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IV - Question d'actualité posée par le groupe Socialiste et Apparentés à Mme la Maire de Paris relative à la situation des salariés de l'enseigne "Tati" à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Eric LEJOINDRE pour la question d'actualité du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Comme vous le savez l'enseigne "Tati", dont le principal magasin est dans le 18e arrondissement, est aujourd'hui menacée. Propriété du groupe "Eram", elle est, comme d'autres d'ailleurs, frappée par une forme de crise. Saisi le 28 avril dernier par le groupe, le Tribunal de Bobigny a donné son feu vert le 3 mai dernier à la procédure de redressement judiciaire de l'enseigne qui conditionne sa cession à un repreneur. Dans les prochaines semaines, comme le prévoit la procédure, les administrateurs judiciaires désignés négocieront avec les repreneurs potentiels pour améliorer leurs offres et notamment en matière d'emploi.

Si j'interviens sur cette question, c'est que "Tati", c'est au fond une forme d'institution fondée en 1948 par Jules Ouaki. Installés dans le 18e arrondissement, les magasins "Tati" constituent un symbole dans ce quartier de Barbès, reflet d'un Paris commerçant et populaire auquel les habitants de Barbès, mais je crois, bien plus largement, les Parisiens, sont très attachés. C'est une véritable institution dans le 18e arrondissement, aussi bien pour les habitants que pour les salariés. C'est une enseigne, vichy rose et blanc, qui fait partie du paysage et qui est visible depuis la rue, mais aussi depuis la ligne 2 du métro aérien. C'est un grand magasin de près de 5.000 mètres carrés sur plusieurs étages, à la façon des Galeries Lafayette, mais avec aussi beaucoup de choix et des prix accessibles. "Tati", ce sont surtout des centaines d?emplois, dans le 18e arrondissement mais aussi dans d'autres implantations à Paris, et notamment dans le 12e arrondissement, et je connais l'engagement de Catherine BARATTI-ELBAZ dans ce dossier pour ce qui est du magasin de Reuilly.

Je veux profiter de cette intervention pour saluer l'esprit de grande responsabilité des salariés du groupe, qui ont été plongés dans une situation de très grande inquiétude et ont démontré leur professionnalisme et leur détermination à sauver leurs emplois.

Je veux d'ailleurs saluer l'engagement du Gouvernement sur ce dossier, qui a notamment obtenu que les délais soient allongés pour permettre que des offres de reprises sérieuses puissent être trouvées.

Compte tenu de tous ces éléments, il est important, je crois, que la Ville soit attentive à l'évolution de ce dossier. Je sais que vous l'êtes, notre Assemblée a d'ailleurs adopté un v?u en ce sens lors du dernier Conseil de Paris en mars dernier, demandant au Premier Ministre que cette opération soit menée dans les meilleures conditions et que tous les moyens nécessaires soient mis en ?uvre pour garantir la préservation des emplois de l'enseigne et des magasins.

Voilà pourquoi, Madame la Maire, je souhaiterais que vous puissiez nous indiquer de quelle manière la Ville compte accompagner, à son niveau, les salariés du groupe "Tati", lorsque les contours du plan de reprise seront connus.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire du 18e arrondissement.

La parole est à Mme Pauline VÉRON pour vous répondre.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, merci, Monsieur le Maire, cher Eric LEJOINDRE, pour cette question sur l'actualité sociale de notre ville. Nous avons la chance à Paris d'être dans un environnement économique très dynamique, où l'on parle plus souvent de l'émergence de nouveaux secteurs de pointe que de fermetures de sites industriels structurants, comme on peut le voir encore récemment à Amiens par exemple.

Mais cette réalité d'une économie parisienne dynamique, diversifiée et créatrice d'emplois ne doit pas nous faire perdre de vue que par ailleurs des secteurs de notre économie locale ont des difficultés, se recomposent, et que la conséquence ce sont des femmes et des hommes qui perdent leur travail et qu'il faut accompagner, sérieusement, humainement, pour que leur carrière professionnelle ne s'arrête pas à cette perte d'emploi.

