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Juin 2017
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Conseil Municipal
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2017 DJS 175 - DASES Subvention (10.000 euros) à l’association "Ensemble 2 générations Ile-de-France" pour ses actions en faveur de la cohabitation intergénérationnelle.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous reprenons donc la séance ce matin par le Schéma parisien pour les seniors 2017-2021. Il s?agit du projet de délibération DASES 248 G, auquel nous allons ajouter 7 dossiers. La conférence d?organisation a convenu d?un débat organisé sur ce thème et le débat, comme toujours, inclura les temps de parole définis et la présentation d'un v?u. Je vais donc débuter ce débat par une intervention.

Mes chers collègues, Paris compte aujourd'hui 470.000 personnes âgées de plus de 60 ans, soit un cinquième de notre population. En 2040, elles représenteront le quart des Parisiens. Paris doit demeurer une ville bienveillante où chacun peut s'épanouir librement et ce, à tout âge. C'est pourquoi nous devons répondre aux enjeux majeurs liés à l'avancée en âge de notre population et proposer des réponses adaptées à la diversité des profils des Parisiens concernés.

Je veux remercier Dominique VERSINI, toute son équipe, les services de la Ville, les maires d'arrondissement - j'y reviendrai -, les personnes qui ont participé à cette réflexion, tirées au sort, pour éclairer la position de la Ville. Je veux la remercier de nous permettre de changer aussi de regard sur cette question.

Nous avons eu trop l'habitude d'envisager la question des seniors uniquement à travers la question de la dépendance. La question de la dépendance est une question réelle et nous la traitons. D'ailleurs, nous verrons combien nous sommes bien placés sur ce sujet-là en termes notamment de structures et de moyens alloués. Mais la question des seniors, ce sont ces femmes et ces hommes, qui ont envie de rester actifs au c?ur de la cité et d'apporter leur temps, leur énergie, leur expérience, leur bonne volonté à notre vie commune.

Je remercie donc Dominique VERSINI d'avoir enfin permis de changer le regard sur ce sujet qui est un sujet que nous devons prendre de façon positive, optimiste et constructive.

Il nous faut d?une part répondre aux attentes et aux besoins de tous les seniors pour que ceux-ci puissent conserver leur place et leur rôle citoyen au sein de notre ville et d'autre part prévenir, accompagner la survenance des fragilités, qu'elles soient liées à la précarité, à la perte d'autonomie ou aux situations de dépendance. C'est le double objectif de ce schéma que nous soumettons aujourd'hui.

Ce nouveau schéma se fonde sur un travail partenarial, pluridisciplinaire et participatif. Dans le cadre de la démarche "Villes amies des aînés" de l'Organisation mondiale de la santé à laquelle nous avons souhaité adhérer, une conférence citoyenne a donné l'opportunité aux seniors d'exprimer directement leurs attentes et de partager leur vision du vieillissement. Le schéma se nourrit également des travaux du "Silver Think Tank", un laboratoire d'idées inédit mobilisant des experts, des professionnels de divers domaines afin de penser le bien-vieillir à Paris.

Cette concertation a en outre été élargie à l?ensemble des acteurs institutionnels et associatif intervenant auprès des seniors parisiens. Je tiens à les remercier pour leur mobilisation remarquable. Dans un moment, une quinzaine d'entre eux participeront dans les tribunes à nos travaux et je veux remercier les Parisiens qui se sont vivement engagés dans cette co-construction.

Le schéma 2013-2017 s'achève. Il a permis de renforcer l'offre d'hébergement et d'accueil avec la création de plus de 1.900 places d'E.H.P.A.D. et de 100 places en centres d'accueil de jour. Le Centre d'action sociale de la Ville de Paris a d'ailleurs poursuivi son action en faveur du développement de l'offre culturelle et de loisirs pour les seniors et a permis le renforcement de la qualité de la vie à domicile.

Avec le schéma 2017-2021, nous prenons de nouveaux engagements forts qui correspondent aux défis plus larges que nous avons identifiés.

Nous devons en premier lieu faire en sorte de changer le regard porté sur le vieillissement. Les représentations doivent évoluer et les discriminations doivent reculer. Nous développerons une communication positive pour valoriser la place des seniors dans la ville. Par exemple, une Journée des âges sera organisée chaque année dans ce cadre. Nous continuerons à encourager l'engagement associatif des seniors et leur participation active à la vie de la cité en améliorant la connaissance et l?offre associative et en renforçant aussi l'utilisation de plateformes en ligne existantes.

Nous promouvrons la carte citoyenne au sein des résidences seniors et favoriserons l'émergence de projets et le vote pour le budget participatif, comme nous l'avons d'ailleurs fait pour les enfants, avec le budget spécifique pour les écoles, ou encore le budget participatif dans les quartiers populaires. Nous savons que ces démarches ciblées sont des démarches extrêmement fécondes. Nous allons donc aussi la développer avec les seniors.

Nous développerons également les conseils des seniors dans les arrondissements et nous travaillerons à la mise en place d'un service civique senior, marqueur fort de la reconnaissance de la Ville aux seniors engagés. Développer les liens entre les générations est une priorité et un souhait formulé. Nous favoriserons donc la transmission des savoirs et des savoir-faire, en soutenant notamment le recours au bénévolat de compétence et au parrainage professionnel, par exemple pour accompagner les jeunes Parisiens vers l'emploi.

Nous renforcerons les partenariats entre les établissements d'accueil de la petite enfance, les écoles, les centres de loisirs et les établissements accueillant des seniors. C'est déjà quelque chose qui se fait. J'ai eu l'occasion avec Dominique VERSINI et la maire du 14e arrondissement d'aller dans une crèche qui travaille directement avec les personnes qui sont domiciliées dans un E.H.P.A.D. à proximité et c'est extrêmement encourageant pour les petits, les grands et pour les familles concernées.

Pour garantir l'accès de tous aux aides et aux services d'accompagnement existants, nous améliorerons la qualité et la lisibilité de l'information. Nous déploierons notamment des guichets uniques d'information et d'appui pour les personnes en perte d'autonomie et pour leurs proches, avec la création de 6 maisons des aidés et des aidants. Le soutien aux aidants est un enjeu essentiel, je l'avais inscrit au c?ur de ma campagne des municipales en 2014. Les aidants sont des acteurs indispensables de la solidarité. Sans eux, nous ne pourrions pas assurer, justement, cette solidarité pleinement, même avec des moyens conséquents développés par le service public auprès des Parisiens. Nous devons reconnaître et soutenir les aidants qui souvent sont en difficulté, en souffrance, devant conjuguer plusieurs vies en une et ils ont besoin de notre aide, ce que nous allons leur apporter comme je m'y étais engagée.

