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Decembre 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à la tragédie d'Alep.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2016


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Je vais donner la parole à Marie ATALLAH pour qu?elle présente le v?u relatif à la tragédie d'Alep, puis à l'ensemble des représentants des groupes politiques pour qu?ils puissent s?exprimer sur ce v?u.

Madame ATALLAH ?

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire.

En effet, le groupe des élus écologistes a attiré, à de nombreuses reprises, l'attention de notre Assemblée sur la situation à Alep et en Syrie. Par ce v?u, nous avons souhaité alerter une fois de plus notre Assemblée et l'opinion sur la tragédie d'Alep qui se déroule sous nos yeux depuis 130 jours. Comme vous le savez, Monsieur le Maire, les événements se sont accélérés et, aujourd'hui, Alep est devenue une ville fantôme, un cimetière, où des centaines de civils sont morts sous les bombes du régime et de Poutine avec leurs alliés. Des centaines de milliers de civils ont pu fuir les violences et d'autres attendent encore la mort si leur évacuation n'est pas organisée au plus vite pour les protéger.

Face à cette tragédie humaine, les écologistes que nous sommes sont fiers d'avoir accompagné le maire d'Alep, M. Brita HAGI HASAN, qui est venu jusqu'ici en France pour nous demander de l'aider à alerter l'opinion sur la nécessité de l'arrêt immédiat des combats et pour assurer secours et assistance pour la population civile.

Nous avons entendu le cri d'alarme du Maire d'Alep et avons demandé à la Maire de Paris de réaffirmer sa solidarité avec les habitants d'Alep, d'apposer une banderole sur le fronton de l'Hôtel de Ville exprimant notre solidarité avec la Ville d'Alep et ses habitants, et aussi pour octroyer une aide d'urgence pour assister la population qui reste prise en otage dans le centre de la ville. Nous remercions Mme Anne HIDALGO d'avoir accueilli le Maire, de l?avoir accompagné dans sa demande. Ce v?u est déjà réalisé par un panneau qui est à l'entrée de l'Hôtel de Ville. Nous la remercions d'avoir aidé les manifestants qui se sont rassemblés sur le parvis, samedi dernier, pour, très dignement, exprimer avec le Maire d'Alep, leur désarroi, leur douleur. Nous avons voulu témoigner de notre solidarité par ce v?u.

Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Madame ATALLAH.

La parole est à M. Jean-Bernard BROS.

M. Jean-Bernard BROS. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, depuis des semaines, la situation humanitaire dans la Ville d?Alep est catastrophique. Sous couvert d'une libération, ce sont des milliers de civils qui ont été massacrés. Tirs ciblés sur les hôpitaux, assassinats, famines organisées, les témoignages de l'horreur nous sont parvenus jour après jour.

Nous sommes coupables de ne pas avoir réagi plus tôt. Notre diplomatie a échoué à sauver des milliers de civils, victimes de guerre. Notre diplomatie a échoué aussi à protéger les défenseurs de la liberté et des Droits de l?homme. Il faut saluer ceux qui nous ont alertés, élus de notre Assemblée, citoyens, associatifs qui ont inlassablement dénoncé ce qui se passait dans une indifférence quasi générale.

Il faudra rendre hommage à ceux qui ont continué à sauver des vies sous des bombes. Je pense aux Casques blancs dont nous avons salué l?engagement en novembre.

Paris soutient Alep, une réaction simple, symbolique et solidaire d?éveil des esprits face à un drame qui dévaste de trop nombreuses vies. A l?heure de la diplomatie des villes, Paris s?est engagée. Anne HIDALGO a ainsi exprimé le soutien des Parisiens aux Alépins, ainsi qu?à toutes les victimes du conflit syrien, et nous la remercions.

Alors qu?une trêve a été déclarée cette nuit, nous espérons qu?elle permettra d?évacuer les civils qui sont encore à Alep Est. Ne nous voilons pas la face, de nouveaux combats vont être menés contre d?autres villes encore tenues par les rebelles.

