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Mai 2017
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2017 SG 27 - Groupement d’intérêt public "ExpoFrance 2025". - Adhésion et subvention.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2017


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération SG 27 relatif à "ExpoFrance 2025".

La parole est tout d'abord à Mme Ann-Katrin JÉGO.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Merci, Monsieur le Maire.

Par ce projet de délibération, vous nous proposez que la Ville de Paris adhère au groupement d'intérêt public "ExpoFrance 2025" et y apporte une subvention de 400.000 euros. Quel feuilleton plein de rebondissements que cette candidature !

Par trois fois, j'ai déposé le même v?u lors des Conseils des mois de mai, juillet et novembre 2014, vous demandant de soutenir officiellement le projet d'une candidature à l'Exposition universelle de 2025. Par trois fois, vous n'avez pas souhaité vous engager.

Au mois de juillet dernier, soit deux ans après, en réponse à la question d?actualité posée par Catherine DUMAS, Jean-Louis MISSIKA affirmait, je le cite : "Ce projet est bien mal engagé". La sentence de la Maire semblait sans appel, je la cite également : "Il y a des gens qui adorent être candidats à tout, moi je préfère que l'on soit candidat pour gagner". La messe semblait alors dite, le projet d?exposition universelle plié malgré la pression amicale mais ferme de François HOLLANDE qui, lui, souhaitait depuis longtemps que la France se porte candidate.

Puis nouveau rebondissement : depuis le 22 novembre dernier, la France est candidate, ce dont nous nous félicitons, mais le modèle organisationnel restait alors lui malheureusement grippé.

Parce qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, le groupe UDI se réjouit donc de cette nouvelle perspective de compromis. La constitution du G.I.P. met fin au drame qui se jouait depuis de nombreuses années entre Jean-Christophe FROMANTIN et la Maire de Paris, et c'est une très bonne chose puisque c'est le projet qui en ressort gagnant. Il est désormais porté par une structure collégiale majoritairement détenue par des personnes publiques, cette nouvelle gouvernance répondant aux critiques formulées par l?Exécutif sur l'exercice solitaire du pouvoir.

Par ailleurs, comme vous, je salue l'abandon du thème retenu initialement, l'hospitalité, qui n'apportait pas de sens à la candidature de la France car cette valeur caractérise par principe toutes les expositions universelles. En effet, tous les quatre ans un pays accueille le monde. La nouvelle thématique choisie, la connaissance à partager, la planète à protéger, fait, elle, écho à la tenue de la COP 21 à Paris 10 ans plus tôt, et surtout, pose notre candidature sur une nouvelle base, plus vaste mais aussi plus exigeante.

Reste à savoir si nous serons en mesure d?organiser deux événements majeurs de manière successive, les J.O. en 2024 et l'ExpoFrance en 2025. Nous serons bientôt fixés sur le sort des Jeux, le 13 septembre prochain. Souhaitons que l?issue soit positive et qu'elle influe par ricochet toujours positivement sur la décision du Bureau international des expositions. Si aucune nouvelle candidature ne vient se porter d'ici le 22 mai prochain, date de clôture des candidatures, Paris se trouvera seule face à Osaka, qui vient juste de se faire connaître.

Les chances de l'emporter sont bien là. Après avoir tergiversé et perdu beaucoup de temps, il incombe désormais au G.I.P. de faire vite et bien pour déposer la meilleure candidature en septembre prochain et faire gagner la France.

"ExpoFrance" serait un promoteur d'attractivité touristique exceptionnel qui devrait permettre d'attirer 45 millions de visiteurs sur six mois. C'est une opportunité économique dont l'impact est estimé à 23 milliards d'euros et 160.000 emplois durables.

Vous l'avez compris, malgré les aléas, notre enthousiasme est intact et c'est donc avec beaucoup d'espoir que nous voterons ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Catherine DUMAS.

Mme Catherine DUMAS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, par ce projet de délibération, vous nous proposez, comme cela vient d'être dit par ma collègue, de voter l'adhésion de la Ville au G.I.P. "ExpoFrance 2025".

La France est en effet candidate à l'organisation de l'Exposition universelle depuis le mois de novembre 2016. Cette candidature a été officialisée par une lettre du Président de la République au Bureau international des expositions.

