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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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2017 DAC 602 - Apposition d’une plaque commémorant les évènements du 14 juillet 1953 place de la Nation (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 602 relatif à l'apposition d'une plaque commémorant les événements du 14 juillet 1953 place de la Nation.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Je commencerai par une citation : "Ce soir, je voulais aller au bal du 14 juillet, mais jamais je n?aurais cru qu?en allant à cette manifestation je risquais de perdre la vie." Voilà comment s'exprimait un manifestant du 14 juillet 1953.

Je voudrais saluer ici présents dans les tribunes M. Pierre PUCHOT, qui avait 16 ans au moment des faits, Mme Nadia BOUZERGRAM, journaliste à El Watan en Algérie et M. Yves BERNARD, qui ont fait le déplacement pour ce beau projet de délibération.

C'est avec une grande émotion que nous pensons à toutes les familles, qu'elles soient en France ou en Algérie, pour évoquer ce drame méconnu qui a endeuillé notre pays, notre ville, notre quartier. Le 14 juillet 1953, sept hommes tombaient sous les balles de la police à deux pas de la place de la Nation. Je voudrais remercier Daniel KUPFERSTEIN, qui a mis en lumière ce drame à travers le film "Les Balles du 14 juillet", projeté dès sa sortie à l'Hôtel de Ville à l'initiative de Catherine VIEU-CHARIER.

Nous cherchions ensemble le meilleur moyen de rendre hommage à ces hommes qui étaient venus à une manifestation pacifique et autorisée. J'ai donc porté un v?u au Conseil de Paris en mars 2016 afin que cet oubli soit réparé et nous l'avons adopté. Aujourd'hui, nous adoptons le projet de délibération pour que la plaque soit apposée.

Comme c?était le cas depuis 1935, le P.C.F., la C.G.T., des organisations de gauche, des organisations pacifiques et démocratiques manifestaient pour défendre les valeurs de la République. Depuis 1950, la fin du cortège est composée d'Algériens membres du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en Algérie, de Messali Hadj, favorable à l'indépendance de l'Algérie.

Présent aux élections, le M.T.L.D. remporte 9 sièges sur 60 au deuxième collège de l'Assemblée en 1948. En mai 1952, après les manifestations d?Orléansville et leur répression qui firent deux morts chez les partisans du M.T.L.D., Messali Hadj est kidnappé et interné en France métropolitaine. La surveillance du mouvement s'intensifie, les manifestations d?Algériens sont réprimées à Montbéliard, au Havre, à Charleville-Mézières. Il y aura trois morts et des centaines de blessés.

C'est dans ce contexte que se déroule la traditionnelle manifestation du 14 juillet 1953. Le P.C.F. est aussi vigilant. La répression violente de la manifestation contre la venue de Ridgway en 1952, la mort d'un communiste algérien et l'arrestation de dirigeants communistes dont le plus célèbre, Jacques Duclos, rend l'atmosphère électrique.

