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Janvier 2017
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2017 DVD 5 - Stratégie "Paris piéton". - Approbation de la stratégie "Paris piéton" et signature de la Charte internationale de la marche (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à Anne SOUYRIS, Présidente du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Anne SOUYRIS. - Merci, Madame la Maire, chers collègues.

Après la philosophie un peu de littérature, "Vous êtes perdu si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne", écrivait Jean-Jacques Rousseau, le même qui, plus tard, fit de ses promenades la source de l?une de ses dernières ?uvres et des plus connues.

Bien sûr, ce n'était pas Paris même si le Paris de Rousseau était sans nul doute plus bucolique qu'aujourd'hui. Il n'empêche que le promeneur doit retrouver aujourd?hui sa place à Paris. C'est essentiel pour notre santé, mais également pour notre santé mentale. Car oui, les fruits sont à tous et les rues devraient également l'être, ce qui est bien loin d'être le cas à Paris. Bien sûr, Paris est une ville où il fait bon vivre, mais lorsqu'on est en pleine santé et dans la force de l'âge, qui plus, sans entrave de poussette ou situation de handicap. Il est temps de partager l'espace public, de remettre la voiture à sa place et de rendre la rue à toutes les générations et à vitesse humaine.

Partout où vivent des êtres humains et grandissent des enfants, le trafic motorisé doit être subordonné à l'intérêt du plus fragile d'entre eux. La création des zones de rencontre, l'instauration des doubles sens cyclables dans les zones 30, le renforcement de la protection des piétons, toutes ces mesures que nous portons visent à faire de ce slogan "nous sommes tous des promeneurs et des promeneuses" une réalité. Car oui, la rue est une interface entre le dehors, la circulation, et le dedans, le logement entre l?espace public et l?espace intime.

De ce fait, la rue donne à voir non seulement la ville, mais la société que nous voulons, et nous l'assumons. Nous voulons une ville douce, recentrée sur les besoins de tous et de toutes, les marcheurs et les marcheuses. Nous sommes tous des promeneuses et des promeneurs. En effet, la marche est le premier mode de déplacement. Et pourtant, l'espace public parisien est encore majoritairement à 56 % consacré à la circulation motorisée. C'est pour mettre fin à ce déséquilibre que notre collègue Christophe NAJDOVSKI propose aujourd?hui cette stratégie permettant aux marcheurs et marcheuses de mieux se repérer, plus se rencontrer, se déplacer sans risquer sa vie et circuler ou s?arrêter confortablement.

Pour être utile, cette démarche doit bien sûr se décliner dans tous les projets d'aménagement de la voirie et de l'espace public. Car, au-delà de ces projets pilotes, tous les projets d'aménagement doivent se faire au profit des circulations piétonnes. Mais notre collègue Jacques BOUTAULT y reviendra.

Je terminerai en rappelant que si les déplacements à pied ont été marginalisés, ce fait n?est pas irréversible. La mixité sociale de genre et de génération doit être aux premières loges de la ville. C'est avec un espace public qui donne toute sa place aux marcheurs et aux marcheuses que nous y arriverons.

Ce rééquilibrage peut même être l?occasion d?innover. Et c?est bien le sens du v?u que nous déposons pour demander l'expérimentation, dans un quartier pilote, d'abandon des feux tricolores de signalisation. En effet, contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier abord, les chiffres sur les accidents remettent en cause le sentiment général que les feux de signalisation sont des équipements de sécurité efficace. En effet, 14 % des accidents en France surviennent à un carrefour à feu. 10.000 accidents par an, 1.500 blessés hospitalisés et environ 150 tuées. Qui plus est, les 1.805 carrefours parisiens équipés en feux tricolores sont énergivores et coûteux. Il nous apparait donc utile que Paris se lance, comme d?autres villes françaises et européennes, dans l'expérimentation d'alternatives. Changeons notre regard sur la ville et la rue, qui ne sont pas simplement des lieux de transit mais aussi des lieux de vie, et faisons en sorte qu?elles deviennent plus conviviales et plus sûres. Alors, pour que les rêveries d'un promeneur solitaire ou non soient possibles à Paris, ce qui, nous l'espérons, sera grâce à ce plan bientôt le cas, nous voterons avec enthousiasme ce projet de délibération.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, chère Anne SOUYRIS, et je donne à présent la parole à Nicolas BONNET-OULALDJ pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Mes chers collègues, Baudelaire écrivait dans le poème "Les foules", qu?il n'était pas donné à chacun de prendre un bain de multitude. Paris est une belle illustration de cette foule qui se partage un espace public fait de grandes et de petites histoires. Un des enjeux de cette mandature est bien de se réapproprier l'espace public parisien à l'échelle humaine. C'est un enjeu politique très important pour nous, communistes, dont notre mot d'ordre est l'humain d'abord. La piétonisation de Paris doit se penser d?abord pour les plus vulnérables pour profiter à toutes et à tous. Je pense aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap notamment les malvoyants, et j'y reviendrai tout à l'heure.

Notre politique de piétonisation doit partir d?eux, les plus vulnérables, pour que l'espace public soit un droit absolu pour toutes et tous. La stratégie "Paris piéton", qui nous est présentée ici, met en place des chantiers qui vont dans le sens d'une démarche humaniste. Redonner de l'air et de la liberté aux Parisiennes et Parisiens est fondamental. Aménager une rue aux enfants, installer des équipements aidant les personnes en situation de handicap, multiplier les places piétonnes pour élargir l'horizon, travailler sur le développement des transports publics et leur accessibilité. Tous ces projets sont attendus par les Parisiennes et les Parisiens.

De plus, ce projet va dans le sens d'une démarche sportive avec la proposition de ratifier la Charte internationale de la marche et en développant des équipements sportifs dans la ville. Vous avez insisté, Madame la Maire, sur la sécurité des piétons. Le projet de délibération le souligne, mais il est important de rappeler que, par exemple, en matière de sécurité routière, 56 % des tués à Paris sont des piétons et 70 % d'entre eux sont âgés de plus de 60 ans. La réalité est que circuler à pied à Paris n?est pas sans risque. Nous avons besoin de sécuriser la vie quotidienne de toutes et de tous.

Nous devons approfondir aussi la réflexion autour du genre et de l'espace public. Cette stratégie aurait gagné à prendre en considération les problèmes de harcèlement sexiste dans la rue. Si les femmes désertent la marche, les rues, notamment le soir, c'est bien parce qu'elles sont victimes de harcèlement au quotidien. Beaucoup d'entre elles ne sortiront pas ou préféreront prendre leur voiture pour avoir la paix et se sentir en sécurité. Régulièrement, nos élus font des maraudes, des marches sensibles exploratoires avec des associations dans certains quartiers afin de mesurer l?ampleur du problème et les solutions à y porter. Piétonniser ne rendra pas l'espace public plus ou moins dangereux. Là n?est pas question. Mais lorsqu'on crée de nouveaux espaces publics piétons, il est important de prendre en compte cet enjeu. Nous ne devons pas simplement corriger les manquements par des installations. Nous devons concevoir et construire ces espaces en pensant l'accessibilité de toutes et tous comme une condition sine qua non à l'accès au droit à l'espace public. Je pense aussi aux enfants avec l?idée de pouvoir leur laisser plus de liberté, la possibilité de leur lâcher la main. Je pense également aux personnes âgées pour qui la rue et la route sont des dangers, aux personnes en situation de handicap pour qui tout est un obstacle.

J'ai rencontré dernièrement des personnes malvoyantes qui habitent à la résidence des Quinze-Vingts, à côté de l'hôpital, dont je suis membre du conseil de surveillance, qui m'ont décrit leurs problèmes quotidiens. Ils parlent notamment des vélos à contresens, des motos sur les trottoirs, des voitures électriques qu'ils n'entendent pas forcément, de la difficulté de traverser la place de la Bastille qui est leur quotidien, et une inquiétude de pouvoir rester vivre dans leur résidence aux Quinze-Vingts alors qu?actuellement, leurs loyers sont augmentés et qu'ils vivent, pour la plupart d'entre eux, avec le minimum social ou l?allocation handicap.

Lors de notre débat sur le réaménagement des sept places parisiennes, nous avions adopté un v?u à mon initiative qui demande que le quartier de la Bastille soit aménagé comme un quartier expérimental pour la vision, en incorporant des équipements novateurs, dans le prolongement de la zone Paname expérimentée depuis 2009.

Le quartier Bastille est également celui du Centre hospitalier national d?ophtalmologie et de l'Institut de la vision qui accueillent un "street lab". Ma proposition est de prolonger ce "street lab" en faisant du quartier de la Bastille un laboratoire en tant que tel pour améliorer l?accessibilité des malvoyants et en s'appuyant sur leur expérience quotidienne de l'espace public. Les habitants de la résidence des Quinze-Vingts ne manquent pas d'idées. Nous pouvons travailler avec eux sur des sujets qui sont dans ce projet de délibération. Je pense à la différenciation des revêtements, réfléchir à une manière de prévenir l'approche des véhicules électriques et des vélos silencieux. Tout espace et aménagement doit d'abord être pensé par le prisme de leurs besoins. Cela n'enlèvera rien à personne, bien au contraire, ce sera un progrès pour toutes et tous. Chacune et chacun d'entre nous pourra en profiter au rythme de sa vie, que l'on soit enfant, en situation de handicap ou personne âgée. C?est bien une réflexion et une intelligence de l?égalité pour penser chaque nouvel espace public dont nous avons besoin aujourd?hui.