Nous savons à la Ville combien leur tâche peut être difficile et nous devons donc leur être attentifs. Nous promouvrons ainsi, aussi, le droit au répit des aidants en développant des dispositifs d'information et de soutien permettant de les soulager au cours de leurs semaines et de leurs journées qui sont souvent extrêmement éprouvantes.

Nous améliorerons par ailleurs l'accès et le maintien dans le logement et nous développerons de nouvelles formes d'habitat partagé ou de colocation intergénérationnelle. Nous savons qu'il y a une attente, une envie. Les expériences qui existent d'ores et déjà de seniors accueillants des jeunes dans leur appartement, que ce soient des étudiants ou des jeunes travailleurs, sont des expériences extrêmement réussies qui tissent des liens, qui permettent aux uns et aux autres de rester à la fois actifs et extrêmement connectés.

Nous allons aussi créer un viager municipal qui pourrait également être mis en place pour améliorer la situation financière de seniors propriétaires de leur logement mais disposant de faibles revenus. Il ne s'agit pas, comme j'ai pu le lire dans la presse, de préempter ou de déposséder mais bel et bien d'accompagner ces personnes qui nous le demandent. D'ailleurs, je tiens à le dire, la plupart de ces propositions qui peuvent paraître extrêmement originales et qui le sont, viennent des seniors eux-mêmes que nous avons consultés pour réaliser ces propositions.

Pour rendre l'espace public plus accessible et plus accueillant, nous poursuivrons la mise en ?uvre des Agendas d'accessibilité programmée. Pour améliorer la mobilité, nous expérimenterons des modes de transport alternatifs comme des voitures électriques adaptées aux personnes à mobilité réduite. Cela manque aujourd'hui dans notre espace public et nous allons faire en sorte que cette offre puisse être proposée.

Les personnes accueillies en établissement verront, elles aussi, leur qualité de vie s'améliorer.

Nous animerons dans les E.H.P.A.D. et les résidences autonomie, une réflexion continue sur la qualité de vie en établissement, la bien-traitance? Alors là, ce n'est pas le "Think Tank" des seniors, c'est une classe, mais je pense qu'ils ont beaucoup de choses à dire aussi sur les seniors, c'est une classe du 8e arrondissement, c'est l'école Surène dans le 8e arrondissement, une classe de CM2, je veux saluer Mmes Corine BARLIS, Monique LOVICHI, Monial MOULIN, Isabelle GAGNAIRE et Natalina GOMES TEIXEIRA, d'être là avec ces enfants.

Bienvenue, nous parlons de vos grands-parents, vous pourrez leur raconter en rentrant à la maison.

Les personnes accueillies en établissement verront, elles, leur qualité de vie s'améliorer. Nous animerons dans les E.H.P.A.D. et les résidences autonomie une réflexion continue sur la qualité de vie en établissement, la bien-traitance, les droits et la participation des usagers.

Nous inscrirons les établissements comme des lieux ouverts sur leur environnement, en développant des partenariats avec les acteurs associatifs et culturels locaux, ainsi que les écoles et les crèches.

Nous encouragerons aussi le développement d'innovations liées aux besoins des seniors et de leurs proches, en lien avec ce que l'on peut appeler la "Silver Valley" et les incubateurs de "start-up" parisiens. On pourrait appeler cela la vallée argentée, cela ne me gênerait pas du tout.

La prévention demeurera une priorité absolue, dans le but d'éviter et de retarder la perte d'autonomie.

Nous prévoyons de développer une offre sportive, accessible à tous, notamment dans le cadre du plan J.O. 2024, comme par exemple la pratique de la randonnée en ville et les courses d'orientation.

Nous soutiendrons également les initiatives liées à la nutrition et aux parcours de santé adaptés à tous, avec là notamment, je l'espère, le projet Paris 2024.

Là je peux saluer les membres de ce "Silver Think Tank" qui arrivent, et je veux vous remercier, Mesdames et Messieurs pour la participation qui a été la vôtre dans l'élaboration de ce travail que nous présentons ce matin.

Merci de vos contributions.

Et là, c'est l'équipe de la DASES que je veux remercier aussi, qui a suivi ce travail, cela s'est fait en coopération, et c'est comme cela que travaillent les élus, c'est ce que l'on appelle la nouvelle façon de faire de la politique, qui ne m'a pas l'air si nouvelle que cela, mais qui en tous les cas passe par l'intérêt que nous portons à ceux qui vivent des situations et qui sont les meilleurs experts de ces situations.

Ils peuvent donc nous apporter aussi les solutions que nous, les élus, ici, parce que nous ne refusons pas et ne renonçons absolument pas à notre rôle, qui est de les traduire en décisions politiques, nous avons une obligation pour celles et ceux qui vont les mettre en ?uvre, et aussi en décisions budgétaires, parce que si l'on ne traduit pas toutes ces discussions en budgets et en règles nous permettant d'appliquer ces propositions, finalement cela ne servira à rien.

Chacun est dans son rôle et je veux remercier aussi l'administration d'être dans ce très beau rôle qu'elle assume au quotidien, notamment au sein du C.A.S.-V.P.

Je parlais des Jeux 2024 et du projet que nous allons pouvoir porter, j'y tiens tout particulièrement parce que si nous gagnons les jeux et nous le saurons en septembre prochain, et j'espère que nous allons les gagner et nous sommes bien partis pour le faire, nous ne lâchons rien, je sais que nous pourrons porter ensemble des projets avec un moteur extraordinaire que sera la préparation des Jeux olympiques d'ici à dans 7 ans.

Nous aurons 7 ans pour travailler et vraiment accélérer les transformations, et je pense que notamment sur la question des seniors et sur la question du vieillissement, le sport, la pratique sportive, permet de retarder le vieillissement. Et nous allons vraiment faire en sorte que, grâce à ce moteur que seront les jeux et à l'organisation de la Ville, nous le faisons déjà en mettant dans l'espace public...

D'ailleurs, beaucoup de projets ont été votés dans le cadre du budget participatif, je pense au bord du canal Saint-Martin, des éléments pour pouvoir faire du sport en plein air, qui sont adaptés notamment aux seniors, tous ces éléments vont nous permettre non seulement d'inscrire nos seniors dans le c?ur de notre ville, mais aussi de retarder ensemble le vieillissement en donnant toute sa place à la pratique sportive, aux parcours de santé, mais aussi à des initiatives, notamment, nous le savons, la nutrition est un élément essentiel dans le bien vieillir, dans le bien grandir et le bien vieillir. Et donc, la nutrition sera aussi un élément sur lequel nous allons poursuivre notre travail.

