madame VERSINI, c'est quand on change de parti pour avoir un poste?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - S'il vous plaît !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - La culture enfin, si vous me le permettez, depuis 15 ans et demi, nous avons un problème de culture de proximité. Nos conservatoires sont-ils une priorité ? Manifestement non. En 1995, M. VAILLANT et M. DELANOË, dans leur projet du 18e arrondissement, repris dans leur projet de 2001 pour Paris, disaient qu'il était urgent d'étendre le conservatoire du 18e de la rue Baudelique. Nous sommes en 2016, ce conservatoire n'a toujours pas vu le jour, son extension n'existe pas. Pour une fois, va-t-on se mettre d'accord pour dire que la culture commence par le bien-être des habitants dans le quartier et qu'un conservatoire est le premier maillon d'accès, notamment dans les quartiers populaires, premier accès à la culture, à la connaissance et notamment ici à la musique. Vous vous trompez de priorité, il faut revenir à une culture populaire et à une culture pour tous à Paris. Bref, vous avez fait des choix. Applaudissez, certains ont pu être bons car en 15 ans et demi, on ne fait pas tout mal. Mais la plupart ne sont pas allés dans le bon sens, pas de réforme structurelle, un manque de vision sur l'attractivité et le rayonnement de Paris, de mauvais choix en matière de sécurité et de logement. Bref, vous manquez de vision pour une ville-monde du XXIe siècle, attractive, exemple de développement dans le monde, qui cherche à améliorer la vie de tous les Parisiens, quels que soient leurs quartiers, leurs conditions sociales, leurs âges ou leurs origines, aujourd'hui, il faut rassembler les Parisiens. Il faut les fédérer, il faut réconcilier le Paris qui va de l'avant, qui conquiert des parts de marché, le Paris qui gagne, le Paris de la nouvelle économie que nous soutenons, le Paris qui connaît la précarité, qui connaît les difficultés, qui ne croit plus en son avenir, ce Paris qui souffre et que vous n'avez pas su amener à vous. Ce sont les manquements de votre majorité qui vous ont fait aujourd'hui gravement échouer et qui nous font dire qu'il est de notre devoir de préparer 2020.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Geoffroy BOULARD. Il vous reste un peu plus de sept minutes.

M. Geoffroy BOULARD. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues.

Cette discussion budgétaire est l'occasion de dénoncer un petit scandale, celui d'une obscure commission poétiquement appelée "Copoep" et dont la mission est l'équarrissage de la démocratie locale. Dans les faits, tout projet d'investissement local dépassant les 100.000 euros passe sous les fourches caudines de cette sinistre officine interne chargée apparemment d'amputer aveuglément et autoritairement les projets ayant pourtant fait l'objet de concertation avec la population.

Oui, vous pouvez rire, Madame VÉRON. Comment justifier ainsi ces coupes claires qui remettent en question les projets montés selon les règles dans les enveloppes définies et annoncées aux habitants ? Les budgets participatifs dont vous vous gargarisez sont bien le faux nez d'un mépris total pour le travail de terrain des élus et des agents, qui se traduit par ces projets locaux que vous nous anéantissez d'un trait de plume bureaucrate. A quoi sert ce hold-up des crédits de proximité ? A combler des trous ?

Ah ! Il faut dire que l'économie parisienne fait grise mine. Après les annonces de fin d'été d'une saison touristique désastreuse, due aux attentats mais aussi aux inondations et aux mouvements sociaux, c'est certainement pour faire revenir les touristes que vous tapez fiscalement sur cette activité, tout comme vous créez des bouchons pour faire baisser la pollution.

Ah ! Il est bien gentil votre plan de relance du tourisme à 2 millions d?euros pour donner des gages à une profession contrariée, peut-être. Si l'on peut supposer cette déconvenue comme étant conjoncturelle, on s?inquiète en revanche sérieusement lorsque l'on apprend, coup sur coup, que Google puis Facebook ont choisi Londres pour étoffer leurs effectifs, et pas qu'un peu : 500 emplois d'ingénieurs très qualifiés pour le réseau social et jusqu'à 3.000 personnes pour le géant de l'informatique. Dans ce type d'investissement, ce sont les fondamentaux qui emportent la décision, et non pas des facteurs ponctuels. Tout ceci reste malheureusement d'une consternante constance, avec un déclassement permanent de Paris derrière Londres en matière d?attractivité économique. C'est récemment le "think tank" américain "Brookings" qui a classé Paris en avant-dernière position juste devant Tokyo en matière d'innovation et de capacité à attirer le capital-risque.

Que propose la Ville pour simplifier significativement l'environnement, notamment réglementaire des entreprises à Paris ? A Paris, Monsieur MARTINS, outre la fiscalité, la Municipalité ne semble pas avoir compris que l'on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Un seul exemple : une entreprise qui a son siège social dans le 17e arrondissement, qui occupe toute une parcelle, si elle souhaite l'agrandir et embaucher en surélevant les bâtiments qu'elle occupe, elle ne le peut pas, car le P.L.U. impose qu'elle fasse des logements avec les mètres carrés supplémentaires. Autant dire qu'elle ne les construira pas et qu'elle quittera Paris.

Je n'en ajoute pas sur l?état de la circulation, l'impossibilité de stationner, la saleté générale des trottoirs dans de nombreux quartiers. La situation de la capitale en matière de sûreté publique n'est pas brillante non plus. La lecture du budget prouve que cela vous indiffère au plus haut point. J'ai ainsi presque dû me pincer en lisant la somme consacrée à l'investissement municipal en matière de sûreté publique, tellement il est dérisoire : 300.000 euros. Non, vous ne vous trompez pas. Ce sont bien 300.000 euros, le prix d'un deux-pièces, pour des systèmes d'alerte anti-intrusion à distance. Pour un pays en état de guerre, pour une capitale qui fut la première visée et la première victime, ce n'est même plus un manque de mobilisation, c'est le déni avec la politique de l?autruche. Pas un euro municipal pour des caméras de vidéo-protection supplémentaires, quand même le Gouvernement admet qu'il faut compléter le réseau de surveillance parisien avec un mince crédit de 5 millions d?euros.

C'est pour cette raison que nous avons déposé un amendement demandant que la Ville abonde ce budget à l'euro l'euro, soit 5 millions d?euros, ainsi que 10 millions d?euros supplémentaires pour la sécurisation des équipements municipaux. Autre très mauvaise nouvelle, la quasi suppression de la subvention municipale au G.P.I.S. qui fait pourtant un travail remarquable de prévention, de médiation et d'intervention au sein des ensembles sociaux. Alors que nous constatons, tout comme les locataires, la recrudescence des incivilités et de l'insécurité, vous réduisez la subvention du G.P.I.S. à 800.000 euros, en laissant aux bailleurs le soin de compenser, s'ils le veulent et s'ils le peuvent.

Il est clair que le périmètre de surveillance ne s'accroîtra pas, malgré la hausse du parc et les déconvenues que l'on observe, y compris dans des immeubles neufs à peine livrés, comme c'est le cas sur le secteur Cesbron dans le 17e arrondissement où des foyers qui ont attendu des années un relogement, qui ont obtenu un appartement neuf avec vue sur le parc Martin-Luther-King, demandent, après quelques semaines, un relogement d'urgence pour cause d'insécurité. Madame le Maire, sur tous ces sujets clés de sécurité, d'attractivité et de gestion de proximité, votre budget ne fait que traduire une politique dont le dogmatisme a annihilé toute performance et toute pertinence. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. J'aime beaucoup quand vous m'appelez "Madame". Ne vous formalisez pas.