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III - Question d'actualité posée par le groupe UDI-MODEM à Mme la Maire de Paris relative à l'affichage sauvage en période électorale.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Alors, nous avons maintenant une question d'actualité posée par le groupe UDI-MODEM.

La parole est à Mme Edith GALLOIS.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Madame la Maire.

La campagne présidentielle vient de s'achever. Cela laisse des traces, y compris dans nos rues de Paris. Encore quelques milliers d'affiches sont là, qui nous rappellent cet événement : abords du périphérique, panneaux de chantiers, armoires électriques, mobilier urbain, boîte aux lettres, vitrines, marquage au sol. Il n?y a pas un seul espace libre qui n'ait été envahi par un affichage électoral sauvage, aussi pléthorique qu'illégal. Même les arbres s'en souviendront, je crois. Et ceci, en toute impunité, malgré vos déclarations, Madame la Maire, du mois de mars dernier, quand, à l'occasion de votre communication "Objectif Paris propre", vous annonciez ne plus vouloir tolérer que le bien commun soit détourné par des affichages. Mais il est vrai que ça n'était qu'une communication.

Comme aux élections présidentielles succèdent les législatives et que l'on va passer de 11, puis 2 candidats, à environ 200 candidats - on peut estimer à 200 pour les 18 circonscriptions parisiennes - il va sans dire que l'affichage sauvage va battre probablement son plein et ce sera peut-être "no limit".

Ce matin même, on ne peut être plus dans l'actualité : 300 affiches environ ont été placardées à proximité des grandes institutions françaises. Les auteurs ont même revendiqué leur action auprès de l'A.F.P. pour créer de la publicité autour des candidats qui vont se présenter demain. C'est dire qu'ils ne se sont pas sentis en crainte d'être sanctionnés. Face à ce phénomène, la tolérance républicaine ne doit pas devenir une complaisance républicaine. Certaines villes ont décidé d'agir. Je prendrai l'exemple de la métropole de Toulouse qui applique le principe de pollueur payeur. Une note d'à peu près 15.000 euros a été envoyée aux différents partis politiques. Il ne s'agit sûrement pas d'une solution miracle, mais, au moins, d'une tentative louable d'enrayer cette fuite en avant et vers toujours plus d'affiches.

A l'Hôtel de Ville de Paris, on évoque un certain respect pour la vitalité démocratique ou bien encore une sorte de tolérance durant la campagne, car il y a un aspect ponctuel. Nous comprenons tout à fait cette tolérance parce que, qui, ici, n'a jamais collé une affiche ? En effet, cela fait partie du parcours du bon combattant. Cela fait partie du parcours du bon militant. Donc, effectivement, cela fait aussi partie du folklore de la campagne électorale. Mais il nous paraît qu'il y a une espèce de frénésie qui va vers une espèce de course en avant de toujours plus d'affiches, et qu?on va vers une professionnalisation du collage sauvage d'affiches. En gros, le message qui passe, c?est celui-ci : "Faites-moi confiance. Vous voyez, c'est moi qui colle le plus, donc c'est moi qui suis le plus crédible, c?est moi qui suis le plus soutenu, c?est moi qui ai le plus d'équipes derrière moi, c?est moi qui ai le plus de moyens, donc c'est moi qui suis le plus à même de réussir !".

Je crois, et je vous propose ici, à nous tous qui sommes, encore une fois, tous des élus, avant tout des militants, qui avons tous fait des campagnes, qu'on essaie d'endiguer ce mouvement vers toujours plus d'affichage sauvage. Pourquoi n?essaierait-on pas de prendre des dispositions pour freiner ce mouvement ? Endiguer cette course en avant ? Et instaurer des mentalités différentes, à savoir que celui qui colle plus, qui salit le plus, c?est celui qui pollue le plus.

C'est ce que je voulais vous proposer, Madame la Maire, et vous demande quelles sont, dans ce sens, les dispositions que vous vous disposeriez à prendre pour qu?on arrive à un Paris plus propre. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je vais donner la parole à M. Mao PENINOU.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Je suis toujours frappé, Madame GALLOIS, par l'aspect pessimiste ou négatif de vos interventions sur ce type de sujet. Alors, certes, je ne fais plus, maintenant, partie des plus jeunes de ce Conseil, mais franchement, moi, j'ai des souvenirs de campagne dans les années 1980 et 1990. J'ai croisé, d'ailleurs, un certain nombre de colleurs dans ces années-là d'à peu près tous les partis de cette Assemblée et tous les groupes de cette Assemblée, où l'affichage sauvage en période électorale était beaucoup plus massif qu'il ne l'est aujourd'hui. On observe d'ailleurs - c'est assez régulier depuis maintenant une quinzaine d'années - un recul régulier de cet affichage sauvage, ce dont on peut, en effet, se féliciter, en tout cas dont moi je me félicite.