On voit clairement que cette recomposition est à l'?uvre dans le secteur de l'habillement à bas coûts. Nous avons adopté un v?u en janvier concernant le groupe "Vivarte" et un autre le mois dernier au sujet des salariés du magasin "Tati" du boulevard Barbès, comme vous l'avez rappelé.

J'ai aussi reçu il y a quelques semaines les représentants des salariés de "Marks & Spencer", et nous pourrions évoquer la liquidation en avril de l'enseigne "Mim".

Au-delà de cette tendance de fond, les situations des entreprises concernées sont différentes. L'attrait de la marque au vichy rose est réel, comme vous l'avez très bien décrit, Monsieur le Maire, et comme les perspectives de reprise en attestent.

Je suis donc persuadée qu'il reste de la place pour des marques populaires et à petits prix comme "Tati" à Paris.

Concernant "Tati", la Maire de Paris a saisi le Premier Ministre suite au dernier Conseil de Paris. Ce dernier nous a répondu le 26 avril, les représentants du personnel et de la direction ont été reçus par la Ministre du Travail et de nombreuses réunions ont été organisées par le Gouvernement pour trouver un repreneur qui présente les meilleures garanties en termes d'emploi.

Sept repreneurs ont déposé des offres. Cela démontre l'intérêt que suscite l'enseigne "Tati" malgré les difficultés du secteur de l'habillement que j'évoquais précédemment. A ce stade, les perspectives fixées permettent d'espérer la reprise d'une grande majorité des boutiques et des salariés, mais la plus grande prudence et confidentialité s'imposent tant que rien n'est définitivement abouti.

Je vous rappellerai le calendrier dans lequel nous nous trouvons, le Tribunal de commerce de Bobigny a donné son accord jeudi 4 mai à la procédure de redressement judiciaire qui conditionne la cession du groupe.

Vendredi 12 mai, ce vendredi, trois comités d'entreprise extraordinaires sont prévus pour présenter aux salariés les offres de cession.

Dans les prochaines semaines, les administrateurs judiciaires désignés négocieront avec les repreneurs potentiels afin d'améliorer les offres, notamment en termes d'emploi.

Enfin, la décision du Tribunal sur la désignation du repreneur est attendue le 29 mai.

Vous m'interrogez, Monsieur le Maire, sur la mobilisation de la Ville dans les prochaines semaines. Après la mobilisation du précédent Gouvernement sur ce dossier, il nous appartient de nous assurer d'une mobilisation toute aussi forte de la part du nouveau Gouvernement dans les semaines qui viennent. La D.I.R.E.C.C.T.E Ile-de-France connaît notre vigilance sur le sujet.

Notre préoccupation première est bien entendue la situation des femmes et des hommes, surtout des femmes d'ailleurs, qui sont concernés par cette cession. 200 salariés du magasin de Barbès, et 1.720 personnes en France. Je tiens à saluer leur courage dans cette période si anxiogène et leur sens des responsabilités dans cette phase d'intenses négociations. S'ils le souhaitent, je les recevrai naturellement avec vous, Monsieur le Maire, et les élus qui le souhaitent pour faire entendre leurs voix.

Dans l'éventualité, ce que je n'envisage pas à ce stade, où la totalité des salariés ne seraient pas repris, ils peuvent en tout cas compter sur la mobilisation des services de la Ville pour les accompagner à travers nos programmes de formation, de "coaching", de rencontres avec des recruteurs pour retrouver le plus rapidement possible un emploi à la hauteur de leurs compétences. Voilà, Monsieur le Maire, les éléments que je pouvais vous apporter sur cette question qui nous préoccupe tous beaucoup.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Pauline VÉRON.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Un mot pour remercier Pauline VÉRON pour la précision de ce point qui fait la démonstration que ce dossier est particulièrement bien suivi, et je veux la remercier comme je remercie l'ensemble de vos équipes, Madame la Maire. Je suis bien sûr disponible aussi pour poursuivre ce travail.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.