C?est pour cela, Madame la Maire, que nous soutiendrons bien volontiers cette stratégie "Paris piéton", pour toutes les perspectives de réappropriation humaine de l?espace public qu?elle apporte aux Parisiennes et les Parisiens.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président, pour vos propos.

Je donne la parole à M. Didier GUILLOT au nom du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Didier GUILLOT. - Madame la Maire, mes chers collègues, l?enjeu de cohabitation des différents modes de déplacement dans l?espace public est essentiel dans une ville aussi dense que Paris. Il faut créer du lien entre les différents types d?usages car nous passons tous d?un mode de transport à un autre. La multiplicité des usages nécessite aussi un équilibre dans les aménagements urbains pour qu?ils s?adressent à tous et pour créer une ville apaisée.

Paris a hérité d?une situation créée dans les années 1960 et 1970 qui a laissé bien trop de place à la motorisation. Toutes les grandes villes depuis vingt ans en France ont accru de façon très forte et visible les espaces piétonniers.

La Ville a déjà pris des mesures pour rééquilibrer les espaces en faveur des piétons. Je pense aux berges de Seine, aux places parisiennes ou aux rues partagées. Mais malgré ces efforts, force est de constater qu?il n?est pas encore toujours aisé d?être piéton à Paris : mobilier urbain mal positionné, stationnement sauvage des automobilistes, terrasses de cafés encombrantes, chaussées déformées par des travaux non aboutis, traversées de voies dangereuses, micro trottoirs et j?en passe.

Pourtant, et cela a été dit, la marche est finalement le moyen de transport de loin le plus utilisé à Paris puisqu?elle concerne 60 % des trajets. Quasiment tous les Parisiens ont à marcher un jour, et les millions de touristes qui nous rejoignent et qui viennent visiter nos trésors le font d?abord en marchant.

En outre, la marche à pied est un transport économique bon pour la santé et l?environnement. Elle permet aussi de faire vivre nos quartiers et nos commerces et, de ce point de vue, cessons d?opposer les zones piétonnes à la vitalité commerciale car elles ne sont en rien antinomiques.

Il faut donc aller plus loin. C?est à cette ambition que répond la stratégie "Paris piéton" élaborée à travers un processus de concertation. Les groupes de travail se sont intéressés au déplacement à pied bien sûr, mais aussi à l?hospitalité des espaces publics et à la diversité des usages. Les propositions sont d?ailleurs intéressantes pour créer un véritable maillage piétonnier sur l?ensemble du territoire parisien.

Mais nous pensons, et c?est la raison pour laquelle notre groupe a déposé trois v?ux, que certains points pourraient être améliorés.

Tout d?abord en ce qui concerne le revêtement des espaces piétons. Paris compte 3.000 kilomètres de trottoirs. Or, les travaux qui s?y déroulent régulièrement rendent leur état insatisfaisant. Dans certains quartiers, des dégradations sont importantes et les revêtements mettent du temps à être restaurés. Il n?est pas acceptable qu?une personne en fauteuil roulant ou en famille avec une poussette rencontre tant de difficultés à se déplacer sur nos trottoirs, tout cela parce que le revêtement n?a pas été réalisé ou restauré après les travaux. Une réponse plus concrète doit donc être apportée.

En outre, la question de la mixité des espaces publics est primordiale. Il n?est pas normal que l?importance des usages dépende du genre. La Ville s?est d?ailleurs engagée à ce sujet en éditant notamment un guide référentiel "Genre et espace public". La question des femmes dans notre espace public est centrale pour construire à Paris une ville apaisée et est fortement liée à l?aménagement des piétons. Nous trouvons donc dommage qu?elle ne soit pas plus largement abordée dans la stratégie.

Enfin, nous réitérons notre demande concernant un certain nombre de quartiers touristiques qui pourraient être le théâtre d?expérimentations ou d?aménagements pour une piétonisation au moins partielle, notamment dans le temps, par exemple le matin pour le développement économique et l?après-midi à partir de 16 heures pour les piétons jusqu?à la soirée évidemment.

Nous espérons que l?Exécutif marchera à nos côtés et répondra favorablement à nos v?ux.

Mes chers collègues, le groupe RG-CI soutient la mise en place de la stratégie "Paris piéton" et nous espérons par nos v?ux avoir porté des éléments constructifs. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Didier GUILLOT.

Mme SIMONNET a la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Je voudrais pour commencer remercier solennellement le Gouvernement de Manuel VALLS. Eh oui, il faut 30 minutes de marche par jour et la santé pour toujours. Je trouve que le bilan de ce Gouvernement et de ce quinquennat aura contribué quelque part à la santé publique, car je n?ai pas compté le nombre de pas que les manifestants auront pu faire cette année et les années précédentes, mais je crois que c?est un bon record. Je sais que vous saurez apprécier ce remerciement solennel de ma part.

Plus sérieusement, prenons conscience que l?on est dans une folle période, puisque ce matin, quand nous avons traité le dossier important de l?agriculture urbaine et de l?alimentation saine et "bio", nous avons dû finalement réinventer la base de l?agro-agriculture de base. Aujourd?hui on réapprend la base du déplacement et de la mobilité, c?est-à-dire la marche à pied.

On est obligé de remettre en cause notre mode de développement, sa folie capitaliste et productiviste, et on est obligé de revenir en arrière. Ce matin contre l?agriculture intensive et productiviste et l?ensemble de ses méfaits et maintenant contre le développement complètement fou et absurde de nos grosses métropoles, afin de se réapproprier l?espace public pour la mobilité de base, la mobilité douce. C?est la question du droit de se promener, de marcher à pied, la qualité de la vie en ville, la possibilité d?y respirer et de tout simplement pouvoir à nouveau marcher sur les boulevards.

Oui, ralentir la vie en ville est un enjeu à la fois écologique et social contre cette marche folle. Se réapproprier la marche à pied, à la fois pour une question de santé publique, comme effort physique quotidien, et contre la pollution et la colonisation finalement de l?espace public par la voiture.

Oui, toutes les démarches qui ont été engagées non sans débat, non sans opposition de la part notamment de l?opposition de droite, toutes les démarches engagées pour la piétonisation des voies sur berges, la piétonisation de rues et de quartiers, le réaménagement de places, pour réduire l?emprise de la voiture et permettre au contraire à la marche à pied de reprendre ses droits, sont autant d?actions qui contribuent à l?émancipation humaine tout simplement dans la ville et à se réapproprier la ville. Oui, pour une ville humaine avec moins de stress, c?est essentiel. Pour conclure, je souhaiterais vraiment que l?on pousse cette logique et qu?on se dise que ce ralentissement de la vie en ville ne doit pas simplement se limiter aux réflexions sur la circulation mais aussi à notre rythme dans la ville. J?espère que l?on reprendra à nouveau le débat sur le ralentissement des rythmes dans la ville.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SIMONNET, qui a déjà beaucoup dépassé son temps de parole?

Mme Danielle SIMONNET. - Que de vouloir à tout prix, par exemple le dimanche, accélérer les choses est une mauvaise chose.

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

La parole est à Jean-Pierre LECOQ pour le groupe les Républicains.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Après la marche folle, je vais vous proposer la marche raisonnée et raisonnable. Cela va satisfaire tout le monde.

Madame la Maire, mes chers collègues, vous nous présentez aujourd?hui un nouveau document dans le cadre de votre politique de déplacement et de mobilité. Vous l?accompagnez de longs développements et, en bouquet final, vous souhaitez que Paris adhère à la Charte internationale de la marche.

Disons-le tout de suite, même si nous regrettons qu?une fois de plus vous effeuilliez tel un artichaut la politique des déplacements en dissociant chacun des modes, nous voterons ce Plan piéton en dépit de ses insuffisances et de ses oublis.

Depuis Léon-Paul Fargue, nous savons que le Parisien est un piéton et effectivement Paris se prête à la marche. J?ai d?ailleurs la chance d?être le maire d?un arrondissement où tout peut se faire à pied en bénéficiant en outre d?un poumon vert exceptionnel, magnifiquement surveillé et entretenu par le Sénat.

Mais si la marche peut être pratiquée, elle n?est pas non plus le seul mode de transport adapté à une ville et à une société moderne. C?est là que votre démonstration pèche : on peut tout être à la fois piéton et automobiliste, par exemple, par nécessité.

Même si elle est majoritairement pratiquée et même si c?est un excellent exercice physique, chacun l?a recommandé, la marche à pied aurait à gagner à s?insérer dans une politique globale des déplacements à Paris, comprenant notamment un plan de circulation, dont nous manquons cruellement, ainsi que des liaisons intermodales.

Vos cinq chantiers sont louables mais d?une importance très variable.

La meilleure façon de favoriser la marche à Paris, c?est déjà d?entretenir correctement les trottoirs, d?éviter l?apparition de trous ou de protubérances qui constituent autant d?obstacles, aussi bien pour les piétons que nous sommes que pour ceux qui voudraient le devenir.

Chaque maire d?arrondissement le sait et peut le constater. Quel que soit son origine, quelle que soit la situation géographique de son arrondissement, l?état, mes chers collègues, de la voirie parisienne, et notamment des trottoirs, n?a jamais été aussi dégradé, n?est-ce pas, Monsieur CHERKI, particulièrement d?ailleurs dans le 14e arrondissement.

