Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Janvier 2017
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2017 DPE 20 - Expérimentation de la collecte des déchets alimentaires (2e et 12e). - Convention de mécénat avec la société "Novamont".

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DPE 20 et l'amendement n° 94 déposé par l'Exécutif, qui ont trait à l'expérimentation de la collecte des déchets alimentaires dans les 2e et 12e arrondissements. La parole est à M. BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, en juillet 2013, à l'initiative du groupe des élus écologistes, le Conseil de Paris émettait le v?u que soit organisée la collecte sélective des déchets putrescibles ou biodéchets à Paris, dans le but de les valoriser par la production de gaz et de compost utilisables par les agriculteurs franciliens.

Que de chemin parcouru depuis !

Les déchets putrescibles ou déchets alimentaires comme il a été décidé de les appeler, représentent 18 % du poids des déchets produits par les Parisiens, soit la production la plus importante après les papiers et le plastique.

Les déchets alimentaires sont les restes de repas et de préparation de repas. Ils sont déjà collectés dans les restaurants scolaires du 2e arrondissement, où depuis 2015 les enfants trient le restant de leur assiette.

Les 39 tonnes de biodéchets ainsi collectés par an permettent la production de 350 kWh d'électricité, 350 kWh de chaleur et 950 kilos de fertilisants agricoles naturels. Certes, des expériences de compostage en pied d'immeuble sont menées avec succès, sont positives, mais leur intérêt est d'abord pédagogique tant les volumes restent insuffisants au regard de la quantité de déchets alimentaires produits à Paris chaque jour.

Pour leur part, les ménages doivent jusqu'à présent, pour leurs déchets alimentaires fermentescibles, utiliser le bac à couvercle vert des ordures ménagères vouées à l?incinération. Cette époque sera heureusement bientôt révolue. La mise en place de la collecte des déchets alimentaires en porte à porte démontre tout d?abord l?intérêt que porte la collectivité parisienne à la prévention des déchets et à la lutte contre le gaspillage alimentaire car plus on trie, moins on gaspille.

L'autre intérêt de cette collecte est de santé publique. On sait que le tout-incinération produit des fumées toxiques, notamment de la dioxine, qui se retrouvent dans nos poumons et qui sont à l'origine de nombreuses maladies, et ce, malgré les techniques de filtrage des fumées.

D'autre part, l'intérêt agronomique des composts obtenus uniquement à partir des déchets putrescibles n'est plus à démontrer. Ils permettent aux agriculteurs de s'affranchir des fertilisants minéraux et chimiques, responsables de diverses pollutions environnementales. Il contribue donc à encourager les agriculteurs à la conversion vers le "bio".

La valorisation de ces déchets permet également de produire du méthane qui peut être utilisé sous forme d'électricité, de chaleur ou comme carburant. Je tenais à remercier Antoinette GUHL et Mao PENINOU d'avoir choisi le service public municipal de propreté du 2e arrondissement et du 12e arrondissement pour les premiers pas de cette collecte qui fera de Paris une ville pionnière en la matière.

Merci aussi à la DPE pour son impressionnant travail qui va permettre d'équiper la grande majorité des immeubles du 2e arrondissement et du 12e arrondissement d'un nouveau bac à couvercle orange caramel, ou marron, pour accueillir ces déchets alimentaires qui seront collectés deux fois par semaine et qui concerneront 170.000 personnes.

Un seul regret : le contrat avec la société Novamont qui fournira gratuitement à la Ville de Paris, les bio-seaux et les sacs poubelles biodégradables qui seront proposés à chaque ménage. En contrepartie de ceci, les ménages devront supporter une publicité sur les bio-seaux qui prendront place dans leur cuisine. Nous aurions préféré une mise en concurrence de plusieurs sociétés productrices de sacs compostables.