A la fin de la manifestation, les premières échauffourées voient s'affronter des Algériens et des parachutistes de retour d?Indochine. La police est sur les dents. C'est au moment où les militants du M.T.L.D. rangent leurs drapeaux et les portraits de Hadj que la police intervient. Il est 17 heures 20 quand les premiers coups de feu claquent. Sept hommes tombent, six Algériens membres du mouvement indépendantiste : Amar Tabjadi, 26 ans, Abdallah Bacha, 25 ans, Larbi Daoui, 27 ans, Adbelkader Dranis, 31 ans, Mohammed Illoul, 20 ans, Medjen Tahar et un syndicalisme de la C.G.T. membre du Parti communiste, militant du18e arrondissement de Paris, Maurice Lurot, 40 ans, qui s?était interposé entre les manifestants et les forces de l?ordre. Dès le lendemain, une polémique s?engage, une bataille de chiffres entre les blessés issus des forces de l?ordre et les manifestants, plus d'une centaine qui s'ajoute aux victimes. Le chiffre est certainement sous-évalué du fait que de nombreux blessés n'iront pas à l'hôpital et ne porteront pas plainte. Cette manifestation est malheureusement tombée dans l'oubli. Elle sera effacée de notre mémoire collective par les événements malheureux de février 1962 à Charonne, que nous célébrons et pour lesquels nous rendrons un hommage le 8 février prochain et ceux d?octobre 1961. Je terminerai en citant le fils de Maurice Lurot, qui a écrit cette lettre en 1995 au journal de "l'Humanité Dimanche" : "Chaque année, alors que chacun danse, c?est les larmes aux yeux que je cherche un mot qui réchauffe dans l'H.D. Chaque année, mon père est de nouveau assassiné par les camarades, par leur oubli." Le Conseil de Paris aujourd?hui répare cet oubli terrible parce que notre mémoire doit rester intacte, parce que nous avons le devoir de rappeler aux passants que les lieux de Paris sont marqués par l'histoire, fut-elle tragique. Nous nous félicitons donc de la décision favorable du Conseil du 12e arrondissement et du Conseil de Paris et nous souhaitons qu'elle soit approuvée à l'unanimité. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci, Monsieur le Président de ce rappel des faits ; je n'y reviendrai pas.

Simplement, pour compléter à l'heure du 55e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie, la nécessité de transmettre une mémoire complexe et douloureuse. Commémorer la guerre d?Algérie, c?est commémorer toutes les histoires, toutes les mémoires de ce conflit sanglant du XXe siècle.

Il ne s'agit pas de juger, de prendre position - c'est le rôle de l'historien -, mais de se souvenir, de ne pas oublier. C'est bien le rôle d'une politique mémorielle fondée sur un ensemble de travaux scientifiques et historiques. Ce sont les oublis du passé qui sont souvent sources de tensions actuelles et l'histoire nous le montre tragiquement.

Transmettre cette mémoire du 14 juillet 1953, ne pas l'oublier parmi les autres mémoires de ce conflit, c'est donc renforcer et préserver les bases d'une relation sereine entre notre pays, la France, et l'Algérie, une relation transparente sans occulter les zones d?ombre. Assumer ce passé complexe et douloureux et assumer la mémoire de ce 14 juillet 1953, c?est véritablement progresser sur le chemin de l'apaisement, de la réconciliation, de la fraternité, c?est construire ensemble par la mémoire un avenir de paix, de coopération et c'est refermer progressivement des plaies laissées béantes par l?ignorance et l?oubli de certains événements tragiques du conflit comme ceux du 14 juillet 1953.

C'est dans cette vision que s'inscrit l'ensemble des commémorations liées à la guerre d'Algérie depuis 2001. Nous avons, vous le savez, avec le Maire de Paris, Bertrand DELANOË, rendu hommage aux 752 militaires parisiens morts pour la France en Afrique du Nord de 1952 à 1962 par un monument au Père Lachaise. Le 31 octobre 2015, nous avons inauguré un monument aux disparus des Abdellys au Père Lachaise.

Nous soutenons régulièrement les associations mémorielles de la guerre d'Algérie et, dans le cadre du 55e anniversaire, à la mairie du 4e arrondissement, il y aura la semaine de la guerre d'Algérie avec une exposition de photographies, projections, conférences préparées par la F.N.A.C.A. notamment. Le vernissage de cette exposition aura lieu le 21 février prochain.

A l?Hôtel de Ville de Paris, un auditorium à la rentrée pour le 55e anniversaire de la fin de la Guerre d?Algérie et une subvention votée au Conseil de Paris à l'Association "Mémoire en partage" avec un projet de documentaire basé sur des rencontres entre des témoins de cette guerre et des jeunes lycéens. En conclusion, sur la plaque du 14 Juillet, la mémoire de la Guerre d'Algérie est très chaude, douloureuse et complexe. Complexe parce que, justement, elle est extrêmement plurielle.

