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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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2017 DEVE 47 - Convention de partenariat entre la Ville de Paris et les Brasseurs de France pour la production de bière à partir de l'orge et du houblon cultivés au bois de Vincennes.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous débutons avec la communication relative à une alimentation durable et une agriculture urbaine créatrices de nouveaux liens urbains/ruraux. Il s'agit du projet de délibération DEVE 50 auquel viennent se joindre 12 dossiers qui seront débattus pendant cette matinée et feront l'objet de votes sachant que là il s'agit d'une communication.

Mes chers collègues, je vais introduire ce débat.

Si les industries agroalimentaires ont nettement dominé la consommation des citadins de la deuxième moitié du XXe siècle, nous le savons, nous vivons depuis 25 ans une véritable révolution environnementale, alimentaire et sanitaire.

Il nous appartient de l'encourager pour permettre aux citoyens d'adopter un mode d'alimentation plus sain, respectueux de leur santé et de leur environnement. Cela implique bien sûr d'accompagner les évolutions de la chaîne alimentaire traditionnelle, du producteur au consommateur.

L'alimentation doit en outre être replacée au c?ur d'une nouvelle relation territoriale, qui permettra de renouer les liens entre les urbains et les ruraux. Notre Métropole se montrera durable et résiliente si elle parvient à préserver le système alimentaire agricole à chacune de ces étapes.

Le plan d'action que je vous présente aujourd'hui apporte une réponse concrète et ambitieuse à tous ces enjeux fondamentaux et je veux bien sûr remercier très chaleureusement l'Exécutif dans son ensemble et plus particulièrement Pénélope KOMITÈS, Célia BLAUEL, Olivia POLSKI, Antoinette GUHL, Jean-Louis MISSIKA, Mao PENINOU, ainsi que toutes les équipes de l'administration pour la préparation de ce plan d'action extrêmement ambitieux et très concret.

Notre objectif est clair, il s'agit d'abord de permettre à tous les Parisiens d'avoir accès à des produits de qualité dont la culture, la transformation et la vente favorisent le développement des territoires et présentent un impact réduit sur l'environnement.

La Ville de Paris est le premier acheteur public de produits issus de l'agriculture durable. Notre Plan d'alimentation durable 2015-2020 prévoit de porter à 50 % la part de l'alimentation durable dans l'ensemble de la restauration collective des services de la Ville. Nous ?uvrons également à lever les obstacles pouvant limiter l'accès des petits producteurs locaux à la commande publique. C'est un vrai sujet. Le renouvellement du conventionnement entre la Ville et les caisses des écoles fin 2017 pourra aussi renforcer nos efforts.

Il s'agit aussi du soutien au commerce et à la distribution de proximité parce qu'il est essentiel pour garantir l'accès à des produits locaux de qualité et pour la protection des savoir-faire gastronomiques artisanaux. Nous sommes fiers à Paris d'avoir des artisans et commerçants avec une belle vitalité.

Depuis 2001, nous menons une politique active pour préserver, soutenir et installer les commerces alimentaires et artisans de bouche à travers notamment des dispositifs innovants tels que "Vital'Quartier", avec les saisons 1 et 2.

Le contrat "Paris Commerces" amplifiera cette dynamique et la mise en place d'une structure de coopération interbailleurs pour la commercialisation de leurs 6.500 locaux d'activité en pied d'immeuble permettra, elle aussi, de mobiliser au mieux ce parc pour favoriser l'installation de commerces alimentaires.

Nous continuerons à nous opposer à l'implantation de grandes surfaces alimentaires, je le dis avec force, lorsqu'elles menacent l'offre de proximité et je me réjouis, à cet égard, du vote dans la loi sur le statut de Paris, d'un amendement renforçant la régulation de ce type d'implantation, qui menace les petits commerces ici et les terres agricoles en Grande Couronne.

Nous travaillons avec la S.E.M.A.-EST pour soutenir l'installation de magasins de vrac, il y en a plusieurs d'ouverts notamment dans le 10e arrondissement de Paris.

Les 82 marchés couverts et découverts seront toujours au c?ur de la stratégie municipale. 3 nouveaux marchés biologiques vont s'ajouter bientôt aux 3 existants. 2 nouvelles halles alimentaires seront en outre ouvertes. Un quai fermier réservé aux producteurs locaux sera créé dans la continuité de la reconquête des rives de la Seine sur ce nouveau parc, celui des rives de la Seine.

Créer une logistique durable aussi pour les circuits courts constitue un enjeu majeur pour maintenir le commerce alimentaire de proximité. C'est l'objet de la Charte logistique durable signée avec une centaine de partenaires en 2013. Nous avons modifié le P.L.U. afin de réserver une soixantaine de nouveaux espaces de logistique urbaine dans Paris. La construction par la Sogaris d'une halle logistique à Chapelle International s'inscrit également dans cette démarche. Nous travaillons aussi avec Rungis pour promouvoir et structurer les filières des circuits courts avec l'ouverture en 2015 du pavillon des producteurs locaux. Les innovations numériques développées par les "start-up" soutenues par "Paris&Co" contribuent aussi à développer les plateformes de logistique durable.

Nous avons toujours voulu que le commerce traditionnel soit appuyé par l'innovation, et notamment le fait que nous soyons une capitale européenne et mondiale du numérique nous aide.

Ces dernières années, la gastronomie a vécu aussi de profondes évolutions. Nous encourageons le développement d'une nouvelle économie collaborative et coopérative de l'alimentation, qui contribue activement à promouvoir les produits de l?agriculture francilienne à un prix accessible. Je pense notamment aux A.M.A.P., mais bien sûr à "La Ruche qui dit oui", ou encore à "La Louve", dont nous parlions tout à l?heure, chère Antoinette GUHL.

Nous avons également lancé il y a un an un incubateur en innovation alimentaire, le "smart food Paris". Un nouvel appel à projets sera en outre lancé en 2017 pour une trentaine d?emplacements de "popote roulante", nom labellisé désormais, pour ne pas utiliser toujours l?anglais, et qui remplace donc le terme "food truck" - je le redis : "popote roulante" -, emprunté à nos collègues québécois. La cuisine de rue est donc aussi en plein essor.

La lutte contre le gaspillage alimentaire doit aussi être une priorité. Nous nous y attelons dans le cadre du plan stratégique adopté en 2015, mais aussi via des dispositifs de récupération-redistribution d?invendus alimentaires.

Dans ce contexte, Paris a vocation à devenir une nouvelle terre d?agriculture urbaine, je l?ai dit dès le début de ce mandat, où émergent de nouveaux échanges urbains ruraux. Dans ce but, nous avons décidé d?atteindre 100 hectares de murs et toitures végétalisés en 2020, chère Pénélope KOMITÈS, dont 33 hectares d?agriculture urbaine, objectif formalisé dans la charte "100 hectares" signée il y a un an, et qui verra bientôt de nouveaux partenaires s?y associer. Je pense à beaucoup de partenaires privés. On en a en face de nous, avec le B.H.V., mais on a beaucoup, beaucoup de grands magasins, d?hôtels, de restaurants qui, sur leur toit, pratiquent aujourd?hui cette agriculture urbaine.

L?appel à projets "les Parisculteurs" prolonge et amplifie cette dynamique. Cela a été un succès. La première promotion a permis, permettra de mobiliser 5,5 hectares de végétalisation aménagés sur des bâtiments parisiens, dont 5,2 hectares d?agriculture urbaine, et 500 tonnes de produits comestibles sont ainsi produits chaque année à Paris. Un nouvel appel à projets "Parisculteurs 2" sera lancé en 2017 et il se donnera comme objectif supplémentaire de réaliser des projets sur des copropriétés, d?associer davantage les agriculteurs de petite et de grande couronne et de mobiliser les structures d?insertion par l?activité économique.

De nombreux projets d?agriculture urbaine sont à l??uvre, notamment dans le cadre du budget participatif et du programme "cultiver en ville", mais aussi au sein de la très belle Ferme de Paris dans le 12e arrondissement, Madame la maire du 12e, qui accueillera bientôt une nouvelle parcelle permacole, avec une activité de maraîchage "bio" productif. Je vous invite à aller visiter cette ferme de Paris. Beaucoup d?enfants la visitent avec leurs écoles et avec leurs parents. C?est vraiment un lieu magnifique au bois de Vincennes. De l?orge, du houblon seront également cultivés dans le bois de Vincennes en vue de produire et de brasser une bière de Paris. Vous savez que nous avons accueilli, nous accueillons notamment dans le 18e arrondissement, Monsieur le Maire du 18e, des brasseurs qui fabriquent une très bonne bière parisienne, à la Goutte d?Or notamment.

Nous encourageons par ailleurs l?installation bien sûr de ruches et la valorisation du miel de Paris. Nous créerons l?Ecole parisienne de la permaculture, qui s?appuiera sur une offre de formation portée par l?école Du Breuil, en coordination avec la Ferme de Paris. Et nous lancerons enfin, en 2017, les trophées de l?agriculture urbaine pour récompenser ces agriculteurs, non pas d?un nouveau temps, parce que ce sont des agriculteurs, sauf qu?ils sont en ville.

La participation citoyenne est au c?ur des projets d?agriculture urbaine. L?essor des jardins partagés, le nombre de projets de végétalisation proposés lors du budget participatif, l?investissement de ces tiers lieux, comme la Recyclerie, le succès des bourses aux plantes organisées par la Ville et du permis de végétaliser en témoignent ; la plateforme numérique "végétalisons Paris", qui sera lancée au printemps, fédérera toutes ces démarches.

Pour créer de nouvelles réciprocités entre la ville et la campagne, nous devons connecter l?agriculture urbaine et l?écosystème agricole francilien, c?est essentiel, développer des partenariats avec les agriculteurs de petite et de grande couronne. Ça n?a pas l?air de trop vous intéresser, mais on va le faire. Elle doit permettre de partager des savoir-faire, d?offrir un débouché économique aux producteurs en pleine terre - cela ne vous intéresse toujours pas plus, mais bon, ailleurs, cela nous intéresse - et d?aider aussi les projets d?agriculture urbaine à trouver un équilibre économique.

C?est pourquoi nous souhaitons travailler en partenariat avec tous les acteurs concernés, nous le faisons déjà : les Chambres d?agriculture, le pôle "Abiosol", l?Association française d?agriculture urbaine professionnelle. Le projet "solidarité Paris campagne" créera des jumelages entre Paris et des villes de zones rurales ou périurbaines. "Biodiversiterre", véritable salon de l?agriculture urbaine, sera aussi un salon organisé avenue Foch du 3 au 5 juin 2017. Il incarnera cette rencontre entre les urbains et les ruraux.

Je veux insister sur ce point : nous sommes des habitants de la Capitale, du c?ur de la zone dense de la Métropole. Nous devons aussi, dans le travail qui est le nôtre, faire en sorte que l?on protège, que l?on préserve les terres agricoles et les terres naturelles autour de cette métropole. Il nous faut avoir une stratégie. Je le sais, beaucoup ici sont d?accord, et nous porterons cette vision au sein de la Métropole du Grand Paris. Il nous faudra aussi la porter au sein de la Région. Nous ne pouvons pas nous permettre un mitage des terres agricoles, un abandon de ces terres agricoles ou de ces terres naturelles tout autour de Paris. Nous en avons besoin. L?urbanisation doit être maîtrisée. La zone dense doit continuer effectivement son développement, mais sans s?étendre sur les terres agricoles.

Il faut qu?il y ait une stratégie claire de l?ensemble des collectivités Paris, Métropole et Région pour réussir. Nous ne pourrons pas avoir un espace de vie de qualité si nous empiétons, comme cela se fait encore malheureusement trop aujourd?hui, avec une pression très forte, sur les terres agricoles, et notamment sur le foncier agricole, qui pousse un certain nombre de communes et de propriétaires à essayer de faire la bascule et à passer ces terres agricoles en terres constructibles. Et ce plan, que nous portons ensemble, vise à donner des perspectives à ceux qui doivent pouvoir vivre de leur travail dans cette agriculture autour de Paris.

J?espère que nous nous retrouverons dans cet objectif commun, y compris pour le porter au niveau régional.

Nous élaborons donc une stratégie alimentaire territoriale et nous poursuivons également notre partenariat avec des agriculteurs, par exemple à travers "Eau de Paris", chère Célia, qui s?est fixé de nouveaux objectifs à atteindre d?ici 2020 pour protéger les ressources en eau. Nous progresserons dans la stratégie "zéro déchets", et là, c?est Mao PENINOU et également Antoinette GUHL qui y travaillent, en encourageant la production de compost, de biogaz, notamment via un plan "compost 2016-2020". La généralisation de la collecte des déchets alimentaires chez l?habitant sera également initiée en 2017. Nous avons l?expérimentation dans le 2e et le 12e arrondissement de Paris, et nous allons généraliser. Et grâce à cela, le territoire parisien sera en capacité, d?ici quelques années, de contribuer à la production de 30.000 tonnes de compost par an.

Mes chers collègues, renouer avec une alimentation durable et redonner sa juste place à l?agriculture urbaine sont des objectifs à notre portée. Tout faire pour y parvenir est notre devoir. Il y a là un double enjeu de transition écologique, énergétique et de santé publique. Un triple enjeu. Nous pouvons et devons permettre l?émergence d?une nouvelle économie agricole où les circuits courts, la proximité, la diversification, les pratiques culturales respectueuses de l?environnement protègent les producteurs et les consommateurs aujourd?hui et demain, car nous construisons aujourd?hui ce monde de demain. Je remercie à nouveau l?ensemble de l?Exécutif, et plus particulièrement Pénélope KOMITÈS, Célia BLAUEL, Olivia POLSKI, Antoinette GUHL, Jean-Louis MISSIKA, Mao PENINOU et toutes leurs équipes, pour l?élaboration de ce plan d?action essentiel, visionnaire et concret. C?est comme cela que l?on fait bouger les choses.