C?est donc un engagement sans faille qu?il nous faut exprimer aujourd?hui. Il nous faut agir pour que le drame d?Alep ne se reproduise pas dans les mois à venir. Bien évidemment nous voterons favorablement au v?u de nos amis écologistes. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BROS. La parole est à M. Pierre AURIACOMBE.

M. Pierre AURIACOMBE. - Merci, Monsieur le Maire.

Bien évidemment, le groupe des Républicains votera ce v?u. Nous vivons depuis quelques jours au rythme des atrocités inacceptables commises. Les exécutions sommaires, les assassinats commis à Alep, ce n?est pas acceptable. Aucun démocrate ne peut accepter ce fait accompli que sont ces massacres.

S?il est difficile, et vous en parliez à l?instant, d?avoir une idée précise des chiffres, c?est aujourd?hui plusieurs dizaines de milliers de personnes, plus de 100.000, voire beaucoup plus de personnes, enfants, femmes et hommes qui sont bloqués dans la Ville d?Alep. Ce sont des civils, certes, mais aussi des combattants qui semblent promis à une mort certaine si la communauté internationale ne fait pas pression sur le régime syrien et sur son alliée la Russie.

Même si ce que nous allons faire aujourd?hui peut paraître certes insuffisant, il est de notre devoir, il est du devoir de la Ville de Paris, un des symboles de la liberté et de la résistance à la répression, de prendre position.

C?est pour cela que nous voterons ce v?u.

Oui, le Conseil de Paris doit voter à l?unanimité sa solidarité avec les habitants d?Alep. Oui, le Conseil de Paris doit faire pression pour que le Gouvernement français, que la France apporte son soutien aux habitants d?Alep, pour que la France exige des actions de l?Onu au-delà de la trêve qui a été faite.

Oui, nous voterons ce v?u.

Merci.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur AURIACOMBE.

La parole est à Mme Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL. - Le groupe UDI-MODEM s?associe au v?u du groupe écologiste et c?est avec gravité que nous témoignons de la situation tragique que connaissent les 100.000 civils assiégés qui vivent une crise humanitaire sans précédent.

La mobilisation de la communauté internationale est nécessaire et le Conseil de Paris s?honore à témoigner de sa solidarité pour que cesse ce massacre à ciel ouvert et à caméras ouvertes.

C?est notre devoir de ne pas accepter l?inacceptable.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Madame MÉHAL.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

Tout d?abord je souhaiterais remercier et saluer l?intervention de Jacques BOUTAULT, ainsi que l?intervention de la Maire de Paris sur ce sujet.

Evidemment nous voterons le v?u du groupe Ecologiste de Paris car nous pensons que l?urgence est bien un cessez-le-feu immédiat et une aide humanitaire à la population.

Une fois encore, la population civile paye un lourd tribut dans cette partie de la ville occupée par les combattants des groupes armés, mêlant l?opposition modérée et des combattants djihadistes soutenus par des Occidentaux et les pays du Golfe.

L?urgence est de revenir à un cessez-le-feu immédiat et de faire parvenir l?aide humanitaire à ces populations privées de tout. Plus de 13 millions de personnes ont besoin d?une assistance urgente en Syrie, alerte l?ONU qui a ouvert une enquête indépendante après la destruction d?un convoi humanitaire près d?Alep.

Cette guerre ne connaîtra pas de solution militaire par la victoire d?un camp sur un autre. Cinq ans de guerre effroyable en attestent. La seule issue sera politique. Il ne faut pas gâcher encore une fois les possibilités d?y parvenir.