Nous assumons cette pluralité des mémoires, nous assumons ce passé, nous ne voulons pas laisser dans l'oubli ce qui l?a été trop longtemps. C?est véritablement un gage d'apaisement, de réconciliation et d'avenir fraternel. Je souhaite que nous puissions tous ici nous engager dans cette voie d'une politique mémorielle au service de la paix et le cadre du 55e anniversaire de la fin de la Guerre d?Algérie, cette année en 2017, nous en offre l'opportunité.

Je vous propose donc de voter favorablement ce projet de délibération.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 602.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2017, DAC 602). V?u déposé par le groupe Socialiste et Apparentés relatif à une dénomination "Sonia Rykiel" dans le 6e.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen de v?ux non rattachés et donc, maintenant, le v?u référencé n° 70 relatif à une dénomination "Sonia Rykiel", dans le 6e arrondissement.

La parole est à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Madame la Maire.

Je voudrais préciser que je fais cette présentation au nom de Christophe GIRARD qui a déposé ce v?u au nom des élus du groupe Socialiste et Apparentés.

Sonia Rykiel nous a quittés le 25 août 2016, à Paris, à l'âge de 86 ans. L'esprit de Sonia Rykiel, mélange de transgression et d'élégance classique, restera à jamais associé au style rive gauche et au Saint-Germain-des Prés libertaire des années 70. Par sa nouvelle philosophie de la mode appelée "démode", sa liberté de ton et son tempérament séducteur, la créatrice a contribué au mouvement d'émancipation féminine et favorisé l'émergence d'une figure de femme libre, élégante et indépendante qui a séduit bien au-delà des frontières de Paris et de la France.

Par son travail et son style, celle que l'on surnommait la reine du tricot a activement ?uvré à faire de Paris la capitale mondiale de la mode, du design et de la création. Aussi, Christophe GIRARD et les élus du groupe Socialistes et Apparentés émettent le v?u que le nom de "Sonia Rykiel" soit associé à la contre-allée bordée d?arbres qui se situe devant la boutique historique du 175, boulevard Saint-Germain, ce geste fort témoignant de la reconnaissance de la Ville de Paris envers celle qui a tant fait pour son rayonnement et son attractivité.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je vous remercie, Madame la Présidente.

Madame la Conseillère, c'est avec beaucoup de plaisir que je vais donner un avis favorable à ce v?u avec une petite réserve parce que vous savez que, pour ce qui concerne le lieu exactement, il est bon d'attendre l'étude par la Commission de dénomination des voies, places, espaces verts et équipements publics municipaux qui se penchera, avec la Direction de l'urbanisme, sur l'emplacement que vous avez évoqué.

Mais bien évidemment, même si cela n?était pas possible à cet endroit, nous chercherions un endroit pour Sonia Rykiel qui est une grande figure de la mode française.

Avis favorable.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2017, V. 36). Je vous en remercie. V?u déposé par les groupes Socialiste et Apparentés et Communiste - Front de Gauche relatif à une dénomination "Denise Ginollin" dans le 12e.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u référencé n° 71 relatif à une dénomination "Denise Ginollin", dans le 12e arrondissement.

La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, tout comme Paris, le 12e arrondissement est riche d'une histoire qui s'étend sur plus de deux millénaires et nous nous attachons à mener une politique mémorielle qui reflète la richesse et la diversité des personnalités et des événements qui ont marqué notre territoire de leur empreinte. Au nom de l'égalité, nous portons l'intention de rééquilibrer les dénominations des voies et des bâtiments de notre belle capitale, et de notre arrondissement en particulier, au profit de ces femmes au destin exceptionnel.

Dans le 12e arrondissement, nous l'avons fait depuis 2014 avec Gertrude Stein, Louise Hervieu, Mary Cassatt, Simone Iff, etc. Je me saisis donc, une nouvelle fois, des opportunités offertes par nos grands projets urbains pour vous proposer, avec mon collègue Nicolas BONNET-OULALDJ, de rendre hommage à une personnalité féminine, à nouveau, Denise Ginollin.