Madame la Maire, ce sont des dizaines de millions d?euros qu?il faudrait réinjecter dans les budgets de voirie locaux pour rattraper les retards accumulés et remettre à niveau son état. En quinze ans, avec votre prédécesseur et sous l?emprise des ayatollahs de votre majorité, vous avez multiplié les aménagements coûteux - mais je n?ai pas désigné les ayatollahs, chacun peut être ayatollah à son heure ! - vous avez multiplié les aménagements coûteux dont beaucoup se révèlent inutiles, voire dangereux en laissant se dégrader l?état de nos trottoirs. Vous avez donc fait le contraire de ce que vous proposez aujourd?hui.

Pour remettre à niveau l?état de la voirie parisienne, le compte n'y est pas, d'autant plus que les 80 millions annoncés serviront avant tout aux sept places que vous voulez réaménager ainsi qu?à une floraison de petites opérations locales certes sympathiques mais très consommatrices de crédits. Si l'on voulait un véritable Plan piéton, c'est au moins le double, soit 160 millions d'euros qu'il faudrait y consacrer, dont 100 millions seraient affectés à l?entretien des trottoirs de la Capitale.

En matière de voirie, entretenez d'abord ce qui existe avant de vouloir faire de nouvelles opérations, souvent très consommatrices de crédits. Cela nous permettra ensuite de réduire la liste des Parisiennes et des Parisiens victimes de chutes sur la voie publique et que la Mairie de Paris indemnise à chaque séance pour un coût croissant.

Mes chers collègues, c?est un piéton parisien debout que nous voulons, pas un piéton à terre ou couché aux urgences après une chute due à un mauvais entretien de notre voirie. Tout à l?heure, Florence BERTHOUT reviendra sur l?aménagement de la place du Panthéon. Sur les rues aux enfants, un concept que vous ressortez à mi-mandat après trois ans de silence, reparlons-en, certes, c?est une bonne idée, mais avec évidemment une obligation de sécurité absolue dont vous ne dites rien dans votre communication. Quant au système destiné à favoriser le cheminement des piétons, dites-en davantage. Je n'ai pas compris de quoi il s'agit mais, de grâce, pas de nouveaux panneaux directionnels qui constitueraient autant d'obstacles potentiels pour les piétons de Paris. Enfin, permettez-moi une suggestion. Pour le confort des milliers d?aveugles - des milliers d?aveugles essayant de se mouvoir dans la Capitale -, repeignez progressivement en blanc tout le mobilier urbain, comme cela a déjà été entrepris dans de nombreuses villes. Voilà, Madame la Maire, mes chers collègues, c'est avec des actes concrets et non pas avec une floraison de déclarations que vous apparaîtrez, que nous apparaîtrons crédibles dans ce domaine.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Absolument. Mme Maud GATEL pour l'UDI-MODEM.

Mme Maud GATEL. - Madame la Maire, mes chers collègues, notre groupe a eu l?occasion de le regretter à plusieurs reprises et les différentes interventions d'aujourd'hui le soulignent également, Paris est très en retard en matière d'aménagements piétons par rapport à d'autres villes françaises ou européennes. Proposer un plan d'actions sur le sujet était donc urgent.

Il y a dans cette communication des réflexions intéressantes et je note la reprise d'un certain nombre de nos propositions. La volonté d?abord de privilégier les trajectoires directes et rectilignes pour les piétons. Il serait temps car, même sans revenir aux aberrations de certains aménagements tels que le boulevard Saint-Marcel, des opérations plus récentes, par exemple celles liées au tramway, ont fait peu de cas des piétons, par exemple à la porte de Versailles ou à la porte de Sèvres.

La réflexion autour de quartiers réservés aux piétons un dimanche par mois, à l?image de l?initiative que nous avions portée avec la piétonisation des Champs-Elysées, dont Eric HÉLARD a parlé, est également à souligner.

Puis il y a le renforcement de la signalétique, y compris au sol. J?insiste aussi sur la nécessité de travailler à une meilleure visibilité des transports en commun en surface car trouver le bon arrêt de bus relève du parcours du combattant lorsqu'on n'est pas familier du lieu.

L'installation de mobiliers urbains propices à la déambulation et à la pause, enfin encore une fois, puisque ces dernières années vous avez pris plutôt l'habitude de retirer les bancs, ce qui va à l'encontre de la ville inclusive que vous promouvez.

Si je me réjouis de ces avancées, je regrette le manque d'ambition de ce plan. Nous sommes encore beaucoup trop dans le déclaratif, il manque des tangibles, notamment sur des sujets majeurs. C'est notamment le cas de la sécurité. En la matière, on le sait, les piétons paient un très lourd tribut. En 2015, ce sont 21 piétons qui ont été tués, parmi lesquels 16 personnes âgées et c'est totalement inacceptable.

L'accent doit être mis sur la sécurité. Quelques propositions : remplacer les places de stationnement en amont des passages piétons par des aménagements pour les vélos ou les deux-roues motorisés pour améliorer la visibilité.

Expérimenter, comme cela se fait dans d'autres villes, les feux clignotants signifiant l'imminence du passage au rouge pour les piétons.

C'est aussi le cas de l'encombrement des trottoirs. Pour libérer les trottoirs, il faut faire respecter la réglementation sur les terrasses, les chantiers et supprimer les obstacles, des poubelles aux deux-roues motorisés, qui obligent trop souvent les piétons à descendre sur la chaussée avec une risque élevé pour leur sécurité.

Et puis, cela a été dit, il y a l'état des chaussées. C'est un énorme point noir, au point que la Ville dépense chaque année près d'un million d'euros d'indemnisation à la suite d'accidents corporels subis par des piétons : chaussées défoncées, mal entretenues, travaux non terminés. Certains trottoirs sont un parcours d'obstacles, ce qu'a renforcé le nouveau règlement de voirie.

Parler d'un Plan piéton sans évoquer un nécessaire plan de rénovation des trottoirs nous paraît oublier un pan majeur de la politique à mener en faveur des déplacements piétons. Il y a la question de l'éclairage parfois inexistant ou inadapté et celle de la propreté. Ma collègue Edith GALLOIS y reviendra.

Pour conclure, je forme un v?u. Que l'on arrête d'opposer les citoyens entre eux, les piétons contre la voiture ou les cyclistes. Il ne sert à rien de cliver. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un plan global. Nous sommes tous multimodaux : piétons, utilisateurs de transport en commun et parfois même de véhicules motorisés ou de deux-roues. Faisons en sorte que le Plan de déplacement de Paris le soit sans dogmatisme, mais en veillant à l'intérêt général de tous les Parisiens et visiteurs.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame GATEL. Madame Catherine BARATTI-ELBAZ, Madame la Maire du 12e, vous avez la parole.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Après avoir adopté la piétonisation des berges de la Seine, la mise en ?uvre du Plan pour la qualité de l'air ou le nouveau Plan vélo, notre Conseil est appelé à débattre de notre stratégie "Paris piéton".

Etape par étape, nous démontrons non seulement notre volonté, mais aussi notre capacité à adapter l'espace public à de nouveaux usages et à soutenir une mobilité durable comme alternative à la voiture individuelle polluante, sans stresser personne, car nous sommes tous piétons et c'est le mode de déplacement le moins onéreux.

Nous sommes fiers de porter cette politique globale et cohérente en réponse aux enjeux de la lutte contre la pollution atmosphérique. Notre ville s'inscrit ainsi pleinement dans les objectifs de la COP 21 et répond concrètement aux besoins de mobilité comme aux enjeux de santé publique qu'il ne faut pas opposer.

Ce soutien à la marche comme mode de déplacement à part entière est primordial dans notre stratégie d'apaisement du cadre de vie des Parisiens et des visiteurs de notre Capitale. Presque 60 % des déplacements se font à pied dans Paris alors que 50 % de l'espace public est dédié à la voiture. Les piétons font partie des usagers les plus touchés, certains l'ont dit, en cas d'accident de la circulation. Ils représentent la moitié des victimes en 2015 et sont très rarement la cause de ces accidents. Un rééquilibrage s'impose donc à nous.

Les piétons sont également les plus nombreux usagers de l'espace public. Ils doivent être pleinement considérés, afin de favoriser la marche comme moyen de transport, mais aussi comme...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît, pas trop de bruit. Traitez cela à l'extérieur et laissez l'oratrice parler. Je vous remercie.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Ils doivent être pleinement considérés afin de favoriser la marche comme moyen de transport à part entière, mais aussi comme pivot de l'intermodalité.

Ce rééquilibrage nous permet d'envisager de nouveaux usages. C'est le cas avec les deux "rue aux enfants" que nous inaugurons en 2007 dans le 12e arrondissement, rue Bignon et rue Baudelaire. Je me félicite que les communautés éducatives des deux établissements scolaires soient des parties prenantes très engagées dans ces projets.

L'amélioration de l'accueil réservé aux piétons est aussi un facteur de soutien à l'attractivité de nos territoires, pour les promeneurs, les sportifs, les touristes, les autres amoureux de la nature en ville. Je me félicite d'ailleurs que cette stratégie propose de créer une grande promenade continue et apaisée allant du bois de Vincennes aux berges de la rive droite, désormais piétonne, en passant par la coulée verte et le port de l'Arsenal. Un bel itinéraire pour permettre à tous de rejoindre le bois de Vincennes.

Cette stratégie souligne l'importance des liaisons entre les territoires parisiens et les communes limitrophes. La facilitation des franchissements du périphérique doit se faire en améliorant les liens entre territoires en transport en commun, mais aussi en travaillant les ambiances et le confort des portes de Paris pour les piétons, afin que ces portes deviennent enfin franchissables à pied dans les deux sens, comme de vraies places du Grand Paris.