Je vous remercie. Le premier orateur est Yann WEHRLING pour le groupe UDI-MODEM.

M. Yann WEHRLING. - Madame la Maire, pour ce qui me concerne, cela m'intéresse. D'abord, parce que ce sujet, les constats que vous avez dressés, je les partage entièrement. Notre groupe les partage entièrement. C'est d'abord un sujet de santé publique. Je rappelle que 10 % des Français sont touchés par l'obésité. C'est aussi et surtout un sujet, aujourd'hui, environnemental. On sait, aujourd'hui, que l'alimentation...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Pardon, Yann WEHRLING. Est-ce que vous pouvez respecter votre collègue qui est en train de parler ? Si vous avez des conversations à avoir, cher Monsieur FROMANTIN, vous pouvez peut-être... Monsieur de FROMENT, pardon, excusez-moi. Pardon, pardon. Ah, il y a un petit côté... Il y a un petit côté? Bon, comme cela, Jean-Christophe FROMANTIN saura que je pense, de temps en temps, à lui. Voilà.

Yann WEHRLING, poursuivez.

M. Yann WEHRLING. - Je reprends. Effectivement, l'agriculture et l'alimentation de manière générale sont très impactantes pour l'environnement et la planète. Ce sont 36 % des gaz à effet de serre dont l?agriculture et l'alimentation sont responsables. C'est aussi un problème de pesticides, d'engrais, d'intrants de diverses sortes. Je rappellerai que, récemment, les abeilles ont été classées comme espèce en voie d'extinction, que la population des oiseaux a baissée de 30 % dans les campagnes. Les impacts sont donc considérables.

Face à cela, nous sommes nombreux à défendre l'idée qu'il faut que l'agriculture aille vers davantage de pratiques culturales de type agriculture bio, mais aussi de toutes ces autres pratiques agricoles qui, aujourd'hui, sont plus respectueuses de l'environnement. Au fond, nous irons certainement progressivement vers de nouveaux contrats avec les agriculteurs, de manière générale, à l'échelle nationale - je l?espère à l?échelle européenne également -, qui fassent en sorte que, contre la garantie de leurs revenus, nous puissions assurer un meilleur respect de l'environnement. C?est à peu près vers cela qu?il faut aller.

Enjeu très important, je crois - vous l'avez souligné, Madame la Maire -, mais cela doit être une priorité avec un focus important pour nous : c'est le gaspillage alimentaire. C'est d?autant plus révoltant quand je viens de citer les 10 % de taux d'obésité et les problèmes d'alimentation qui peuvent exister dans le monde. Dans nos pays occidentaux, ce sont 30 % de notre production alimentaire qui sont gaspillés. A Paris, c'est trois fois plus que dans le reste de la France. Je crois qu'on a un travail très important à faire à Paris même.

Vous avez cité l'ensemble des actions que vous menez. Je dois dire que la liste est impressionnante et positive, tant en qualité d'acheteur public qu'en favorisant le commerce de proximité, les marchés couverts et les marchés tout court, mais aussi en développant cette nouveauté qu'est l'agriculture urbaine, avec un rapprochement de la ville et de la campagne, notamment vis-à-vis des enfants, la découverte de ce qu'est la production alimentaire. C'est aussi un travail que nous partageons au niveau de la Région Ile-de-France, de préserver les terres agricoles à destination de l'alimentation de proximité. A les regarder de près, nous ne sommes pas encore dans une production maraîchère. Elle est encore beaucoup céréalière. Espérons qu'elle puisse évoluer.

Sachez en tout cas que nous avons, pour notre groupe politique à la Région, défendu l'idée que soient préservées les terres agricoles, notamment à destination de l'agriculture biologique. Nous avons des combats à mener également contre des projets, tel qu?EuropaCity, qui, comme vous l'avez signalé, sont des grignotages de terres agricoles que nous devons précieusement conserver.

Je voudrais insister, dans un temps de parole court, sur un point qui, à mon avis, figure encore trop peu dans votre communication, qui est peut-être le développement futur de l'action de la Ville de Paris dans le domaine de l'alimentation. Je veux parler de l'alimentation carnée. De récents rapports d'O.N.G. internationales ont indiqué que cette catégorie précise de l'alimentation dans nos sociétés est responsable des plus grands impacts sur la planète, on estime, par exemple, que si l?humanité consommait ne serait-ce que deux fois moins de viande, notamment dans les pays occidentaux, ce serait près de 25 % de nos impacts globaux sur la planète qui seraient réduits. Vous voyez à peu près l'enjeu qu'il y a derrière cela.

Je rappellerai que, d'ailleurs, au fond, ceci n'est pas impossible à réaliser. On nous dit qu'il faut nourrir la terre entière. Certes. Mais un pays comme l'Inde, qui a la densité de population la plus élevée, est à peu près en autosuffisance alimentaire, précisément parce que l'alimentation de ce pays est très peu carnée.

Je rappellerai également que notre groupe a déposé un v?u, en septembre 2015, qui prônait plus de menus végétariens dans les écoles. Je crois que ce sont des pistes, mais il faut aller plus loin en ce sens dans la promotion d'une alimentation moins carnée qui, par ailleurs, est meilleure pour la santé.

Dernière remarque sur votre communication. Nous avons besoin d'en savoir un peu plus sur l'impact de toutes ces mesures que vous avez développées, l'impact global justement sur ce que les Parisiens, aujourd'hui, font en termes d'alimentation. Quel est l'impact des Parisiens aujourd'hui sur l'environnement et quel est l'impact de ces mesures que vous avez développées ? Il y a peut-être une part de constat qui, aujourd'hui, manque trop dans cette communication pour savoir exactement si ce que nous faisons est efficace ou pas.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, cher Yann WEHRLING, pour vos propos et vos propositions.

La parole est à Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Chers collègues, le sujet dont nous parlons ce matin est une préoccupation de plus en plus importante des Français et des Parisiens en particulier qui se soucient toujours plus de la qualité de leur alimentation à l'heure où les scandales sanitaires et environnementaux entraînent de nombreux doutes. Réjouissons-nous, donc, de débattre aujourd'hui des actions de notre Municipalité en faveur de l'alimentation durable et de l'agriculture urbaine, car ces sujets sont loin d'être secondaires. Ils peuvent être structurants pour notre Métropole et porteurs de grandes innovations traversant toute la société. Comme collectivité, nous avons un rôle très important à jouer pour orienter la production et garantir l'accès à une alimentation saine au plus grand nombre.

Je voudrais tout particulièrement m'attarder sur l'action de la Ville de Paris en faveur de la diversité commerciale, de l'offre alimentaire durable et équitable et du développement de l'agriculture urbaine. Nous savons tous combien la qualité de vie à Paris, et donc son attractivité aussi, sont liées à l?originalité et à la diversité de ses commerces, en particulier alimentaires, qui représentent plus d'un tiers de tous les magasins parisiens. Nous développons, depuis 2001, une politique très efficace avec les programmes "Vital?Quartier" mis en ?uvre par la S.E.M.A.-EST. Ce ne sont ainsi pas moins de 371 commerces de bouche qui ont été implantés dans des quartiers déficitaires de Paris. En 2017, ces dispositifs favoriseront aussi les commerces proposant une alimentation saine, en particulier fondée sur les circuits courts. L'année dernière, en votant à l'unanimité la modification du P.L.U., nous avions déjà augmenté de 15 % les linéaires commerciaux et artisanaux protégés, ce qui équivaut à presque 300 kilomètres de rues parisiennes.

Je voudrais tout particulièrement saluer la création de deux halles alimentaires nouvelles dans le 10e et le 14e arrondissement, dans les mois qui viennent. C'est un dispositif que nous nous étions engagés ensemble à développer lors de la campagne des municipales. Il répond à un réel besoin promouvant une alimentation saine et accessible au plus grand nombre, en particulier dans les quartiers populaires. Les halles alimentaires permettront à la fois de privilégier les circuits courts d?approvisionnement, les produits bio ou labellisés et une implantation dans des quartiers dans lesquels l'offre en produits alimentaires de qualité est soit moins abondante, soit réservée aux plus favorisés.

Nous devons donc nous attacher à ce que ces initiatives se concentrent sur les quartiers "politique de la ville" afin de permettre à tous les milieux sociaux d'accéder à une alimentation saine et durable. Cela passe aussi par un travail avec les bailleurs sociaux pour identifier les surfaces adaptées, des tarifs négociés, ainsi que par une association avec des acteurs de l'économie sociale et solidaire qui connaissent bien ces problématiques.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît, vous pouvez, vraiment, Madame SIMONNET, écouter.

Soyez un peu respectueux des orateurs. Ce n'est pas très compliqué, si vous avez des choses à dire, d'aller à l'extérieur. Monsieur le Président, vous avez la parole.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, d'autant que moi, je suis allé écouter Danielle SIMONNET au théâtre.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - En plus, vous devriez être reconnaissante, quand même.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Dans le 10e arrondissement, rue Bichat, la première halle alimentaire ouvrira cette année avec la société "Kelbongoo!", lauréate des Trophées parisiens de l?économie sociale et solidaire en 2015. J'en suis, comme maire, très heureux et, avec d'autres, je me suis battu pour son implantation. Ces halles alimentaires ne constituent pas des boutiques comme les autres. Elles joueront un rôle social très important et doivent donc être soutenues par notre collectivité à ce titre. Je pense notamment au travail d'éducation à la santé, effectué aujourd'hui avec Paris Santé Nutrition, que les écoles de la Ville travaillent à prolonger et à amplifier.

Une deuxième halle alimentaire va ouvrir aussi prochainement dans le 14e arrondissement et je me réjouis que la Ville de Paris puisse contribuer à encourager ce type d?implantation indispensable pour que chacun, dans notre ville, puisse bénéficier d'une alimentation saine et responsable.

La Ville soutient également de nombreuses initiatives pour développer la "gastronomie heureuse" selon l'expression d?Olivia POLSKI, grâce notamment au Festival de cuisine de rue porté par le groupe RG-CI, délibération que nous avons votée il y a quelques mois. Là encore, c'est une part importante de notre spécificité française et parisienne que nous devons encourager et promouvoir.

Je salue d'une manière générale les partenariats nombreux et féconds que nous avons su mener avec les fédérations d'artisans sous la houlette d?Olivia POLSKI et d?Antoinette GUHL, tant pour valoriser nos métiers de bouche que pour les associer à des démarches de l'économie sociale et solidaire. C'est notamment le cas lorsque Paris est pionnière en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Enfin, je voudrais terminer en évoquant l'importance de l'agriculture urbaine dans notre ville et notre métropole. Nous avons lancé un vaste chantier de végétalisation de la ville sous la houlette de Pénélope KOMITÈS et ce sont 100 hectares de murs et de toitures qui seront bientôt végétalisés. Parmi ces surfaces, une grande partie sera consacrée à la production de fruits et légumes et il suffit de constater l'engouement pour des programmes comme "Parisculteurs" ou encore les projets concernant l'agriculture urbaine retenus dans le budget participatif pour mesurer l'ampleur du phénomène. Des jardins partagés sont aussi créés chaque mois à Paris et l'aménagement de nouveaux tronçons de la Petite Ceinture permet d'en envisager de nouveaux.

Le permis de végétaliser, qui a rencontré également un franc succès, montre la demande d'une ville plus verte et plus généreuse, productrice en circuit court. Paris est conquise par ces initiatives comme l'on déjà été de nombreuses villes du monde.

Par la valorisation de nos déchets, par la protection d?espaces verts appartenant à "Eau de Paris", grâce à Célia BLAUEL, nous pouvons également faire de notre politique environnementale un lien très fort entre Paris et la Métropole.

C'est d'ailleurs un aspect que nous comptons davantage développer et il est dommage que la Présidente de la Région Ile-de-France ne semble pas du tout s'intéresser à ce sujet. Pourtant, comme l'écrivait Sey WAVA dans les "Chroniques abyssiniennes", "Bien manger est un objectif digne de toutes les luttes". Continuons à développer fièrement les initiatives de Paris.

Pour cela, je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, Monsieur le Président.

Je donne la parole à David BELLIARD, Président du groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, manger est pour beaucoup d'entre nous un acte presque anodin. Pourtant, penser l'alimentation c'est penser un écosystème dans son ensemble. Elle nécessite de sortir d'une approche segmentée pour dégager une politique publique transversale et c'est, je le crois, la première qualité de ce plan que de tendre vers cette approche globale.

Mercredi dernier, une association d'ingénieurs spécialistes en énergie renouvelable et efficacité énergétique, très connue pour ses travaux prospectifs en termes de transition énergétique, présentait son dernier scénario 2017-2050.

Si j'évoque ce travail, c'est qu'il pointe justement l'importance d'une articulation entre énergie, agriculture et alimentation.

Notre système agroalimentaire représente en effet plus du tiers de nos émissions de gaz à effet de serre. Un tiers. C?est dire l'importance pour nous d'aller vers un modèle moins polluant via notamment une baisse du gaspillage alimentaire et une réduction de notre consommation de produits d'origine animale. Moins chère, moins émettrice de pollution, une alimentation moins carnée est aussi meilleure pour la santé. Nous devons donc accentuer nos efforts pour promouvoir une transformation de nos modes de consommation et aller progressivement vers un régime alimentaire végétarien, voire végétalien.

Cette évolution nécessaire conduit à repenser les circuits d?approvisionnement et de production de notre nourriture. D'abord, en favorisant la production agricole sur notre propre territoire. C'est d'ailleurs, on le voit avec les résultats du budget participatif, une forte demande de la population que de s'investir dans ces projets.

J?en profite à ce titre pour souligner l?intérêt des dispositifs comme "Parisculteurs", le programme "Main verte" et la récente création d'une formation en permaculture avec l'école Du Breuil.

Ensuite, en favorisant des modèles alimentaires alternatifs tels que les A.M.A.P., "la Ruche qui dit Oui" ou encore le premier supermarché coopératif "La Louve", qui ouvrent la perspective d'une démocratie alimentaire à Paris via des modèles issus de l'économie sociale et solidaire.