Le c?ur de l'action de la Ville de Paris contre l'affichage sauvage, on va être très clair entre nous, il n'est en effet pas concentré sur les questions des campagnes électorales, il n?est pas plus concentré sur l'affichage associatif, il n'est pas plus concentré sur les initiatives ou les petites initiatives culturelles qui peuvent exister dans les quartiers ou, plus largement, qui est, on peut le regretter une forme d'affichage un peu traditionnel de ceux, tout simplement, qui n'ont pas droit ou qui n?ont pas le pouvoir financier de pouvoir accéder à l'affichage commercial classique. Non, le c?ur de l'action de la Ville de Paris sur la question de l'affichage sauvage, c'est bien sur les marques commerciales qui, elles, ont tout à fait accès à l'affichage commercial classique, mais préfèrent, par effet de mode pour certains, pour gagner de l'argent ou faire des économies pour d'autres, envahir nos murs avec leur marque. Et c'est bien ça que nous combattons.

Je vous confirme, Madame GALLOIS, qu'en effet, en période électorale, et ça n'est pas nouveau, c'est une tradition à la Ville de Paris depuis maintenant de longues années, y compris sous les précédentes majorités, comme c'est d'ailleurs une tradition dans la quasi-totalité des grandes villes de France - vous avez cité Toulouse qui a pris une direction nouvelle cette année ; je ne sais pas s'ils la garderont - mais une tolérance en période de campagne électorale parce que ça fait partie, en effet, de la vitalité démocratique, parce que ça permet à certains qui n'ont pas accès à des émissions de télévision ou à d'autres formes de communication politique, de pouvoir exister, de la même manière que nous n'interdisons pas - c'est même fort heureusement protégé par la loi - les distributions de tracts dans les rues de Paris qui, pourtant, elles aussi, peuvent, à certains moments, contribuer à la saleté ou à un sentiment de saleté dans notre ville.

Donc nous garderons cette orientation-là. Bien sûr, nous appelons, et je l'avais fait, d'ailleurs ici même, et je l'avais fait auprès de la presse au début de cette campagne électorale, nous appelons l'ensemble des formations politiques à la modération, au respect du mobilier urbain notamment, au respect des façades privées ou publiques aussi, mais laissez la vitalité démocratique s'exprimer. Les murs peuvent aussi avoir la parole.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Mao PENINOU.

Madame GALLOIS ?

Mme Edith GALLOIS. - Je n'ai pas remarqué que j'étais pessimiste. Je pense être simplement réaliste. J'ai d'ailleurs proposé que l'on trouve une solution ensemble, sachant effectivement qu'il y avait une tolérance et la respectant tout à fait, rappelant d'ailleurs que nous avons tous été des militants avant d'être des élus. Je trouve que votre mot de pessimiste est décidément déplacé? Je vous rappelle que, c?est vous-même qui aviez dit que Paris n'était pas sale, mais salie. Il faut être réaliste. Je vous rappelle que c'est malgré tout illégal et qu?on peut éviter qu'il y ait une frénésie vers toujours plus de collage. Vous dites qu'il y en a moins. Moi, j'ai quand même l'impression que là, on a atteint des sommets. Je n'ai pas de souvenir très précis de ce qui se passait avant, mais je crois quand même qu'il est de notre responsabilité de donner le message suivant : coller, c'est quand même polluer.

Vous parlez de la vitalité des murs. Moi, je préfère, à ce moment-là, d'autres initiatives, telles qu'elles sont prises, d'ailleurs très bien, par mon maire du 13e arrondissement, dont je suis pourtant une opposante. Mais ce collage effréné n'est pas forcément un signe de bonne vitalité démocratique. Je ne suis pas certaine de cela. En tout cas, je crois qu'il serait bien et que cela irait dans le bon sens si on essayait de le limiter au maximum.

Vous le voyez, c'était juste une question très modérée et pas du tout pessimiste. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame GALLOIS.