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Mai 2017
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II - Question d'actualité posée par le groupe les Républicains à Mme la Maire de Paris relative à la politique générale de la Ville - bilan à mi-mandat.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La question d'actualité suivante est celle du groupe les Républicains.

La parole est à Mme ONGHENA.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Madame le Maire, mes chers collègues, il y a un petit mois de cela, vous souffliez les bougies de vos trois ans de mandat. Alors, bon anniversaire Madame le Maire. C?est un moment charnière, s?il en est, puisqu?il ouvre le temps du bilan, un bilan qui est un outil indispensable et qui permet de tirer des leçons des actions passées et d?agir demain pour que Paris avance enfin.

Alors, pour éviter aux Parisiens de s?emmêler dans vos réalisations, vos effets d?annonces médiatiques et vos absences de réactions, nous avons estimé de notre devoir de réaliser à mi-mandat ce bilan. Et, pardonnez-moi, Madame le Maire, ce bilan est à ce stade un peu décevant.

Vous aviez promis que Paris serait une ville propre. Pourtant, les voiries sont toujours cabossées, les encombrants pullulent au coin des rues. Vous avez attendu fin février 2016 pour lancer enfin un plan d?action concernant la propreté. Deux mois après, alors que vous aviez déjà pris deux ans de réflexion, vous avez estimé que vos préconisations n?étaient pas suffisantes. C?est pour cela que le groupe les Républicains a pris ses responsabilités et vous a demandé de lancer une mission d?information, une M.I.E., pour proposer un "choc de propreté".

Vous aviez promis que Paris serait une ville aérée, une ville apaisée. Pourtant, notre capitale a subi en décembre dernier le pire pic de pollution hivernale depuis dix ans, selon l?agence Airparif. Pour seule réponse, vous avez pointé du doigt les automobilistes, attribuant donc une cause unique à des conséquences aux responsabilités multiples. Et, sans concertation, vous avez choisi de clore la voie Georges Pompidou, privant les Parisiennes et les Parisiens et les habitants de la Région Ile-de-France d?un des axes les plus rapides pour traverser Paris. Les bouchons augmentent, la pollution augmente et Paris n?est rien de plus qu?une ville stressée, avec toutes les conséquences sur la santé que cela implique.

Vous aviez également promis qu?à Paris, les taxes n?augmenteraient pas. Pourtant, en trois ans de mandat, vous avez augmenté le montant du stationnement en zone centrale, celui des actes d?achats fonciers et la taxe de séjour. De même, ayant promis de ne pas toucher aux impôts locaux, vous avez augmenté la taxe sur les terrasses.

Vous aviez promis également une ville où l?on se sentirait en sécurité, et la réforme du statut de Paris aurait pu vous en donner l?occasion. Elle aurait permis de doter Paris enfin d?une police municipale armée et chargée des infractions de masse. Mais non, la ville n?était pas prête à prendre ses responsabilités. De même, la vidéo-protection n?est pas suffisamment développée à Paris, au regard des autres villes de France. En toute logique, et c?est bien normal, les violences envers les personnes augmentent. On constate plus 3,5 % de faits entre 2015 et 2016.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir terminer votre compte rendu de mandat. Là, c?est trois minutes dans le règlement.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Je termine.

Je conclus et je vous pose ma question : triste déception pour les Parisiennes et les Parisiens, je pense surtout à celles et à ceux qui habitent dans les quartiers populaires et qui ont besoin de l?action publique.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - J?aime bien qu?on respecte les règles, et notamment les temps de parole. Là, vous êtes déjà très au-delà.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Oui, je comprends que je vous embête, en même temps.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, pas du tout. Je ne me lasse pas !

Mme Anne-Constance ONGHENA. - J?imagine bien !

Donc la question que je vous pose, chère Madame le Maire, c?est : qu?allez-vous mettre en ?uvre concrètement pour tenir enfin les promesses que vous avez faites aux Parisiens il y a trois ans ? Et je vous invite à aller consulter le site Internet rispa.fr, qui reprendra ce que je n?ai pas pu dire à l?instant.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien.

La parole est à M. Bruno JULLIARD, pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Madame la Maire, et merci, chère Anne-Constance ONGHENA, de me donner l?occasion de valoriser notre bilan de mi-mandature. Le temps qui m?est imparti ne me permettra évidemment pas de rentrer dans le détail des mesures engagées, tant les réalisations de ces trois dernières années sont nombreuses, mais je ne résiste cependant pas au plaisir d?évoquer ici quelques-uns des grands axes de notre feuille de route qui, faut-il le rappeler, ont largement recueilli l?adhésion des Parisiennes et des Parisiens lors des dernières élections municipales.

Nous nous sommes ainsi engagés à créer de nouveaux logements sociaux pour atteindre le taux de 25 % du parc immobilier d?ici 2025. Cela nécessite un rythme de 7.000 nouveaux logements sociaux tous les ans, et malgré l?opposition regrettable de certains maires d?arrondissement de droite, nous tenons ce cap. Nous avons même pris un peu d?avance, puisqu?à la fin de l?année dernière, nous en étions très exactement à 22.057 nouveaux logements sociaux. Promesse tenue, donc.

