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Juillet 2010
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2010, Vœu relatif à la libération du soldat Gilad SHALIT (CI). Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous allons examiner le v?u n° 86 déposé par le groupe Centre et Indépendants et le v?u n° 86 bis de l?Exécutif, qui ont trait à la libération du soldat Gilad SHALIT.

Je donne la parole à M. DUBUS, qui n'est pas là.

M. POZZO di BORGO, voulez-vous présenter le v?u ?

Alors, Madame ASMANI.

Mme Lynda ASMANI. - Monsieur le Maire, chers collègues, ce v?u, malheureusement, arrive encore à point nommé dans une actualité brûlante puisqu'il y a plusieurs jours, des centaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées au Trocadéro, sur le parvis des Droits de l'Homme pour redire leur souhait que le terrorisme cesse enfin et que les otages du terrorisme soient libérés, notamment le pauvre Gilad SHALIT qui, je vous le rappelle, est un jeune français et israélien.

Ce v?u arrive aussi malheureusement à un quatrième anniversaire ; quatre ans, c'est très long pour un jeune homme qui est loin de sa famille depuis fort longtemps.

Effectivement, il y a l'engagement de l'État, qui est extrêmement fort, et j?ai d?ailleurs vu que l'Exécutif avait précipitamment déposé un v?u bis sur notre v?u : c'est bien que la spontanéité du v?u pour Gilad SHALIT n'était pas une priorité mais seulement une réponse à notre v?u à nous, qui appelle évidemment que la diplomatie joue tout son rôle, et je suis là pour dire que le Président de la République, comme vous le savez, a écrit personnellement à la famille de Gilad SHALIT il y a quelques jours. Il a réaffirmé son souhait. Il s'est engagé personnellement pour la libération de ce jeune franco-israélien, ce ne sont pas seulement les services de la diplomatie française, mais c?est bien l'engagement personnel du chef de l'État.

Je souhaiterais, moi, que la Ville de Paris aussi, puisqu?elle s?engage dans des combats pour les Droits de l?Homme, et c'est son honneur, que parfois elle s?engage aussi dans des combats qui sont à la limite de la légalité ou de la légitimité, puisse nous faire l'honneur que le portrait de Gilad SHALIT, et je le redis vraiment fermement, soit un symbole fort sur le fronton de notre Hôtel de Ville.

Cela ne suffit pas qu?il soit dans le jardin?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Madame?

Mme Lynda ASMANI. - Je n?ai pas fini ma minute !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Si ! Vous en êtes déjà à deux minutes.

Mme Lynda ASMANI. - Dans le jardin Itzhak Rabin, où il est maintes fois, vous le savez, détruit, tagué.

Donc, je demande instamment, et j'insiste, ne me faites pas de réponse diplomatique et ne renvoyez pas cela à l'État : mettre la photographie de Gilad SHALIT, c'est de la responsabilité du Maire de Paris.

Merci.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Pour la réponse, je donne la parole à Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - La Ville de Paris, le Maire de Paris, font ce qu?ils devaient faire depuis le début.

Gilad SHALIT a été fait citoyen d'honneur de la Ville de Paris : ce n'est pas rien !

Le Maire de Paris a reçu plusieurs fois le père de Gilad SHALIT ! Nous l?avons vu ici à chaque fois qu'il vient à Paris, et nous l'avons vu aussi à Tel-Aviv ; nous avons même vu ses grands-parents à Haïfa. Nous avons donc fait ce qu?il fallait.

Nous avons participé à toutes les manifestations. Nous savons que c'est un otage, nous savons ce qu'il endure, mais nous avons décidé depuis quatre ans maintenant, ou trois ans, de ne plus mettre de portrait, et vous le verrez tout à l'heure, je ferai la même réponse pour les journalistes ; depuis trois ans, nous ne mettons plus de portrait d'otage sur l'Hôtel de Ville. Nous avons mis un panneau pour tous les otages qui sont actuellement pris dans le monde.

Donc, c'est pour cela que nous avons proposé un v?u de l'Exécutif pour le quatrième anniversaire, demandant évidemment à la diplomatie française, puisque c'est son rôle, de faire le nécessaire. D'ailleurs, le Président de la République, Bernard KOUCHNER le font.