Le 22 mai 2017, c?est-à-dire dans quelques jours, nous connaîtrons les éventuelles candidatures concurrentes. A ce jour, je voudrais profiter de ce projet de délibération poux intervenir sur deux points. Tout d'abord, l'adhésion de Paris au G.I.P. est bien entendu fondamentale. Il s?agit, aux côtés de l?Etat, de l?association "ExpoFrance 2025", de la Région et de la Métropole, de préparer le dossier de candidature qui sera déposé en septembre.

Si notre candidature est retenue, le G.I.P. organisera la transition vers la structure qui, in fine, sera chargée de la réalisation du projet. Le groupe les Républicains votera donc ce projet de délibération qui définit l'apport de Paris à 400.000 euros.

Ensuite, dans un deuxième temps, je voudrais rappeler l'intérêt de cette candidature pour notre pays à moyen terme. Cette candidature est assise sur un modèle économique entrepreneurial. L'Etat, les collectivités n'interviennent qu'au travers des infrastructures et de la mise à disposition des sites. La volonté de maîtrise des coûts, notamment grâce au mécénat, mérite d'être soulignée et constitue, à mon avis, un argument fort auprès du B.I.E.

Enfin, la concomitance avec les Jeux olympiques de 2024, autre grande manifestation internationale, peut faciliter des synergies entre les deux événements. Les membres fondateurs du G.I.P. doivent à cette occasion montrer qu'ils peuvent travailler ensemble.

Le groupe les Républicains ne peut donc qu'approuver une démarche qui, dans notre histoire, a permis, lors de plusieurs expositions universelles, de grandes avancées technologiques et qui a assis la position de Paris comme cité des arts, du luxe, du plaisir et de l'art de vivre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à M. Sergio TINTI pour poursuivre.

M. Sergio TINTI. - Merci, Monsieur le Maire.

Décidément, les grands projets auxquels prend part Paris aux côtés d'autres partenaires institutionnels, sont placés sous le signe du partage, valeur de solidarité qui nous est très chère. Après le "Venez partager" de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024, voilà une nouvelle invitation à partager lancée le 22 novembre dernier : celle de l'Exposition universelle de 2025.

La France, et singulièrement Paris, possède une histoire commune avec l'Exposition universelle. Les expositions universelles de 1855, 1867, 1878, 1889 et 1900, ou encore l'Exposition internationale des arts et techniques appliqués à la vie moderne, se sont déroulées à Paris.

Faut-il encore rappeler que, de ce destin commun, est née la tour Eiffel ? L'académicien Erik ORSENNA parle en ces termes du projet d'Exposition universelle en France : "Il faut réveiller la folie de la France". Cette folie dont il parle, je l'entends comme une redynamisation des atouts de notre pays, et ils sont nombreux : un patrimoine culturel sans égal, une capacité d'innovation et un artisanat déjà reconnus mondialement. Ce sont d'ores et déjà les mots d'ordre identifiés par l'association "ExpoFrance 2025".

Nous avons d'ailleurs identifié ces leviers dans la politique municipale que nous menons depuis 2014. Hier, nous parlions encore du renforcement de la vitalité commerciale de Paris. L'artisanat est l'un des principaux secteurs à soutenir. C'est, je le rappelle, le sens du rapport de la M.I.E., que notre ami et camarade, Nicolas BONNET-OULALDJ, a présidé, et du label "fabriqué à Paris".

A ce stade, le budget du projet s'élèverait à 3 milliards d'euros. La simulation macro-économique commandée par l'association "ExpoFrance 2025", table sur une fréquentation de 40 à 60 millions de visiteurs et fait état de retombées économiques de plus de 23 milliards d'euros, de 160.000 emplois durables et d?une progression de notre P.I.B. de 0,5 %.

