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Juin 2003
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Conseil Général
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14 - 2003, ASES 176 G - Lancement de l'opération "Les initiatives de la Bientraitance de la Mairie de Paris" en faveur des personnes âgées

Débat/ Conseil général/ Juin 2003


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 176 G relatif au lancement de l'opération "Les initiatives de la Bientraitance de la Mairie de Paris" en faveur des personnes âgées.
Deux orateurs se sont inscrits : M. PAGÈS et Mme FORETTE.
La parole est à M. PAGÈS.
M. Olivier PAGÈS. - Merci.
Ce projet à trait au lancement de l'opération "Les initiatives de la Bientraitance de la Mairie de Paris" en faveur des personnes âgées.
Valoriser les orientations visant à répondre aux besoins d'abord psychologiques, physiques et matériels des personnes âgées et au maintien de leur citoyenneté est un objectif noble.
Nous ne pouvons être amenés, malgré tout, à adhérer totalement à cette opération, même si nous la voterons, car elle consiste en une simple remise de distinctions honorifiques qui sert plus la communication de la Ville de Paris dans ce domaine qu'elle n'apporte aux initiatives "distinguées" en termes de moyens, si ce n'est les éventuelles retombées médiatiques. Ceci est sans doute lié à un défaut de concertation. C'est une opération à bon marché pour la Ville, par laquelle elle essaye de masquer l'insuffisance de réalisations concrètes.
Nous reconnaissons néanmoins que le retard cumulé des précédentes mandatures est difficile à rattraper. Par exemple, il était prévu dans le contrat de mandature la mise en place de conseils des sages et des anciens dans chaque arrondissement. Cela s'est fait pour le conseil des jeunes. Or, ces conseils, dont l'originalité repose sur le fait de prendre acte du rôle des citoyens des plus âgés dans la cité, n'ont toujours pas vu le jour dans l'ensemble des arrondissements.
Enfin, il y a quelque chose qui me gêne dans l'appellation de cette opération : "Les initiatives de la Bientraitance". "Bientraitance" est un terme malheureux. Il est source de confusion sémantique avec la maltraitance. Vous ne semblez pas - et c'est ce que montre votre référence au mot "maltraitance" dans l'exposé des motifs - faire de distinction entre les actions mises en place pour améliorer le quotidien des personnes âgées et celles qui visent à lutter contre les mauvais traitements psychologiques et physiques subis par un certain nombre de personnes âgées.
Il s'agit pourtant de deux axes parallèles même s'ils sont complémentaires.
Nous le voterons mais considérons que ce projet est assez flou.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme FORETTE.
Mme Françoise FORETTE. - Je voudrais, au contraire, saluer l'intérêt de ce projet sur la "bientraitance" des personnes âgées même si je suis d'accord avec M. PAGÈS sur le fait qu'il ne remplace pas une augmentation des moyens dans les hôpitaux et les institutions pour personnes âgées ou une augmentation du nombre de lits. C'est évident, il n'est pas fait pour cela.
Il est vrai que la maltraitance pose un problème inacceptable pour les personnes qui en sont les victimes. Il est vrai aussi que de mettre une emphase sur cette maltraitance aboutit à ce que les personnes qui s'occupent des personnes âgées se sentent attaquées dans leur vocation qui est une vocation remarquable. Je voudrais répéter que le dévouement de ces personnes est le plus souvent éminent.
Le projet sur lequel on nous demande de délibérer permet de contrebalancer l'initiative souhaitable, voir indispensable, prise contre la maltraitance, avec, en particulier l'établissement d'un numéro vert, par une initiative qui salue le dévouement et la compétence des personnes qui s'occupent des personnes âgées, que ce soit celles qui oeuvrent dans les hôpitaux et les institutions pour personnes âgées, les aidants au domicile ou les aidants naturels que sont les familles.
Je salue l'initiative qui a été prise ici. Ce terme de bientraitance est bien trouvé, à l'inverse de ce que vous disiez, Monsieur PAGÈS. Je pense donc qu'il faut aller tout à fait plus avant.