Figure féminine de la Résistance et figure politique du 20e siècle, élue parmi les 33 premières femmes députées, le 21 octobre 1945. Le destin de cette femme est intrinsèquement lié au territoire du 12e arrondissement. Née dans le 12e arrondissement, il y a 110 ans, elle s'engage dans les Jeunesses communistes puis au Parti communiste français et devient rapidement l'une des secrétaires de la section communiste de notre arrondissement.

Son parti dissous par l?occupant allemand, elle participe à la création d?une cellule clandestine et s?engage dans la Résistance. Elle est condamnée à mort, arrêtée et déportée à Ravensbrück, puis à Mauthausen. De retour en France après la Libération, elle poursuit son engagement politique et devient élue parmi les premières femmes députées à l'Assemblée nationale constituante du 21 octobre 1945. Elle est réélue à deux reprises comme députée de la Seine.

Soucieuse d'améliorer les conditions de vie de ses concitoyens dans une France en reconstruction et, en particulier, au retour des déportés, elle dépose de nombreux projets de loi, notamment en faveur de la limitation des expulsions locatives ou encore de la gratuité des transports pour les jeunes. Des combats qui résonnent encore et toujours dans nos politiques locales.

Le courage inébranlable et la constance de l'engagement de Denise Ginollin, jusqu'à sa mort en 1961, méritent d'être honorés dans notre arrondissement. C'est pourquoi je vous propose qu'une dénomination lui soit consacrée dans les espaces qui sont créés dans le cadre du projet d?aménagement Paul-Valéry qui accueillera de nouvelles voies de desserte locale ainsi qu?un programme de logement et des équipements publics de proximité.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Monsieur BONNET-OULALDJ, vous vouliez faire une petite explication de vote, je crois.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Non, je suis cosignataire avec Mme la Maire et je la remercie de cette proposition qui met à l'honneur, comme elle l'a dit, une députée communiste, une des premières femmes députées mais qui était la secrétaire de section de mon arrondissement, l'une des responsabilités que j'ai exercées.

Donc, c'est pour nous tout un honneur d'avoir cette proposition. Je voudrais ajouter que nous sommes quelques jours après l'anniversaire de la Libération des camps de la mort, des camps d'extermination où plus de 6 millions de Juifs ont perdu la vie, mais où aussi beaucoup de communistes ont été internés en déportation. C'est aussi un signe important, face au négationnisme qui touche aujourd'hui notre pays, de rappeler le parcours de ces personnes et ce qu'elles ont fait à la Libération et dans la Résistance.

Je voudrais rappeler aussi que Denise Ginollin était aux côtés d?Ambroise Croizat, député du 14e arrondissement de Paris, qui a créé la Sécurité Sociale. Elle a participé à tous ces grands chantiers et au fondement de notre modèle social que l?on connait aujourd?hui.

C'est un grand honneur pour nous de présenter ce v?u.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je n'ajouterai rien aux très beaux exposés de Mme la maire du 12e arrondissement, chère Catherine BARATTI-ELBAZ, et de M. le Président BONNET-OULALDJ.

C'est un avis favorable.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes Socialiste et Apparentés et Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Abstention du groupe LR. Avis favorable de l'ensemble des autres groupes. La proposition de v?u est adoptée. (2017, V. 37).

Je vous remercie. V?u déposé par les groupes Socialiste et Apparentés et Communiste - Front de Gauche relatif à la dénomination "Victor Perez" d'un futur équipement (12e).

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 72 est relatif à la dénomination Victor Perez d'un futur équipement dans le 12e arrondissement.