Pour répondre aux situations de précarité, parce qu'elles existent et qu'il y a une fragilité aussi qui peut être liée à des fragilités économiques, des fragilités sociales, des fragilités liées à l'isolement, nous devons bien sûr lutter collectivement contre cela et développer des lieux d'accueil qui soient aussi adaptés aux personnes précaires, aux personnes sans domicile fixe vieillissantes comme en situation de grande précarité. Par exemple, des pensions de famille ou encore, j'y reviens, des E.H.P.A.D. qui sont ouverts notamment pour ces personnes en grande précarité.

Lorsque nous avons inauguré l'E.H.P.A.D. du 14e, il y a déjà quelques mois, nous avons vu des personnes qui, pour un certain nombre d'entre elles, avaient connu la rue, et qui pouvaient enfin se reposer dans un cadre bienveillant et adapté à leur situation.

Donc, bien sûr, nous allons poursuivre cela.

Nous améliorerons bien sûr les transitions, c'est très important, entre les centres d'hébergement, les foyers et les résidences pour personnes âgées.

Nous développerons les programmes spécifiques d'actions pour favoriser aussi l'accès au droit et la prévention en direction des publics précaires ou ayant eu des parcours de vie spécifique.

Nous pensons bien sûr aussi aux migrants âgés, il y a eu beaucoup de mobilisations et nous les poursuivons, notamment auprès des chibanis, mais il y a aussi beaucoup d'autres catégories de migrants âgés, auprès desquelles nous devons travailler.

Nous structurerons enfin, un repérage de proximité des situations d'isolement en lien avec tous les acteurs locaux.

Vous le voyez, mes chers collègues, le schéma que nous soumettons aujourd'hui adopte une approche fondamentalement nouvelle et universelle. Il contribuera à améliorer la vie de tous les seniors parisiens en protégeant bien sûr particulièrement les plus vulnérables d'entre eux comme ceux qui connaissent les pertes d'autonomie, l'isolement ou la précarité, mais aussi en valorisant et en renforçant la participation pleine et entière des seniors à la vie de la cité.

Je le sais, les seniors ont envie de participer, de donner leur expérience, leur énergie, leur bienveillance, leur savoir-faire, nous avons besoin d'eux ! Nous avons vraiment besoin d'eux. Souvent, d'ailleurs, je l'ai dit en introduction avant que vous n'arriviez, c'est un prolongement du service public. Le rôle que vous jouez dans le soutien scolaire, dans l'accompagnement des enfants, dans la vie associative parisienne qui est une vie qui a une vitalité extraordinaire, les seniors sont au premier plan, et ce rôle, je veux non seulement qu'on le reconnaisse, qu'on l'identifie, mais aussi qu'on l'amplifie, nous avons besoin de vous !

Dans une société qui est fracturée, dans une société qui peut être traversée par des divisions, des conflits, dans une société comme la société parisienne qui est une société à la fois cosmopolite, extrêmement mixte dans laquelle il y a toutes les nationalités, tous les âges, toutes les religions, toutes les origines, nous avons besoin aussi de créer du lien.

Ce lien, nous nous efforçons de le faire, nous, avec le service public aux Parisiens, mais tout seuls, nous n'y arriverons pas. Et si le service public aux Parisiens n'est pas prolongé par la bonne volonté de celles et ceux qui ont du temps, de l'énergie et de l'envie de donner ce temps et cette énergie aux autres, nous n'arriverons à rien. Et je veux que l'on arrive à tout. Parce que pour Paris, il faut toujours penser très grand. Et il faut penser qu'y compris dans ce qu'il se passe aujourd'hui dans les grandes villes du monde, y compris avec ce désarroi que l'on peut voir, y compris lorsque l'on voit, comme hier encore, cette menace terroriste qui est présente et avec laquelle nous allons vivre malheureusement pendant des années.

Nous avons besoin encore plus de ce lien. Et ceux qui ont l?expérience, les seniors, qui ont eu une vie professionnelle, qui ont vécu des situations, qui ont des expériences de vie qu?ils peuvent nous apporter, nous avons besoin d?eux. Nous avons besoin de vous, et donc nous allons faire en sorte, avec ce plan, de ne plus considérer la question du vieillissement simplement comme la question du traitement de la dépendance, mais bel et bien comme celle de l?énergie que les seniors doivent pouvoir consacrer à leur ville, à notre ville.

Je veux à nouveau remercier Dominique VERSINI, et toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pour élaborer cette stratégie avec cette méthode nouvelle. C?est une stratégie solidaire et engagée. Cela doit nous permettre de garantir aux seniors parisiens une vie plus simple, plus sereine, plus riche, plus épanouissante, mais cela doit surtout permettre à Paris de pouvoir vivre mieux et de gagner encore en qualité de vie. Je vous remercie. Je vais à présent donner la parole aux différents orateurs qui se sont inscrits.

Je donne tout d?abord la parole à Mme Sylvie CEYRAC, pour le groupe les Républicains.

Mme Sylvie CEYRAC. - Merci, Madame la Maire.

Le Schéma parisien en direction des seniors que vous venez d?évoquer aujourd?hui pour la période 2017-2021, et qui fait suite au Schéma gérontologique "Bien vivre son âge à Paris", s?appuie sur trois axes : l?information, l?inclusion, la prévention et l?accompagnement. Soit 15 engagements, 40 propositions d?actions issues pour une grande part des travaux d?un "Silver Think Tank", réunissant des experts, des associations, des chercheurs, et d?une Conférence citoyenne de Parisiens tirés au sort sur les listes électorales.

Si à partir de 60 ans, on devient un senior, on sait que ce terme regroupe des situations très diverses, suivant l?état de santé, les conditions de vie, la situation familiale et la situation financière. C?est donc une population qui n?est pas homogène et dont les problématiques et les attentes sont différentes. C?est aussi une population sensible, fragile et qui souhaite être reconnue, reconnue pour ce qu?elle est et ce qu?elle peut apporter.

Plus de 20 % des seniors parisiens ont plus de 60 ans, 15,5 % des 60 à 74 ans sont en situation de précarité et 9,5 % de plus de 75 ans sont sous le seuil de pauvreté.

Je ne reprendrai pas point par point toutes les mesures nombreuses du Schéma mais je m?attacherai à quelques-unes.