Enfin, par la valorisation des déchets alimentaires avec le lancement du Plan compost, la perspective de lieu de transformation des invendus alimentaires et des résidus de type marc de café ou drêches de brasserie, ou encore avec le lancement de la collecte des déchets alimentaires en porte-à-porte.

Cette production locale ne peut cependant répondre que partiellement à la demande. L'essentiel de la nourriture que nous consommons vient d'ailleurs. En 2050, 80 % de la population résidera dans une ville. La responsabilité des métropoles et de Paris est grande pour inventer un nouveau modèle de relations entre les territoires et le besoin de préserver les terres agricoles.

Ce travail doit reposer sur des accords de type jumelage avec des collectivités périurbaines ou rurales, sur de l'aide aux programmes de revivification des îles abandonnées le long de la Seine ou un soutien aux agriculteurs du bassin versant du canal de l?Ourcq, qui souhaitent assurer la transition de leur production vers du vivrier pour Paris et récupérer et valoriser les déchets alimentaires en provenance de la Capitale, enfin, en nous mobilisant contre les projets de bétonnage désastreux, comme celui d?EuropaCity au Triangle de Gonesse. Notre modèle doit donc être raisonné et se construire avec les territoires ruraux et périurbains et non contre eux.

C'est tout le sens du projet de solidarité "Paris Campagnes" qui vise à tisser des relations plus harmonieuses et plus équilibrées entre notre Ville et les territoires ruraux et périurbains.

C'est donc peu dire que pour nous une politique pour développer l'alimentation durable pour tous et toutes à Paris présente de nombreux avantages, pour les Parisiennes et les Parisiens et pour tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire : avantages sanitaires avec des produits plus sains pour les consommateurs et préservant les producteurs d'une utilisation massive de pesticides, cause de cas de cancers et de maladies dégénératives, avantages environnementaux aussi car cette politique préserve la biodiversité et limite les épandages des agriculteurs et donc la pollution des nappes phréatiques, avantages économiques enfin puisque l'agriculture biologique emploie 30 % de main d'?uvre de plus que l'agriculture conventionnelle avec des emplois locaux et non délocalisables.

Il est à ce titre incompréhensible que la Région Ile-de-France, pourtant première région en termes de consommation de produits "bio", reste encore bonne dernière au niveau de la production. Seuls 2,2 % de la surface agricole est travaillée en "bio" contre 5,8 % au niveau national ; c'est dérisoire au regard des besoins.

Dans ce contexte, Paris a un rôle à jouer en aidant les producteurs à monter des projets dans la filière "bio" et durable. Sur ce volet, "Eau de Paris" a depuis sa création, d?ailleurs, une politique particulièrement active via le rachat des terres agricoles. Ce soutien aux agriculteurs permet de renforcer les actions de protection des eaux souterraines, des eaux de surface et permet en même temps de développer une offre de produits alimentaires durable et proche de la ville. Cent huit agriculteurs se sont déjà engagés au côté d?"Eau de Paris" et les objectifs pour 2020 tels qu'annoncés dans cette communication sont très ambitieux, avec notamment l'acquisition de plus de 200 hectares de terres agricoles supplémentaires, soit une augmentation de 50 %.

Ce rapprochement avec le monde rural est très important et l'élaboration d'une stratégie de Paris pour une alimentation durable et rassemblant tous les acteurs montre le visage d'une Ville responsable et en dialogue avec les parties prenantes engagées dans un changement de modèles agroalimentaires plus sains, moins polluants et plus équitables.

Je laisserai mes collègues Jacques BOUTAULT et Joëlle MOREL compléter mon propos.

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président.

A présent, la parole est à M. Nicolas BONNET, Président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Ce matin le slogan du Front populaire qui rassemblait la gauche sonne très bien puisqu'il s'agissait de "Le pain, la paix et la liberté". C?est d'autant plus d'actualité ce matin avec l'alimentation puisque le pain reste la priorité.

C'est donc avec beaucoup d'enthousiasme que nous accueillons cette communication sur l'alimentation durable et l'agriculture urbaine créatrice de nouveaux liens urbains/ruraux. Ce sujet, nous l'avons déjà abordé à de multiples reprises dans notre Assemblée et les Communistes parisiens en avaient fait avec les Socialistes et vous-même, Madame la Maire, un axe fort de notre campagne des élections municipales. D'ailleurs, à l'époque, nous considérions qu'une politique publique d'alimentation saine et abordable nécessiterait une délégation de plein exercice avec un budget spécifique. Peut-être que cela viendra dans un prochain mandat ou dans les prochains jours ; on verra bien.

En juillet dernier, dans la droite lignée de cet engagement, sur notre proposition notre Conseil a adopté une délibération sur la création des halles alimentaires, dont une verra le jour cette année dans le 10e arrondissement, alors qu?une autre est en cours dans le 14e arrondissement.

Deux principes guident notre réflexion avec, au c?ur, la question de la solidarité. Notre première préoccupation a trait aux producteurs, qui sont confrontés à de grandes difficultés financières. Nous le savons, les professions agricoles sont en souffrance. Cette crise s'explique grandement par des difficultés économiques auxquelles les producteurs doivent faire face. Au fur et à mesure que la grande distribution et les centrales d?achat se sont développées, les marges des producteurs se sont réduites de manière dramatique. Voilà pourquoi nous avons souhaité réfléchir au développement d?une offre alimentaire en milieu urbain en circuit court qui se donne comme objectif de rémunérer les producteurs agricoles de manière plus juste.

Tout le monde n?a pas accès à l?alimentation saine et de qualité. Voilà le deuxième principe qui nous guide. Le prix de vente souvent prohibitif ne permet pas aux personnes aux revenus modestes d?acheter des produits sains et de qualité. Je rappelle aujourd?hui que 30 % des ménages qui bénéficient des minima sociaux sont en situation d?insécurité alimentaire. D?autres ont les moyens de faire leurs courses mais s?alimentent mal parce que ce ne sont pas les produits les moins chers qui sont les plus équilibrés.

Aujourd?hui, l?obésité frappe les classes populaires plus que toutes autres catégories de population. Cette réalité est aussi celle que l?on vit dans les quartiers les plus populaires de notre Capitale. Nous dénonçons très souvent le coût de la vie parisienne qui est bien trop élevé pour les revenus modestes.

Une étude de l?association des consommateurs "UFC Que choisir" a notamment montré que le panier alimentaire moyen dans les supermarchés parisiens coûtait bien plus cher qu?en province, et je ne parle là que d?une moyenne. Si on s?intéresse aux produits de qualité, la différence est encore plus élevée.

Les inégalités sociales s?expriment pleinement au travers de l?alimentation et cela se retrouve sur quelques indicateurs de santé. Tous les Parisiens n?ont pas les moyens de manger à leur faim ; j?en veux pour preuve l?affluence qui ne désemplit pas dans les restaurants solidaires de la Ville et auprès des associations d?aide alimentaire.

Tous les Parisiens n?ont pas les moyens de consommer des produits "bio" et pourtant la plupart d?entre eux ne seraient pas contre. Tous les quartiers parisiens n?accueillent pas une offre commerciale diversifiée et abordable. Je pense notamment aux quartiers, qui sont entre le périphérique et les Maréchaux et les portes de Paris, qui font face à la désertification commerciale aussi bien qu?à la désertification médicale et aux attaques sur les services publics.

C?est avant tout pour répondre à ces inégalités sociales et territoriales que nous devons développer des politiques publiques de l?alimentation saine et accessible. Nous pensons qu?aujourd?hui nous devons franchir un cap supplémentaire pour répondre à cet enjeu. C?est le sens de la délibération que nous avions présentée sur les halles alimentaires et nous proposons aujourd?hui, à travers un v?u, d?encourager et soutenir les initiatives d?acteurs de l?économie sociale et solidaire à créer des halles alimentaires dans les quartiers populaires.

Nous devons faciliter la création de ces halles en mettant à disposition les locaux adaptés. Une structure de coopération interbailleurs pour les pieds d?immeuble va être mise en place. Elle doit être mise à contribution pour aider la création de ces halles alimentaires dans tous les quartiers populaires de Paris.

Nous pouvons nous appuyer sur les deux premières halles qui vont ouvrir dans le 10e et le 14e pour étendre ce dispositif à d?autres arrondissements.

Pour compléter cette initiative, nous proposons dans un deuxième v?u que la Ville de Paris reprenne à son compte l?esprit du dispositif "Alisol" qui était jusqu?à présent porté par la Région Ile-de-France. Ce dispositif visait à soutenir les projets associatifs qui s?engageaient à fournir, à des personnes en situation de précarité, des fruits et légumes frais produits localement. Ce projet, qui répondait parfaitement à l?enjeu de réduction des inégalités sociales de santé, a été injustement abandonné par Valérie PÉCRESSE et son équipe.

Vous l?avez compris, Madame la Maire, les halles alimentaires illustrent bien notre priorité en matière de politique alimentaire saine et accessible à tous, qui doit contribuer à la réduction des inégalités et à la solidarité entre Paris et la campagne.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur BONNET-OULALDJ.

Je donne maintenant la parole à un autre Président de groupe, Jean-Bernard BROS, pour le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire.

Je vais attendre que le député du 14e ait fini de s?entretenir sur le résultat des élections.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - M. le député du 14e et néanmoins Conseiller de Paris, veuillez regagner votre place, s?il vous plait.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, miel, champignons, orge, courgettes, fraises et salades : qui pouvait croire, il y a quelques années encore, qu?un jour tous ces produits pourraient être étiquetés made in Paris ? Pourtant, au sein de notre ville, dans ce qui est le Paris intra-muros d?aujourd?hui, au-delà des faubourgs d?alors se trouvaient des fermes maraîchères qui alimentaient les Parisiens.

L?urbanisation a fait reculer ces terres agricoles. Mais des traces de ce passé subsistent encore. Je pense bien sûr aux vignes de Montmartre qui nous offrent chaque année un événement festif fameux.

Il ne s?agit pas bien sûr de rendre notre territoire autonome. Les villes ne peuvent se suffire à elles-mêmes car les espaces de culture ne seront jamais satisfaisants pour répondre aux besoins de la population. Cela ne nous empêche pas cependant de diversifier nos circuits d?approvisionnement dans une perspective de santé publique et de consommation d?énergie vertueuse.

Tout d?abord une place non négligeable va être laissée à l?agriculture urbaine et il me semble que l?Exécutif n?a négligé aucune des possibilités qu?offrent nos rues et nos partenaires. Le travail mené doit, selon nous, poursuivre plusieurs objectifs : redonner aux citadins une âme de cultivateur par une sensibilisation aux cultures écologiques, utiliser des méthodes innovantes pour favoriser la nature en ville et permettre aux Parisiens de retrouver le goût d?une alimentation saine.

L?agriculture urbaine doit être complétée par un échange avec les territoires ruraux et les agriculteurs de notre région. La marche vers une moindre dépendance des circuits industriels doit se faire en associant les territoires environnants. Favoriser au maximum les circuits courts, c?est travailler avec les acteurs de la production agricole. En effet, commander des produits "bio" pour nos cantines, c?est bien. Commander un produit "bio" qui n?aura pas parcouru 1.000 kilomètres en camion, c?est mieux.

Si nous voulons poursuivre notre engagement sur la commande publique, nous devons travailler sur l?offre et favoriser les partenariats avec l?agriculture durable chaque année, du champ à l?assiette, c?est important. L?intermédiaire n?est pas à négliger et la question de la logistique et des transports est essentielle pour une alimentation peu énergivore.

Je suis heureux de développer au sein de la "Sogaris" la plateforme de logistique urbaine qui verra le jour porte de la Chapelle. Le bout de la chaîne, c?est l?assiette des Parisiens.

Hippocrate disait déjà : "Que ton aliment soit ta seule médecine." Notre science moderne a montré qu?en effet le lien entre santé et alimentation est fondamental. Des produits de qualité doivent être plus accessibles en termes de proximité, d?achat et de prix. C?est pourquoi le groupe RG-CI a déposé un v?u sur le sujet.

De nombreuses études, comme celles du CREDOC, ont montré que, pour les foyers les plus modestes, les prix étaient le premier facteur d?achat. Or, nous voyons aujourd?hui que beaucoup de produits de qualité sont encore inaccessibles.

Notre Ville doit parler à tous les publics. Les efforts menés pour orienter l?offre en boutique sur les marchés ou au sein des restaurants collectifs ont permis de favoriser la tendance du bien manger, et c?est tant mieux.

Les deux halles alimentaires prévues sont aussi une première réponse pour s?adresser à un public plus modeste. Mais nous proposons que la future stratégie pour l?alimentation durable à Paris prenne spécifiquement en compte la question de la précarité alimentaire.

Le public jeune doit aussi être une des cibles. Comme l?indique une étude de l?IPSOS, les habitudes des 15-25 ans ont des conséquences négatives sur leur santé. En outre, la fréquentation des restaurants universitaires n?est aujourd?hui pas satisfaisante. La Ville de Paris pourrait entamer un partenariat pour les rendre plus attractifs et tenter, pourquoi pas, de les intégrer à des appels d?offres communs.

Paris est une grande capitale gastronomique et nous devons continuer à favoriser l?excellence, tout en rendant cet art de vivre accessible au plus grand nombre. L?innovation culinaire peut permettre cette plus grande diffusion. Nous saluons à ce propos l?engagement pour que l?organisation d?un festival de cuisine de rue gastronomique, proposé par notre groupe, soit faite en 2017.

Ainsi, le projet autour d?une agriculture et d?une alimentation durable qui nous est présenté est cohérent. Il répond à la diversité des enjeux aussi bien économiques, écologiques que sanitaires.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-Bernard BROS.

Nous passons maintenant à M. Geoffroy BOULARD, pour le groupe les Républicains.

