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Janvier 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe LR relatif à l'héliport de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2017


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Le v?u n° 33 est relatif à l'héliport de Paris. La parole est à M. Philippe GOUJON pour deux minutes.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Il est pour le moins surprenant qu'alors que pour des raisons écologiques, on ferme la voie expresse rive droite, et l?on a entendu les discours de ce matin sur le "Paris piéton", qu'on laisse dans le même temps 200.000 habitants de l'Ouest parisien, Paris et banlieue, subir plusieurs fois par jour, voire de nuit, les nuisances de bruit et la pollution d'hélicoptères à hauteur de 10.000 vols et de plus de 4.000 transits par an, dont parfois 40 à 60 le week-end sur l?héliport de Paris-Issy. Or, la situation s?est aggravée brutalement depuis que la D.G.A.C., Etat dans l'Etat, a rejeté la demande officieuse de fermeture de l'héliport par le Ministère de la Défense qui considérait que la présence d'un héliport à ses portes représentait un risque d?attentat ou d?accident. Ce n?est pas la Préfecture de police qui me démentira?

En réplique, le Ministère de la Défense a imposé une zone d'interdiction de survol du Ministère qui a contraint la D.G.A.C. à prévoir une nouvelle trajectoire, totalement arbitraire d'ailleurs, pour les hélicoptères, qui passe dans le 15e arrondissement au-dessus des boulevards des Maréchaux, en survol direct - c'est du jamais vu - des immeubles où vivent des milliers d'habitants. Les hélicoptères passent maintenant en pleine ville, le tout, évidemment, sans la moindre concertation avec la mairie du 15e arrondissement, voire - ce qui est encore plus grave, chers collègues - avec la Mairie de Paris.

Profitons au moins de cette nouvelle provocation de la D.G.A.C., Monsieur le Maire, pour faire enfin aboutir le projet - que nous avons en commun avec Mme la Maire - de fermeture de l'héliport. Je rappelle que le Gouvernement précédent avait même proposé un schéma d'aménagement du Grand Paris pour la desserte héliportuaire, malheureusement resté dans les cartons. Nous l?avions proposé avec Jean-François LAMOUR, notamment. Il est temps, donc, de reprendre le flambeau avant même la fin de la concession à A.D.P., d'autant plus qu?avec la Maire de Paris, je crois pouvoir dire que nous sommes à peu près en phase pour le réaménagement du site en extension du parc et du stade Suzanne Lenglen, auquel pourrait s'ajouter le beau projet - dont je me suis entretenu à plusieurs reprises avec la Maire de Paris et avec l?adjoint compétent - de la Fédération française des sports de glisse, d'un "opéra de la glace" qui trouverait parfaitement sa place en perspective des Jeux olympiques.

Le v?u consiste à fermer complètement l'héliport ou, au minimum, le réserver aux vols de service public d'urgence et, en attendant, de supprimer évidemment la trajectoire aérienne des hélicoptères qui survolent, pour la première fois - c?est sans précédent - les immeubles d'habitation du Sud du 15e arrondissement.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci.

Pour répondre, la parole est tout d'abord à M. Jean-Louis MISSIKA, puis à M. le Représentant du Préfet de police.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Monsieur GOUJON, pour ce v?u et l'importance que vous accordez à la transformation de ce secteur et aux problèmes que pose l'héliport, au même titre que la Maire de Paris, comme vous l?avez très bien fait remarquer dans votre intervention, et que moi-même d'ailleurs. Vous savez que nous portons un grand projet sur ce secteur puisque nous souhaitons réaliser un vaste espace vert et de détente. Nous souhaitons porter une véritable promenade récréative et sportive, en intégrant à la réflexion le jardin Suzanne Lenglen qui serait également reconfiguré dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux olympiques 2024. Un tel projet serait de nature à confirmer et à amplifier l'ambition sportive et la qualité de vie de Paris. Vous en avez, plusieurs fois, discuté avec Anne HIDALGO. C'est pourquoi nous avons demandé à l'Etat? Nous avons eu un espoir, qui n'a pas duré très longtemps, que l'installation du Ministère de la Défense obligerait à reposer le problème de la proximité d'un héliport. Comme vous l'avez très bien remarqué, cela n'a pas été le cas et même, l'installation du Ministère de la Défense a plutôt aggravé la situation.

Nous avons demandé à l'Etat que toute solution soit étudiée, permettant de se passer d'un héliport en plein Paris afin de pouvoir lancer ce grand poumon vert et restructurer l'ensemble de ce site qui est beaucoup trop enclavé. Nous avons demandé à l'Etat une remise à disposition de ce terrain avant même le terme de la convention fixé à 2024. Les nuisances acoustiques et environnementales qu?il génère ne sont plus acceptables. L'enclave qu'il constitue dans Paris, dans le dialogue de Paris avec sa banlieue, appartient à une époque qui nous semble aujourd'hui révolue. Nous souhaitons que l'Etat fasse évoluer sa position de ce point de vue.

Aussi, je suis favorable à votre v?u relatif à la mise en ?uvre de l'engagement de fermeture de cet héliport dès avant le renouvellement de la concession et à la suppression de la trajectoire aérienne survolant les immeubles du 15e arrondissement.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Monsieur le Représentant du Préfet de police, voulez-vous compléter ?

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Oui, tout simplement pour ne pas être d'accord avec M. le Maire adjoint et partiellement vis-à-vis du Maire du 15e arrondissement, dans la mesure où, pour le Préfet de police, il est essentiel de conserver un héliport, un lieu de pose et de décollage d'hélicoptères. Toutes les grandes capitales du monde ont une hélistation, un héliport au c?ur de la ville de manière à pouvoir poser les services opérationnels. Je ne parle pas de l'activité commerciale qui existe sur l'héliport, qui n'est pas de ma compétence auprès du Préfet de police. Sur la partie opérationnelle, la seule alternative qui nous est offerte aujourd'hui est de poser les deux hélicoptères, dont l?un est dédié aux missions sanitaires et de sécurité civile, et le second aux opérations d'ordre public, c'est-à-dire les vols à main armée, les vols de reconnaissance, etc. La seule alternative que nous ayons aujourd'hui est Villacoublay. Cela veut dire que si, demain, nous avons une prise d'otage dans un bâtiment, il faut que la B.R.I. aille à Villacoublay, monte dans l?hélicoptère et revienne à Paris. Pendant ce temps, je vous fais grâce du délai nécessaire, etc. C'est absolument incompatible. Il faut impérativement que nous puissions garder un lieu de décollage et d'atterrissage de nos hélicoptères d?ordre public et sanitaire. Cela ne veut pas dire forcément là où il est situé. On peut y réfléchir. Je crois qu?il y avait déjà eu des recherches dans le passé récent d'alternatives et cela n'avait pas pu aboutir. En tout état de cause, pour l?instant, nous serons bien évidemment bloqués sur cette hypothèse. En revanche, je suis tout à fait disposé à prendre l'initiative d'une réunion associant la D.G.A.C., les autorités militaires, etc., pour voir comment on peut éventuellement regarder à nouveau les décollages des hélicoptères de manière que, si l'on ne survole pas les sites militaires, on puisse aussi ne pas survoler les lieux de résidence des habitants du 15e arrondissement et autres. J'en prendrai l'initiative dans les deux semaines à venir.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Jean-Louis MISSIKA donne un avis favorable au v?u de M. GOUJON.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 33 du groupe les Républicains, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté à l?unanimité. (2017, V. 19).