Les seniors parisiens sont des amoureux de Paris et c?est cela qui les a d?abord motivé pour venir participer à la Conférence citoyenne. Ils souhaitent y vivre le plus longtemps possible, sans rupture, du "je vais bien, je peux me déplacer" au moment éventuel où leur état de santé les oblige à rester chez eux avec la mise en place de services à domicile, et plus encore jusqu?à l?entrée en établissement.

Pour les "je vais bien", Paris offre une multitude de propositions. Ils trouvent au C.A.S.-V.P. de nombreuses activités : sorties, activités culturelles, voyages, universités inter-âge et autre. Ces offres ne sont pas toujours bien connues et s?adressent un peu toujours aux mêmes personnes, alors que des seniors moins bien informés ne peuvent en profiter.

Les clubs de la Ville sont aussi des lieux de rencontres, d?échanges et de convivialité. Je regrette un peu le ronronnement de certains, ils mériteraient d?être rénovés, plus ouverts sur l?extérieur avec des propositions renouvelées.

Les seniors insistent beaucoup sur le besoin d?avoir des lieux où ils pourraient se retrouver. Pourquoi ne pas permettre que certains clubs leur soient accessibles par une action volontariste en direction d?un nouveau public.

Le Schéma propose la création de maisons des aînés et des aidants, pourquoi pas, mais où trouver de l?espace pour cela ? D?autre part, il faudra éviter aussi que celles-ci soient cataloguées comme des maisons réservées aux vieux.

Les seniors sont aussi des acteurs très importants dans les associations : libérés de leurs activités professionnelles, ils disposent de plus de temps, d?expérience et de compétences. Ils sont une source de richesses pour les associations. Etre bénévole dans une association nécessite bien sûr de connaître ce qui existe, d?être en adéquation avec leur objet, de connaître des personnes qui y participent déjà et de s?orienter vers une association pas trop éloignée de chez-soi.

Il existe de nombreux forums à Paris. Les forums en mairie d?arrondissement sont très prisés car ils y trouvent ou découvrent des associations de leur quartier.

S?ils souhaitent s?informer, ils cherchent aussi à se former. Les responsables d?associations auraient besoin de trouver un lieu ressources pour les aider dans le dédale des subtilités administratives. Ainsi l?inscription sur "SIMPA" pourrait être simplifiée pour remédier à un phénomène de renoncement lié à sa complexité, comme ils nous le disent souvent. Ce n?est pas votre projet de suppression des M.D.A. qui va aider en ce sens.

La réactualisation du guide "Bien vivre son âge à Paris" est souhaitable. Il conviendrait d?y incorporer une déclinaison par arrondissement qui recenserait toutes les initiatives qui existent et permettrait un meilleur repérage au sein de leur quartier.

Parmi les engagements de ce Schéma, la Ville souhaite rendre la ville plus accessible et accompagner la mobilité. Le Schéma constate que la marche est le premier mode de déplacement des seniors à Paris. Je dirai qu?en la matière, il y a vraiment des marges de progrès.

Marcher sereinement à Paris est un objectif à atteindre mais qui est bien loin de la réalité : trottoirs en très mauvais état, trous non rebouchés, bulles de macadam, trottoirs très encombrés de potelets divers, terrasses de café débordantes, pieds d?arbres très acrobatiques, dépôts sauvage, sans oublier les utilisateurs intempestifs de trottinettes, "skates" et "overboards", voire des vélos qui roulent sur le trottoir ou des motos garées. Ceux qui marchent à Paris m?auront compris. Résultat, la marche dite sereine se transforme en super-G de la coupe de monde de ski !

Devrais-je, par ailleurs, rappeler encore la désastreuse réforme du "pass" Navigo, faite de façon considérable et brutale pour certaines catégories de Parisiens que vous considérez comme riches ?

Monsieur, je marche beaucoup !

Mme LA MAIRE DE PARIS.- S?il vous plaît, on écoute !

Mme Sylvie CEYRAC. - Beaucoup n?ont pas repris la carte Navigo à cause de cela. Ils l?avaient souligné dans la Conférence citoyenne, mais curieusement cela n?a pas été repris dans le document final. L?usage du "pass" Navigo, c?est la liberté de circuler pour les seniors parisiens, ils n?hésitent pas à se déplacer. Malheureusement beaucoup ont restreint leurs déplacements à présent.

Si les lignes de bus sont devenues accessibles, une fois dans l?autobus, il faut bien s?accrocher car certains conducteurs n?ont pas du tout une conduite sereine. D?autre part, je m?étonne que, dans les nouveaux bus hybrides, les places assises soient moins nombreuses et, qui plus est, surélevées et qu?il n?y ait plus que deux places réservées aux personnes handicapées. Où est le progrès pour les seniors ?

Les seniors, mais tous les Parisiens, devrais-je dire, regrettent le manque de bancs dans nos rues et la Conférence citoyenne l?a fait remarquer. C?est agréable de s?asseoir dans une ville où il y a tant de choses à regarder, mais c?est aussi nécessaire de faire une petite halte lors de sa promenade pour reprendre son souffle ou se reposer. Ceux-là aussi participent à une ville conviviale et accueillante.

Devenus plus fragiles, les seniors ont besoin de sécurité et d?accompagnement. Sécurité dans leurs déplacements, comme je l?ai dit précédemment par une amélioration de la voirie. Sécurité dans leur vie quotidienne par une prévention des actes de malveillance, en leur proposant par exemple des réunions d?information avec les cellules d?information des commissariats de police qui, à l?aide de petits films, leur montrent quelques bonnes pratiques et pièges à éviter, et associent le service Paris tranquillité senior de la Ville pour aller chercher de l?argent au distributeur en toute sécurité. Ce service mériterait aussi d?être plus connu.

La sécurité, c?est aussi de les aider à adapter leur logement en leur indiquant les dispositifs et aides financières qui existent, en améliorant la connaissance de "SOLIHA", par exemple. C?est trouver aussi des réponses pour les situations de logement des plus précaires par un accompagnement vers le logement, mais ensuite dans l?installation et l?adaptation à celui-ci.

Le Schéma évoque la création d?un viager municipal pour les seniors propriétaires. Est-ce un moyen supplémentaire pour la Ville de capter des logements dans le diffus pour faire du logement social ? Non, non, bien sûr ! Mais il faut être très vigilant avec des Parisiens en situation de faiblesse pour ne pas abuser de leur situation.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S?il vous plaît, il y a une oratrice de votre groupe et vous ne l?écoutez même pas. S?il vous plaît, écoutez Mme CEYRAC.