M. Geoffroy BOULARD. - Madame la Maire, mes chers collègues, nous ne pouvons que nous réjouir de la volonté affichée par la Municipalité de conduire le développement des productions issues de l?agriculture urbaine dans la Capitale. Elles sont les bienvenues, d?autant qu?elles représentent déjà le quart de la nourriture fournie aux populations urbaines dans le monde, selon la FAO, tendance qui devrait aller en augmentant d?ici 2030.

Circuits courts aux commerces de proximité, aux marchés de production "bio" et durable, lutte contre le gaspillage alimentaire, voilà autant d?initiatives qui vont dans le sens du consommer local.

Mais j?ai cependant plusieurs observations à formuler afin que la démarche soit plus fidèle à ce qu?est l?agriculture française qui fait partie de notre identité et qui fait la fierté de notre pays.

Première remarque : nul ne conteste le foisonnement des projets associatifs, privés et plus institutionnels en cours, notamment concernant la production - jardins partagés, fermes urbaines -, la logistique - les A.M.A.P., les circuits courts, les "food trucks" -, ou encore les synergies rural/urbain - redirection du fumier, notamment des 6.000 tonnes venant de la Garde républicaine dispersées vers les cultures de plein champ. Mais où sont les objectifs ambitieux de la Ville à 10 ou 15 ans ?

Ce qu'il faut à Paris, c'est un schéma d'ensemble pour éviter le marketing et l'affichage, s'arrêtant parfois à des projections sur la végétalisation de murs. Je regrette, mais c'est sans doute une erreur que vous corrigerez bientôt, que le remontage de la halle ferroviaire de Clichy Batignolles dans le 17e arrondissement, qui comporte plusieurs milliers de mètres carrés destinés à l'agriculture urbaine, ne soit toujours pas inscrit dans votre communication et dans vos prévisions budgétaires.

Pas une ligne sur ce sujet. Soyons plus ambitieux à l'horizon 2030 en termes chiffrés, en termes d?hectares dédiés, le potentiel d'emplois créés dans la filière à Paris. Tel un v?u pieux, vous souhaitez que les évolutions en matière d?agriculture urbaine soient le fruit d'un dialogue avec tous les agriculteurs. Je vous cite. Ou encore les propos que je peux rappeler de l'adjointe en charge du développement durable, dans une tribune récente, indiquant également, je cite : "Notre objectif est de poser l'alimentation comme un bien commun, pris en considération par l'ensemble des acteurs, des producteurs aux consommateurs".

Pourtant, jamais dans votre communication, vous ne mentionnez explicitement l?agriculture conventionnelle, majoritaire dans la production agricole française, et qui a tant à apporter à l'agriculture urbaine. A l'inverse, vous n'évoquez que l'agriculture biologique. Cela est positif mais c'est insuffisant. Vous savez que les agriculteurs conventionnels représentent un potentiel d'innovation et de conseils importants et qu'ils font, par ailleurs, énormément d'efforts en dépit des raccourcis médiatiques pour adopter des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement. Je pourrais citer les procédés numériques de précision, la recherche pour l?amélioration des intrants phytosanitaires. Ne restez pas, Madame la Maire, dans le déni de la réalité et dans cette vision manichéenne qui tend à opposer systématiquement agriculture intensive et agriculture biologique.

Je vous invite donc à associer plus étroitement tous les acteurs agricoles, y compris ceux de l'agriculture conventionnelle qui seront ravis de concourir à l'efficacité de votre démarche. Peu ou même aucune synergie avec la Région ou la Métropole du Grand Paris ne sont envisagées sur cette question. Je déplore que cette démarche soit limitée géographiquement. Par exemple, dans votre souci de renouer avec la Petite Couronne, pourquoi limiter l?appel à projets "Parisculteur 2" à seulement 4 communes limitrophes ? C'est bien dommage. Paris ne peut pas rester enclavée derrière le périphérique. Pourquoi ne pas construire avec la Région, qui dispose déjà d'aides à l'installation et au fonctionnement de structures d?agriculture urbaine, une politique visionnaire en la matière ?

Dans cette logique, je poursuis dans le souci d'associer un grand nombre d'acteurs avec notamment le projet d'une maison des agricultures à Paris. Elle doit permettre de se rapprocher avec tous les acteurs agricoles, producteurs, commerçants, chercheurs, "start-up", pour accompagner l'émergence et la concrétisation des projets d?agriculture à Paris et bien au-delà.

Je vous incite donc, Madame la Maire, à adopter une démarche plus ambitieuse en associant un public plus large, fidèle d?une part de la réalité de la filière et en instaurant, d'autre part, des coopérations avec des collectivités métropolitaines et régionales sur ce sujet, afin que Paris puisse répondre au défi alimentaire et à la pérennité de la filière.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire, vous êtes gentil de vouloir me donner des compétences que je n'ai pas sur des maires. Je suis très respectueuse du droit, mais si cela peut faire école au sein de la Métropole comme d'autres projets que nous avons portés ici, c'est bien sûr le but du jeu.

Mme SIMONNET a la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Merci, Madame la Maire.

"Dis-moi ce que tu manges, ce que tu consommes, comment tu le consommes, et je te dirai qui tu domines".

Cette réflexion est importante à comprendre parce qu?elle permet de responsabiliser à la fois chacun et l'ensemble des collectivités. Ce que je trouve intéressant dans cette communication, c'est que non seulement on souhaite redévelopper, comme cela a été déjà affirmé et déjà engagé l'agriculture urbaine, mais on se pose aussi enfin la responsabilité à travers "Eau de Paris", sur plus globalement la Région Ile-de-France, par un achat de terres pour relocaliser une agriculture saine et "bio", et c'est important.

Maintenant, je regrette qu'il n?y ait pas plus d'implication dans la critique au niveau régional de l'existence d'une agriculture intensive, une agriculture céréalière, et en même temps, des projets anti-écologiques comme EuropaCity, qui se font à l'encontre des terres agricoles.

C'est un premier aspect.

Deuxième aspect, comment organise-t-on le circuit court et la relation directe consommateur-producteur ?

Je soutiens le fait que l'on accompagne sur l'ensemble des marchés la présence de producteurs, mais je suis extrêmement inquiète par tout ce que vous dites sur les plateformes.

Les plateformes, attention, l'innovation peut être un bien si elle est utilisée au service de l'intérêt général, mais quand vous parlez des services de livraison propres sur les marchés, parlez-vous par exemple de ces plateformes du numérique qui surexploitent des auto-entrepreneurs et que l'on a pu voir sur les marchés parisiens fleurir avec des livreurs à vélo payés même pas 5 euros de l'heure? Est-ce de cela dont on parle ou non ?

J'espère que non, et du coup, je relance le v?u que nous avions adopté sur ma proposition à l'automne dernier pour que la Ville s'engage à réfléchir à une S.C.I.C. de livreurs à vélo pour justement permettre aux livreurs à vélo d'être rattachés à un statut social dans le cadre de la coopérative droit du travail tout en étant fiscalement indépendants.

Je vais donc conclure, attention, quand on parle des "start-up" innovantes, notamment dans la logistique urbaine, je suis allée au Congrès du Syndicat national du transport léger, c'est-à-dire un syndical patronal, dommage que M. MISSIKA ne soit pas là, cela lui aurait fait plaisir, ils sont très inquiets par la mise en concurrence des plateformes, de l'ubérisation, qui cassent complètement l'ensemble des métiers de ce secteur. Donc, que la Ville soit audacieuse, qu'elle fasse bien attention, quand on parle d'innovation, comme dans l'agriculture, les innovations ont été une catastrophe en termes de productivisme, et pour le droit du travail et la qualité sociale de la vie en ville, faisons attention que les innovations soient bien au service du progrès social et non pas de nouveaux rapports de domination. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci et donc, maintenant, Mme NAHMIAS pour l'UDI-MODEM.

Mme Valérie NAHMIAS. - Paris est à la croisée des chemins entre sa proximité avec de vastes plateaux agricoles, ses réseaux de commerçants, artisans alimentaires, et l'impact des nouvelles données environnementales, économiques et de santé publique.

Nous devons effectivement continuer d'améliorer nos politiques de production et de distribution en circuit court comme vous le proposez.

J'aimerais cependant rappeler que vous vouliez faire l'inverse avec les caisses des écoles. Certaines, dont celles du 17e arrondissement ont été exemplaires. Elles ont déjà mis en place des filières d'achat durable, local et biologique.

La volonté de la Mairie de Paris de centraliser les cantines était contraire à cette volonté de proximité.

Mais nous partageons les objectifs de votre communication. Seulement, nous ne partageons pas la façon de procéder. Nous sommes encore et toujours dans la politique paillettes et d'essaimage. Nous ne voyons pas à ce jour de "process", d'études, de retours plus chiffrés et validés, nous considérons que vous manquez d'ambition. La volonté est là, mais les moyens sont limités, nous parlons d'agriculture urbaine sur 600 mètres carrés, de moisson pour les chevaux de manège, c'est très bien mais largement insuffisant.

Nous devons voir plus grand dans notre politique d'action, d'impact, de fonctionnement, d'approvisionnement et d'aide apportée.

Je vais me focaliser sur deux aspects, les A.M.A.P. et les nouvelles technologies.

Concernant les A.M.A.P., ce réseau est un acteur incontournable de l'alimentation durable à Paris. Seulement, la demande - les consommateurs - excède parfois largement l'offre.

Favoriser l'installation de nouveaux producteurs "bio" autour de Paris pour répondre à une demande croissante serait déjà un premier pas. Il existe d'autres pistes concrètes que nous vous suggérons : augmenter l'aide financière au réseau A.M.A.P. Aujourd'hui, la Région donne plus de 150.000 euros par an au réseau contre 4.000 euros pour la Ville. Si nous souhaitons promouvoir les circuits courts, développer les liens entre producteurs et consommateurs locaux, ces associations sont une solution à développer.

Autre point, nous manquons de foncier pour des projets productifs sur Paris intra-muros, mais nous pouvons agir sur la promotion d'installations de producteurs en agriculture "bio". Avons-nous la possibilité de proposer du foncier en dehors de Paris pour des projets d'installation d'agriculture "bio" ?

Pouvons-nous travailler de manière conjointe avec les mairies périphériques pour créer des partenariats pour les nouveaux paysans qui s'installent, sachant que les débouchés sont déjà assurés avant même de commencer à produire ?

Les groupes A.M.A.P. se heurtent à un manque de locaux pour la distribution des récoltes alimentaires. La Mairie pourrait-elle cartographier dans tous les arrondissements un maillage étroit de locaux disponibles, afin de faciliter l'installation de nouvelles A.M.A.P., notamment dans les quartiers où elles sont peu présentes, comme l'Ouest parisien ?

Enfin, la Mairie de Paris devrait davantage communiquer sur ces réseaux A.M.A.P. et autres associations pour les faire connaître du grand public. Je rappelle qu'ils sont 100 % bénévoles, zéro intermédiaire, c'est de l'économie circulaire et la création de lien social et de solidarité, de plus ils sont vertueux pour l'environnement.

Autre sujet : les nouvelles technologies.

Les nouvelles technologies sont des outils mis à notre disposition. Elles font évoluer dans le temps et dans l'espace les transports, la distribution, la création de nouveaux lieux entre les territoires urbains et ruraux.

En quelques clics, j'ai trouvé des applications permettant de traiter le gaspillage, trois fois plus de gaspillage pour les Parisiens qu'en France, c'est juste énorme. Pourtant, nous avons "OptiMiam", qui sont dans le 17e d'ailleurs, qui permettent de mettre en relation commerçants et clients pour vendre à moindre prix leurs invendus. Pareil pour "Too Good to Go", qui réalise la même chose avec les restaurateurs. "Paris, partage ton frigo", "Etiquet'table", et je pense en citer encore quelques dizaines.

Il faut multiplier ces initiatives, valoriser ces entreprises. Faisons un état des lieux de ces applications qui travaillent sur le sujet de l'alimentation. Créons une page sur le site de la Mairie de Paris pour les valoriser. Valorisons le travail des incubateurs dont l'incubateur "Paris&Co", partenaire privilégié. Et pourquoi ne pas créer un label "anti gaspi" pour leur offrir une meilleure visibilité ? Proposons aussi des aides financières au travers de prix, de subventions pour des lauréats. Pour conclure, le groupe UDI-MODEM soutient la démarche et continuera d'être force de proposition, afin que nous allions plus loin, car évidemment l'alimentation est un enjeu vital. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame NAHMIAS. Monsieur DUCLOUX, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Philippe DUCLOUX. - Madame la Maire, mes chers collègues, Paris entre dans une nouvelle phase de son histoire et de son rapport avec l'alimentation, sa production et sa distribution.

Les faits sont là : les Parisiens veulent manger mieux, mais ils veulent également un lien plus direct avec les producteurs.

Pour certains, cette démarche ne saurait être que le fait d'une frange de la population que l'on qualifie communément de "bobo", mais cette tendance s'affirme de plus en plus. Pour preuve, la croissance du marché "bio", plus 20 % en 2016, mais également l'évolution significative de la vente directe dans les circuits de distribution.

Avec vous et vos adjoints, Madame la Maire, nous accompagnons cette tendance, non seulement dans le cadre des achats pour la restauration collective, mais aussi en développant l'économie collaborative francilienne, en aidant à la mise en place d'A.M.A.P. comme "La Ruche qui dit oui", ou encore "La Louve".

Pour permettre le développement des circuits courts, il faut aider à la réorganisation des livraisons pour les commerces indépendants en repensant la logistique urbaine.

Cela a été rappelé par certains d'entre vous, pour cela il a été prévu dans la dernière modification du P.L.U. votée en juillet dernier, une soixantaine de nouveaux espaces spécifiques dédiés à la logistique urbaine.

Cela va de la halle logistique qui sera réalisée avec la "Sogaris", Chapelle International dans le 18e arrondissement et qui sera dédiée à l'approvisionnement des commerces indépendants jusqu'au point de livraison du dernier kilomètre.