La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, pour la première fois, j'ai souhaité rendre hommage à un homme. Cela m'arrive. Victor Young Perez est né en 1911 à Tunis. Jeune sportif juif franco-tunisien, figure mondiale de la boxe, champion de France et champion du monde poids mouche, il a été fauché à 33 ans, le 22 janvier 1945, par la barbarie nazie au cours des marches de la mort, après avoir survécu deux ans dans le camp d'Auschwitz.

Comme beaucoup de boxeurs nord-africains, il prend le bateau pour Marseille et arrive à Paris dans les années 20. Son courage incroyable, son talent exceptionnel et sa détermination inébranlable lui ont permis d'accomplir de nombreux exploits sportifs. Sacré champion du monde en 1931 à Paris, sa passion pour la boxe le pousse à rester à Paris, malgré un climat politique dégradé par la xénophobie et l'antisémitisme.

Au lendemain de la Nuit de cristal, il accepte de combattre à Berlin. Alors qu?il refuse de se plier aux règles imposées aux juifs, il travaille comme porteur en gare de Lyon lorsqu'il est dénoncé, arrêté par la milice française et interné à Drancy, avant d'être déporté à Auschwitz, le 10 octobre 1943. Il y survivra deux années avant d?être lâchement tué peu avant la libération des camps. Dix ans après, l?I.N.S.E.P., au c?ur du Bois de Vincennes, lui a dédié sa salle de boxe.

Nous souhaitons aujourd?hui rendre hommage à ce sportif exceptionnel, au destin tragique, en donnant son nom au futur gymnase-pont qui prendra place au-dessus du périphérique, avenue Courteline, dans le cadre du grand projet de renouvellement urbain de la porte de Vincennes. La dénomination Victor Perez prend tout son sens dans ce quartier encore terriblement meurtri par l'attaque terroriste et antisémite du 9 janvier 2015.

Je suis fière de vous proposer cette dénomination qui, j'espère, fera consensus.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Nous allons avoir une année qui sera marquée par la candidature de Paris aux Jeux Olympiques.

Je suis fier et heureux que l'on continue ce travail à la fois de mémoire sur les équipements sportifs, plutôt que d'accepter parfois des partenariats publics/privés, comme le "naming", et surtout quand on a été frappé? J'habite le quartier de la porte de Vincennes.

Quand on a été frappé par l'antisémitisme, la barbarie, par ces attentats, et que l'on reconstruit, sur cette porte de Vincennes, un gymnase, que l'on construit un peu la résilience à travers cet acte, et que l'on donne ce nom, le nom d'un sportif qui a été déporté à Auschwitz, qui a côtoyé Primo Levi, Alfred Nakache qui était un nageur qui, lui, a survécu à Auschwitz et qui a une piscine dans le 20e arrondissement.

C'est un travail d'éducation et c'est surtout un travail qui permet de construire la paix pour les futures générations. Je suis vraiment heureux et fier de porter ce v?u avec la maire du 12e arrondissement.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci beaucoup.

Je suis très touchée, d'autant que je dois vous faire une petite confidence. Vous avez été interpellé par le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, lors de la cérémonie qui a lieu au mémorial de la Shoah tous les ans, cérémonie pour les juifs tunisiens déportés.

Il m'avait dit que ce serait vraiment magnifique si on pouvait rendre hommage à Victor Perez. J'avoue que je ne connaissais pas cet homme. J'en ai longuement parlé avec Catherine BARATTI-ELBAZ qui a été aussi enthousiaste que moi. On a une petite pensée pour Haïm Korsia dans cet hémicycle et je suis extrêmement heureuse que Jean-François MARTINS ait donné aussi son accord, pour le fait que ce soit sur le nouveau gymnase qui va voir le jour dans le 12e.

Et donc, c?est un avis extrêmement favorable pour la dénomination "Victor Perez", pour toutes les raisons qu?ont développées Nicolas et Catherine.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je précise qu?il existe un très beau documentaire sur Victor Perez, qui est passé sur Arte et qui raconte toute son histoire.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes Socialiste et Apparentés et Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2017, V. 38).

Je vous remercie.