J?en serais bien évidemment le premier ravi, mais permettez-moi d'avoir un regard interrogatif sur cette étude prospective. Il est des éditions des expositions universelles pour lesquelles les prévisions se sont avérées justes, mais il y a aussi des éditions où la participation a été bien inférieure aux espérances affichées. Bien sûr, il n'est pas interdit d'être optimiste. La France, même en dehors de tout événement d'une telle ampleur, reste le premier pays touristique au monde. De plus, nous rappelons, selon l'I.N.S.E.E., que le tourisme repart à la hausse après une année noire à Paris. Cette tendance laisse présager, avec la prudence qui s'impose, que la fréquentation sera au rendez-vous.

Au-delà des perspectives économiques, nous serons attentifs à l'héritage et à la durabilité des investissements effectués si nous sommes désignés. Comme tout grand projet, l'humain doit non seulement être pris en compte, mais être mis au c?ur du projet. Les déclarations de M. FROMENTIN, qui préside l'association ExpoFrance 2025, vont dans ce sens, mais cela ne doit pas rester qu'une déclaration. Nous y serons particulièrement vigilants.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Sergio TINTI.

Pour vous répondre, M. Jean-Louis MISSIKA a la parole.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Je vais commencer par dire à Ann-Katrin JÉGO qu'elle a une façon de raconter l'histoire qui est assez surprenante et, je dois le dire, totalement incohérente, parce que si la Maire de Paris et moi-même ne nous étions pas clairement, fermement et publiquement opposés au projet initial, nous n'aurions eu ni le changement de thématique, que vous approuvez, ni le changement de gouvernance, que vous approuvez également. Donc je suis vraiment désolé de vous le dire, mais nous avons eu parfaitement raison d'exprimer les raisons pour lesquelles nous n'étions pas d'accord avec la façon dont M. FROMENTIN pilotait ce projet et les thèmes qu'il proposait pour ce projet puisque, pour finir, nous avons obtenu satisfaction.

Je crois que nous avons obtenu que ce projet de candidature soit beaucoup plus susceptible de gagner que ce n'était le cas initialement. Je pense que nous n'aurions pas obtenu, par exemple, la création de ce G.I.P. et la présidence de Pascal LAMY. Je voudrais rappeler à tous les intervenants que le président, c'est-à-dire celui qui pilote ce projet, s'appelle Pascal LAMY, et j'insiste sur ce point.

Ce projet de délibération s'inscrit à la suite des engagements qui ont été pris. D'abord, le soutien à une candidature de la France à l'Exposition universelle. Le président de la République a écrit au Bureau international des expositions pour porter officiellement la candidature de la France. La création de ce groupement d'intérêt public permet de construire à présent la candidature en termes de développement du thème, de choix du site, qui devrait intervenir avant la fin du mois de mai, de campagne internationale et de communication. Il me paraît essentiel que Paris occupe une place centrale dans la gouvernance de ce projet, ce que permet la création du groupement d'intérêt public et ce que ne permettait pas le modèle précédent.

Le fait que cette exposition soit emblématique d'une nouvelle ère sur le plan de l'environnement et de l'héritage, en accord avec les objectifs de la COP 21, là aussi, nous avons été entendus puisque le thème décidé collectivement est "La planète à protéger et la connaissance à partager". La création de ce G.I.P. est nécessaire pour concrétiser ces engagements et disposer d'un cadre de dialogue avec l?Etat, la Région, la Métropole et l?association "ExpoFrance 2025". Nous disposerons, en effet, de la même représentation que la Métropole et la Région afin de peser sur ces décisions. Vous avez tous fait allusion à la candidature de Paris aux Jeux olympiques. Il est clair, bien évidemment, que les deux candidatures peuvent se soutenir l'une ou l'autre, à condition que cela soit fait dans la cohérence et dans la transparence.

Je pense que nous saurons très vite, en septembre, si nous avons gagné les Jeux olympiques, ce que tout le monde souhaite ici, je crois, et nous saurons également assez rapidement si nous pouvons espérer gagner l'Exposition universelle. La décision, elle, aura lieu en 2019, mais sachez que je travaille activement avec l'ensemble de nos partenaires, à la fois sur le choix du site, sur la scénographie et l'architecture du projet, et sur son financement. Je crois qu'il est tout à fait possible d'avoir une réussite en 2017 sur les J.O. et en 2019 sur l'Exposition universelle.

Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Jean-Louis MISSIKA, pour ces explications.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 27.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, SG 27).