Avec d'autres partenaires, comme Rungis, là aussi notre Ville de Paris travaille pour promouvoir et structurer les filières du circuit court, pour favoriser l'émergence de nouvelles solutions de mobilité et logistique urbaine durable.

Notre ville, avec "Paris&Co", aide au développement de "start-up" innovantes dans le domaine de la logistique et de la mobilité urbaine, durable, sur des aspects comme la livraison collaborative, les plateformes, les e-commerce, la géolocalisation ou encore les consignes urbaines.

Un enjeu qui me tient particulièrement à c?ur : le commerce a une place très importante à Paris puisque le tissu commercial y est très dense et très diversifié. On compte près de 62.000 commerces, dont un tiers de commerces alimentaires, cafés et restaurants.

Paris bénéficie d'un parc de commerces beaucoup plus dense que les autres grandes villes françaises. Depuis 2004, la Ville de Paris avec ses programmes "Vital'Quartier 1" notamment dans le 19e arrondissement et "Vital'Quartier 2" mène une politique volontariste pour maintenir cette attractivité économique avec la S.E.M.A.-EST que j'ai eu l'honneur de présider entre 2008 et 2014.

Le futur contrat "Paris Commerces", qui sera signé en 2017 et nous engagera pour 12 ans, nous permettra d'intervenir dans des secteurs spécifiques, là où la dévitalisation commerciale est forte.

Avec 37 millions d?euros de budget, nous allons dans ces quartiers favoriser encore plus l?installation de commerces de proximité, et en particulier du commerce alimentaire privilégiant les circuits courts, le "bio" ou encore la vente directe. Notre Ville est volontaire et mise fortement sur l?innovation. C?est notamment vrai dans le domaine de l?agriculture urbaine. Paris a comme objectif de créer - cela a été rappelé et vous l?avez dit, Madame la Maire - 100 hectares de murs et toitures végétalisés dont 33 hectares dédiés à l?agriculture urbaine, et nous avons l?ambition de rendre Paris plus végétalisée, de créer des îlots de fraîcheur, et notamment de permettre à des agriculteurs urbains de s?implanter.

Le projet des "Parisculteurs", dont les projets ont été sélectionnés en novembre dernier, vont permettre d?aménager 5,2 hectares d?agriculture urbaine et viser une production de 500 tonnes de produits comestibles. La SAEMES, que je préside, la société des parkings, avait même postulé pour être candidate avec les sociétés qui avaient été retenues.

Les productions seront issues de différentes techniques, telles que l?aquaponie, l?aéroponie, l?hydroponie, la permaculture, les vergers, les champignonnières, la culture en bacs ou en plein champ. D?ailleurs, le prochain appel à projets "Réinventer Paris" a déjà identifié plusieurs sites, dont certains en sous-sol, propices à l?installation de champignonnières ou à la culture verticale de micro-pousses. Le nouvel appel à projets "Parisculteurs 2" sollicitera les copropriétés et les agriculteurs de grande couronne pour contribuer au développement des productions locales et aux échanges urbains ruraux.

Nous souhaitons, nous, élus de la majorité, et je l?espère l?ensemble des élus de notre Conseil, que les Parisiens puissent être acteurs, et également producteurs. C?est l?objectif des 135 jardins partagés gérés par des associations. Avec le projet "cultiver en ville" voté en 2015, nous allons créer d?une part une dizaine de nouveaux lieux d?agriculture urbaine à Paris, pour favoriser l?émergence de nouveaux modes de production de proximité, et créer d?autre part une dizaine de jardins partagés pérennes permettant de contribuer au renforcement du lien social entre les habitants. Plus que de produire des cultures et viser à l?autosuffisance, notre ambition véritable est de rapprocher les Parisiens de la production agricole en leur donnant les possibilités de cultiver, mais aussi de permettre et de faciliter l?accès à des produits de qualité via les circuits courts.

Par ses actions, notre Ville contribue à la protection et au développement de la biodiversité et tisse des liens entre les agriculteurs urbains et les agriculteurs de la petite et de la grande couronne. C?est pourquoi nous sommes présents au Salon international de l?agriculture depuis 2016.

Vous l?avez bien compris, notre collectivité, à travers ses actions, ses partenariats, n?est qu?un vecteur, un catalyseur, un facilitateur, et nous sommes, grâce à vous, Madame la Maire, et votre politique, là pour permettre l?innovation, l?expérimentation, l?accompagnement et faire en sorte que les institutions, les bailleurs, les associations, qui sont nos partenaires, puissent dans l?avenir le faire par eux-mêmes, c?est-à-dire pour les Parisiennes et les Parisiens.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, Monsieur DUCLOUX.

Madame Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Madame la Maire.

L?accès à une alimentation durable est un droit. Il doit pouvoir être exercé par toutes et tous, dans tous les quartiers parisiens. Ainsi, l?installation de commerces indépendants proposant des produits alimentaires durables, de qualité, à des prix abordables est un des objectifs fixés par la S.E.M.A.-EST. Cette dimension sera encore renforcée dans le contrat "Paris Commerces" présenté au prochain Conseil de Paris. Le bilan de la concertation "Paris Commerces" nous confirme bien d?ailleurs que l?installation de commerces dans l?alimentaire est plébiscitée par les Parisiens dans les quartiers concernés.

En tant que présidente de la S.E.M.A.-EST, je suis fière que nous ayons anticipé cette stratégie alimentaire durable, avec des circuits courts, des bars à fruits et légumes, de la vente en vrac, des restaurants solidaires, des chocolatiers équitables, pour tous les publics.

Je veux citer ici le boucher rue de Lancry dans le 10e, qui propose à prix bas des plats préparés de viande fermière grâce à la valorisation de tous les morceaux, ou le restaurant "bio" et l?épicerie fine installés en 2016 à Château-Rouge-Barbès dans le 18e, ou même le sauvetage des deux derniers petits commerces alimentaires indépendants du quartier Treilhard dans le 8e arrondissement.

Je suis fière également que la S.E.M.A.-EST ait développé la démarche "CoSto" d?aider les petits commerçants à la transition numérique, pour leur permettre de se doter de moyens supplémentaires de lutte contre les chaînes de "fast-food" ou de malbouffe. Mais si cette richesse, cette diversité commerciale, cette qualité alimentaire sont appréciées par les habitants et les élus, elles restent souvent sous-valorisées par notre institution. Puisque nous mettons en ?uvre une stratégie alimentaire, j?espère qu?elle sera l?occasion de mieux faire travailler nos commerçants et artisans parisiens au service de nos cantines, de nos événements municipaux et de nos promotions touristiques.

Pendant l?année 2017, pour favoriser le développement de l?alimentation durable à Paris, la S.E.M.A.-EST éditera un catalogue des commerces liés à l?économie sociale et solidaire, en passant par le commerce de bouche "bio", équitable, qui travaillent en circuit court et qui s?inscrivent dans la démarche du "zéro déchet". Dans le cadre de "CoSto", la S.E.M.A.-EST lancera d?ailleurs un appel à projets en 2017 pour expérimenter une application numérique, qui aura pour objectif d?aider les commerçants à réduire leurs déchets.

La S.E.M.A.-EST se tient donc prête à accompagner les commerçants pour leur permettre de faire connaître leurs produits de qualité, leurs produits durables, pour aider les commerçants à les valoriser.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame MOREL. Madame Fanny GAILLANNE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Fanny GAILLANNE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, je vais compléter le propos de Nicolas BONNET, qui parlait dans son intervention de l?impact des inégalités sociales sur l?accès à une alimentation de qualité.

En tant qu?élus parisiens, nous abordons d?abord le sujet de l?alimentation sous l?angle du consommateur : est-ce que tous les Parisiens ont les moyens de se nourrir ? Est-ce que tous les Parisiens ont les moyens de bien manger ? Il est de notre responsabilité de nous poser ce genre de questions. On ne peut pas seulement se contenter d?applaudir la multiplication des magasins "bio" dans Paris, dans nos quartiers populaires, par exemple ; nous devons veiller à ce que ces commerces restent abordables pour permettre à toutes et tous d?avoir accès à une alimentation saine et durable.

Nous pouvons agir en ce sens, notamment en fixant des loyers raisonnables pour les locaux en rez-de-chaussée qui sont gérés par les bailleurs de la Ville.

Avec le groupe Communiste, nous proposons d?aider et de multiplier la création de halles alimentaires dans les quartiers populaires, pour répondre à un enjeu économique, avec des prix modérés à la vente, et à l?enjeu plus préventif, éducatif, avec l?organisation d?ateliers de cuisine et d?actions de sensibilisation dans les écoles et associations de quartier.

La Ville intervient déjà en soutien d?initiatives qui se développent dans cet état d?esprit. Je pense au supermarché coopératif de "la Louve" dans le 18e, ou au restaurant "le Freegan Pony", qui lutte contre le gaspillage alimentaire, que nous accueillons dans le 19e arrondissement. Il faut poursuivre cet engagement et l?amplifier.

Ceci étant dit, nous pensons aussi qu?il est également important de sortir du simple prisme de la consommation et de s?intéresser à la production alimentaire et aux territoires ruraux. Pendant longtemps, la Ville s?est construite en tournant le dos à la campagne. Aujourd?hui, nous nous rendons compte que l?on ne peut parler d?alimentation ou de pollution en ville sans réfléchir à la manière dont notre alimentation est produite et transportée jusqu?à nous.

De la même manière, on ne peut pas se contenter de réclamer des produits de qualité à des prix plus abordables en ignorant la crise du monde agricole. Depuis des années, la grande distribution fait pression sur les producteurs pour réduire les coûts d?achat au maximum. Par ailleurs, les consommateurs n?en profitent pas pour autant. C?est avant tout pour augmenter leurs marges de profit que les grandes enseignes agissent de la sorte. Au final, certains agriculteurs travaillent à perte ou arrivent à peine à vivre de leur travail. La stratégie alimentaire que Paris élabore doit prendre en compte cette dimension du problème. Notre priorité est bien de répondre aux préoccupations des Parisiens, mais pour cela, nous pensons qu?il faut aussi répondre aux préoccupations du monde agricole. La communication propose des pistes intéressantes. Je pense notamment à l?action d?"Eau de Paris" qui, aux abords des points de captages d?eau potable, en dehors du territoire parisien, aide les agriculteurs à développer des cultures respectueuses de l?environnement.

Nous pensons aussi que la Ville a un rôle à jouer à travers la restauration collective. La Ville doit être un acheteur responsable en instaurant des relations équitables avec les producteurs, et notamment en achetant des produits consommés à un prix juste, qui permette aux agriculteurs de couvrir leurs frais et de gagner leur vie correctement.

Je terminerai mon intervention en revenant sur la dimension transport de cette stratégie alimentaire. Il faut être très attentif à travailler sur les produits locaux et de saison. Cuisiner plus de "bio" dans les cantines en allant acheter des produits à des milliers de kilomètres de Paris n?a aucun sens sur le plan écologique.

Par ailleurs, nous sommes bien conscients que les productions du bassin parisien et de ses alentours ne permettent pas de couvrir l?ensemble de nos besoins alimentaires. Mais dans tous les cas, nous avons un rôle à jouer. C?est tout l?intérêt de conserver la maîtrise publique du M.I.N. de Rungis et de développer l'intervention publique en matière de logistique urbaine propre. C'est ce qui est fait avec la Sogaris. Il faut poursuivre dans cette voie et amplifier les efforts pour répondre aux multiples enjeux de l'alimentation à Paris.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame GAILLANNE.

La parole est à Jean-Baptiste MENGUY pour le groupe les Républicains.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Madame la Maire, mes chers collègues, alors que les questions alimentaires et sanitaires sont au c?ur des enjeux publics de ces prochaines années, le débat sur l'alimentation durable, que vous avez inscrit à cette séance, ne doit pas se réduire à une discussion factuelle de "com? durable", comme vous semblez tenter de le faire au travers de votre communication, surtout que celle-ci tombe en complet décalage alors que nous avons adopté et débattu déjà du Plan alimentation durable 2015-2020, défendu avec compétence par Célia BLAUEL, il y a à peine quelques mois.

Pour répondre à la liste de vos idées qui s'empilent et partent souvent un peu dans tous les sens, nous faisons le choix d'une position claire sur ce sujet. C'est la responsabilité d'une collectivité publique aussi grande et importante que la Capitale de la France, que de présenter une politique cohérente et pérenne sur ces questions, bref, une politique durable. Une politique publique d'alimentation durable impose, tout d'abord, un grand volontarisme en matière d?éducation.

Au-delà des "food trucks" et autres popotes roulantes ou festivals - même si cela nous intéresse aussi, Madame la Maire, il ne faut pas croire - l'enjeu de demain est l?accompagnement des adultes en devenir. En la matière, la Ville est en retard, largement. Elle doit, sans attendre, se positionner davantage au c?ur de sa compétence dans les activités périscolaires au c?ur des écoles.

Oui, nous maintenons notre demande de rationaliser les ateliers T.A.P., ex-A.R.E., au profit de quelques thématiques, dont la santé nutritionnelle et l'agriculture urbaine et durable. L'existant est insuffisant, dispersé et famélique par rapport aux enjeux de santé publique.

Oui, nous considérons également que les caisses des écoles ont évidemment une grande part de responsabilité dans les actions qu'elles mènent, d'abord, avec des objectifs cohérents et une place importante d'alimentation durable dans ses menus. La réforme que vous vouliez imposer était inepte sur ce plan. Non seulement vous refusez de subventionner davantage les caisses qui augmentent leur part de "bio" et de durable, mais, en plus, par cette réforme, vous comptiez assigner un vague objectif quantitatif, alors même que l'alimentation durable doit se baser sur le qualitatif.

