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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Socialiste et Apparentés relatif à la restructuration du groupe Vivarte.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 61 est relatif à la restructuration du groupe Vivarte.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, effectivement, avec François DAGNAUD et les élus du groupe Socialiste, nous souhaitions attirer l'attention de notre hémicycle sur la situation du groupe Vivarte, dont le siège social est situé dans le 19e arrondissement et qui a annoncé le 23 janvier dernier deux plans de sauvegarde de l'emploi à "La Halle aux chaussures", dans la filiale "Vivarte Services", dans le cadre de cessions d?enseigne.

Un comité de groupe s'est tenu ce même jour et a permis de tenir ensuite des comités d'entreprise extraordinaires dans chacune de ses 16 enseignes. Je les rappelle : "La Halle aux chaussures", "La Halle aux vêtements", "André", "Minelli", "Naf Naf", "San Marina", "Caroll". Cela concerne donc de nombreuses enseignes parisiennes et sans véritables précisions sur les cessions envisagées ou l'identité des éventuels repreneurs.

Cela concerne 17.000 salariés, 4.500 magasins en France, 270 salariés à Paris et 68 enseignes. 80 % des salariés, je le rappelle, sont évidemment des femmes et 51 % de ces femmes sont à temps partiel.

Ce groupe a déjà connu quatre plans sociaux. Il a été racheté en 2007 par Vivarte. Enfin, Vivarte a été racheté en 2007 par le groupe financier Charterhouse, puis la dette de Vivarte a été rachetée par des fonds d'investissement américains, qui se comportent trop souvent en fonds, je dirais "vautours", notamment depuis 2014.

Considérant que le groupe Vivarte touche 44 millions d?euros d'aides de l'Etat - c'est là, le rapport - et que les actionnaires ont déjà touché près d'un milliard d?euros d'intérêts depuis le rachat du groupe, je souhaite rappeler qu'il faut veiller au plus grand respect des salariés et des instances représentatives du personnel dans cette phase de restructuration qui s'ouvre à travers la plus grande transparence, ce qui n'est pas toujours le cas, vis-à-vis de ces derniers, et surtout un dialogue social de qualité.

Nous souhaitons aussi que les cessions d'enseignes envisagées permettent de réinvestir durablement dans la pérennité du groupe et la sauvegarde des emplois.

Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Merci aux élus du 19e arrondissement, notamment à François DAGNAUD et à Léa FILOCHE, de nous donner l'occasion, dans notre Assemblée, d'exprimer notre soutien aux salariés du groupe Vivarte, qui ont appris, au moment où ce v?u a été déposé, une nouvelle restructuration de leur entreprise : la cession des magasins de chaussures "André", la cession de la marque de vêtements "Naf Naf", la fermeture de 147 magasins "La Halle aux chaussures" et la réorganisation du siège.

Vous l'avez rappelé, les salariés du groupe Vivarte subissent depuis 10 ans plans sociaux, rachats, cessions, valses des directeurs. On a ici un condensé des conséquences de la financiarisation à outrance de l'économie avec ses L.B.O., ses dettes colossales et ses fonds vautours. Ce serait presque un cas d'école intéressant s'il n'y avait pas derrière des femmes et des hommes qui voient leur travail disparaître et leurs savoir-faire gâchés.

Après la suppression de 1.890 postes en 2015, les deux nouveaux plans sociaux annoncés la semaine dernière pourraient concerner 2.000 salariés en France d'après la C.F.D.T., dont 270 salariés dans les magasins du groupe à Paris. On assiste au démantèlement à petit feu du numéro 1 français de la vente de chaussures et de vêtements, qui comptait encore avant l'annonce de ses plans sociaux 17.000 salariés. Dans ce dossier, c'est uniquement l'intérêt des actionnaires qui sert de boussole en lieu et place de toute stratégie industrielle. C'est-à-dire les fonds soi-disant d'investissement, Alcentra, Oaktree, Babson et G.L.G Partners, qui ont exigé des remontées financières totalement déconnectées de l'activité réelle de Vivarte.

Je donne donc un avis favorable à votre v?u, qui nous permettra d'écrire au P.D.G. de Vivarte car, dans ces conditions difficiles, le moins que l'on puisse faire pour les salariés est de leur garantir un dialogue social transparent et de qualité, ce qui est manifestement loin d'être le cas aujourd'hui.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci à vous.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2017, V. 30).