Nos déchets sont source de richesse et je me réjouis que Paris applique ce principe de base de l'économie circulaire qui démontre, s'il le fallait encore, que dans la vie rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme et qui démontre aussi la fragilité des gros projets d'incinérateurs comme celui d'Ivry, qui risque d'être vite sur-dimensionné en raison du succès probable de la collecte des bio-déchets alimentaires dans le 2e arrondissement et le 12e arrondissement, et, je le souhaite, de son extension sur tout Paris à l'horizon 2020.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire.

La parole, pour vous répondre et compléter, est à M. Mao PENINOU.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Pas grand-chose à compléter devant ce plaidoyer que je partage tout à fait. Nous sommes dans la suite de la stratégie zéro déchet que nous avons abordée au début du mandat. Je voulais commencer par remercier Jacques BOUTAULT de son intervention, mais au-delà de son intervention, lui-même et Catherine BARATTI-ELBAZ de s'être engagés dans cette expérimentation. Des expérimentations, d'autres villes en ont déjà menées, mais c'est une première à Paris, avec l'ambition, comme vous l'avez dit, de pouvoir le généraliser sur tout Paris le plus rapidement possible et avec le ferme espoir que nous puissions au-delà le généraliser sur l'ensemble de la Métropole, telle qu'elle fonctionne avec le SYCTOM aujourd'hui. Ce serait un pas en avant extrêmement important.

Quelques indices nous laissent à penser qu'au-delà d'un scepticisme très largement répandu parmi les élus et notamment les élus de la majorité du SYCTOM qui ne correspond pas à la majorité parisienne, comme vous le savez, nous allons réussir à dépasser ce scepticisme et leur montrer que c'est possible, comme cela a été possible dans d'autres villes, et que nous allons pouvoir avancer sur cette question.

Je souhaite citer Antoinette GUHL avec laquelle nous mettons en place un plan complémentaire. Vous l'avez dit, Monsieur BOUTAULT, il y a aussi le compost en pied d'immeuble. Nous avons comme ambition de doubler le nombre de compost en pied d'immeuble en complément de la collecte séparée des déchets alimentaires que nous mettons en place. Parce qu'évidemment, tout ce qui est composté localement, nous n?avons pas à le collecter, à le transporter et à l'amener aux lieux de compost ou de méthanisation qui pourront traiter ces déchets alimentaires.

C'est donc un plan tout à fait complémentaire et extrêmement ambitieux. Je ne sais pas si on ira vers l?orange caramel. Nous étions partis sur l?orange comme couvercle de bac et puis, l'ADEME, au niveau national, a décidé pour la première fois, et je m'en félicite, que l'on puisse dans toute la France adopter la même couleur de bac concernant les déchets alimentaires. On s'orientera donc vers le marron. Nous renonçons à notre orange mais vraiment avec beaucoup de volontarisme parce qu'avoir les mêmes couleurs de bac dans toute la France, c'est quelque chose qui nous aidera à beaucoup mieux communiquer sur le tri de manière générale.

Simplement un mot pour conclure sur "Novamont". La démarche est assez simple. D'abord, je tiens à remercier cette société. Nous l'avons choisie parce que nous nous inspirons des expériences qui ont été faites à l'étranger. C'est la société qui a accompagné la Ville de Milan dans la mise en place de sa collecte des déchets alimentaires, notamment l'équipement des ménages. C'est une vraie opportunité de pouvoir équiper, dès le départ, les 74.000 logements d'un kit du tri qui sera composé de ce bio-seau et de sacs en plastique bio-sourcé, biodégradable et compostable.

Et donc, de cette manière, nous pourrons avancer très largement et impulser ce qui devra derrière se développer en termes de commerce sur la vente des sacs poubelles compatibles, à la fois bio-sourcés et compostables.

Evidemment, comme Jacques BOUTAULT, je vous invite à voter ce projet de délibération et je suis très fier d'avoir pu vous le présenter aujourd'hui.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur PENINOU.

Je mets aux voix, à main levée, le projet d'amendement n° 94 déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet d'amendement n° 94 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPE 120 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2017, DPE 120).