Si l'on prend, tout d'abord, l'exemple de la caisse du 15e arrondissement sous la présidence de Philippe GOUJON, notre démarche est globale : augmenter d'abord le nombre de produits issus de l?alimentation durable, que vous refusez d?accompagner financièrement ; démultiplier les actions de "Paris Santé Nutrition" au plus près des écoles, alors même que vous recentralisez le dispositif ; développer les ateliers de sensibilisation au goût pour les enfants ; diversifier les recettes et les aliments, uniquement possible avec de la production sur place et en liaison chaude ; mettre en place une plate-forme logistique, alors même que vous vous y êtes opposée à plusieurs reprises.

Notre démarche globale et complète ne s'arrête pas là. Nous accompagnons, également et surtout, les parents. Cela, d'ailleurs, n'apparaît à aucun moment dans votre communication : ni apprentissage des bonnes pratiques, ni transmission du savoir au sein des familles qui n'ont pas toujours le temps, l'argent ou la connaissance pour bien acheter et bien cuisiner. Je salue d'ailleurs les propos du Président du groupe Communiste en ce sens, qui sont révélateurs d'une vraie réalité problématique pour nos arrondissements.

Nous proposons, ainsi, des menus du soir équilibrés élaborés par une nutritionniste. Nous organisons des visites des cantines pour les parents et, surtout, nous développons - enfin ! - les ateliers de cuisine parents/enfants.

Voilà le n?ud gordien de cette politique durable : la transmission du savoir. Si l'on prend maintenant l'exemple du 5e arrondissement, cette réforme inique que vous vouliez nous imposer de façon unilatérale aurait eu des conséquences particulièrement néfastes sur la politique volontariste de sa caisse, présidée par Florence BERTHOUT, en matière d'alimentation durable et de production intelligente. Nous avons eu raison de nous y opposer dans l'intérêt de la qualité des repas que nous servons aux enfants.

Le second aspect, Madame la Maire, d'une politique pérenne et cohérente en la matière, c'est la maîtrise de la filière, de la production à la consommation. La production pour la qualité que vous semblez viser dans votre communication doit s?effectuer dans un environnement sain. Il n'y a aucun intérêt à développer des circuits courts s'ils sont pollués, pollués par les reports d'embouteillages, et non de circulation, en proche banlieue, dont vous êtes responsable et que vous feignez d'ignorer. Pollués aussi par le rendez-vous manqué de votre politique fluviale depuis 2001.

En revanche, Paris en son sein peut jouer un rôle bien plus en pointe qu'elle ne le fait sous votre responsabilité. L?agriculture urbaine, telle que vous la promettiez dans votre programme électoral, semble oubliée au profit d'un patchwork de jardins partagés et micro-potagers. Incroyable, mes chers collègues, de constater que la première ferme urbaine parisienne est à peine sortie de terre.

Il n'y a pas d'ambition trop grande pour une ville durable et résiliente, ni de moyens trop conséquents pour réconcilier les Parisiens avec les bons aliments, les bonnes pratiques et la bonne production : développer davantage les fermes urbaines au c?ur de Paris ; profiter davantage des friches et des grands sites libérés pour réimplanter des espaces de co-working agroalimentaire, comme nous le demandons, par exemple, sur le site de la R.A.T.P. rue Charles-Lecocq dans le 15e arrondissement.

Cessez de densifier partout à outrance. Vous l'avez dit vous-même, Madame la Maire, mais cela vaut aussi au c?ur de Paris parce que l'on ne fait pas pousser des tomates dans le béton. Lorsque tout cela sera réellement mis en place, que l'effort et l'ambition seront compris et partagés aussi, et avant tout, par les Parisiennes et les Parisiens, alors notre ville rayonnera aussi en matière d'alimentation durable, de bonnes pratiques sanitaires, en lien avec les territoires métropolitains et franciliens.

Notre ambition est simple : que Paris respire mieux, que Paris cultive plus et que Paris nourrisse bien. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement, groupe Socialiste et Apparentés.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Quelques mots. Justement, j'avais prévu de parler plus de la dimension agriculture urbaine de cette communication, que de la partie alimentation, donc je vais satisfaire M. MENGUY qui a dû regarder un peu trop rapidement, les très nombreux projets de délibération qui se rapportent à cette communication et qui démontrent que l'agriculture urbaine est un élément de notre politique municipale, en plein essor depuis de très nombreuses années, finalement.

Sans aucun doute, les activités de nature permettent de se promener, de s'évader, mais elles favorisent aussi le lien social, la cohésion et l'implication citoyenne, quels que soient l'âge, la catégorie socioprofessionnelle et le lieu de résidence. C'est un champ d?action fédérateur qui efface les clivages et qui se traduit concrètement à Paris de manière très diversifiée, d'ores et déjà aujourd'hui, Monsieur MENGUY, et dans les années qui viennent.

Cela passe, bien sûr, par la création d'espaces verts - je me réjouis, ici, que le programme du futur parc de Chapelle-Charbon, qui sera l?un des poumons verts du Nord-Est parisien, se précise -, mais aussi par la création de toits végétalisés. Je pense, par exemple, à celui qui aura une surface de 700 mètres carrés dédiés à l'agriculture urbaine, au-dessus du futur gymnase de la rue des Poissonniers, dans les quartiers populaires. Je pense aussi, bien sûr, à la future ferme urbaine qui est d'ores et déjà prévue sur le toit de la Halle Fret de Chapelle International et qui matérialise notre engagement pour la porte de la Chapelle.

Vous le voyez, ces projets sont très nombreux. Ils sont d'envergure et ils sont complétés par des actions plus modestes portées par des collectifs d'habitants, des groupes d'enfants ou des particuliers. C'est bien une implication nouvelle des habitants que nous suscitons à tous les niveaux : conception des projets, vote mais aussi gestion et entretien. Je pense, bien sûr, au budget participatif intitulé "Cultiver en ville", retenu en 2015, qui nous permet aujourd'hui de voter un projet de délibération pour la création de 11 jardins partagés et jardins pédagogiques, dont 3 dans le 18e arrondissement dans des quartiers très différents, aussi bien villa des Tulipes que rue Richomme à la Goutte-d'Or, ou rue Gérard-de-Nerval à la porte Montmartre. Ces occupations positives de l'espace public nous permettent aussi d'apporter une pierre supplémentaire au règlement de problèmes complexes, tel que celui des ventes à la sauvette, tout en améliorant le cadre de vie des habitants. On voit bien là qu?il y a une politique globale et qui nous permet de régler un grand nombre des difficultés auxquelles nous avons à faire face.

Je pourrais citer aussi les vergers dans les écoles - vous parliez d'éducation - qui se généralisent : 30 sites dans le 18e arrondissement, ou les potagers à l'intérieur des cours d'immeuble en lien avec les bailleurs sociaux. Je pense à l?expérience du Jardin de l'univers situé dans une résidence "Paris Habitat" dans le quartier de la Goutte-d'Or, là encore pour démontrer l'ampleur de la politique que nous menons. Je pourrais, bien sûr, évoquer les projets totalement originaux, tels que ceux de l'appel à projets "Parisculteurs" qui a permis de faire émerger, par exemple, une champignonnière qui devrait prendre place dans un parking de 3.000 mètres carrés, rue Raymond-Queneau, encore une fois à la porte de la Chapelle. Voilà encore une bonne façon d?utiliser un espace aujourd'hui mal utilisé. Bref, démonstration est faite de notre engagement, de notre stratégie pour laisser de la place à l'agriculture et à la nature en ville. Dans une ville aussi dense que Paris, ce n'est pas un gadget. C'est un enjeu central pour préparer le futur. Merci, donc, Madame la Maire de Paris, merci à vous et à l?ensemble de votre équipe pour l'élaboration de ce plan qui est à la fois concret et visionnaire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire. La parole est à Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement, groupe Ecologiste de Paris.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Notre alimentation est tout autant une question de santé qu'une question de société. D'elle dépend aussi une part considérable de notre empreinte sur la planète et le climat. En effet, selon que notre alimentation est locale ou importée, issue de l'agriculture biologique ou de l?agriculture conventionnelle, végétarienne ou carnée, ce sont près du quart des émissions de gaz à effet de serre produites dans le monde qui peuvent être évitées. La question de l'alimentation n?occupe pas la place qu'elle mérite dans le débat politique. Il était donc essentiel de la mettre au c?ur de notre démocratie et je vous remercie, Madame la Maire, de l'avoir fait.

Enjeu vital pour notre avenir, je suis comme vous, convaincu que l?alimentation peut nous aider à aller mieux, individuellement et collectivement.

Dans le 2e arrondissement depuis 2001, dans toutes les écoles, nous avons fait entrer cette question dans la restauration scolaire. Nous avons, pas à pas opiniâtrement, introduit le "bio" dans les cantines et, aujourd'hui, ce sont plus de 90 % des aliments constituant les repas servis aux enfants qui sont issus de l'agriculture biologique ou alimentation durable. Le "bio" dans les assiettes permet aussi de structurer des filières en circuit court. Nous avons notamment contribué à l'émergence des filières "bio" de blé et de laitage d'Ile-de-France, en partenariat avec l'ancienne majorité francilienne.

Nous avons aussi, dans les cantines du 2e arrondissement, banni l'huile de palme pour laquelle on brûle des forêts tropicales, et proscrit tout produit contenant des O.G.M. et toutes les espèces de poissons pêchées en eau profonde. Nous avons mis en place un repas végétarien pour toutes et tous, une fois par semaine, et désormais en plus, un repas végétarien au choix, en alternative avec les repas carnés servis tous les autres jours à la plus grande satisfaction de nos jeunes convives. Ces initiatives ne sont pas isolées. La Ville de Paris se mobilise avec son plan d'alimentation durable sous l'impulsion de Célia BLAUEL et il existe de plus en plus de lieux proposant une alimentation saine et responsable locale, "bio" et végétarienne.

Je me réjouis que Paris ait choisi l?audace. J'en veux pour preuve le lancement de la collecte des déchets alimentaires des ménages, sous la houlette de Mao PENINOU et Antoinette GUHL, ainsi que le succès foisonnant de l?appel à projets des "Parisculteurs" initié par Pénélope KOMITÈS. Dans le 2e arrondissement, nous allons pouvoir accueillir, sur le toit de l?espace Jean Dame dans le quartier Montorgueil, un verger et un potager qui vont s'étendre sur près de 1.000 mètres carrés et produire fruits et légumes avec et pour les riverains.

S'il nous faut mobiliser de l'espace pour favoriser l'agriculture urbaine, nous devons aussi nous opposer aux projets qui détruisent les espaces naturels, rares, qu?il nous reste en Ile-de-France. Comme l'absurde projet EuropaCity, dont les promoteurs s?apprêtent à sacrifier les dernières terres fertiles d'Ile-de-France du Triangle de Gonesse, au Nord de Paris, pour y construire des supermarchés et des infrastructures pour skier, comme à Dubaï, dans un bunker, été comme hiver. Nous ne devons pas laisser faire cela.

Face à l'accaparement des terres et aux cadences folles de l?industrie alimentaire, il faut privilégier le "bio", la proximité, les circuits courts et l'alimentation non carnée seuls en capacité de préserver à la fois notre santé, notre environnement et notre avenir.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI, pour le groupe les Républicains.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

Je voulais intervenir sur un aspect important de ce plan alimentation durable qui est celui de la production de bière. Parce que M. BENNAHMIAS est un grand fan du cannabis récréatif, moi, je suis favorable, comme beaucoup de gens ici dans cette salle et de Parisiennes et Parisiens, à la bière récréative et responsable. Je me réjouis de voir que la Mairie de Paris met en place ce plan avec un partenariat, avec une partie prenante qui est Brasseurs de France.

Je me réjouis de cela, parce que justement, on brise un peu cette tendance à l?hygiénisation et à la criminalisation de la consommation d'alcool. J?en veux pour preuve d'ailleurs le fait que nous-mêmes, ici au Conseil de Paris, nous en sommes un peu tributaires puisqu'à la buvette de l'Hôtel de ville, il n'y a pas d'alcool alors même que nous recommençons à fabriquer de la bière, nous recommençons à distiller du whisky, au sein même de Paris intra-muros.

Je me réjouis de voir que la Mairie de Paris se préoccupe aussi de la production et de la distribution d'alcool de manière responsable - l?abus d?alcool est dangereux pour la santé, nous le savons tous - et je me réjouis de voir ce partenariat avec Brasseurs de France.

Je voudrais faire trois observations.

La première, c'est l'aspect pédagogique. Je souscris un peu aux observations qui ont été formulées par mon collègue Geoffroy BOULARD. Naturellement, on ne va pas faire de Paris une vaste zone de production agricole ; on ne va pas être sur un territoire de Paris et atteindre l?autosuffisance ; ne mentons pas aux Parisiennes et aux Parisiens. Mais en revanche, c?est là où l?agriculture urbaine mise en place par la Mairie depuis quelque année est importante, c'est que l'on peut faire tout un travail de pédagogie en direction des Parisiennes et des Parisiens, notamment des jeunes publics ; pour leur expliquer comment on fabrique leurs aliments, comment l'aliment qu'ils ont dans leur assiette a été produit, fabriqué, comment il pourra être mal fabriqué et comment, à l?inverse, il pourra être bénéfique pour la santé.

Je vais dire encore quelque chose qui peut choquer un certain nombre d'entre vous, mais la bière ou un verre de vin par jour, ou peut-être deux parfois, une bonne bière a une vertu. Pas trop d?hygiénisme ! Dans certaines organisations sportives, certains médecins sportifs recommandent face à certaines hypoglycémies et face à certains risques d'interrompre une activité sportive, l?utilisation de la bière, le recours à la bière parce que c'est du sucre et que cela permet de lutter contre l'hypoglycémie.

Je pourrais dire bien d?autres choses. En Belgique, savez-vous que beaucoup de gastro-entérologues recommandent le recours à la bière parce que c?est très bon pour la flore intestinale. C?est la vérité. Donc, bravo à la Mairie de Paris et à ce partenariat. Je pense que c?est un partenariat pédagogique et j?espère qu?au bois de Vincennes, nous aurons beaucoup de visites de publics, notamment de jeunes publics, lycéens et collégiens, qui sauront comme on fabrique cela.

