Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2010
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2010, Vœu relatif au nouveau siège de Paris Habitat (CI).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2010


 

M. François DAGNAUD, adjoint président. - Nous examinons maintenant le v?u n° 79, également présenté par M. DUBUS, sur le siège de "Paris Habitat".

M. Jérôme DUBUS. - C?est un v?u extrêmement important puisqu?il s'agit du siège de "Paris Habitat", ex-O.P.A.C. de Paris, réalisé sur le 21, de la rue Claude-Bernard dans le 5e arrondissement.

Je rappelle que j'étais déjà intervenu à ce sujet pour dénoncer la dérive financière de cette affaire et que, malheureusement, le rapport de la Chambre régionale des comptes en date du 7 juin 2010 a repris ces interrogations en les précisant.

Malheureusement, ces précisions vont dans le mauvais sens puisque la Chambre régionale des comptes, sur ce changement de site, dénonce une trop grande rapidité dans le choix du site, sans réelle réflexion préalable, et une forte dérive, tant des coûts que des délais, le coût du projet réalisé étant de 50 % plus élevé.

On arrive effectivement à environ 198 à 200 millions d'euro et la Chambre régionale des comptes dit également que ce projet de changement de site a fait l'objet d'une gestion défaillante dans son pilotage.

Il s'agit évidemment d?une affaire importante et nous souhaitons que, sur l'ensemble de ces griefs formulés par la Chambre régionale des comptes, l'Exécutif s'explique.

M. François DAGNAUD, adjoint président. - Merci.

Monsieur MANO ?

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Je ne sais pas si l'Exécutif doit s'expliquer.

Le rapport de la Chambre régionale des comptes a été présenté au Conseil d'administration de "Paris Habitat" qui l'a entendu. Je rappelle que le Conseil d'administration de "Paris Habitat" a été associé complètement depuis le début à cette initiative que nous avons prise en son temps.

L'ensemble des membres du Conseil d'administration a voté toujours favorablement, dans sa diversité, y compris les membres de l'opposition.

En tant que Président de "Paris Habitat", je réaffirme que vous avez toujours voté favorablement sur les orientations présentées en matière de siège. D'ailleurs, la Chambre régionale des comptes ne conteste pas le fait, pour une entreprise de cette importance, d'avoir le souci de rassembler dans un siège unique une grande partie de son personnel, notamment les services chargés de la construction et ceux en charge de la gestion locative, qui étaient hébergés dans un siège présentant un caractère historique, mais peu rationnel.

Nous avons au départ une ambition de rassembler les services techniques, informatiques et ceux en charge de la gestion sur un même site.

Il n'a jamais été envisagé de rassembler la partie technique de "Paris Habitat", la partie liée à la santé du personnel ainsi que les archives sur le site de la rue Claude-Bernard.

En ce qui concerne l'évolution du coût et l'ambition de ce projet, il est vrai que ce dossier a évolué, à partir du moment où nous avons élaboré un projet techniquement complexe, nous en sommes conscients, répondant à des normes de développement durable exigeantes, dans une période d'initiative pour les entreprises et pour nous-mêmes, suite à des réflexions sur le sujet dans un bâtiment que nous devions transformer et qui ceux qui ne le connaissent pas peuvent éventuellement demander à le visiter- ne présente pas aujourd'hui de caractère luxueux, loin s'en faut, mais qui sur le plan architectural est digne d'un organisme de la taille de "Paris Habitat" qui est le deuxième ou le troisième bailleur social de France.

Notre ambition était d'offrir aux personnels un cadre de travail avec des services dont ils ne disposaient pas précédemment, je veux parler de la restauration d'entreprise. Il n'y a pas de bureaux luxueux, de salle à manger présidentielle ou de locaux directoriaux spéciaux.

Il y a une utilisation rationnelle des espaces avec une ambition architecturale, qui a posé un certain nombre de difficultés, sans aucun doute, mais qui répond aujourd'hui aux besoins de l'ensemble de "Paris Habitat".

Il y a d?ailleurs des évaluations des coûts nets faites par la Chambre régionale des comptes et "Paris Habitat", qui font certes apparaître de légères différences d'appréciation, de l'ordre de 11 millions d'euros sur le long terme.

Ceci peut s'expliquer par des méthodes d'appréciation différenciées, qui fondamentalement ne remettent pas en cause le choix qui a été fait.