Je me félicite que la Métropole du Grand Paris ait déjà commencé à financer avec nous ces aménagements. Ce sera le cas porte de Vincennes, par exemple.

Dans ce cadre, je me réjouis aussi que le Plan piéton qui nous est présenté permette de travailler la liaison entre le 12e arrondissement et la Commune de Saint-Mandé au niveau des tunnels qui ne doivent plus être perçus comme des coupures urbaines, mais plutôt servir de couture accueillante pour les piétons. Il y a un peu de travail !

Permettez-moi de noter enfin que de très nombreux maires de grandes comme de petites villes, de droite comme de gauche, engagent tous des démarches comparables à la nôtre. Dans tous les nouveaux quartiers, les aménagements de l'espace public prévoient des espaces, des itinéraires piétons généreux.

A l'échelle de l'Ile-de-France, je retiens les propos du Président de l'A.M.I.F., par ailleurs Vice-président de la Région et Maire de Courcouronnes, qui reconnaissait ici même la légitimité des maires, de tous les maires à apaiser leur centre-ville.

Tous les élus en responsabilité ont également bien conscience que ces espaces piétons constituent une source de dynamisme pour les commerces de proximité.

Enfin, les Parisiens ont montré leur soutien aux initiatives que nous avons prises sur les berges piétonnes, les opérations "Paris Respire" ou encore les Champs-Elysées. Autre confirmation lors du budget participatif lors duquel les Parisiens ont marqué leur envie d'espaces dédiés aux circulations douces.

Alors, les habitants sont pour, les élus de tout bord en responsabilité agissent en faveur des déplacements piétons. Il n'y a que les élus LR de Paris qui revendiquent ne pas adhérer, mais j'ai bien noté qu'ils voteraient pour.

Pire, si j'ai bien compris, ce serait notre politique de déplacement qui serait responsable des derniers pics de pollution. Donc, dans toutes les villes d'Europe et de France, victimes des mêmes pics de pollution, ce serait aussi de notre faute, celle des berges de Seine peut-être ? Comment nous faire croire que réduire la place des véhicules polluants et favoriser la marche à pied, cela serait source de pollution de l'air ? Ce n'est franchement pas sérieux, pas à la hauteur des enjeux.

Je voulais vous remercier pour ce plan ambitieux pour les piétons à Paris.

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Je donne la parole à un autre maire d'arrondissement, M. Jacques BOUTAULT, Maire du 2e, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, avec les voies sur berge, la mise en place de la vignette "Crit'Air" ou la mise en double sens de la rue de Rivoli, au fond ce n'est pas tant de la voiture que nous parlons, mais bien des premiers utilisateurs du bitume que sont les piétons. Ce sont les premiers, mais pas les seuls, bénéficiaires de cette stratégie qui vise à leur donner plus d'espaces tout en faisant baisser la pollution.

60 % des déplacements dans Paris s'effectuent à pied, contre 12 % en voiture et deux-roues motorisés. La marche à pied est donc le premier mode de déplacement dans la Capitale et pourtant, cela a été dit, 56 % de la voirie est dévolue aux véhicules à moteur.

La marche n'a jamais été l'objet d'une politique municipale structurée. Il était temps que ce déséquilibre cesse et nous vous remercions, Madame la Maire, d'y contribuer comme nous remercions Christophe NAJDOVSKI de remettre le piéton au centre de nos réflexions sur l'aménagement urbain.

Cette stratégie dont nous débattons consiste à mettre en cohérence toutes les actions menées en faveur du piéton et des circulations douces. Elle reprend des projets déjà lancés tels que le réaménagement des places ou la piétonisation des berges et elle intègre plusieurs projets plébiscités par les Parisiens lors du budget participatif comme le réaménagement de rues avec élargissement de trottoir et végétalisation, comme la rue des Petits-Champs dans les 1er et 2e arrondissements ou la transformation des boulevards de Charonne et de Ménilmontant en promenades ponctuées d?aménagements sportifs, et bien d'autres évolutions comme la fermeture de la place du Carrousel du Louvre aux voitures, mais pas aux bus et vélos, fermeture tant attendue et bienvenue.

L'expérience de la plus grande zone piétonne de Paris, Montorgueil-Saint-Denis située dans le 2e arrondissement prouve que nous avons raison d'être exigeants. Malgré une gestion compliquée de ce quartier en raison de l'étalement des terrasses et de la difficulté de réguler les accès aux seuls automobilistes autorisés, personne ne souhaiterait aujourd'hui revenir en arrière.

Protéger les piétons des véhicules ne peut se faire sans une volonté politique constante adossée à des moyens de contrôle humains, techniques ou de signalisation. Maire gestionnaire de "cet espace à adapter à une surdensité piétonne" selon les termes de notre délibération, je me réjouis de l'adoption ici même, lors du précédent Conseil de Paris, du v?u voté à l'unanimité du Conseil du 2e alertant sur la nécessité, après la suppression des bornes d'accès en 2013, de promouvoir des moyens humains supplémentaires indispensables pour préserver le quartier de l'intrusion automobile en constante augmentation.

En l'absence de bornes permettant d'autoriser ou non les accès, je compte beaucoup sur la vigilance de la Brigade de répression des incivilités comme réponse aux exigences des riverains. L'enjeu est de taille.

En effet, après l'annonce de la limitation du trafic automobile aux seuls riverains, transports en commun et livraisons dans les quartiers c?ur de vie des 3e et 4e arrondissements sur le modèle du quartier Montorgueil-Saint-Denis, nous devons nous donner tous les moyens de réussir car, à terme, ce sont bien les quatre arrondissements de l'hypercentre qui devront être fermés à la circulation de transit afin que les piétons qui se sont déjà largement attribués ces espaces puissent partout y circuler librement sans risque d'accident dans un air sain.

Il nous sera alors facile d'expérimenter dans ces zones libérées des voitures d'autres usages comme les places de stationnement, qui pourraient être utilisées comme contre-terrasses, permettant de désencombrer les cheminements piétons ou la pose de plus de bancs publics car il n'y a pas de piétonisation sans espaces de repos pour les marcheurs.

L'objectif est bien de faciliter tous les déplacements. Les déplacements piétons professionnels comme les déplacements de loisirs et de les sécuriser face aux voitures en premier lieu bien sûr, mais aussi sans négliger tout ce qui roule, du vélo aux engins les plus récents.

Cette stratégie pourrait être encore renforcée avec l'adoption d'un Code de la rue spécifique à la régulation de la circulation en ville. En effet, le Code de la route est adapté, comme son nom l'indique, aux routes et aux automobiles. Il nous faut donc nous doter d'un code qui protège et privilégie les déplacements les plus vertueux en matière de production de gaz à effet de serre.

Les piétons devraient être partout prioritaires au c?ur des centres urbains, car protéger les vulnérables, c'est non seulement rendre la ville plus belle, moins polluée, plus sécurisée, mais c'est aussi la rendre plus accessible au plus grand nombre et, au fond, réellement démocratiser l'accès à l'espace public. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Je donne la parole à une autre maire d'arrondissement, Mme Delphine BÜRKLI, pour le groupe les Républicains.

Madame la Maire du 9e.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

J?ai le sentiment, Madame la Maire, qu?avec ce projet de délibération la Ville de Paris est un peu "à côté de la plaque". Quel est l'enjeu aujourd'hui ? Est-ce de définir une stratégie seulement pour les piétons, une stratégie seulement pour les vélos ou est-ce que l'enjeu, c?est de définir une stratégie de partage de l'espace public au profit des circulations douces afin d'y concilier tous les usages ?

A mon sens, oui, il est plus intéressant d'opter pour une stratégie globale, une option que finalement vous n?avez pas choisie, surtout dans un contexte de fermeture des berges de Seine rive droite. Quand on lit les rapports d'étape qui démontrent les reports de circulation, les effets négatifs sur la pollution, le bruit, les transports en commun - beaucoup de mes collègues l?ont dit avant moi -, on se dit qu'une stratégie globale sur l'espace public est plus que jamais nécessaire.

Cette stratégie doit s'inscrire dans un dialogue avec la Métropole, avec la Région Ile-de-France. Elle doit permettre de résoudre la fracture de la mobilité entre Paris et la banlieue et nous permettre de créer les conditions d'une véritable diminution de la voiture individuelle qui circule à Paris.

Vous le savez, à plusieurs reprises j'ai indiqué qu'il me paraissait opportun de réfléchir, d?envisager un péage urbain aux portes de l?aire urbaine et, même à un niveau local, une stratégie globale a forcément plus de sens. Votre adjoint Christophe NAJDOVSKI le sait bien : quand on aménage une rue, on ne se demande pas ce qu?on va faire pour les piétons, mais on se demande comment, sur une largeur donnée, on pourra élargir les trottoirs tout en conservant une voie de bus, tout en créant des aménagements cyclables et tout en plantant des végétaux.

Précisément au sujet du piéton à Paris, au-delà d?une stratégie, les piétons ont besoin d'une véritable rigueur dans le respect de l'espace public. Je pense aux dépôts sauvages et au respect des droits de terrasse et d'étalage. J'attire encore une fois votre attention sur le fait que nos efforts en la matière ont été mis à mal par les débuts difficiles de la DPSP. D?ailleurs, je rappelle que la circonscription 8, 9, 10 n'est toujours pas créée faute de local disponible.

