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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'avenir de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Le v?u n° 15 est relatif à l'avenir de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Il est présenté par Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, nous demandons, à travers ce v?u sur l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, que l'on ait véritablement un débat. Mme la Maire a choisi de présider l?A.P.-H.P. Ce n'est pas rien de présider le conseil de surveillance. Cela veut dire qu'elle marque une importance politique, stratégique pour la Capitale de participer à la stratégie de l'hôpital public dans la Capitale.

Or, dans quelle situation sommes-nous ? L?A.P.-H.P., du fait des injonctions de la Ministre Marisol TOURAINE, de la logique de ce gouvernement qui pousse à la réduction des dépenses publiques et qui pousse au regroupement dans des gros hôpitaux, eh bien l?A.P.-H.P. à Paris est en train de fermer des hôpitaux, de fait, pour des gros mastodontes.

Quelle est la stratégie de la Maire à ce sujet ? Lorsque nous avons des conseillers de Paris qui siègent dans un conseil de surveillance, ils siègent au nom de notre Assemblée. Est-ce que notre Assemblée est derrière le choix stratégique de l?A.P.-H.P., ou est-ce que notre Assemblée souhaite porter ce débat ? Il y a eu des états généraux de la santé, où nous avons eu des échanges avec des citoyens. Pourquoi est-ce que cette question de la stratégie de la Ville de Paris ne fait pas également l'objet d'un débat, à la fois dans ce Conseil de Paris et vraiment dans la population parisienne ? Parce que je reste persuadée - et beaucoup d'acteurs de santé le sont - qu'il faut au contraire se battre pour maintenir des hôpitaux de proximité qui interviennent de manière articulée avec les centres de santé, articulée avec la médecine de ville, et non pas une concentration sur des méga-hôpitaux, d'un côté, et un désert, de l'autre.

Je souhaite vraiment qu'enfin, un jour, on ait ce débat. Il y a une souffrance à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, et vous le savez, parce qu?il y a une très forte dégradation des conditions de travail. Du coup, il y a une très forte dégradation des conditions de l'accès aux soins, de la façon dont cela se fait. Je souhaiterais vraiment que l'on ait ce débat.

C'est l'objet de ce v?u que je vous présente aujourd'hui.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET.

Pour vous répondre, la parole est à Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Tant à dire en deux minutes.

Madame SIMONNET, Paris n'est pas un désert hospitalier, tout de même. Allons raconter cela à nos collègues élus dans les départements et dans les régions. Franchement, il faut oser. Sur le fond, vous présentez un v?u sur l'Hôtel-Dieu. L'Hôtel-Dieu ne fermera pas. La Maire de Paris a fait le choix, contrairement à d'autres maires de grandes villes, de ne pas transformer notre Hôtel-Dieu, ou hospice civil, en un hôtel de luxe ou un centre de conférences international, et qu?il demeure un hôpital, que la santé et l'hôpital soient présents au c?ur de notre cité.

Le débat a lieu, bien sûr, puisque suite au dernier Conseil de Paris et à l'échange qui avait eu lieu, le directeur général de l'Assistance publique est venu, lors d'une réunion ad hoc, devant les membres de la 4e commission, les présidents des groupes politiques ayant été invités, pour expliquer le projet de l'Hôtel-Dieu et pour dialoguer avec les élus. Cet échange long d'une heure et demie a permis, d'ailleurs, de montrer que certains propos qui avaient été tenus au sujet de l'Hôtel-Dieu tenaient plus de la campagne électorale que de la réalité des faits et qu'il y a nulle spéculation sur l'Hôtel-Dieu, mais il y a un projet de santé, un projet ouvert sur la ville et un projet qui a été présenté devant les instances internes de l?A.P.-H.P., qui a reçu un soutien large et a été présenté devant le conseil de surveillance. Bien sûr, le débat doit se poursuivre et il se poursuivra puisque ce comité de suivi se réunira de nouveau d'ici deux mois pour faire le point sur le dossier. En aucun cas, on ne peut soutenir que l?A.P.-H.P. ferme l'Hôtel-Dieu. Il n'y a pas de fermeture de l'Hôtel-Dieu à Paris. Prétendre le contraire, c?est simplement ne pas dire la vérité.

Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Bernard JOMIER.

Je soumets à vos voix le v?u n° 15? Pardon, nous avons une explication de vote. Je vous donne la parole.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous voterons pour ce v?u car les sujets de débat ne manquent pas, comme la loi H.P.S.T. qui impose des logiques de rentabilité dans les hôpitaux en dégradant au passage les conditions de travail et la qualité des soins. Le virage ambulatoire justifie la fermeture des lits sans, pour autant, que les moyens suivent pour les services publics d'hospitalisation à domicile. L?Etat refuse d?assumer son rôle de financeur, ce qui pousse l?A.P.-H.P. à fermer des hôpitaux et vendre son patrimoine pour financer des projets d'avenir.

Au final, nous nous retrouvons, en France, en 2017, à devoir organiser des réunions de crise à l'Elysée car les hôpitaux sont débordés par l'épidémie de grippe. C'est l'accès et la qualité des soins des Parisiennes et des Parisiens qui sont en jeu. Le sujet mérite que nous prenions le temps d'en débattre en Conseil de Paris. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 15 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u est rejeté.

Je vous remercie.