Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Janvier 2017
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2017 DLH 48 - Réalisation par Elogie-S.I.E.M.P., dans le cadre d’une vente en l’état futur d’achèvement, d’un programme comportant 10 logements P.L.A.-I., 24 PLUS, et 14 P.L.S. Z.A.C. "Clichy-Batignolles". Lot 02 (17e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Nous restons dans le 17e avec le projet de délibération DLH 48 qui porte sur un programme de 48 logements.

La parole est à Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet de délibération s?inscrit en effet dans le cadre de la Z.A.C. "Clichy-Batignolles". Il s'agit de construire 10 logements P.L.A.-I., 24 logements PLUS et 14 logements P.L.S.

Je rappelle, c'est nécessaire je le crois, qu'il y a plus de 10 ans maintenant, un accord a été passé entre le Maire de Paris précédent, Bertrand DELANOË, et le Premier Ministre de l'époque, Dominique de VILLEPIN, pour que nous puissions construire 3.500 logements dans cette Z.A.C. dont 50 % de logements sociaux, de logements publics toute catégorie. Par conséquent, cet accord est un accord global.

Or chaque fois que nous avons un projet de délibération pour justement mettre en ?uvre cet accord, la majorité du 17e arrondissement vote contre puisqu?en effet - elle ne le cache pas - elle n'est pas pour la construction de logement social. Pourtant, elle revendique la création de nombreux équipements publics dans ce même quartier. Il y a là une contradiction forte parce que c'est un ensemble et qu'on ne peut pas avoir un menu à la carte en fonction de ses desiderata personnels.

En plus, je rappelle - cela a été dit au Conseil d'arrondissement il y a 15 jours - que l'argument qui a été donné pour voter contre ce projet de délibération est le suivant, je cite : "Les familles éligibles au DALO sont des cas très problématiques pour les services sociaux." Or je rappelle que c'est une majorité de droite, soutenue par Mme KUSTER, qui a instauré ce droit au logement en 2007.

Ensuite, une personne qui est reconnue prioritaire par une commission DALO, c'est parce qu'elle correspond justement à ces critères. L'un des plus courants, il faut le dire, c'est d'avoir fait une demande de logement social sans avoir reçu de réponse pendant un temps anormalement long, soit 9 ans pour un deux-pièces par exemple.

En conséquence, si nous avions écouté la Maire du 17e arrondissement, nous n'aurions toujours pas commencé à construire ni logements, ni équipements, ni bureaux, ni même le parc Martin Luther King.

Ainsi, n'écoutons pas ces contradictions, mes chers collègues, et poursuivons l'aménagement du Nord des Batignolles.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Madame LEPETIT.

La parole est à M. BOULARD.

M. Geoffroy BOULARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Il est vrai qu?à écouter Mme LEPETIT, qui nous refait l'histoire, qui ne répond, finalement, pas sur les problèmes? Non, vous ne répondez absolument pas sur les sujets de logement et notamment des DALO, qui posent un certain nombre de problèmes sur la Z.A.C. "Clichy-Batignolles".

Il suffit tout simplement de discuter avec des assistantes sociales, mais visiblement vous êtes bien éloignée de toutes ces considérations en ce moment.

Les premiers résultats de la Z.A.C. "Clichy-Batignolles" sont catastrophiques en termes de qualité de vie dans le parc social, c?est une réalité. Brigitte KUSTER avait déjà eu l'occasion de s'en entretenir avec les responsables du peuplement, qui font que des personnes en souffrance depuis de nombreuses années à qui on avait attribué un logement neuf avec vue sur le parc Martin Luther King, aujourd?hui demandent à être relogés d'urgence pour cause d'insécurité et de conditions de vie impossibles.

Ainsi, tant que la Ville de Paris, la Préfecture, les bailleurs n'auront pas réussi à prouver qu'ils sont capables de gérer une telle concentration de logements sociaux dans un quartier neuf, nous ne pourrons pas soutenir ce type de projet, même si a priori il répondait pour une fois à nos critères - et je le reconnais - à nos critères, à savoir qu'il s'agit d'un programme neuf, non situé hors zone de déficit en logements sociaux.

Pour toutes ces raisons, je vous propose donc l'abstention sur ce projet.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOULARD.

Pour vous répondre, la parole est à Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, chère Annick LEPETIT, cher Geoffroy BOULARD, le projet de délibération DLH 48 porte sur la réalisation de 48 logements sociaux dans le cadre d?une V.E.F.A. au sein de la Z.A.C. "Clichy-Batignolles" dans le 17e arrondissement.

Il est important que nous continuions à produire du logement social dans le 17e arrondissement, qui, au 1er janvier 2016, en compte 12,9 %. C?est dire que nous avons encore du travail pour réaliser une véritable mixité sociale dans cet arrondissement. Je ne vais pas redévelopper toute notre stratégie en matière de logement social mais je voudrais quand même vous raconter une anecdote, sans vous raconter ma vie.

Hier, j'ai déjeuné avec une journaliste taïwanaise - c?était aussi le Nouvel An chinois. Elle voulait comprendre notre stratégie en matière de logement social et elle me disait que nombre de responsables de la Municipalité de Taipei - et on ne peut pas dire que Taïwan soit acquise à une politique socialiste ou communiste - s'intéressent beaucoup à ce que nous faisons en matière de logement social. Pourquoi ? Parce qu?eux aussi ils ont des salariés qu'ils ont besoin de loger, eux aussi ils ont des hommes et des femmes qui travaillent et qui ont besoin d'avoir toute leur place dans la ville.

Eh bien, ce que vous ne comprenez pas, les habitants de Taipei le comprennent tout à fait, y compris les responsables de la Municipalité de Taipei. Je vous invite donc d'une certaine manière à écouter leur sage parole et à comprendre que l'on a besoin de logements sociaux à Paris comme dans l'ensemble des grandes métropoles parce que cela contribue aussi à l?attractivité de nos villes. Cela vous énerve et cela vous incite à parler en même temps que moi. Mais en tout cas, je peux vous dire que cette stratégie, nous allons continuer à la mener, encouragés que nous sommes par d'autres municipalités qui voient cette politique d'un bon ?il.

M. Bernard JOMIER, président. - Merci, Monsieur BROSSAT.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 48 typiquement parisien.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DLH 48).

Le groupe les Républicains s'abstient.