En revanche, il existe un flou dans la composition du jury, puisque les différents membres cités n'ont pas été prévenus qu'ils étaient sollicités pour participer à cette opération. L'ensemble des personnes ou institutions acceptera certainement volontiers et de bon c?ur mais il aurait fallu les prévenir avant de nous présenter ce projet de délibération. C'est un petit détail. Je répète combien cette initiative me paraît souhaitable.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Il ne faut pas nous faire un reproche et l'inverse. Quand on présente la composition du jury, on en consacre la primeur au Conseil de Paris. Autrement, vous risquez de nous reprocher d'avoir pris les devants et de vous demander d'avaliser une proposition déjà en partie mise en ?uvre.
Mme HOFFMAN-RISPAL a la parole.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - J'allais dire la même chose sur ce sujet.
Chers collègues, nous avons fait de la lutte contre la maltraitance dont peuvent être victimes les personnes âgées l'une de nos priorités. Cela passe notamment par la réaffirmation permanente du droit qu'ont nos aînés à bénéficier du service de qualité tant à domicile qu'en établissement et je viens d'en parler.
Depuis le début de l'année 2003, une antenne "Alma" est opérationnelle à Paris. C'est une antenne téléphonique spécialisée dans l'écoute des Parisiennes et des Parisiens âgés victimes de la maltraitance et le suivi de leur situation.
C'est sans doute en travaillant avec les principaux intervenants d'Alma et c'est sans doute au colloque auquel je regrette d'ailleurs, Monsieur PAGÈS, que vous n'ayez pas participé, que l'idée de la "bientraitance" a pris son sens complètement.
C'est aussi qu'on assiste aujourd'hui à tout un battage médiatique qui nous explique la maltraitance de tous les côtés. Je pense au livre de M. LACAN sur les maisons de retraite, mais aussi à un certain nombre d'articles de presse. Autant je pense qu'il faut en parler et nous nous sommes donnés les moyens d'y travailler, mais on a le sentiment que tous les aînés seraient maltraités.
Nous savons comme vient de le rappeler Mme FORETTE, qu'il y a des gens merveilleux, que des associations accomplissent un travail remarquable ; des choses se font, beaucoup d'associations y compris dans le bénévolat et qui ne sont pas forcément que des intervenants gérontologiques accomplissent des choses vraiment extraordinaires. L'idée de la bientraitance, c'était aussi de sortir de cette idée que la maltraitance, il n'y a que ça. Non, il y a aussi des actions de bientraitance. Faut-il les valoriser complètement si l'on veut que la maltraitance recule ? C'est aussi en les valorisant que nous la ferons reculer.
La composition du jury, nous voulions vous faire une proposition. Elle peut être réétudiée. C'est un premier jet. On préférait la passer d'abord au Conseil de Paris. Il y aura une plaquette d'information. Nous pensons vraiment que les associations dans les quartiers, tous les gens qui accomplissent un travail méritant doivent connaître cette initiative.
Un mot sur les conseils des anciens que M. PAGÈS a soulignés. J'y suis favorable à condition que les acteurs locaux le souhaitent. Il semblerait que dans un certain nombre d'arrondissements ce ne soit pas le cas. J'en ai discuté avec certains aînés qui siègent dans des conseils de quartier et qui préfèrent les conseils de quartier. J'ai laissé aux arrondissements et aux maires d'arrondissement la liberté de choix.
Les aînés qui veulent participer aux conseils des anciens le font. Mais s'ils ne le souhaitent pas, je ne vais pas leur imposer.
Les deux existent et marchent bien. Apparemment ils n'ont pas fait de petits. Je le regrette comme vous. Mais je peux comprendre que certains anciens préfèrent être dans des conseils de quartier que dans les conseils des anciens.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 176 G sur les initiatives de la bientraitance de la Mairie de Paris.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, ASES 176 G).