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Mai 2017
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Conseil Municipal
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roupe Ecologiste de Paris relatif à l'allaitement dans l'espace public parisien.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2017


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons au v?u référencé n° 65 relatif à l'allaitement dans l'espace public parisien.

La parole est à M. BOUTAULT, pour deux minutes.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, ce v?u entend revenir sur un incident qui s'est produit récemment au sein d'un commissariat du 2e arrondissement : une femme accompagnée de son mari, qui allaitait son bébé de deux mois s'est vu refuser par les fonctionnaires de police le fait de pouvoir nourrir son enfant au sein dans le commissariat. Cette interdiction a suscité beaucoup de réactions, notamment une pétition sur Internet qui, à ce jour, a recueilli 80.000 signatures. J'ajoute que la commissaire du 2e arrondissement a très bien réagi en rappelant à son équipe l'absence de licéité de cette interdiction : nourrir son enfant au sein dans un espace public est tout à fait légal.

Ce v?u vise à rappeler que le droit des femmes d'allaiter ou ne pas allaiter leur enfant est inaliénable. Autant une femme qui choisit de ne pas allaiter et nourrir son enfant au biberon ne doit pas être culpabilisée, autant celle qui choisit de le faire ne doit pas subir d'obstacles. Les écologistes pensaient que ce principe était partagé ; or, nous apercevons que ce n'est pas le cas, manifestement. Par ce v?u, le groupe Ecologiste de Paris souhaite donc rappeler ces principes et demander à l'ensemble de la collectivité parisienne de rappeler que le droit d'allaiter dans l'espace public est un droit pour toutes les femmes, renforcer cette communication, le dialogue et permettre des aménagements - cela a été dit dans le cadre d'un urbanisme plus pensé par les femmes - pour que les femmes qui souhaitent allaiter puissent le faire dans les meilleures conditions.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

Pour vous répondre, je vais d'abord donner la parole à Mme BIDARD et puis, à M. le Représentant du Préfet de police.

Mme Hélène BIDARD, adjointe. - Mesdames, Messieurs, chers collègues.

Cher Jacques BOUTAULT, je vous remercie vivement pour ce v?u qui me permet, au nom de l?Exécutif et au sein de cette Assemblée, de rappeler notre attachement aux droits des femmes et surtout à celui du libre-choix des femmes à disposer de leur corps et à leur façon d'être mères.

Ces dernières années, nous avons vu des avancées en matière d'égalité femmes/hommes, déterminantes, pour permettre aux femmes de choisir leur vie et notamment de partager davantage leurs responsabilités parentales avec les pères. Pourtant, certains pensent encore qu'il est possible de contrôler les femmes et encore plus lorsqu'elles sont mères.

Dans l'affaire citée dans ce v?u, les choses se sont rétablies. Le commissariat s'est excusé. Je suppose que le Préfet de police en parlera tout à l'heure.

Il ne faut pas se tromper de combat, il ne s'agit pas de défendre le choix de l'allaitement ou pas, chacune fait ce qu'elle veut - et j?insiste sur ce point -, mais il s'agit bien de permettre aux femmes d'accéder à tous les services, qui plus est aux services publics, quels que soient l'heure et le lieu, en étant avec son enfant ou pas et en ayant la possibilité de le nourrir s?il a faim, quel que soit le mode d?alimentation choisi.

En disant cela - je sais que vous partagez, Monsieur le Maire, cette idée - nous nous inscrivons complètement dans notre travail de construire la ville à égalité entre les femmes et les hommes. Cela implique d'avoir des messages symboliquement forts au moment de discriminations subies par les femmes, comme cela a été fait par vous-même, Jacques BOUTAULT, et par moi-même le jour de l'incident en question.

J'ai partagé, et je partage, la nécessité avec le groupe Ecologiste de Paris de ne pas laisser cette affaire sans suite. Nous devons continuer à travailler avec l'ensemble des partenaires pour favoriser l'accès au service public pour tous et toutes, et pour augmenter le seuil d'intolérance face aux discriminations de genre. C'est donc dans ce cadre que je donne un avis favorable à ce v?u et je vous remercie encore de pouvoir permettre au Conseil de Paris de s'exprimer fortement sur ce sujet.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Madame BIDARD.

Je vais donner la parole à M. le Représentant du Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Oui, Madame la Maire, merci.

Je ne souhaiterais pas qu'il y ait de malentendu sur cette malheureuse affaire au commissariat du 2e arrondissement. Il ne s'agit aucunement d'une position dogmatique ou autre d'un fonctionnaire de police. Je souhaite relativiser cet incident. Nous sommes attentifs au respect du droit des femmes d'allaiter ou de nourrir son enfant, etc. La seule chose, c'est que le fonctionnaire de police a cru utile, par rapport à cette dame qui voulait donner le sein à son enfant, d'inviter cette dame à rejoindre une pièce en dehors de l'espace public, avec la présence d'autres personnes dans la salle d'attente. Il y a eu un quiproquo. Voilà.

Donc, nous avons rappelé, bien évidemment, les consignes par rapport à ce sujet, mais aucune posture dogmatique. Je souhaite que cet événement ne soit pas amplifié de manière disproportionnée.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2017, V. 127).