Mais on ne peut pas voter votre v?u car au-delà de la question des portraits, vous voudriez que le Maire de Paris demande solennellement à ses ravisseurs de permettre à Gilad SHALIT? Attendez, les ravisseurs, si vous les connaissez, dites-nous qui c'est : on ira en délégation les voir, mais demander à ses ravisseurs comme ça, une bouteille à la mer.

Non ! Écoutez, Je crois que c'est une affaire extrêmement grave, c'est un otage dont on n'a pas de nouvelles, la Croix Rouge ne peut pas le visiter, ses parents ne peuvent pas le visiter. Il y a eu deux lettres, en tout et pour tout, en quatre ans. Nous sommes à côté des parents de Gilad SHALIT pour sa libération ; nous avons fait ce que nous devons faire.

C'est pour cela que nous proposons un v?u de l'Exécutif, et je vous demande, Madame, de retirer le vôtre.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je présume que vous n'allez pas retirer votre v?u, Madame ?

Mme Lynda ASMANI. - Absolument pas.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je vais donc le mettre aux voix avec un avis...

Allez-y, Madame ?

Mme Valérie HOFFENBERG. - Le groupe U.M.P. ne peut que soutenir toutes les initiatives qui rappellent les conditions inacceptables et inhumaines dans lesquelles vit le soldat Gilad SHALIT et apporte son soutien à sa famille. Et je sais que dans cet hémicycle, c'est un sentiment qui est partagé par de très nombreux élus.

Néanmoins, il y a encore des choses qui peuvent être faites. Vous l?avez dit, Pierre SCHAPIRA, il est vrai que c?est peut-être difficile d'imaginer qu'une organisation terroriste comme le Hamas puisse écouter le Maire de Paris quand il appelle à la libération alors que toutes les instances, le Gouvernement français, le Président de la République, les gouvernements espagnol, allemand, égyptien tentent de demander la libération de Gilad SHALIT.

En revanche, je pense qu?au moment où nous avons demandé à Israël de faire preuve de d?humanité en soulageant le blocus de Gaza, lorsque Israël a fait ce geste, le Président de la République a rappelé une fois encore qu'il était temps au Hamas de pouvoir faire un geste de ce côté.

Moi, ce que je demande, c'est qu'il est temps, Pierre SCHAPIRA, effectivement, de prendre cette initiative maintenant et de se dire qu'il faut peut-être mettre ce portrait pour rappeler à la fois que Israël a fait un geste au moment du blocus mais aussi de demander la libération de Gilad SHALIT.

Deuxièmement, j'aimerais dire un point, il y a quelque chose que cette Assemblée peut faire, c'est qu'il n'y ait pas une émotion sélective, parce qu'il est toujours trop facile de condamner d'un seul côté, de condamner Israël, et je crois qu'il faut que sur ces rangs aussi, très souvent, plus souvent, nous condamnions le Hamas et toutes les organisations islamistes qui imposent la terreur, non seulement aux Palestiniens, mais aussi aux Israéliens.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - S?il vous plaît !

Mme Valérie HOFFENBERG. - Alors oui, nous voterons, le groupe U.M.P. votera en faveur du v?u du Nouveau Centre et nous allons nous abstenir sur le v?u de l'Exécutif parce que je ne vois pas l'intérêt de demander à Bernard KOUCHNER ou au Président de faire ce qu?il faut pour demander la libération de Gilad SHALIT parce que vous le savez, ils sont complètement acquis à cette cause.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Ce n'est pas cela qui va arranger les choses, je crois.

Donc, on va passer au vote.

Non, Madame, je ne vois pas pourquoi je vous redonnerais la parole maintenant. Je vous ai demandé tout à l?heure si vous retiriez votre v?u, vous m'avez répondu non, à partir de là on passe au vote sur la proposition de l'Exécutif qui est un vote défavorable à ce v?u.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est repoussé.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le v?u de l'Exécutif.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Vous le direz après ce vote.

On vote, et je vous donnerai la parole après.

Il n'y a pas d'arrangement de règlement, j?ai mis au vote le v?u n° 86 avec un avis défavorable, il a été repoussé.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u avec un avis favorable de l'Exécutif puisque c'est le v?u de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2010, V. 195).

Maintenant, si vous voulez la parole, Monsieur le Président, je vous la donne.

M. Yves POZZO di BORGO. - Arrêtez de me prendre pour un imbécile.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je ne vous prends pas du tout pour un imbécile.

M. Yves POZZO di BORGO. - Nous avons demandé une explication de vote du v?u de l'Exécutif, arrêtez de me prendre pour un imbécile !