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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif aux arrestations de Kameleddine FEKHAR et de ses camarades en Algérie.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 48 est relatif aux arrestations de Kameleddine FEKHAR et de ses camarades en Algérie.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, mes chers collègues, j?ai été interpellée par des associations berbères-kabyles, qui m?ont interpellée sur la situation effroyable qui prévaut dans le Mzab, région berbère du Sud algérien, qui a été en proie aux massacres et aux flammes durant l?été 2015, lors des événements dits de Ghardaïa. La région est encore sous un état d?urgence, officiellement pour y assurer une sécurité qui ne s?est jamais traduite dans les actes.

La situation des Mozabites, qui sont les victimes d?une oppression quotidienne : droit à l?accès au marché du travail ou d?exercice dans des locaux commerciaux restreints, mise à l?écart des enfants du système scolaire, destruction des commerces, attaques physiques, voire meurtrières, dégradations répétitives d?habitations, de cimetières et de mausolées mozabites.

Il y a eu 150 interpellations arbitraires en Kabylie autour de la période du nouvel an Amazigh - berbère - le 12 janvier 2017, l?augmentation des convocations répétées des militants kabyles, l?interdiction de rassemblements et de manifestations pacifiques et les interpellations à l?aéroport d?Alger de militants kabyles immigrés avec interrogatoires.

Le docteur Kameleddine FEKHAR, médecin de profession, est un militant des Droits de l?Homme, qui a ?uvré sans relâche avec pacifisme et abnégation pour faire entendre la voix et la souffrance des Mozabites, peuple autochtone amazigh -berbère-. M. FEKHAR a envoyé une lettre à l?O.N.U. pour alerter l?opinion internationale sur la situation. L?arrestation de M. FEKHAR avec plusieurs de ses camarades le 9 juillet 2015 et son emprisonnement dans des conditions inhumaines, en dehors de tout respect de la dignité humaine, l?amenant à enchaîner des grèves de la faim. Voilà la situation.

Ses deux camarades détenus, arrêtés en même temps que lui, sont décédés en prison suite à de mauvais traitements. Le dossier monté entièrement à charge par la justice ne laisse que peu de doute quant à la partialité de cette dernière. Je vous demande, à travers ce v?u, mes chers collègues, que nous prenions conscience de la situation et que la Maire de Paris soutienne la demande de la libération de M. FEKHAR et de ses camarades.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Merci.

La parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

La situation sur laquelle vous souhaitez attirer notre attention, celle de M. Kameleddine FEKHAR, de ses camarades, est effectivement extrêmement préoccupante. Le fait que plusieurs de ses camarades soient décédés lors de leur détention mérite effectivement toute notre solidarité, comme le fait d?ailleurs que son propre avocat, apparemment, subisse des persécutions car il veut jouer son rôle d?avocat. Toutefois, je voudrais faire état ici du fait qu?il ne semble pas qu'un v?u en Conseil de Paris soit la meilleure solution à ce stade - et j'insiste sur "à ce stade"- pour améliorer le sort de M. Kameleddine FEKHAR. Je souhaiterais, avec votre permission, si vous retirez votre v?u, que nous puissions avancer, peut-être dans un premier temps de manière plus discrète, notamment auprès de l'ambassade d'Algérie avant de revenir éventuellement, si la situation n'évolue pas, vers l?adoption d?un v?u en Conseil de Paris. C'est donc par pragmatisme que je vous demanderai de retirer votre v?u et surtout dans le souci de ne pas détériorer les conditions de détention de l'intéressé, de ne pas le mettre en danger de manière prématurée. Je voudrais que vous compreniez bien le sens de ma démarche. Encore une fois, je prends ici l'engagement public si nécessaire d'y revenir si toutefois notre démarche ne s'avérait pas concluante. Ce sera donc une demande de retrait ou de rejet en cas de non-retrait.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u est retiré, je vous en remercie.