Nous avons fait de la lutte contre l?exclusion sociale la grande cause de la mandature. Trois ans plus tard, 80 % des mesures du pacte parisien de lutte contre l?exclusion sont déjà mis en ?uvre, de la généralisation de la C.M.U. complémentaire pour les bénéficiaires du R.S.A. à l?ouverture de 1.700 places d?hébergement d?urgence, ou encore d?un deuxième Espace solidarité insertion pour les familles. Là encore, promesse tenue.

Nous nous sommes engagés auprès des familles parisiennes à développer nos services publics pour mieux les accompagner au quotidien. Depuis 2014, 1.800 places en crèches ont ainsi été ouvertes, et nous poursuivrons cet effort pour atteindre les 5.000 places en crèches ouvertes d?ici la fin de la mandature. Encore une fois, promesse tenue.

Je pourrais citer bien d?autres exemples, comme le Plan climat et la lutte contre la pollution, le Plan vélo, la reconquête des rives de Seine avec l?ouverture, il y a juste un mois, d?un parc de 8 hectares dont chaque Parisien peut désormais profiter en lieu et place de l?autoroute urbaine que vous défendiez encore dans votre intervention il y a quelques instants ; tout cela, sans augmentation des impôts, comme nous nous y étions engagés. Là encore, promesse tenue.

Ces mesures, nous les devons aux Parisiennes et aux Parisiens, car elles correspondent au mandat qu?ils nous ont donné.

Je voudrais dire un mot sur notre majorité municipale. Cela m?apparaît pertinent aujourd?hui. Nous avons une majorité qui est rassemblée, résolument, fièrement de gauche, qui va bien au-delà d?un catalogue de réalisations, quelle qu?en soit la satisfaction que nous en tirons. Nous sommes unis par une volonté commune, une aspiration exprimée à plusieurs reprises par les Parisiens et à laquelle nous voulons répondre : l?aspiration à vivre dans une ville qui ne choisit pas entre le développement économique et la protection des plus fragiles, mais qui fait les deux ; l?aspiration à s?exprimer librement, à être entendu, à participer activement à la vie collective ; l?aspiration à bénéficier à la fois d?une politique de proximité au plus près des besoins de chacun, tout en restant ouvert sur le monde. Cet esprit parisien qui nous a porté aux responsabilités et qui définit si bien ce que nous sommes, c?est celui qui a rejeté massivement le Front national sans ambages lors des derniers scrutins, faisant de Paris la ville de France qui a le moins voté pour le Front national.

C?est ce même esprit qui guide notre majorité lorsqu?elle doit réagir à des situations de tension inédites, comme celle liée à l?arrivée des réfugiés ou des exilés dans notre ville il y a un peu plus d?un an. Ensemble, nous avons su mobiliser les Parisiens ; ensemble, nous avons engagé l?ouverture de deux centres pour l?accueil des réfugiés.

Pour conclure, j?ai constaté à quel point vous ne vous passiez pas de mots quand il s?agit de mettre en doute ce lien qui s?est tissé entre notre majorité municipale, notre Exécutif, la Maire de Paris et les Parisiens. Je remarque cependant que vous ne mettez pas la même énergie et la même verve à leur proposer un projet alternatif, ne serait-ce même que quelques pistes, et je vous demande à mon tour : qu?a fait l?opposition de droite durant ces trois dernières années ? Elle s?est contentée de se prononcer contre la majorité, contre les piétonisations, contre le budget participatif, contre les logements sociaux dans les arrondissements qui en sont le moins pourvus, contre le centre d?accueil pour les réfugiés.

Alors, je peux vous le dire très sereinement, très tranquillement : nous sommes fiers de ce bilan, nous sommes fiers de cette majorité, de toute cette majorité, de toutes ses composantes, fiers du travail accompli, fiers du chemin parcouru et on ne peut plus confiants quant à notre capacité à poursuivre cette voie encore de nombreuses années.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Bruno JULLIARD.

Je ne peux que confirmer cette fierté d?avoir une équipe mobilisée au service des Parisiens. C?est ce qui nous motive, avec des valeurs, avec des convictions, avec une envie d?agir. Merci de nous avoir donné l?occasion d?en parler.

Vous voulez reprendre la parole ? Allez-y.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Je vous remercie, puisque je crois que j?ai deux minutes pour vous répondre.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ah non, non, non.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Juste un petit élément?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?était un cri du c?ur, pardon !

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Oui, je vous dérange, je le sais très bien. Je voulais juste répondre. Je trouve ça très drôle que vous fassiez un lien avec les élections présidentielles, et évidemment, cela me fait extrêmement plaisir de vous rappeler que vous vivez peut-être dans le monde heureux de la gauche de cet hémicycle, mais il me semble que sur le terrain, ce n?est pas tout à fait? Le lien entre les Parisiens et votre majorité n?est pas aussi fort.

Juste pour vous rappeler que dans ma circonscription, vous avez fait 7.200 voix, vous êtes arrivés en 4e position, donc je ne crois pas que le lien entre la gauche et les Parisiens soit aussi resserré que ce que vous voulez bien dire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien.