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2017 DGRI 26 - DPE - Aide d’urgence (50.000 euros) à l’association "Action contre la faim en faveur des populations victimes de la sécheresse en Somalie".

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DGRI 26 - DPE. Il s?agit d'aide d'urgence à "Action contre la faim en faveur des populations victimes de la sécheresse - et si ce n?était que de la sècheresse - en Somalie".

M. Jérôme GLEIZES va très bien nous en parler.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

En effet, ce projet de délibération me permet de revenir sur une action de la Ville de Paris vers une zone peu aidée, en l'occurrence, la Somalie.

En février dernier, le nouveau Président somalien, Mohamed ABDULLAHI MOHAMED a décrété l'état de catastrophe nationale et a appelé à un soutien massif de la part de la Communauté internationale pour éviter une répétition des événements tragiques de 2011.

Un mois plus tard, le Secrétaire général de l'O.N.U., António GUTERRES, a appelé la Communauté internationale à se mobiliser massivement pour éviter le pire en Somalie, le pire étant le risque d'une nouvelle famine. Je rappelle que l'état de famine est un terme peu utilisé car depuis six ans, il n?a été employé dans le cadre d'un système mondial de classification, l'échelle IPC élaborée par plusieurs agences humanitaires, qu'une seule fois.

C'est pour la première fois en six ans dans le monde que l'on reparle de famine. Deux pays africains sont concernés : la Somalie et le Soudan du Sud. Le projet de délibération sur lequel nous intervenons aujourd?hui concerne la Somalie. Malheureusement, le Soudan du Sud qui est victime de guerre civile, où c?est plus difficile d?intervenir, n?est pas concerné par ce projet de délibération.

L'état de famine en Somalie résulte de conditions climatiques dramatiques provoquant des déplacements importants de populations, aggravés par les affrontements armés qui rongent le pays depuis deux décennies. En effet, l'actualité récente nous a rappelé l'instabilité de la Somalie. Au moins six personnes ont été tuées et une dizaine blessées hier après-midi dans un attentat à la voiture piégée à Mogadiscio, la capitale.

Des attaques similaires ont déjà touché la capitale de la Somalie, perpétrées par des insurgés islamistes radicaux shebab affiliés à Al-Qaïda. Ces shebab contrôlent la majeure partie du Sud somalien et refusent de laisser les humanitaires venir au secours des populations. L'Etat islamique est également en train de s'installer dans la région.

Le Gouvernement central somalien est fragile, soutenu à bout de bras par la Communauté internationale, par les 22.000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie appelée "AMISON". Il peine à appliquer l'Etat de droit, à offrir des services de base et à garantir la sécurité de la population. C?est pourquoi cette aide humanitaire est nécessaire dans ce pays depuis de nombreuses années. Au vu du contexte de sécheresse qui touche très durement ce pays, cette aide doit être renforcée.

L'Organisation mondiale de la santé, O.M.S., estime ainsi que plus de 6 millions de somaliens, soit la moitié de la population ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence dont près de 3 millions souffrent de la faim.

Le projet de délibération ici proposé concerne une aide d'urgence de 50.000 euros pour un projet de cinq mois touchant près de 5.000 personnes pour faire face à l'explosion des cas de choléra qui touchent actuellement les districts de Wajid et El Barde. L'O.N.G. concernée est "Action contre la faim", une des rares O.N.G. à mener des opérations dans ce pays depuis plus de 15 ans.

Alors que le monde entier se désintéresse de cette crise et qu?elle est peu relayée par les médias, alors que l'O.N.U. n'a reçu, début avril, que 20 % des 4,4 milliards de dollars nécessaires pour acheminer de l'aide à la Corne de l?Afrique touchée également par la famine, ce projet de délibération nous permet de rappeler le risque d'un nombre de morts massif en Afrique si le Gouvernement ne contribue pas davantage à l'aide humanitaire nécessaire dans cette partie du monde.

Comme il me reste un peu de temps, je voudrais rajouter qu'une autre partie de la Somalie - le Somaliland qui est au Nord de la Somalie officielle, n'étant pas reconnu par l'O.N.U. - est aussi victime de cette famine. Il serait bien qu?"Action contre la faim" puisse avoir une mission exploratoire, profitant de ce déplacement pour aller sur le Somaliland. J?espère que Patrick KLUGMAN relaiera ma demande sur le Somaliland qui est aussi concerné et à l'avantage de la Somalie, il est plus apolitique même s'il n'est pas reconnu par l'O.N.U. Je vous remercie de votre attention.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Je remercie évidemment Jérôme GLEIZES d'attirer notre attention sur ce projet de délibération et sur la situation qui sévit dans la Corne de l'Afrique et en Somalie plus particulièrement, avec toutes les infections qui découlent de la situation de sécheresse, le taux de malnutrition, les déplacements de populations, ceux que l'on appelle d'ailleurs les "réfugiés climatiques" car cela découle aussi de cela et avec les tensions et parfois les désastres humanitaires qui sont engendrés par ces phénomènes.

C?est dans ce cadre que nous soutenons l'intervention d'"Action contre la faim", à hauteur de 50.000 euros, pour prévoir l'approvisionnement en eau potable par camion-citerne, la réparation d'urgence des points d'eau existants et la distribution de kits d'hygiène et de sensibilisation des usagers. C'est une zone sur laquelle nous avons peu l'occasion d'intervenir. C'est pourquoi ce projet de délibération est important et c'est une occasion, par ailleurs, supplémentaire de soutenir "A.C.F." qui réalise un travail remarquable.

C?est pourquoi, après les propos de Jérôme GLEIZES, je vous invite à soutenir ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 26 - DPE.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DGRI 26 - DPE).