Mme Sylvie CEYRAC. - Si retarder le plus longtemps possible l?entrée dans un établissement est souhaitable, il faut cependant veiller à ce que la personne restant à domicile, si elle est seule, ne se retrouve pas isolée malgré le ou les passages des services à domicile qui nécessitent une bonne coordination.

Je terminerai mon propos en évoquant l?axe préliminaire du Schéma pour les seniors : information et communication. C?est effectivement essentiel, mais comment communiquer efficacement ? Difficile d?atteindre l?ensemble de la population concernée. Le Schéma fait souvent référence au numérique. Bien sûr, c?est tout à fait indispensable. N?oublions pas cependant que les seniors les plus avancés en âge sont sans doute la dernière génération à ne pas savoir utiliser parfaitement le numérique. Si beaucoup s?y sont adaptés, il reste pour la plupart un outil qu?ils ne maîtrisent pas bien, difficile, compliqué. Certains n?ont en outre pas les moyens de s?équiper. C?est encore une génération papier, si je puis dire. Il est donc indispensable de leur proposer des espaces d?initiation et de perfectionnement suivant leur niveau et de mettre en place des permanences numériques dans les lieux publics avec un accompagnement, de proposer des aides financières à l?achat, mais aussi un accompagnement à domicile dans les premiers temps pour une meilleure prise et maîtrise de l?ordinateur. En conclusion, je dirai que ce Schéma expose et répond à un certain nombre de problématiques liées aux différentes étapes de la vie des seniors parisiens. Je regrette que les C.L.I.C., pourtant acteurs essentiels au service des Parisiens, soient si peu cités. Avec le Centre d?action social bien identifié des Parisiens et présent dans chaque arrondissement à travers ses sections locales, ils apportent de nombreuses réponses et mettent en place des actions adaptées à chaque population. Ils doivent être les moteurs pour la mise en ?uvre de ce Schéma.

Je souhaite, par ailleurs, qu'un comité de pilotage soit mis en place pour en suivre son avancement, afin qu?il ne reste pas seulement un catalogue de bonnes idées.

Alors les Parisiens pourront dire : il fait bon vieillir ; être jeune, c'est tuant.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Monsieur François HAAB, vous avez la parole pour le groupe UDI-MODEM.

M. François HAAB. - Merci, Madame la Maire, de me donner la parole sur ce Plan des seniors.

Merci pour ce Plan où je me retrouve sur la plupart des mesures. Je remercie Mme VERSINI parce que je pense que la manière dont le Plan a été élaboré n'est d'ailleurs pas étrangère à la qualité des propositions qui sont faites.

Je vais revenir simplement sur quelques points pour les mettre en exergue. Je voudrais juste rappeler quand même qu'il y a un peu moins de 100.000 Parisiens de plus de 75 ans qui vivent seuls. La canicule nous paraît loin, c'était 2003, mais il faut garder ce chiffre présent à l'esprit.

Deuxième chiffre, et je n'irai pas plus loin sur les données chiffrées, le solde que l'on pourrait appeler migratoire des seniors à Paris est négatif, c'est-à-dire que plus de seniors quittent Paris, que de seniors viennent habiter à Paris. Il conviendrait de savoir si cette émigration de Paris est voulue ou subie, et donc, il serait intéressant d'interroger certains seniors, savoir s'ils quittent la ville parce qu'ils n'ont pas eu d'autres choix ou bien parce que c'est un choix de vie qui est différent.

En ce qui concerne les plans proposés, revenons sur le plan précédent. Il a rattrapé énormément de retard, effectivement, et vous avez raison de le souligner, Madame la Maire, Paris avait des retards assez considérables en matière de places de dépendance. Concernant notamment les E.H.P.A.D., ces retards ont été rattrapés, nous sommes dans la bonne direction et le plan précédent est donc finalement très positif.

Le plan qui nous est proposé à l'heure actuelle est un plan ambitieux et, à nouveau, je veux saluer la qualité du travail qui a été fait.

Je ne reviens pas sur la problématique du logement. Eric AZIÈRE en parlera tout à l'heure, notamment sur la proposition de viagers municipaux.

Je voudrais juste revenir sur deux ou trois points. Tout d'abord, comme nous l'avions souligné à travers un v?u il y a quelque temps, un partenariat possible entre la Ville et l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris sur un véritable Plan gériatrie pour tout faire pour que pour des seniors, passés la phase de soins aigus, ne soient pas mis dans des unités de moyen ou long séjours en dehors de Paris. On le sait, cela se produit encore trop souvent. C'est une cause d'éloignement des familles, de visites qui ne sont pas suffisamment faites. Nous savons que différentes restructurations hospitalières sont en cours et nous devons avoir ce point présent à l'esprit : lorsqu'on est parisien, on doit pouvoir être soigné et vieillir, y compris dans les situations de dépendance, à Paris. Je ne parle pas là des E.H.P.A.D. mais bien des structures de moyen et long séjours.

Je voulais revenir sur la notion d'aide aux aidants, mais vous l'avez très bien formulée, cela a été dit, nous avions proposé un v?u, il y a maintenant deux ans, sur une maison des aidants. C'est absolument essentiel car les familles qui accompagnent les seniors en situation de dépendance jouent un rôle, vous l'avez rappelé, de santé publique qu'il convient de reconnaître, d'accompagner et d'aider. Et donc, allons dans ce sens.

Un mot sur la notion d'accessibilité universelle.

Mme CEYRAC a fait allusion aux difficultés de déplacements piétonniers. C'est vrai qu'il est parfois difficile d'être piéton à Paris, il y a parfois des embûches et c'est vrai que les seniors utilisent préférentiellement ce mode de déplacement. J'ai été très heureux d'entendre Mme la Maire revenir sur la candidature de Paris aux Jeux olympiques parce qu'effectivement, la marche, c'est bon pour la santé, le sport, c'est bon pour la santé, et on doit vraiment mettre en avant un "Plan sport seniors" ambitieux, avec cette perspective des Jeux olympiques. Et là, on aura véritablement rempli une mission très utile aussi en termes de santé publique.

Un mot sur le numérique, car cela fait partie de l'accessibilité universelle. C'est vrai que beaucoup de documents administratifs sont aujourd'hui accessibles uniquement via des plateformes numériques et qu'il est parfois difficile, pour ce qu'il conviendrait d'appeler les seniors plus, de se familiariser avec les ordinateurs. C'est là aussi que le lien intergénérationnel auquel vous avez fait allusion permettrait de répondre à cette petite difficulté. Au total, ce Plan me convient bien, il va dans la très bonne direction, on est vraiment sur le "bien vieillir" à Paris et souhaitons que tout cela soit mis en ?uvre.

Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, Monsieur HAAB. Je vais donner à présent la parole à Léa FILOCHE pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Madame la Maire, merci mes chers collègues.

Cela a déjà été dit plusieurs fois, mais c'est vrai que Paris doit être une ville bienveillante pour tous les Parisiens et ce, quel que soit leur âge.

Vous l'aviez bien rappelé, Madame la Maire : à Paris, nous comptons 470.000 personnes âgées qui ont plus de 60 ans. Derrière ce chiffre se cache une grande diversité à laquelle nous devons répondre en adaptant nos politiques à toutes les situations que connaissent les seniors parisiens en les accompagnant au moment du passage à la retraite, qui peut être parfois une étape particulière, en valorisant le dynamisme dont ils peuvent faire preuve tout au long de leur parcours de retraité, et en les faisant encore plus participer à la vie de la cité ; ensuite aussi, en les accompagnant dans le cadre d'une perte d'autonomie, en luttant contre l'isolement de certains, en luttant contre la précarité dont encore trop nombreux d'entre eux sont touchés, et en soutenant ceux qui s'occupent d'un proche qui peut parfois être dépendant.

Grâce au précédent schéma qui couvrait la période de 2012 à 2016, nous avons créé 1.930 places en E.P.H.A.D., 105 en centre d'accueil de jour. Nous avons surtout amélioré la coordination de tous les acteurs qui sont amenés à travailler sur ce sujet, pour les faire travailler en réseau pour une plus grande efficacité de leurs actions. Je pense que cela fait aussi partie des étapes essentielles qui doivent permettre que la ville soit bienveillante pour tous.

En outre, dans le dernier compte administratif, dont nous avons eu le débat hier et qui est un peu technique pour notre public aujourd'hui, les questions budgétaires sont un peu le nerf de la guerre dans tous ces sujets. 278,7 millions d'euros ont été inscrits au titre de l'Aide sociale aux personnes âgées et de l'Allocation personnalisée d'autonomie et 144,3 millions d'euros ont été consacrés à l'aide à l'hébergement des personnes âgées. C'est bien la preuve que Paris investit pour permettre à toutes et à tous de bien vieillir.

Au total, chaque année, la collectivité parisienne consacre un peu plus de 400 millions d'euros pour ses seniors, et c'est un engagement important.

Aujourd'hui, nous souhaitons aller plus loin en impulsant de nouvelles dynamiques pour assurer que les seniors aient en plus toute leur place à toutes les étapes de la vie.

Ainsi, ce nouveau schéma entre en cohérence avec différents plans qui existent déjà - certains en ont un peu parlé mais je tiens à les reciter - et qui sont actuellement déployés sur le territoire parisien. Il y a le Plan d'insertion pour l'emploi, le Pacte parisien de la lutte contre la grande exclusion, la stratégie Piéton dont on vient de parler, ou encore les Assises de la santé. Tous ces sujets abordent la question des seniors sous tous les angles, ce qui permet aussi d'avoir une vision assez globale et générale du sujet.

Ce schéma ne se substitue pas à tout ce que nous faisions par ailleurs, mais s'ajoute et complète le panel de toutes nos actions : élaborer en concertation, cela a déjà été dit, avec les seniors eux-mêmes, avec des acteurs institutionnels, associatifs, avec la mise en place d'un "Silver Think Tank" qui s'appelle "Bien vieillir à Paris". Ce schéma porte l'ambition de donner une plus grande visibilité aux dispositifs existants, permettant d'adapter la Capitale pour qu?elle soit plus inclusive puisqu'elle permet de changer le regard sur les seniors et enfin permette d'accompagner et de prévenir les situations des plus fragiles.

C'est sur ce dernier point que je voulais juste mettre un focus parce que je préside la Commission d'entrée en résidence appartement et en résidence services du Centre d'action sociale de la Ville de Paris. Je vois très régulièrement des situations de précarité et d'isolement face auxquelles nous tentons d'apporter une solution, au moins en matière de logements décents.

Mes chers collègues, Paris compte encore malheureusement une proportion importante de seniors en situation de précarité : 15,5 % des 60-74 ans et 9,5 % des plus de 75 ans vivent sous le seuil de pauvreté à Paris. C'est trop. Cela s'ajoute au fait que 12.450 personnes âgées de 55 à 65 ans sont encore allocataires du R.S.A. C'est en cela que le schéma en direction des seniors, conjugué avec le Pacte parisien de la lutte contre la grande exclusion, illustre à quel point la lutte contre la grande précarité, et notamment celle des seniors, est une de nos priorités. D'ailleurs, cela se retrouve dans l'engagement n° 11 du présent schéma.

Nous allons également vers la prise en charge par l'Aide sociale des loyers dans les résidences appartements du C.A.S.-V.P. pour que les plus précaires ne se retrouvent pas sans solution de logement et puissent, selon leur souhait, bien rester à Paris, même dans leur arrondissement et à l'intérieur même de leur propre quartier.

Je pourrais également vous parler de l'isolement des seniors contre lequel nous agissons; y compris à court, moyen et long termes, Madame CEYRAC, mais le temps risque de me manquer.

Mes chers collègues, vous aurez compris que j'ai particulièrement à c?ur à ce que la Ville puisse répondre aux besoins des seniors les plus fragiles parce qu'il est inacceptable qu'à Paris, on puisse encore mal vieillir.

Je souhaite remercier tous ceux qui ont participé à l'élaboration de ce schéma, en premier lieu ma collègue Dominique VERSINI, l'ensemble des acteurs institutionnels et associatifs, ainsi que les experts du "Silver Think Tank" qui ont accordé une part importante de leur temps à cette phase de concertation et de réflexion.

Je vous encourage donc, mes chers collègues, à approuver ce nouveau Schéma de la Ville de Paris pour les seniors parce qu'à Paris, il fait bon vieillir, il fait bon grandir, il fait bon mûrir, toutes et tous ensemble, à l'image du public que nous avons aujourd'hui pour notre débat.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame FILOCHE.

La parole est à Marie ATALLAH pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, le présent Schéma parisien en direction des seniors nous rappelle avant tout le contexte démographique dans lequel il intervient.