Je rappelle en même temps que nous avons vendu le siège précédent. Sur une partie de ce siège seront réalisés des logements sociaux. L'initiative que nous avons prise ne met pas en cause la capacité d'investissement de "Paris Habitat" puisque nous sommes passés de 1.100 logements par an à 2.000 logements par an, ce qui prouve bien que nous n'avons pas pénalisé les capacités d'investissement de "Paris Habitat" pendant cette période.

L'investissement proposé correspondait à 16 % de la capacité d'investissement annuelle. Ceci n'est pas récurrent et "Paris Habitat" a tout à fait la capacité de réaliser un tel investissement au service de son personnel et de ses locataires.

En ce qui concerne les problèmes liés à la gestion de cet immeuble, il est vrai que, dans un premier temps, la société titulaire du marché de traitement, chauffage et prestation de services, a souffert de quelques difficultés. Nous en avons d?ailleurs changé.

Nous avons, liés à l'initiative novatrice en matière de refroidissement et de chauffage de cet immeuble, un certain nombre d'arguments techniques qu'il faut mettre au goût du jour dans la mesure où, sur le plan technique, les choses sont un peu complexes.

La nouvelle société s?y emploie et je ne doute pas que ceci va rentrer dans l'ordre dans les plus bref délais.

S'agissant de la comparaison des dépenses énergétiques, une chose essentielle a été omise, à savoir qu'il existe maintenant un service de restauration pour un grand nombre de personnels ce qui n'était pas le cas bien évidemment dans les sites précédents, ce qui, par définition, a une incidence sur les dépenses énergétiques. Voilà ce que je peux en dire.

Après maintenant plus d'un an et demi de présence sur ce site, je pense que le personnel a compris l'utilité d'avoir ce site qui rassemble la totalité des services, met à leur disposition des salles de réunion, de forum où ils peuvent s'exprimer et se former. C'est un outil qui fait honneur à la qualité technique de ce qu'est capable de construire "Paris Habitat".

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

M. Claude GOASGUEN a déposé un v?u sur le même sujet.

Pas tout à fait ? On va éviter les artifices, je vous donne la parole bien volontiers mais n?abusons pas.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. 100 millions d'euros comme artifice, c'est un gros feu d'artifice, vous me permettrez, car mon collègue DUBUS, au nom du groupe du Centre et Indépendants a évoqué dans son v?u un aspect seulement du rapport de la Chambre régionale des comptes.

Il est insensé, sur une telle décision, que le président vient de nous citer, qu?en plus la Chambre régionale ait été assistée par le Conseil d'administration même de "Paris Habitat", circonstance aggravante, ce qui veut dire que le Conseil d'administration de "Paris Habitat" est d?accord avec les conclusions de la Chambre régionale des comptes.

Sur l'immeuble en question, on a quand même une dépense qui passe de 90 millions d'euros à, si j?ajoute les frais financiers, 198 millions d'euros et ces 100 millions d'euros d'augmentation ne font même pas l'objet d'un quart de discussion en 30 secondes au Conseil de Paris.

Vous me permettrez de m'étonner un peu de la faiblesse des explications sur cet établissement public lui-même qui dépend, je vous le rappelle, tout de même en grande partie de la Ville de Paris et de l'État. Et donc, à mon sens, le minimum serait qu'on nous permette, au groupe Centre et Indépendants comme au groupe U.M.P. d'avoir une discussion plus large sur la manière dont est géré l'établissement public "Paris Habitat" depuis que la Chambre régionale des comptes vient de nous donner ce manifeste épais et circonstancié.

On nous répond : écouter, c?est le développement durable ! 100 millions d'euros pour le développent durable, ce n?est plus du développement durable, c?est du développement éternel, parce que 100 millions d'euros, ce n?est plus véritablement du bois et des charpentes ou alors il faut liquider 3 forêts des Landes pour faire du développement durable à ce tarif-là.

Si vous croyez qu'on va se contenter de ce genre de réponse vous vous trompez un peu. C?est pourquoi je vous demande de ne pas mésestimer la nature et l'importance du déficit creusé sur des opérations patrimoniales, opérations désastreuses pour le contribuable parisien à terme.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci. Nous passons au vote.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 79 pour lequel l'Exécutif a émis un avis défavorable, après la réponse longue et argumentée de Jean-Yves MANO.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.