Si cela vous fait rire que l?on parle de la bière, qui est probablement le premier breuvage qui a été inventé par l?homme et qui probablement marque notre entrée dans la civilisation, je rappelle qu?il y a 4.000 ans, on fabriquait de la bière en Egypte. Oui, mes chers collègues. On ne fabriquait pas du tofu mais on fabriquait aussi de la bière. C?est donc important aussi à noter.

Je ne comprends pas d?ailleurs pourquoi vous riez ou vous vous moquez de cela puisque c?est votre plan et vous vous en réjouissez. On n?a qu?à s?en réjouir tous ensemble.

La dernière observation que je voudrais faire est sur l?accès de tous à ce type d?aliments. Nous avons les A.M.A.P. Dans le 6e arrondissement, nous avons une A.M.A.P. qui marche très bien et qui est exemplaire sur le plan parisien notamment avec la biodynamie. Nous avons aussi des ruches qui se multiplient dans beaucoup d?arrondissements, dans beaucoup de quartiers. Nous avons aussi les 135 jardins partagés et M. DUCLOUX en a parlé. Nous avons d?autres initiatives associatives qui sont lancées et c?est très bien.

Il y a aussi la multiplication de supermarchés bio comme "Bio c?bon". Il y a peut-être un petit bémol, il faudra dire aux Parisiennes et Parisiens que le topinambour qui vient du Chili, c?est une insulte aux circuits courts et qu?on peut aujourd?hui fabriquer du circuit court en Auvergne, par exemple. C?est un petit coup de gueule très personnel.

Nous avons ce type d?initiative et c?est très bien. C?est vrai qu?il y a aussi des boutiques qui ont eu des initiatives de marchés privés qui se sont mis en place. Mais reconnaissons-le, ce sont des initiatives qui sont un peu limitées à un certain public plutôt privilégié avec un fort pouvoir d?achat, etc. Et nos collègues communistes et même sur ces bancs en ont parlé et c?est très bien, il faut le rappeler.

Tout ce que je veux dire aussi pour terminer sur la bière, c?est qu?il faudra vraiment que cette bière, qui sera produite dans des quantités extrêmement réduites, soit peut-être pas bue par tout le monde, mais en tout cas découverte et connue de tous. C?est la raison pour laquelle j?appelle la Mairie de Paris à organiser un grand salon de tous ces types de produits qui seront fabriqués à Paris.

Voilà ce que je voulais dire.

Désolé, j?ai un peu brisé le politiquement correct qui voudrait qu?on ne parle surtout pas d?alcool dans cette enceinte, mais oui, encore une fois, je précise que l?alcool, quand c?est bu avec modération, quand on sait comment on le fabrique, quand c?est fabriqué de manière biologique en biodynamique, cela peut être extrêmement bon pour notre lien social à tous.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous avons à présent? Je ne vois pas Carine PETIT?

Christian SAINT-ETIENNE sera a priori le dernier orateur et il vous reste 4 minutes 45.

M. Christian SAINT-ETIENNE. - Merci, Madame la Maire, je voulais aborder la situation du jardin partagé des Jeunes Pouces attenant au stade Ménilmontant qui a été rasé récemment au mépris de la concertation et des élus locaux.

Ce jardin est attenant au stade de Ménilmontant, qui était le seul stade où les jeunes du 11e arrondissement pouvaient de façon extrêmement libre profiter de cet espace de plein air et pratiquer un certain nombre de sports qui évitaient que dans l?environnement on ait de la violence. Ce jardin et ce projet étant en train de transformer complètement l?environnement du stade Ménilmontant, je vous demande par amendement que le jardin partagé, situé au passage de la Folie-Régnault dans le 11e, soit inclus dans l?autorisation de création de financement sur le budget participatif de dix jardins partagés.

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

Voilà. Nous avons donc terminé ce beau débat sur notre communication.

Je vais maintenant donner la parole aux adjoints pour répondre aux différents orateurs. Tout d?abord, Célia BLAUEL.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Je m?attendais à beaucoup d?interventions, beaucoup de sujets ce matin, mais pour débuter, je voudrais réagir à l?intervention de M. VESPERINI pour dire que nous n?avons pas de sujets tabous dans cette Assemblée, encore moins sur la bière. Etant moi-même d?origine alsacienne, je n?ai pas de problème avec cela. Ce qui me choque tout particulièrement, c?est que dans une autre vie, j?ai eu à côtoyer le lobby de l?alcool et que vous fassiez la lecture ce matin d'une fiche argument des Brasseurs de France, que d'ailleurs vous avez cité trois fois et qui à ma connaissance ne se mobilisent ni pour l?agriculture durable encore moins pour la santé publique, me pose un vrai problème.

Ceci étant dit, on pourra en reparler et je vais revenir au sujet plus global de l?alimentation et de l?agriculture. Plusieurs d?entre vous l?ont dit : faire le choix d?une alimentation, c?est faire un vrai choix politique, selon cette formule largement utilisée de l?assiette à la planète, puisque c?est un enjeu en matière de santé. L?Organisation mondiale de la santé avait prédit que le XXIe siècle malheureusement verrait l?émergence de maladies dites non transmissibles liées à l?alimentation et au cadre de vie.

C?est un enjeu d?environnement. Soutenir une agriculture bio locale, c?est lutter contre les pollutions de l?air, du sol et de l?eau. C?est aussi soutenir une filière plus respectueuse de la santé et de la rémunération des paysans. C?est également réduire notre empreinte écologique. Je le rappelle encore une fois ici : l?alimentation pèse pour beaucoup dans le bilan carbone de notre ville et c?est pourquoi elle fait l?objet d?une attention particulière dans notre Plan Climat.

Contrairement à ce que j?ai pu entendre ce matin, entre certaines critiques ou autres injonctions et bonnes leçons, cette communication fait preuve d?une ambition forte. Elle inscrit clairement notre ville dans une dynamique de transition écologique de notre modèle de ville et de société.

Pour ma part, et pour répondre aux différentes interrogations qui ont été soulevées, je centrerai mon intervention sur un des projets forts qui est rattaché à ce projet de délibération : l?élaboration d?une stratégie alimentaire pour le territoire parisien qui pose une vision globale mais aussi prospective pour notre territoire. Nous poursuivons trois objectifs forts.

Tout d?abord sur la résilience du territoire parisien. Il ne s?agit évidemment pas d'atteindre l?autonomie alimentaire de Paris au sein du territoire parisien, mais par exemple de travailler sur la distance moyenne que met un aliment à arriver dans votre assiette en repensant la logistique. Dans un dialogue avec la filière agricole, il s'agit de travailler à la diversification des filières, au soutien à de nouveaux outils de transformation ou encore à soulever cette nouvelle problématique de l?accaparement des terres qui touche aussi l?Europe.

Le deuxième objectif est évidemment d?avoir une attention particulière sur la question environnementale. Comme je l?ai dit, travailler sur ces domaines, c?est baisser les pollutions et réduire les émissions de gaz à effets de serre. Nous allons donc poursuivre notre travail sur les aspects de logistiques urbaines, en favorisant le développement de bonnes pratiques sur le territoire.

A ce titre, je voudrais réagir aux interventions de Yann WEHRLING et de Geoffroy BOULARD, pour dire à Yann WEHRLING que nous partageons les enjeux mais que ce changement de modèle, qu?apparemment nous appelons conjointement, demandera aussi une implication de tous les acteurs locaux. J?ai trouvé un peu fort les attaques faites à la Ville par rapport au désengagement que l?on note depuis l?année dernière de la Région sur ces questions, l?association "AQUI?Brie" qui travaille sur l?importante nappe de Champigny - la plus importante d?ailleurs d?Ile-de-France-, les A.M.A.P. Ile-de-France, le G.A.B. Ile-de-France, "Terre de liens" se sont vus sabrer voire supprimer leurs subventions. Il faut vraiment que cela change.

Puis pour répondre à Geoffroy BOULARD, vous parlez d?un déni de réalité de notre action face à l?agriculture dite "conventionnelle" et j?ai envie de vous retourner le compliment puisqu?aujourd?hui nous travaillons avec tout le monde à la Ville de Paris. J?en veux pour preuve ce que l?on fait avec "Eau de Paris". Nous travaillons autant avec les "bio" que les conventionnels. J?en veux aussi pour preuve cette visite que nous avons faite à la Ferme de Paris avec la Maire de Paris, la semaine dernière, où nous étions entourés de tout le monde agricole.

Mais force est de constater aujourd?hui que la "bio" a un impact plus intéressant sur la santé en réduisant l?impact des pesticides, des perturbateurs endocriniens. Cela a un impact plus important sur l?environnement et, en termes de modèle économique, de plus en plus de paysans se tournent vers la "bio", voyant bien que le modèle productiviste tourné vers l?exportation les emmène droit dans le mur.

Enfin, troisième objectif et j?en terminerai par-là, c?est l?idée d?aborder la question sociale avec cette stratégie alimentaire. Nous souhaitons soutenir une juste rémunération aux paysans de cette filière, mais aussi porter une attention particulière pour les Parisiens, pour que chacune et chacun ait accès à une alimentation de qualité.

En moyenne, les Parisiens - nous avons une étude qui le montrent - mangent déjà très bien, consacrent un budget important à leur alimentation, plus important que la moyenne française, mais 70.000 d?entre eux sont en situation de précarité alimentaire, 45.000 d?entre eux bénéficient de l?aide alimentaire. L?idée est donc bien de soutenir un certain nombre d?initiatives, notamment le développement des plateformes de circuits courts. D?ailleurs, très rapidement, Madame NAHMIAS, je vous invite à regarder la plateforme des Acteurs du Paris durable - ces acteurs que vous citez sont déjà recensés par la Ville.

Enfin, j?en profite pour répondre aux deux v?ux qui me sont soumis.

D?abord, celui du groupe RG-CI pour donner un avis favorable et prendre en compte votre suggestion tout à fait pertinente de travailler sur la question des particuliers, notamment des jeunes et de leur mode alimentaire. Par ailleurs, dire au groupe Communiste qu?en lien tout particulier avec l?action que mène Dominique VERSINI dans le cadre de la lutte contre la grande exclusion, nous allons accepter votre v?u si l?amendement vous convient, et ainsi voir comment dans l?année qui vient on pourra étudier le remplacement de cette aide qui a été supprimée.

Voilà dans les grandes lignes, il y aurait beaucoup à dire.

Je souhaiterais simplement conclure en vous disant que cette stratégie d?alimentation durable, quelles que soient les actions que nous avons portées dans cette communication, devra prendre la forme d?une stratégie multi- acteurs.

Comme l?a dit Mme la Maire le périmètre d'action dépasse celui de la Ville, car ce n?est pas que de notre compétence, nous impliquerons la Région Ile-de-France, voire les régions plus éloignées et la Métropole dans l?idée de refondre vraiment le lien urbain et rural, avec toute l?humilité que nous devons conserver et aller vers un partenariat fort entre ces territoires, mais aussi nous poser la question du cadre national et européen.

Voilà dans les grandes lignes, mais je crois que nous avons largement dépassé le "y?a qu?à, faut qu?on" de certains et certaines, pour mettre les mains dans le cambouis alors même que ce n?est pas notre compétence.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Célia BLAUEL.

La parole est à Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Je voudrais remercier un certain nombre d?intervenants pour le soutien à ces projets d?agriculture urbaine.

Peut-être rappeler le rôle de l?agriculture urbaine qui remplit un triple rôle.

C?est un rôle environnemental, puisque cela favorise effectivement les trames vertes, cela lutte contre les îlots de chaleur et la rétention d?eau et là nous sommes bien dans une démarche globale d?adaptation au changement climatique et en faveur de cette ville résiliente.

C?est un rôle économique avec le développement de nouveaux emplois, et il faut le souligner et, comme l?a dit Éric LEJOINDRE, un renforcement du lien social de manière importante.

Yann WEHRLING a eu raison de souligner la situation de l?agriculture en Ile-de-France puisque nous avons à peu près une baisse de 22 % en dix ans des exploitations agricoles, avec notamment un impact important sur le maraîchage, l'horticulture et l'élevage et on a plus de 100.000 hectares de terres fertiles qui ont disparu.

Donc, bien évidemment, oui, notre politique est globale et nous construisons un nouveau modèle qui se construit - Monsieur BELLIARD, vous avez raison de le souligner - avec les territoires ruraux et les territoires périurbains parce que, bien évidemment, nous n'avons pas vocation - M. BROS l'a rappelé - à être autonomes en matière d'agriculture. Pour autant, notre volonté est bien de permettre aux agriculteurs périurbains ou de grande couronne de pouvoir s'installer dans Paris, d?étendre leurs activités et aussi d'introduire leurs différents produits et de les distribuer de manière majoritaire en circuit court, avec cette volonté bien évidemment de redonner aux citadins ce goût de la culture, mais aussi de développer des projets qui sont, comme l?a démontré "les Parisculteurs", aussi bien participatifs, pédagogiques que productifs.

Rémi FÉRAUD a bien insisté sur l?ampleur de notre projet puisque notre volonté est bien d'atteindre ces 33 hectares d'agriculture urbaine sur les toits en 2020.

Madame NAHMIAS, non, pas 600 mètres carrés et je vous rappelle d?ailleurs que vous avez un très beau projet qui va arriver dans votre arrondissement, qui est la végétalisation de la façade totale de la mairie du 17e, y compris avec des projets d'agriculture urbaine.