Les piétons ont surtout besoin d'une voirie en bon état et là, je ne cesserai jamais de dénoncer les ravages des diminutions drastiques des crédits d'entretien depuis 2014 pour la voirie qui ont été délibérément décrétées. Vous nous avez annoncé qu'un bilan du règlement de voirie après moult demandes de notre part serait présenté en 3e Commission à l'occasion du prochain Conseil de Paris, mais en tout état de cause on peut déjà dire que cette réforme depuis un an a dégradé le confort et la sécurité des piétons car les fouilles de concessionnaires qui demeurent provisoirement remblayées pendant des semaines, voire des mois constituent bien évidemment un danger pour les piétons. On peut demander toujours plus d'efforts à nos agents de propreté pour mieux nettoyer les rues quand la voirie est dans un état déplorable, ils peuvent mettre tous les efforts nécessaires, l?état des rues restera sale et négligé.

Je crois que le meilleur service à rendre aux marcheurs, c?est d'abord d'améliorer l'entretien de la voirie et ensuite de combattre efficacement les incivilités qui encombrent l'espace public, autrement dit de contrôler plus efficacement le comportement de certains concessionnaires.

Pour terminer, un mot du grand absent du Plan piéton, le touriste, qui est important pour Paris. Les touristes sont très nombreux. Là encore, c'est un sujet récurrent mais il n'y a toujours pas de plan de déploiement d'un mobilier urbain connecté pour les touristes, Monsieur MARTINS. En novembre 2014, je vous avais d?ailleurs présenté un v?u demandant le lancement d?un nouveau marché pour remplacer les panneaux touristiques dessinés par STARCK, dont le marché est arrivé à échéance en 2016. Vous m'avez répondu que c'était dans votre lettre de mission. Deux ans plus tard, toujours rien.

Vous reprendrez donc, Mesdames et Messieurs, Madame la Maire, que votre stratégie "piéton" ne suscite pas beaucoup d?enthousiasme de notre part. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

La marche étant de droite ou de gauche...

La parole est à Mme Edith GALLOIS, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Edith GALLOIS. - Oui, Madame la Maire.

J'ai entendu beaucoup d'envolées lyriques pour parler de cette stratégie piétonne à Paris. Le mot stratégie est un bien grand mot. Je vous ai bien écoutée mais jamais je n'ai entendu dans votre bouche parler de propreté ni de l?état des chaussées.

Effectivement, excusez-moi, on est au niveau du trottoir, peut-être même au ras du bitume, mais je crois que c'est par là qu'il faut commencer quand on est concret. Nous commençons par là car le concret, c'est l'essentiel. On ne peut pas parler d'agrément ni de sécurité s'il n'y a pas de propreté et si l'état des chaussées laisse à désirer.

Or on n'en est même pas là ; on est dans un état épouvantable des chaussées. Les trottoirs ne sont pas sales, ils sont extrêmement sales. Les trottoirs ne sont pas défoncés, ils sont dans un état lamentable. Cela vient d'être rappelé par Delphine BÜRKLI à l'instant.

Comment parler de sécurité si on ne peut pas marcher sans regarder où on met les pieds ? C'est élémentaire, c'est basique, mais c'est essentiel. Je dois pouvoir marcher, nous devons pouvoir marcher sans regarder où l'on met les pieds. Excusez-moi, c'est essentiel, ce n'est pas résolu et ce n?est absolument pas traité. Vous n'en parlez même pas dans votre projet de délibération. On n'a jamais vu des chaussées dans un état pareil. Les gens se foulent les pieds régulièrement. C'est l'insécurité totale pour les piétons, pour les personnes âgées, pour les personnes avec des poussettes, pour les personnes à mobilité réduite. C'est concret mais c'est essentiel. C'est cela, la sécurité. Vous parlez de sécurité mais vous ne parlez pas de l'état des chaussées.

La sécurité, c'est aussi la propreté. Vous parlez d'encombrement effectivement des deux-roues qui sont là, qui parasitent les trottoirs, des terrasses de café, mais ce sont aussi les déchets qui y sont de plus en plus importants, récurrents. Franchement, si j'osais, je vous dirais que les trottoirs à Paris sont carrément "dégueulasses", c'est honteux. On a honte maintenant quand on marche à Paris de l'état de nos trottoirs.

Je veux bien que vous parliez de stratégie, mais commencez donc par trois choses essentielles : la propreté....

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Madame Edith GALLOIS, vous allez dépasser votre temps de parole.

Mme Edith GALLOIS. - Je suis désolée. Nous avons déposé un v?u dans lequel nous vous demandons un bilan afin d'obtenir des réponses concrètes.

Je remarque que vous faites une réponse?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, il faut conclure, Madame. Vous aviez 2 minutes 15, vous êtes à 2 minutes 43.

Mme Edith GALLOIS. - Je termine, j?en ai pour 30 secondes.

Je vous cite pour votre réponse dans votre contre-v?u : la thématique de l?entretien des trottoirs....

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ne perdez pas notre temps à nous citer, vous n'êtes pas notre porte-parole. Concluez !

Mme Edith GALLOIS. - ... la thématique de l'entretien doit être abordée dans le cadre d?une commission extra-municipale des déplacements. Franchement, la thématique de l?entretien doit être abordée.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Concluez, Madame GALLOIS.

Mme Edith GALLOIS. - Je conclus.

Soyez concrets et commencez par la propreté et l'état des chaussées, et on pourra enfin parler de la stratégie piétonne et de la sécurité à Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Oui, Madame GALLOIS. Cessez de dire que vous avez honte de Paris. Moi, je suis fière de cette ville. Marchez dans d'autres villes et revenez-nous voir après pour nous parler et de l'état des chaussées et des trottoirs.

J'ai un patriotisme parisien que je mets vraiment tous les jours en ?uvre, plutôt que de faire du déclinisme qui n'a pas lieu d'être. Je vous assure, marchez dans d'autres villes, allez dans d'autres capitales, roulez sur les chaussées, marchez sur les trottoirs et revenez, on en reparlera.

La parole est à Mme Karen TAÏEB, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Madame la Maire.

Durant ce débat, on a beaucoup entendu parler des bienfaits de la marche à pied. Mais si la Charte internationale de la marche dit, en préambule, que marcher est le souhait de tout être humain, de la naissance à la fin de la vie, pour certains, cela est de l'ordre de l?impossible depuis la naissance ou suite à un accident de la route, un accident vasculaire cérébral ou encore une maladie neurodégénérative, une sclérose en plaque, une myopathie?

Pourtant, ils sont piétons comme vous et moi, ils ont les mêmes droits. Mais qu'en est-il dans la réalité ? Nombre de nos concitoyens qui se déplacent en fauteuil, plus largement les personnes à mobilité réduite ou les personnes déficientes visuelles, traversent une ville semée d'obstacles. Nous en avons conscience depuis longtemps.

J'ai relu, il y a quelques jours, en préparant un C.I.C.A. du 4e arrondissement, des documents datant de 2002 qui préconisaient exactement ce que l'on souhaiterait aujourd'hui pour faire de Paris, cette ville inclusive et bienveillante que nous souhaitons tous. Je veux saluer le travail réalisé par Pénélope KOMITÈS, à cette époque adjointe de Bertrand DELANOË en charge du handicap. Tout y était, une véritable feuille de route à suivre.

Le 12e arrondissement était d'ailleurs précurseur en la matière. Beaucoup de choses ont depuis été réalisées à Paris : feux sonores, mise en accessibilité des mairies, des lignes de bus. Mais force est de constater que lorsqu'on se déplace en fauteuil ou avec une canne blanche, cela reste encore très compliqué, risqué, voire dangereux. Il y a incontestablement une véritable prise de conscience qui nous amène aujourd'hui à passer à la vitesse supérieure. C'est en se mettant à la place de l'autre que l'on prend conscience de ses véritables besoins.

C'est ce qui a été fait place de la Bastille par notre collègue Bernard JOMIER, que je veux remercier pour son volontarisme en la matière, Christophe NAJDOVSKI qui était présent, et Jean-Louis MISSIKA qui l'ont traversée les yeux bandés. C'est le cas aujourd'hui des ambassadeurs de l?accessibilité que nous avons la chance d'avoir dans le 4e arrondissement : deux jeunes garçons, Samuel et Mathieu, d'ailleurs ici présents dans les tribunes et que je veux remercier. Ils sont arrivés et très vite, plein de volonté, d'enthousiasme et d'intelligence, l'intelligence du c?ur, ils ont immédiatement compris combien la ville pouvait être peu amène vis-à-vis des personnes handicapées et qu'il tenait pourtant souvent à peu de choses pour réparer une situation à laquelle nous nous habituons inconsciemment lorsqu'on ne se met pas à la place de l'autre.

Nos ambassadeurs ont ainsi déambulé dans les rues étroites du Marais, les rues pavées, les rues encombrées de terrasses débordantes, de motos sur le trottoir, de bouches d'égout non refermées, de panneaux redondants, de panneaux cassés, rafistolés, dangereux, de grilles d'arbres non réglementaires, d'horodateurs prenant toute la place du trottoir, contraignant la personne en fauteuil roulant à descendre sur la chaussée non sans mal et non sans risque, mais aussi des bandes podotactiles usées ou parfois là où elles ne devraient pas se trouver, perturbant ainsi le déplacement de la personne aveugle.

Nos ambassadeurs sont dans le 4e arrondissement pour une durée de huit mois. Ils ont déjà bien entamé leur travail, indiquant sur un tableau Excel un très grand nombre de mesures à prendre pour améliorer les conditions de déplacement de nos concitoyens. Ils ont, pour cela, transmis les demandes sur le site "Dans ma rue" et déjà suggéré des améliorations du site comme la création d'un onglet dédié à l'accessibilité et surtout la connaissance des travaux réalisés suite aux alertes indiquées sur ce site.

