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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif aux bidonvilles Roms du Nord parisien.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons les v?ux non rattachés. Le v?u n° 18 est relatif aux bidonvilles Roms du Nord parisien tel qu'indiqué dans le v?u.

La parole est à Mme Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Ce v?u fait suite à de nombreuses interventions de notre part, v?ux et amendements sur le sujet de l'habitat "Rom", parce que oui, mes chers collègues, c'est un problème sérieux et récurrent. Sérieux parce qu'il s'agit de la vie quotidienne de centaines de personne à Paris. Récurrent parce que jamais cette question n'est prise à bras le corps.

Je suis désolée de le dire mais c'est une réalité. Aussi loin que l'on remonte dans l?histoire, jamais la réalité de la vie misérable des "Roms" n?a été suffisamment prise au sérieux pour que ces personnes soient intégrées à un processus constructif qui leur permette de vivre dignement.

Néanmoins depuis trois ans, avec Dominique VERSINI et son équipe, nous avons commencé à travailler pour que ces perspectives existent. Mais aujourd?hui encore des expulsions indignes existent à Paris mettant des dizaines de familles à la rue, détruisant le premier travail de lien qui se fait avec les équipes sociales.

Aujourd?hui encore, dans le Nord de Paris, le compte à rebours a commencé et si quatre semaines ont été généreusement données par le Tribunal pour cette énième expulsion, nous demandons à la Préfecture non seulement de surseoir à cette expulsion mais que ces familles soient vraiment relogées en fonction de leur situation particulière avant toute opération.

Nous demandons ainsi que la Ville maintienne le dialogue avec la Préfecture de police et la S.N.C.F. pour que l?expulsion n?intervienne qu?après les diagnostics sociaux et des propositions d?hébergement adaptées aux familles vivant sur place.

Mais aussi que les projets d?habitat concerté que nous demandons depuis plusieurs années maintenant soient mis en ?uvre dès que possible car ils constituent à nos yeux la seule façon de briser le cercle vicieux des expulsions et reconstitutions des bidonvilles.

Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour répondre à ce v?u, la parole est à Mme Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Présidente, Anne SOUYRIS, mes chers collègues, je vous remercie de me permettre d?aborder ce sujet sensible des campements "Roms" qui reflète bien la réalité et la complexité des réponses que nous apportons déjà à ces familles en situation de grande précarité et que nous devons continuer à leur apporter à Paris et plus largement en Ile-de-France.

Comme vous l?avez dit, Paris n?est pas restée inactive pour répondre aux besoins des familles Roms en allant devant elles et en répondant aux besoins fondamentaux des enfants, à travers le travail des maraudes de l?"UASA" et de la Mission famille, qui sera renforcée cette année par deux postes supplémentaires, et aussi par les maraudes associatives que nous soutenons par des subventions d?"Emmaüs", "Coup de main" et de "Hors la rue".

Egalement nous avons créé un deuxième Espace solidarité insertion pour les familles dans le 11e arrondissement, qui permet d?accompagner les familles sur la parentalité et de les aider dans leur insertion sociale et professionnelle.

Nous avons également fait un travail autour de l?hébergement et du logement, sachant que plusieurs familles sont logées dans des centres d?hébergement d?urgence et que, dans le cadre d?un projet appelé "Toti impreuna et Louez Solidaire", 36 personnes en famille ont été logées dans des logements de "Louez Solidaire" qui favorisera leur accès au logement. Parallèlement, nous avons scolarisé un certain nombre d?enfants et assuré leur protection qui sont des priorités du Schéma parisien de prévention et de protection de l?enfance.

Mais, comme vous l?avez dit, beaucoup reste à accomplir. Pour revenir à la procédure d?expulsion engagée sur les bidonvilles du Nord de Paris, je précise que nous avons demandé et obtenu le report de cette opération et que nous travaillons de façon très étroite avec l?Etat pour permettre à "Adoma", l?opérateur désigné par l?Etat, de réaliser un diagnostic social approfondi et de mettre en place un accompagnement adapté pour ces familles.

Nous travaillons également avec les services de l?Etat pour mobiliser toutes les places d?hébergement disponibles, afin d?en finir avec cette situation de campements indignes et inacceptables.

Enfin, conformément au v?u adopté par le Conseil de Paris, nous sommes en train de finaliser une feuille de route qui permettra de mieux accompagner les familles Roms en complément des actions déjà mises en ?uvre.

Et surtout une étude a été lancée pour évaluer les outils mis en place par la Ville et la faisabilité des projets d?hébergement et d?habitat concerté. Les résultats de cette étude nous seront présentés au printemps 2017. Evidemment ce travail doit s?inscrire impérativement dans une stratégie régionale pilotée par l?Etat.

C?est pourquoi, je vous demande de bien vouloir accepter l?amendement qui est proposé et je rendrai un avis favorable au v?u ainsi amendé.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame VERSINI.

Acceptez-vous l?amendement ?

Une demande d?explication de vote de M. Geoffroy BOULARD pour le groupe les Républicains.

M. Geoffroy BOULARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, nous avons été alertés par les riverains dès le 20 septembre dernier sur l?occupation d?une portion de la Petite Ceinture ferroviaire par ce campement sauvage. Depuis cette date, les plaintes sont innombrables, tant sur les nuisances que sur les risques sanitaires encourus et sur le fait de tolérer pareille situation. Il y a donc un trouble manifeste à l?ordre public qui justifie que notre Collectivité mette tout en ?uvre pour faire cesser cette situation qui n?a que trop duré.

Il faut savoir que la Petite Ceinture ferroviaire est une infrastructure publique qui n?a pas vocation à être détournée de son usage. Il est donc de la responsabilité de la S.N.C.F. de faire strictement respecter la loi et le règlement sur les emprises dont elle est responsable.

De plus, les personnes installées sont à notre connaissance des ressortissants de l?Union européenne qui ne répondent pas aux critères de séjour sur notre territoire puisqu?ils ne sont pas en mesure de subvenir à leurs besoins élémentaires, notamment en matière de logement. Ils ont donc pour seule vocation de retourner dans leur pays d?origine mais pas d?occasionner des troubles dans le nôtre. Enfin, alors que notre pays subit la pression de la crise migratoire, il serait irresponsable d?encourager des comportements qui contribuent à alourdir notre fardeau, que ce soit en matière d?aide sociale ou de besoins en hébergement pour des populations d?autres pays européens.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Vous devez conclure, Monsieur BOULARD.

M. Geoffroy BOULARD. - Je rappellerai que l?hébergement d?urgence est de la responsabilité de l?Etat. Aussi, sous des apparences faussement humanistes, ce v?u fait l?apologie de la prime à l?illégalité et du mépris des personnes.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur BOULARD.

M. Geoffroy BOULARD. - Dans ces conditions, nous voterons contre ce v?u.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous l?avons compris.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u tel qu?amendé par Mme SOUYRIS avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u amendé est donc adopté. (2017, V. 9).

Je vous remercie.

V?u déposé par le groupe PCF-FG