Certains intervenants l'ont dit, il est important de travailler avec le jeune public et c'est ce que nous faisons - certains semblent l'avoir oublié comme si rien n'existait -, avec le budget participatif puisqu'en lien avec Alexandra CORDEBARD nous avons installé dans les écoles parisiennes des vergers, des potagers qui permettent aux enfants de comprendre que les salades n'arrivent pas dans des sacs en plastique mais poussent dans de la terre. Bien évidemment, dans le cadre des "Parisculteurs", nous avons aussi eu un ?il et nous continuerons à l'avoir vers les étudiants qui se trouvent souvent en précarité alimentaire. En effet, un des projets sur le couvent des Cordeliers est en lien avec la faculté de médecine.

Monsieur BOULARD, pas de faux procès - Mme BLAUEL vous l?a dit -, nous travaillons avec tous les agriculteurs et nous sommes en construction d'un partenariat avec la Chambre interdépartementale, en lien avec les acteurs du pôle "Abiosol". Ainsi, nous ne faisons pas de distinction, l'idée étant bien de maintenir cette agriculture, y compris de maintenir ces terres fertiles en Ile-de-France.

Nous avons dû être un inspirateur puisque la Métropole s'intéresse beaucoup au projet des "Parisculteurs" et y réfléchit. Je pense que c'est de bon aloi de proposer, dans le cadre du "Parisculteurs 2" à des communes de première couronne de travailler avec nous sur ce projet. Bien évidemment, nous travaillons sur toutes les technologies, qu'elles soient traditionnelles ou plutôt "high tech" en aquaponie et en hydroponie.

Vous ne pouvez pas dire que nous avons seulement quelques hectares. En effet, comme l'a rappelé Eric LEJOINDRE, de gros projets vont sortir comme Chapelle International, le gymnase des Poissonniers, la Ferme du Rail dans le 19e.

Je veux vous dire, Monsieur BOULARD, et vous rappeler que oui, je suis favorable à la réinstallation d'une halle d?agriculture urbaine dans le parc Martin Luther King, si cela est possible en termes techniques.

Monsieur VESPERINI, j'ai bien noté que vous vous intéressiez à la bière ; c'est une très belle opération et je ne manquerai pas de vous inviter à la récolte. Je vous rappelle que les 5.000 litres de bière prévus seront distribués à titre pédagogique.

Je souhaite enfin répondre à M. SAINT-ETIENNE en refusant son amendement. Il y a eu énormément de concertations sur ce projet de jardins partagés. La convention qui avait été signée avec "Jeune Pouces" l?avait été en 2010 pour un temps précis et le futur projet prévoit des surfaces de jardins partagés également.

Voilà ce que je voulais dire, mais bien évidemment je souhaite me féliciter de cette globalité alimentation, circuits courts, agriculture, économie circulaire et déchets.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Pénélope KOMITÈS.

La parole est à Mme Olivia POLSKI.

Mme Olivia POLSKI, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Les savoir-faire artisanaux et commerciaux en matière de gastronomie représentent un atout indéniable de notre ville. La vitalité de ce secteur d'activité conditionne en effet non seulement la qualité de vie des habitants, mais aussi évidemment son attractivité à l'International et nous souhaitons continuer de soutenir ce secteur activement.

Cette vitalité, Paris la doit à ses 71 marchés découverts, ses 9 marchés couverts, ses 72 chefs étoilés auxquels la Maire a d?ailleurs remis une médaille, ses 7.200 commerces alimentaires que sont nos boucheries, nos boulangeries, nos fromagers, nos chocolatiers et j'en passe, et c'est plus de 13.800 cafés et restaurants. C'est une vraie richesse pour Paris d?avoir un tel nombre d'artisans de qualité ; on nous l'envie partout dans le monde.

La culture culinaire parisienne est aussi un patrimoine immatériel qui appartient à tous et qu'il nous faut protéger et encourager. Le repas est au centre de cet art de vivre et il renvoie à la dimension de partage, de moment privilégié, de transmission de valeurs. Un sondage est d?ailleurs sorti, qui dit que 93 % des Français jugent que le repas en famille est un moment important et que pour 74 % d?entre eux le repas est avant tout un moment de convivialité. C'est aussi ce que nous souhaitons dans la ville encourager, ce lien social, ce moment de partage et de vivre-ensemble.

Fatéma HAL, qui est auteur et chef d'un restaurant parisien parle ainsi de la cuisine du lien. L'alimentation a ce rôle de partage et le repas est créateur de liens, ouvre au dialogue, à la connaissance de l'autre, de sa culture et de ses richesses. La solidarité et le vivre-ensemble sont des valeurs essentielles dans la période que nous traversons et je sais que nous devons tous et toutes participer aujourd'hui à leur transmission.

Il est donc important pour nous de promouvoir une offre alimentaire diverse et de qualité sur l'ensemble du territoire parisien.

Nous avons déjà - cela a été évoqué - mobilisé plusieurs dispositifs pour installer, soutenir, préserver notre commerce de proximité au travers du plan local d'urbanisme, de nos actions dans les C.D.A.C., "Vital?Quartier", du futur contrat "Paris Commerces" et de la future structure de coopération inter-bailleurs, qui sont autant de dispositifs qui favorisent et favoriseront l'installation de l'activité commerciale et notamment alimentaire dans Paris.

Nous souhaitons, comme cela a été aussi dit, en complément de ces mesures, favoriser l'innovation et penser l'alimentation de demain. L'incubateur en innovation alimentaire "Smart food Paris" a été lancé en février 2016 pour répondre à cet objectif ambitieux.

Pour répondre à Mme SIMONNET, je veux lui dire que cette plateforme a pour ambition de favoriser des innovations multiples, notamment sociales, et j'en veux pour preuve notamment le fait qu'elle incube une "start-up" magnifique qui fait la promotion de l'alimentation de chefs migrants, qui viennent de Syrie, du Kurdistan, d?Afghanistan. Ce n'est donc pas seulement de l'innovation comme vous pouvez l?évoquer, mais c?est de l?innovation dans tous ces domaines. C'est aussi faire de la recherche sur l'alimentation à base d'algues par exemple. Énormément de choses s'y passent qui sont aussi bien du côté du service, qui peut être apporté, différent, innovant et social, que du côté de l'innovation, sociale à proprement parler.

Nous souhaitons aussi favoriser l'émergence de la cuisine, d'une cuisine populaire, de rue, qualitative, on l?a évoqué, par la création d'emplacements sur l'espace public ou même par la création prochaine d'un festival international de cuisine de rue.

Ce volontarisme a aussi permis la création depuis l'automne 2016 d'un marché, un "Food Market" comme on dit ailleurs, permettant de proposer des plats fraîchement? Oui, mais c?est autre chose, là. Ce sont de petits restaurants...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît, on ne fait pas de commentaires.

Mme Olivia POLSKI, adjointe. - Sur l'emplacement du marché Belleville, qui rassemble deux jeudis soir par mois entre 5.000 et 10.000 personnes et qui rencontre un succès phénoménal.

Nous devons donc aussi garantir aux Parisiens leur approvisionnement en produits de qualité... Il y a un brouhaha. Excusez-moi, merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons essayer d?aller plus vite dans les réponses de l?Exécutif maintenant afin que l'on puisse passer aux votes et que tout le monde écoute.

Mme Olivia POLSKI, adjointe. - Sur le v?u du groupe Communiste, nous avons effectivement proposé des amendements. Il ne s'agit pas de rentrer? Il faut être cohérent avec l'offre que nous avons déjà en matière de marché alimentaire.

Si vous acceptez ces amendements, j'émettrai un avis favorable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Olivia POLSKI.

Antoinette GUHL, dernière oratrice. Beaucoup de choses ont été dites, ce débat se poursuivra encore et je crois qu?on a compris le volontarisme et le pragmatisme qui est le nôtre.

Antoinette, le mot de la fin pour l?Exécutif.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Rapidement, Madame la Maire, mes chers collègues.

Effectivement, cette communication alimentation porte sur l'ensemble de la filière alimentation, de la production à la consommation, pour aller jusqu'à la revalorisation des biodéchets pour un retour à la terre. C'est donc bien dans une conception très circulaire que cette communication alimentation a été réalisée.

Sur la production, quelques mots. Nous avons beaucoup évoqué la question de l'agriculture urbaine, qui est une innovation, et dans le même temps nous mettons en place dans cette conception alimentation un programme "Paris Campagne" qui a pour objectif de tendre la main à celles et ceux qui font l'agriculture, non seulement en petite et moyenne couronnes mais même au-delà.

Un programme "Solidarité Paris Campagne" qui intègre également la volonté de la préservation et de la reconquête des terres agricoles et qui se mettra en place, notamment par un travail avec la Métropole du Grand Paris et avec de grandes structures et grandes organisations d'agriculteurs. Deuxième sujet sur la consommation...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On écoute la fin de ce débat, que tous ceux qui sont debout retrouvent leur siège, à droite comme à gauche. On ne va pas refaire toutes les deux minutes un rappel. Chacun s'assoit. Vous qui êtes si respectueux de l'ordre, Monsieur. MENGUY? J'y arriverai, au bout de 15 ans j'en ai vu beaucoup. On se sent bien à 15 ans.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Sur la question de la consommation et de la consommation responsable, vous avez été nombreux à intervenir, Valérie NAHMIAS a souligné l'importance des A.M.A.P. ; Rémi FÉRAUD a su se réjouir de l'installation de "Kelbongoo!". Je voulais signaler l'ouverture de "la Louve" dans le 18e, une très belle coopérative alimentaire qui réinvente la distribution alimentaire par la prise en main par 4.000 Parisiens de ce système de distribution qu'ils créent et pour lequel chacun et chacune travaille.

Je voulais souligner le travail qui est fait en partenariat avec la S.E.M.A.-EST pour installer partout à Paris des structures qui relèvent de l'économie sociale et solidaire et travaillent sur ces questions de l'alimentation responsable.

Je voulais également souligner que l'économie sociale et solidaire a toujours été un fer de lance de cette solidarité alimentaire, que ce soit par exemple le "Freegan Pony" ou "Le troisième café", les exemples sont nombreux sur le territoire et nous poursuivrons dans cette dynamique.

La lutte contre le gaspillage alimentaire : un mot pour vous dire qu'un appel à projets qui concerne le budget participatif a été lancé avant-hier et va nous permettre, à nous, Ville, de pouvoir à nouveau soutenir les structures qui luttent contre le gaspillage alimentaire. Ce plan de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été voté, est en cours de mise en place, parce que l'alimentation ne peut pas être une marchandise comme une autre, plan sur lequel j'aurai l'occasion de revenir tout au long de l'année.

Dernier point, sur les déchets ou plutôt la valorisation des biodéchets : le Plan compost qui est associé à cette communication présente comme objectif de multiplier par 2 le nombre de points compost dans Paris et introduit également une nouveauté par la distribution de lombricomposteurs directement aux Parisiens. Voilà, Madame la Maire, j'en ai terminé.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Merci à l'ensemble des orateurs et merci à l'Exécutif pour ces réponses et ce beau plan qui est maintenant sur la table.

Puisqu'il y a des votes, à la fois des v?ux et des projets de délibération, je vais donc passer maintenant aux votes.

D'abord, les votes des v?ux rattachés au projet de délibération DEVE 50.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 1 amendé déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2017, V. 1).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 2 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche avec un avis favorable de l'Exécutif et un amendement de formulation.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2017, V. 2).

Nous passons au vote des autres projets de délibération rattachés à ce débat, ainsi qu?au v?u n° 3 déposé sur le dossier DEVE 24 et aux amendements n° 4 et n° 93 déposés sur le DEVE 22.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 3 déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants sur le projet de délibération DEVE 24, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 3).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 24.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DEVE 24).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPE 14.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité aussi. (2017, DPE 14).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 21.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DEVE 21).

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement technique n° 4 déposé par l'Exécutif sur le DEVE 22.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement technique n° 4 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 93 déposé par le groupe les Républicains sur le projet de délibération DEVE 22 avec un avis défavorable de l'Exécutif? Une explication de vote de Mme MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - Je souhaite rappeler l'indignation des Ecologistes suite aux dommages subis par le jardin partagé des Jeunes Pouces. Ce jardin partagé temporaire de 800 mètres carrés de pleine terre présente une biodiversité exceptionnelle avec des lézards, des orvets et des chauves-souris.

Pour nous, nous l'avons rappelé lors des débats sur le projet, cette parcelle doit être préservée.

Comment "Paris Habitat" et la Ville ont-ils pu programmer, le 21 janvier, le déplacement de plus de 20 policiers, des vigiles et un bulldozer pour détruire un cabanon et arracher quelques légumes ? Pourquoi une intervention d'une si grande violence, disproportionnée, sans même avertir l'élue en charge de ce dossier ? Cette action autoritaire, qui est de celles qui ont fait tant de mal à la gauche est bien loin des valeurs que nous défendons au sein de cette majorité et des actions que nous menons pour plus de démocratie, plus de dialogue et de respect. En lieu et place du coup de force, nous demandons que les travaux soient suspendus en attendant que les recours soient jugés.

"Gouverner, c'est être clairvoyant et c'est faire l'analyse, quand un dossier est dans l'impasse ! Quand un chantier crée plus de discorde et de désordre qu'il n'apporte de perspectives économiques, il faut savoir trancher et hiérarchiser !"

Cette déclaration, c'est celle de Benoît HAMON sur le projet de Notre-Dame des Landes. Ces propos du candidat socialiste pour la présidentielle, je les fais miens et j'invite notre majorité à se rassembler sur un nouveau projet de consensus !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On se calme.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, l'amendement n° 93 déposé par le groupe les Républicains sur le dossier DEVE 22, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement n° 93 est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 22 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2017, DEVE 22).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 25.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 25).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 32.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 32).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 41.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 41).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 42.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 42).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 43.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 43).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 44.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 44).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 46.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 46).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 47.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DEVE 47).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, quel bonheur que de porter ensemble ces mutations majeures. Je vous remercie. Je remercie chacun des groupes, majorité comme opposition, d'avoir accompagné ce travail qui est déjà en cours, en grande partie, mais qui va être accéléré grâce à ce plan stratégique que nous avons développé. Je vous remercie.