Je veux saluer également le travail des conseils de quartier qui ont déjà commencé ce travail, photos à l'appui, et inviter chaque citoyen à devenir à son tour ambassadeur d'accessibilité dans sa rue, son quartier, tout simplement se mettre à la place de l'autre, celui ou celle qui ne voit pas, qui n'entend pas, qui ne marche pas sur ses deux pieds mais qui est un citoyen à part entière.

Ce plan "Paris piéton" doit être le véritable rendez-vous de l'accessibilité à Paris. Il nous invite à envisager la ville jamais égoïstement, mais toujours avec le souci de l'autre pour marcher ensemble dans la même direction, c?est-à-dire vers une ville pour tous.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, chère Karen TAÏEB, de mettre ce sujet aussi clairement sur la table. D'ailleurs, en complément de ce que vous avez dit, notre candidature pour les Jeux olympiques et paralympiques sera aussi un levier puissant pour rendre la ville accessible. Nous y travaillons beaucoup avec Bernard JOMIER, vous avez raison de le citer, et bien sûr avec Christophe NAJDOVSKI. Merci d'avoir indiqué cet axe très important de notre travail.

La parole est à M. Pierre LELLOUCHE, pour le groupe les Républicains.

M. Pierre LELLOUCHE. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Dans le prolongement de ce que vient de dire Mme Karen TAÏEB et avant elle Mme Edith GALLOIS, car je suis fondamentalement d'accord avec ce qui a été dit, le sujet n'est pas une controverse, il n'y a pas de différence entre nous sur l'importance de la marche à Paris.

Vous l'avez dit vous-même, la marche, c'est gratuit, c?est bon pour la santé. Quand on a la chance d'habiter Paris, c'est une joie de marcher dans Paris. Ce n?est pas un sujet de vouloir développer la marche à Paris. Utiliser des grands mots comme stratégie "Paris piéton", partir dans des obscures allées où on essaie de dresser un mode que vous appelez doux de mobilité contre les autres, ne me paraît pas l'essentiel. Exactement comme mes collègues, je constate, parce que j'aime marcher dans Paris, que pour marcher dans Paris, il faut d'abord que ce soit possible au niveau des trottoirs et de la voirie.

Malheureusement, cela a été dit, ces trottoirs sont largement dégradés. C'est l'occasion de nombreuses chutes et de dommages causés à nos concitoyens. Cela coûte presque un million d?euros à la Ville chaque année. Marcher dans Paris, c'est difficile aussi parce que les rues sont sales, encombrées, et c'est un vrai sujet pour les visiteurs, les touristes. Il y a un problème que nous connaissons tous, qui est celui du nettoyage à Paris et l'organisation de ce nettoyage. Un troisième problème, c'est la sécurité, la sûreté. Un enfant encore ce matin a été poignardé en pleine rue dans le 20e arrondissement. Les violences, c'est tous les jours, sans parler du 8e arrondissement où il y a eu des choses très graves ces derniers temps et, tous les jours, la mendicité agressive, les gens qui se font agresser, touriste, pas touriste.

Voilà au moins trois domaines, Madame la Maire, où, de façon très concrète, vous êtes attendue. C'est très bien de parler de stratégie "Paris piéton", mais rendez l'activité de la marche simplement possible.

Par ailleurs, je dois dire que, dans les textes que nous avons examinés tout récemment à l'Assemblée nationale, vous avez dit non à tout ce qui aurait pu améliorer les choses. On vous avait demandé, sénateurs et députés, de déconcentrer à Paris les pouvoirs en matière de nettoyage. Vous avez refusé de les déconcentrer. On est dans le statu quo.

En matière de sécurité publique, vous refusez une vraie police municipale que nous vous avions demandée. On avait mis des arrêtés anti-mendicité, tout cela a été supprimé.

De grâce, Madame, ce n'est pas la peine de nous faire un exercice de communication, de nous parler de marche sur l'eau, de grande marche ou de marche verte. Si vous voulez, je connais un certain nombre de marches. En dehors de M. MACRON, il y a de nombreuses marches dans l'histoire. J'aimerais pouvoir marcher confortablement et sûrement à Paris. Vous êtes payée pour cela, faites-le. Ne nous entraînez pas dans des opérations de communication et répondez exactement à ce qu'on vous dit sur vos propres bancs d'ailleurs. J'ai entendu des choses tout à fait justes venant des membres de la majorité comme de l'opposition. Soutenez notre v?u, faites le job, Madame, c'est tout ce qu'on vous demande.

Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il restera un peu moins de 3 minutes pour deux orateurs du groupe les Républicains à se partager.

La parole est à M. Pascal CHERKI, dernier orateur pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Monsieur l?ancien maire du 14e ?

M. Pascal CHERKI. - Merci, Madame la Maire.

Tout d?abord, mes chers collègues, la marche, nous le savons, est un enjeu environnemental et de santé publique, qui est plébiscitée par les Parisiens. C?est une évidence, mais à entendre certains collègues de l?opposition, c?est une évidence qu?il faudrait rappeler. Les effets terribles de la pollution de l?air sur la santé ne peuvent être ignorés et ne le sont pas par cette Municipalité, qui est motrice dans la lutte contre la pollution.

C?est pour cela qu?à Paris, depuis 2001, nous avons - et nous l?assumons - réduit la place des véhicules polluants dans la ville. C?est aussi pour cela que nous avons développé d?autres modes de transports, avec Vélib? ou Autolib?. C?est encore pour cela que nous avons redonné aux Parisiens deux belles promenades sur les bords de Seine, et la reconquête des berges de Seine est aussi un projet qui a toute sa place dans la lutte contre la pollution.

Après un Plan vélo, car cette politique municipale a une cohérence et une continuité, pour développer ce mode de transport, aussi bon pour notre santé que pour celle de notre planète, Paris se dote aujourd?hui, et c?est bien, c?est heureux, d?un Plan piéton. La marche, car il s?agit de cela, a toute sa place dans la politique de gestion des mobilités urbaines. Elle participe à la réduction de la pollution. Ceux qui marchent, en effet, mes chers collègues, sont quand même ceux qui, dans leurs modes de déplacements, ont le plus de chances de moins polluer.

La marche a aussi, et c?est important, sa place dans les politiques de santé publique. En effet, il est de notoriété publique que faire au moins 30 minutes d?activité physique par jour permet de prévenir un certain nombre de pathologies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, les diabètes ou autres. Marcher, c?est donc un facteur indiscutable d?amélioration de la qualité de vie et d?augmentation de l?espérance de vie.

Que l?on ne vienne pas nous dire que le Plan piéton n?intéresse personne, comme j?ai pu l?entendre sur les bancs de l?opposition municipale. Je vous rappelle, mes chers collègues, mais vous le savez, que le projet "Paris aux piétons" est arrivé deuxième lors de l?édition 2015 du budget participatif. C?est là un bon indicateur de la vision que les Parisiens ont de leur ville pour demain. A cela s?ajoutent plusieurs dispositifs existants qui suscitent l?adhésion des habitants : "Paris Respire", la journée sans voiture ou encore, autre projet voté au budget participatif, "rendre la rue aux enfants".

Du succès de toutes ces mesures, nous pouvons en retenir une leçon : les Parisiens veulent reconquérir l?espace public, trop longtemps resté l?apanage des seules voitures. Et comme la concertation est au c?ur de la méthode de l?action de cette majorité municipale, leurs propositions, et j?en remercie la Municipalité, ont été intégrées dans la stratégie "Paris piéton".

Par exemple, et je voudrais répondre à notre collègue LECOQ qui s?intéresse beaucoup à la 11e circonscription, lui dire par exemple que deux projets, dans cette stratégie "Paris piéton", notamment de faire de l?avenue René-Coty une promenade agréable pour se rendre du parc Montsouris à la place Denfert-Rochereau? Actuellement, cette avenue ne permet pas un parcours totalement fluide, apaisé et totalement sécurisé pour les piétons, à cause des ruptures imposées pour favoriser le transport routier.

En créant une promenade végétalisée, agrémentée d?espaces propices à la halte et aux activités ludiques et sportives, cette liaison entre deux points très importants du 14e arrondissement sera désormais mieux pacifiée. Enfin, mon cher collègue, rue Stanislas, la création d?une zone piétonne sur un tronçon de la rue Stanislas est une avancée importante pour les habitants de cette partie du 6e arrondissement, que nous ne devons pas, mon cher collègue LECOQ, délaisser.

La marche est aussi une réappropriation de l?espace public. Vous l?aurez compris, mes chers collègues, le but de ce Plan piéton est simple : favoriser la marche à Paris, qui représente 60 % de nos déplacements. Il suffit de regarder aussi du côté, mes chers collègues, de ce que nous disent un certain nombre de sociologues pour voir qu?à travers cette démarche de lutte contre la pollution, cette démarche bénéfique pour la santé publique, il y a aussi un autre apport à la ville : une forme moderne d?urbanité. Pour beaucoup de sociologues, la mobilité apparaît comme une construction pratique et perceptive. Elle met en jeu la capacité des piétons à vivre ensemble et à tirer parti des informations perçues dans l?environnement.

Je ne voudrais n'en citer qu?un....

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Monsieur CHERKI.