Il s'agit d'un contexte marqué par une accélération de la tendance au vieillissement de notre population parisienne. Selon les chiffres de l'Insee, entre 2008 et 2013, la catégorie des Parisiens de 60 ans ou plus a augmenté de 9,2 %. Ainsi, Paris compte aujourd'hui 465.000 habitants ayant 60 ans ou plus, soit 20,8 % de la population. C'est face à ce défi majeur sociétal que le vieillissement que nous avons analysé, la qualité de ce schéma qui engage notre collectivité pour les cinq années à venir.

D'abord, rappeler que ce nouveau schéma s'inscrit dans la continuité de l'engagement volontariste constant de notre collectivité en faveur de nos aînés et de leur maintien dans notre ville. Les éléments de bilan du schéma précédent en sont bien l'illustration avec, par exemple, le budget de 414 millions d'euros en 2016. Les éléments du présent schéma nous confirment cette continuité dans l'engagement politique, avec une réelle amélioration et innovation dans plusieurs domaines.

D'abord, sur le plan de la méthode. Nous tenons à saluer la démarche participative qui a été menée pour co-construire ce schéma, une démarche associant en priorité les publics concernés qui sont les seniors eux-mêmes. Ainsi, une Conférence citoyenne a permis d'établir un état des lieux des besoins directement exprimés par les usagers et un plan d'action prenant en compte les observations et les solutions imaginées par ces derniers. Cette Conférence citoyenne tirée au sort aura également permis d'assurer la représentativité de tous les Parisiens, permettant ainsi la représentativité de la diversité des profils et des réalités très hétérogènes selon les arrondissements.

Nous avons également apprécié la mise en place d'un "Think Tank" regroupant des experts et spécialistes du vieillissement en milieu urbain, ce qui a permis de nourrir et approfondir le débat en produisant des idées et des propositions innovantes et intéressantes.

Concernant le plan d'action du schéma, il propose de renforcer l'information et la communication, la prévention et l'accompagnement de la perte d'autonomie par de nombreuses actions, déjà en place, mais aussi par bien d'autres actions qui révèlent des aspects tout à fait innovants. Par exemple, la question du changement du regard sur les seniors nous semble très pertinente pour faire face au vieillissement de notre société, dans un contexte où le travail est devenu la valeur cardinale des discours politiques. S'interroger sur la place de celles et ceux qui sont devenus soi-disant inactifs dans la société et la ville devient tout à fait légitime. Très souvent, le regard de la société sur le retraité et les personnes âgées accentue leur sentiment de désociabilisation.

Pour répondre à cet enjeu sociétal, ce nouveau schéma propose des actions de communication pour améliorer l'image des seniors, favoriser la valorisation de leurs capacités et compétences, et soutient la reconnaissance de leur contribution au développement de la ville. C'est d'ailleurs l'occasion pour nous d'adresser nos remerciements à tous les seniors engagés dans la vie associative et notamment en faveur de la réussite éducative, de l'apprentissage du français et du vivre-ensemble dans nos quartiers.

Un autre point fort de ce schéma qui mérite d'être souligné, c'est celui de l'attention particulière portée à l'accès au logement et à l'hébergement des publics vieillissants en grande difficulté ayant des besoins spécifiques. Des actions nouvelles sont prévues pour des publics comme les travailleurs migrants, les personnes sans domicile fixe ou encore les bénéficiaires du R.S.A., visant à faciliter le passage entre centres d'hébergement et pensions de famille ou maisons de retraite.

D'autres actions dans le domaine du logement sont également à souligner qui visent à soutenir les personnes âgées en situation de précarité ou de pauvreté. Je pense à la mise en place d'un viager municipal s'adressant aux personnes vieillissantes propriétaires de leur logement afin d'améliorer leurs conditions de vie et de sécuriser leur situation et leur maintien à leur domicile. Pour des personnes âgées locataires et sans ressources, nous avons noté la mesure de prise en charge par l?aide sociale des redevances d?hébergement dans les résidences appartements du C.A.S.-V.P. Le schéma favorise également le développement de l'habitat partagé, mode d'habitat que les écologistes souhaitent voir se développer dans nos quartiers, car il favorise la mixité des âges et des situations familiales, renforce le lien intergénérationnel et facilite, par conséquent, l'émergence d'une nouvelle façon d'habiter et de vivre-ensemble.

S'agissant de la question de choisir de vieillir chez soi, le schéma engage notre collectivité à soutenir le maintien à domicile et propose une étude sur la possibilité de développer l'E.H.P.A.D. à domicile, c'est-à-dire offrir aux personnes âgées la possibilité de rester chez elles tout en bénéficiant des mêmes prestations que celles d'un E.H.P.A.D. : permanence de soins, aide et accompagnement de la dépendance et participation à des activités de prévention et de loisirs.

Pour confirmer la pertinence de cette orientation de vieillir chez soi, qui répond à une réelle demande des personnes âgées, nous rappelons la tribune publiée il y a une quinzaine de jours dans "Libération", intitulée "Vieux et chez soi", et signée par plusieurs personnalités parmi lesquelles Axel KAHN, Ariane MNOUCHKINE ou encore Marcel GAUCHET. Cette tribune s'adressait aux pouvoirs publics pour relancer le débat du choix de vieillir chez soi, en nous alertant sur le sort des personnes placées dans les établissements où elles ne se voient plus d'avenir. Plus d'un tiers des résidents en maison de retraite y seraient contre leur gré. Tous les exemples d'actions incarnent le caractère ambitieux et innovant de ce schéma, dont l'objectif principal est d'assurer le bien-être des aînés en leur proposant les solutions les mieux adaptées à leurs besoins selon leur âge. Pour l'organisation et la mise en ?uvre des actions de ce schéma, c'est la coordination territoriale que nous soutenons fortement, car elle permet la mise en réseau et la mutualisation des moyens et des savoir-faire dans la proximité, au plus près des besoins des personnes. Pour ce faire, les maisons des aînés proposées dans ce schéma sont la bonne solution pour rendre plus lisible et mieux visible notre action à l'échelle locale. Au-delà de ces belles actions, les écologistes formulent un v?u rattaché à ce schéma qui vise à rappeler la réalité de la fracture numérique qui touche particulièrement les publics âgés. Nous soutenons, bien sûr, toutes les actions visant à faciliter l'accès des seniors au numérique, tout en demandant que soit maintenue la possibilité de continuer à utiliser des versions papier dans toutes les démarches administratives de notre collectivité destinées aux seniors, afin d'accompagner la transition numérique liée à l'âge?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Madame ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - ? et d?éviter ainsi le risque d'exclusion des personnes âgées qui demeurent réfractaires au numérique. Je finis.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous avez dépassé votre temps de parole.