C?est le choix du Conseil de sécurité de l?ONU de décembre 2015 sur la base des propositions de dix-sept pays dits "du Groupe de Vienne", dont la France. Pour cela, il faut en finir avec les préalables et que se retrouvent tous les acteurs du conflit, hormis les groupes terroristes reconnus unanimement comme tels. La feuille de route est connue, elle est établie, elle prévoit de mettre en place dans les six mois une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire, ainsi que les modalités d?une nouvelle constitution et la tenue dans les dix-huit mois d?élections libres et régulières.

Alors, que le Gouvernement français s?engage vraiment dans la mise en ?uvre de la solution politique, à laquelle il a participé, et prenne de véritables initiatives dans ce sens.

Pour nous, nous pensons que la Ville de Paris a un devoir. Celui de promouvoir la culture de paix, c?est vouloir en finir avec le chaos mondial. La guerre est un marché, la paix est un projet.

Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BONNET-OULALDJ.

Pour répondre, la parole est à Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais à votre suite commencer, en notre nom à tous, par remercier Jacques BOUTAULT de s?être rendu, en tant qu?élu de Paris, avec les parlementaires sur place, et de pouvoir rendre compte à notre Conseil de ce qu?il a vu pour que notre mobilisation, au-delà du v?u que nous adopterons, continue. Merci, Jacques BOUTAULT, le plus sincèrement du monde.

La tragédie d?Alep, comme toute tragédie, est atrocement simple. Il y a une ville qui est prisonnière, il y a sa population qui est captive de n?être ni des affidés du régime de Bachar Al-Assad ni des suppôts des fous de Dieu de l?Etat islamique. Voilà la tare, voilà le crime qui menacent de disparition la population civile désarmée de la Ville d?Alep.

Alep est tombée.

Alep est tombée, mais il y a encore des habitants là-bas.

Effectivement, la Maire de Paris a reçu le Maire d?Alep Est. Effectivement, elle a immédiatement mobilisé C.G.L.U., les maires du monde entier. Effectivement, quand avec Catherine VIEU-CHARIER et Dominique VERSINI et la Maire de Paris, nous nous sommes rendus au Vatican, nous avons remis le message du Maire d?Alep Est au Vatican et au Pape.

Et bien sûr nous voterons le v?u avec une petite modification qui permettra de voter une aide d?urgence, en soulignant que nous soutenons un convoi de médecins syriens de l?U.O.S.S.M. qui partira demain à 15 heures 30.

Au-delà de l?adoption de ce v?u, puisque nous avons un débat sur la situation d?Alep, je crois après l?intervention de Nicolas BONNET-OULALDJ que la situation actuelle est humanitaire, elle n?est plus militaire. Et dans une situation humanitaire, les villes peuvent faire beaucoup. Je crois que la Ville de Paris, entraînant d?autres villes, d?autres ressources et d?autres réseaux avec lesquels nous travaillons tout au long de l?année, peut encore faire beaucoup, dans des conditions d?urgence qui seront difficiles parce que c?est la fin de l?année. Je crois et j?espère, vu le nombre d?entre vous qui sont venus me trouver pour savoir ce que nous pouvions faire, que nous devons faire encore, encore et encore plus.

Cher Jacques BOUTAULT, chers collègues, quelle que soit votre position sur ces rangs, je vous demande qu?à l?issue de la séance, nous nous réunissions, que vous voyions ensemble les réseaux qui sont sur place. Il y a la Croix-Rouge, les médecins syriens, l?association "Revivre" que Frédérique CALANDRA connait bien, qui est sise dans le 20e et qui fait beaucoup pour la Syrie.

Je pense qu?avec tous ces acteurs, nous pouvons voir ce que nous pouvons faire concrètement. Je crois que tout ce que nous pouvons faire sera le minimum de notre mobilisation, car je crois que nous pouvons agir et que c?est de notre responsabilité. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci à Patrick KLUGMAN.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 117 du groupe Ecologiste de Paris légèrement amendé, comme cela vient d?être dit.

Qui est pour ?

Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u amendé est adopté à l?unanimité. (2016, V. 398). Je vous remercie.