M. Pascal CHERKI. - Je terminerai par cette citation du sociologue Isaac Joseph : "marcher, c?est forcément naviguer, observer et agir en même temps ; c?est ajuster son allure, sa direction, le contact physique avec l?environnement d?humains et d?objets, à l?occasion, penser aux salutations ou aux adieux, faire un mouvement de tête et, s?il s?agit de marcher d?un même pas, signaler tout changement de rythme. Bref, c?est produire des indices de son activité au moment même de son effectuation, cadrer et marquer son déplacement avec et pour ceux qui l?observent".

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Pascal CHERKI. Quelle conclusion à ce propos ! Marchons avec Pascal !

Il reste très peu de temps : 2 minutes 42 pour Valérie MONTANDON et François-David CRAVENNE.

Madame MONTANDON ?

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Madame la Maire.

Durant cette mandature, vous avez la fâcheuse tendance à tout morceler et à opposer les Parisiens les uns les autres, et les usagers des différents transports en commun ou encore d?autres utilités ne sont pas épargnés non plus. Comme l?a évoqué Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, nous pensons que c?est une stratégie de déplacements qu?il conviendrait d?adopter, et non une succession de plans : le Plan vélo, le Plan piéton, le Plan "anti-voitures".

Nous sommes en effet favorables aux principes évoqués dans ce projet de délibération, qui ont pour finalité d?améliorer le déplacement des piétons dans Paris. Cependant, nous attirons votre attention sur l?état de la voirie. Les données d?accidentologie à Paris sont assez révélatrices de l?état défectueux de cette voirie. Les indemnisations, par exemple, des victimes de chutes ont atteint 0,9 million d?euros en 2016, contre 0,5 million en 2014, soit une hausse de 80 %. Nous serons très vigilants sur l?aménagement des différents projets, notamment à la place Nation, sur la nécessité d?optimiser le flux des voyageurs, qui sont d?ailleurs, dans cette place, souvent en correspondance, mais aussi, nous serons vigilants sur l?accès pour les personnes en situation de handicap, dont les mesures concrètes ne sont pas encore assez visibles dans la Capitale.

Enfin, citer tous les lieux du 12e arrondissement de Paris, dont l?état de la voirie est défectueux, serait bien trop long. Dans le v?u, simplement, j?ai pris l?exercice de citer les endroits qui sont très passants, comme des rues commerçantes ou encore, comme des trajets qui mènent au bois de Vincennes, ou encore, des places qui sont fréquentées, notamment près de la gare de Lyon. Je ne pourrai donc pas toutes les citer. Cependant, nous vous demandons qu?un état des lieux soit lancé en concertation avec les conseils de quartiers, et que la rénovation de la voirie soit programmée, et enfin que les solutions pour lutter aussi contre les dépôts des encombrants, qui altèrent le cheminement des piétons, soient étudiées avec les bailleurs sociaux ou les copropriétés concernées.

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Vous êtes allée vraiment très vite.

Alors, je laisse M. CRAVENNE, s?il veut dire? Allez, une minute et demie, Monsieur CRAVENNE.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Madame la Maire.

Le grand producteur de cinéma américain Darryl Zanuck, disait : "pour faire un bon film, il faut trois choses : un, une histoire ; deux, une histoire ; trois, une histoire". Eh bien, Madame la Maire, vous pensez, vous, que pour faire une bonne politique pour les Parisiens, il faut trois choses : de la "com", de la "com" et encore de la "com". Et je m?y connais. Et ce Plan piéton en est la triste, mais parfaite illustration : de jolis mots, une rhétorique empruntée aux "bisounours" et à "bonne nuit les petits", une vision de papier glacé.

Dans les faits, on est loin, très loin d?une politique efficace. Mes collègues viennent de détailler les nombreux points faibles de cet amoncellement de v?ux pieux, d?enfoncements de portes ouvertes, avec l?habituel et si néfaste réflexe de l?Exécutif d?opposer sans cesse les Parisiens entre eux.

Difficile d?être vraiment contre ce plan, car comment être contre les piétons ou contre une ville plus agréable à vivre ? C?est comme être contre la paix ou contre le bonheur. Mais soyons sérieux : ce plan, lorsqu?on rentre dans les détails, dans le concret, ne propose rien de précis, rien qui changera vraiment le bien-être des Parisiens, car c?est bien de l?avenir de nos concitoyens dont il s?agit ici, et pas de celui du service communication de la Maire.

Et comme d?habitude, aucune concertation sérieuse n?a précédé sa stratégie. On est dans le flou, dans la formule, la formule empathique et faussement consensuelle, on est dans l?annonce pure - vous pouvez hurler, mais cela ne sert à rien -, mais dont l?application est totalement stérile. Pourquoi ? Pourquoi ? Si, malheureusement, ça marche. Pourquoi, Madame la Maire, ne pas proposer enfin une vision claire, précise, concrète, fondée sur ce que veulent réellement les Parisiens et les Parisiennes ? Alors que les Parisiens sont de plus en plus nombreux à se résigner à quitter...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Monsieur CRAVENNE.

M. François-David CRAVENNE. - Les Parisiens sont de plus en plus nombreux à se résigner à quitter notre ville, si l?on en croit les dernières statistiques de l?Insee. Les Parisiens attendent impatiemment une politique qui leur facilite la ville, qui leur permette réellement de bien vivre à Paris, et non un énième enfumage de communication, certes habile, mais qui ne changera rien dans leur quotidien d?habitants de la plus belle ville du monde.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur CRAVENNE.

J?avoue que nous aurions été très frustrés de ne pas vous entendre et donc, je me réjouis de vous avoir donné cette minute 50 supplémentaire.

Et je donne à présent la parole à M. Christophe NAJDOVSKI pour vous répondre, et à l?ensemble des orateurs et oratrices, bien sûr.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

L?élaboration d?une stratégie "Paris piéton" est partie d?un constat et d?un paradoxe : la marche représente près de 60 % des déplacements à Paris et elle mérite donc qu?une politique municipale structurée et dédiée lui soit consacrée. Et dans les politiques de déplacement menées par le passé, les seuls objectifs de fluidité de la circulation motorisée ou de stationnement des véhicules individuels ont très longtemps guidé la conception de la voirie publique. Pourtant, il y a une expression forte, une volonté de reconquête du territoire par et pour l'usager piéton. Il y a la volonté d'une ville plus accueillante où il fait bon vivre et respirer. Pour preuve, dans une enquête menée par l'Atelier parisien d?urbanisme auprès des Parisiens, les termes "rendre l'espace public aux piétons" et "permettre de nouveaux usages" reviennent de manière systématique.

Ce constat nous a amenés à prendre en considération le piéton comme mode premier de déplacement. Il nous a amenés à réinterroger les modes de fabrication et de gestion des espaces publics parisiens, car il s'agit bien ici de proposer des outils, des méthodes pour fabriquer ou adapter l'espace public en faveur des piétons. Il faut nous donner les moyens d'une ville "marchable" pour renforcer encore cette part modale et réunir les conditions de la pratique de la marche, à savoir plaisir, confort et sécurité.

Les piétons sont les usagers de l'espace public les plus vulnérables et parmi eux, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite doivent être particulièrement protégés. A ce titre, pour les personnes en situation de handicap, pour chacune d'entre elles, une bande de guidage permettra, sur les places qui seront réaménagées - les sept places - tel un fil d?Ariane, aux voyants, aux mal voyants et aux non-voyants de se repérer et de se déplacer en toute sécurité et en toute autonomie.

Rendre la ville "marchable" correspond aussi à une réelle attente des Parisiens et elle correspond aussi à l'idée d'une ville inclusive, c'est-à-dire une ville dans laquelle tous les usagers de Paris ont leur place. Cette question de la place du piéton est centrale puisque, dès que l'on ouvre ou que l?on rouvre des espaces aux piétons, le succès est garanti. Je prendrai l'exemple des berges rive gauche ou encore de la place de la République, hier, respectivement autoroute urbaine et carrefour routier saturés par la circulation motorisée, aujourd'hui, très largement réappropriés par les piétons de tous âges.

Je rappellerai le succès considérable des berges rive gauche : 6 millions de promeneurs en 3 ans. Je parlerai aussi du succès naissant et grandissant des berges rive droite qui deviennent déjà un "spot", autrement dit "un secteur piéton ouvert à tous" pour les marcheurs et les joggeurs. Réhabiliter la place du piéton dans la ville est aussi une très forte demande exprimée très largement à l'occasion du budget participatif puisque les projets piétons sont souvent plébiscités par les Parisiens. Ce Plan piéton traduira en actes les projets votés par les Parisiens. Je rappellerai aussi, pour mémoire, le succès des opérations "Paris Respire" tous les dimanches, ou encore la Journée sans voiture, ou encore les Champs-Elysées piétons chaque premier dimanche du mois.

Alors, oui, réhabiliter la marche, la favoriser, c'est mener une politique publique qui bénéficie au plus grand nombre et la marche a de nombreux atouts. Elle est rapide pour les courtes et moyennes distances. Elle est bonne pour la santé. Cela a été dit. Faire une activité physique de 30 minutes de marche par jour permet de prévenir un certain nombre de pathologies chroniques. Je pense à l'obésité, aux maladies cardiovasculaires, respiratoires, cancer, diabète et autres. C'est aussi un mode économique. C?est le moins cher de tous les modes de déplacement. C?est un mode non polluant. La marche est également facteur d'attractivité et de dynamisme économique. Il faut préciser que, souvent, les Parisiens, lorsqu'ils choisissent leur logement, c'est aussi en fonction du quartier et des offres de proximité qui sont facilement accessibles à pied. On peut aussi citer le fait que, parmi les déplacements motivés par les achats, 79 % se font à pied. Bref, la marche est un facteur d'équité et de cohésion sociale.

Aussi, avec la stratégie "Paris piéton", nous proposons de lancer cinq chantiers pour la mandature. Vous les avez rappelés, Madame la Maire. Je ne les déclinerai pas dans le détail, mais je rappellerai tout de même quelques grandes orientations. Tout d'abord, il s'agit de faciliter les continuités piétonnes, de nouveaux partages de la voirie, notamment l'apaisement des grands axes routiers. Il s?agit de valoriser aussi les grandes promenades. La question de la promenade urbaine du boulevard de la Chapelle a été évoquée, mais c'est aussi le parcours sportif qui est projeté sur les boulevards de Belleville, de Ménilmontant et de Charonne. C'est aussi la promenade urbaine du boulevard Raspail, chère au Maire du 6e arrondissement. C'est également aménager les sept places qui sont en projet à Paris. C'est aussi faciliter les franchissements et atténuer les ruptures urbaines, notamment aux portes de Paris.

Penser la question du piéton, c'est aussi favoriser la diversité d'usages dans la rue avec, notamment, les projets de rues aux enfants, mais c'est aussi, dans une démarche de ville inclusive, développer des assises, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Il faut le dire : il n'y a rien de tels que des bancs publics pour faire marcher une ville.

Cette stratégie "Paris piéton" définit quelques grands chantiers. Elle va aussi nous permettre des déclinaisons opérationnelles. Je répondrai ainsi à ceux qui disent que c'est un projet creux. Une cinquantaine de projets d'aménagement renouvelant le partage de la rue sont ainsi financés par le plan d'investissement de la mandature. Ce sont une vingtaine de projets supplémentaires qui sont issus du budget participatif "Paris aux piétons" qui concrétiseront les orientations de cette stratégie "piéton".

J'en viens à présent aux interventions et aux réponses aux v?ux déposés par les membres de notre Conseil. Nous donnerons un avis favorable au v?u du groupe Ecologiste de Paris relatif à l'aménagement de l'espace public centré sur les besoins du piéton, avec un amendement qui, je pense, sera accepté. Nous donnerons également un avis favorable pour l'expérimentation d'aménagements de quartiers sans signalisation par feux tricolores, là encore, avec un léger amendement.

Je voudrais donner aussi quelques éléments sur les v?ux relatifs à l'extension des voies piétonnes déposés par les élus Radicaux de Gauche, ou encore l'amélioration du revêtement des trottoirs, répondre également au v?u relatif à la mixité dans les futurs travaux d'aménagement, ou encore à celui sur l'état des lieux concernant l'état de la voirie, ou encore l?état général des trottoirs parisiens, en vous disant que pour ces v?ux, qui portent sur le suivi de la stratégie "Paris piéton", nous pourrons faire un avancement de ces projets et répondre ainsi aux v?ux à l'occasion d'un document de synthèse annuel puisque nous prévoyons des présentations régulières, à la fois en Commission extramunicipale des déplacements et par un document annuel qui, chaque année, permettra de savoir où nous en sommes de la mise en ?uvre de la stratégie "Paris piéton".

Notre v?u de l'Exécutif apporte également une réponse sur les points soulevés par les v?ux du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, les v?ux du groupe UDI-MODEM ainsi que celui du groupe les Républicains, puisqu'un bilan de la réforme du règlement de voirie est en cours. Il sera présenté prochainement en 3e Commission du Conseil de Paris. Il est évident aussi que l'état des trottoirs et leur niveau d'encombrement, qui constituent une problématique centrale du confort de la rue, doivent être des indicateurs de suivi de la stratégie "Paris piéton". Enfin, la question du genre doit, bien entendu, elle aussi, constituer un indicateur d'appréciation et de suivi des projets.

Je voudrais dire un mot également du v?u du groupe les Républicains et de l?intervention de Mme KOSCIUSKO-MORIZET qui a parlé de tout, sauf du sujet, puisque vous parlez d'une mise en perspective de la stratégie municipale des déplacements. Je voudrais vous rappeler, Madame KOSCIUSKO-MORIZET, qu'il suffit de lire ou de relire la feuille de route qui date de mai 2014. Je vous la donnerai à l'issue de ma réponse pour vous rappeler que tout ceci figure dans la feuille de route que la Maire de Paris nous a confiés, et m?a confié personnellement, en mai 2014 et que tous ces projets ont été engagés au début de la mandature. Ce qu'il ressort de votre v?u, c'est une forme de conservatisme, une vision des déplacements qui ne sont vus qu'au travers d?un seul prisme, celui de la circulation automobile. Votre v?u incrimine finalement notre action. Il nous est reproché d'agir et d'avoir une vision qui est différente de la vôtre. Sachez que nous évoquons la question de la problématique des mobilités dans une perspective multimodale, là où votre v?u ne propose rien. Nous proposons donc un v?u de l'Exécutif qui rappelle ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons.

Nous agissons pour réduire la pollution atmosphérique de fond à Paris. Depuis 2001, la politique qui a été mise en place a permis de diminuer d'un tiers le nombre de véhicules circulant dans Paris. L'étude d?Airparif de 2013 montrait une baisse globale de 10 % des émissions de polluants à Paris et soulignait le rôle de la politique municipale dans cette diminution de la pollution. Les chiffres sont là, ils sont têtus, mais la politique que nous menons permet bel et bien de faire baisser la pollution atmosphérique à Paris. Nous pouvons également être fiers d'être la première ville française à avoir mis en place une zone à basse émission, autrement dit une zone à circulation restreinte.

Puisque vous avez évoqué les pics de pollution à répétition, Madame KOSCIUSKO-MORIZET, je voudrais tout de même vous rafraîchir la mémoire et vous rappeler aussi que ce phénomène n'est pas que parisien. C'est un phénomène national, voire même européen, que la moitié des émissions le sont à cause du trafic routier et que les pics de pollution que nous avons vécus sont des pics aux particules fines qui sont notamment dus à la diésélisation du parc automobile qui - il faut le rappeler - a été encouragée par le Gouvernement dont vous étiez membre lorsque vous étiez Secrétaire d'État à l'Ecologie en 2008 puisqu?avec le bonus-malus, vous avez dopé les ventes de voitures diesel. Et malheureusement, on en paie le prix aujourd'hui.

Vous prétendez également que la Ville s?est sous-investie depuis dix-huit ans pour les transports en commun alors que la contribution annuelle de la Ville de Paris au budget de fonctionnement du S.T.I.F. est de près de 400 millions d?euros, dont au moins 100 millions d?euros peuvent être considérés comme de la péréquation en faveur du développement des modes de transports dans les autres collectivités d?Ile-de-France. Ce sont près de 1 milliard d?euros qui seront investis dans cette mandature en faveur du développement des transports collectifs sans compter Velib?, Autolib?, le développement métropolitain de Velib? ou encore la construction d?une zone à circulation restreinte à l?échelle métropolitaine que nous appelons de nos v?ux.

Mais notre v?u rappelle également que, sur les transports collectifs, c?est au S.T.I.F. de nous accompagner. Nous allons donc saisir la Présidente du S.T.I.F. pour que, dans l?année, elle nous présente un plan d?amélioration de la qualité du service dans le métro, notamment en matière de propreté et de qualité de l?air, et pour que nous soient précisés les moyens qui seront consacrés par le S.T.I.F. au projet de restructuration du réseau de bus parisien, dont la concertation vient de s?achever.

En conclusion, Madame la Maire, je voudrais souligner que ce travail, ce Plan piéton a été l?objet d?une démarche partenariale et transversale. Je veux remercier en particulier les équipes de la Direction de la Voirie et des Déplacements, et en particulier notre précieuse Agence de la mobilité qui est à l?origine de ces réflexions, qui a porté avec conviction ce travail de co-élaboration particulièrement remarquable en lien avec l?Atelier parisien d?urbanisme.

Je voudrais rappeler aussi à ceux qui disent que nous n?avons pas fait de concertation qu?au cours des derniers mois, tous les acteurs ont été consultés et associés : les mairies d?arrondissement, les groupes politiques ont été associés à ce travail. Cette démarche a associé aussi les partenaires institutionnels comme la R.A.T.P., la Préfecture de police, les chambres consulaires, les associations mobilisées pour le partage de l?espace public, mais aussi des chercheurs scientifiques qui s?intéressent de plus en plus à la question du piéton dans la ville.

Ce travail a été mené aussi avec l?ensemble des Directions de la Ville et avec mes collègues que je tiens à saluer et qui sont attachés à cette démarche. Il s?agit de développer à travers ce projet des rues sportives qui sont portées par notre collègue Jean-François MARTINS, les rues végétales ou encore la végétalisation de l?espace public portée par Pénélope KOMITÈS et l?art dans la rue qui est cher à Bruno JULLIARD. Il s?agit de favoriser le commerce de proximité, comme Olivia POLSKI. Il s?agit d?agir pour l?égalité entre les femmes et les hommes?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S?il vous plaît, un peu moins de bruit.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - ? qui doivent toutes et tous trouver leur place dans l?espace public comme le porte sans relâche Hélène BIDARD. Sans compter les enjeux de santé dont j?ai parlé et Bernard JOMIER est également investi sur cette stratégie.

En conclusion, Madame la Maire, que chacune et chacun, ayant mis sa pierre à l?édifice de cette collaboration, soit sincèrement remercié pour l?élaboration de cette stratégie "piéton".

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, cher Christophe NAJDOVSKI, pour cette brillante intervention.