Mme Marie ATALLAH. - Pour conclure, je voulais exprimer mes félicitations à Mme VERSINI, à tous les agents, les associations, les citoyens qui ont contribué à l?élaboration de ce schéma. Tout de même, une seule question?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, il faut conclure, Madame ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - C?est seulement vous poser la question, Madame la Maire, pour nous confirmer un calendrier de mise en ?uvre de ce plan d'action avec un bilan annuel d?adoption.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Madame ATALLAH, il faut respecter les règles du jeu.

Mme Marie ATALLAH. - Je vous remercie, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Les règles du jeu, c?est que l?on respecte les temps de parole. D?accord ? C'était très intéressant, mais il faut que vous calibriez vos interventions sur le temps de parole qui vous est accordé, qui n'est pas un temps de parole arbitraire - je le dis à ceux qui nous regardent -, qui a été décidé en conférence d?organisation par tous les groupes et qui dépend du poids relatif de chacun des groupes. Donc, voilà. On respecte cela. Si on ne respecte pas cela, cela ne peut pas aller entre nous. Mais merci pour votre intervention. Et je donne la parole maintenant à Hervé BÉGUÉ, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, contrairement à ce qu?avait dit Charles de Gaulle : "Vieillir ne doit pas être un naufrage". Les jeunes sont l'avenir de la France, mais la vieillesse est l'avenir de chaque Français. Nous serons tous un jour concernés par un schéma pour les seniors. Il y a deux éléments qui retiennent mon attention.

Premièrement, 470.000 Parisiens sont âgés de plus de 60 ans. En proportion, c'est beaucoup moins que partout ailleurs en province. Ce n'est pas un hasard, car vivre à Paris coûte très cher. Une fois à la retraite, beaucoup de personnes quittent Paris, soit par choix, soit par obligation. Et comme l'a dit notre collègue, M. HAAB, il serait intéressant de savoir quelles sont les raisons qui font que les gens quittent Paris.

Deuxièmement, beaucoup de personnes âgées aux revenus modestes continuent quand même de vivre à Paris grâce au logement social. Les personnes âgées qui vivent dans les quartiers populaires sont d'anciens ouvriers ou d'anciens employés. Par conséquent, elles vivent avec les minima sociaux, c'est-à-dire avec quelques centaines d'euros par mois, ou alors, elles ont des pensions de retraite très modestes, tout juste au-dessus de 1.000 euros.

Ces deux éléments sont importants à prendre en compte pour répondre à une première question : quelle doit être la place des personnes âgées à Paris ? Le schéma cherche à répondre à cette question et, globalement, il le fait bien. Il y a tout de même quelques petites remarques, notamment sur la question de la culture. L'action 18 du schéma prévoit de faciliter l'accès à la culture par trois moyens.

D'abord, faciliter la pratique artistique, ce qui est très bien, mais aussi - et je trouve que c?est moins positif - en encourageant les établissements culturels à aller vers les publics âgés et en développant les activités culturelles au C.A.S.-V.P. Les seniors veulent avoir accès aux mêmes établissements culturels que tout le monde. Les plus de 60 ans, même s?ils ont de petits revenus, n?ont pas spécialement envie d?une culture pour les vieux. La Ville devrait les aider à accéder au cinéma, au théâtre et aux musées plutôt que de les isoler dans des structures spécialisées.

Il y a un deuxième point sur lequel je voudrais insister : le logement. Sur ce sujet, le Schéma est globalement positif. Toutefois, nous restons assez interrogatifs sur les viagers municipaux. Nous n?y sommes pas opposés par principe, mais des questions se posent. Dans quel cadre seront-ils développés ? Que fera la Ville une fois propriétaire de ces logements ? Quelle sera la place des descendants ?

Par ailleurs, il y a un sujet que le Schéma n?aborde pas, et c?est normal, car ce n?est pas du tout son rôle : c?est le sujet du logement des retraités à l?A.P.-H.P. Lorsqu?ils travaillaient dans les hôpitaux, ils étaient logés par l?A.P.-H.P. Ils n?y travaillent plus et on leur demande de quitter leur logement. Le problème est que mis à part les chirurgiens, les ouvriers ou les infirmières à la retraite n?ont pas les moyens de se payer un logement dans le privé.

Après avoir travaillé toute leur vie au service des Parisiennes et des Parisiens, est-ce que ces personnes devraient quitter Paris ? Ce serait profondément injuste. C?est d?ailleurs pourquoi nous avons déjà défendu plusieurs v?ux ces derniers mois pour demander à l?A.P.-H.P. de maintenir les retraités dans leur logement actuel. Je voulais saisir l?occasion de ce débat pour le rappeler, en espérant être entendu par la direction de l?A.P.-H.P.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BÉGUÉ.

Je donne la parole à Jean-Bernard BROS, Président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire, pour le "Centre et Indépendants".

Le vieillissement de la population est une réalité en France comme dans le monde. Le recul de la mortalité lié aux progrès de la médecine a permis à de nombreux citoyens d?avoir, au-delà de la retraite, une période de plus en plus longue. Si Paris a une population de plus de 60 ans moins nombreuse qu?au niveau national, les seniors ne représentent pas moins de 20,8 % de la population parisienne.

Les enjeux pour l?avenir sont nombreux. Je pense notamment au financement de la dépendance et au système de protection sociale. Les perspectives montrent que le vieillissement de la population continuera et que ces enjeux seront encore plus prégnants. Des choix seront à faire et ils auront bien sûr des conséquences sur l?avenir des collectivités.

Mais pour revenir au présent, l?action de la Ville de Paris à destination des seniors est multiple et concerne de nombreux domaines. Une stratégie d?action globale et de mise en cohérence est donc tout à fait nécessaire pour un service public efficace et adapté à la réalité des seniors parisiens.

Ce fut le cas dès 2012 avec le premier Schéma parisien, dont le bilan est à saluer : augmentation du nombre de places en E.H.P.A.D. et en accueil de jour, amélioration des dispositifs de maintien à domicile, meilleure coordination des acteurs au service des seniors.

Mais aujourd?hui, les besoins et attentes des seniors ont évolué. Il fallait que la Ville s?y adapte en prenant en compte le travail déjà effectué. Le renouvellement du Schéma parisien a donc été l?occasion de mener un travail de fond pour faire face à la diversité des situations. Ainsi, la collectivité s?est engagée à penser à la question de l?adaptation de la ville à l?avancée en âge. L?objectif est de permettre à chacun, quel que soit son âge, de trouver un cadre adapté à son parcours de vie.

En effet, nous savons que les jeunes retraités sont aujourd?hui très actifs dans la vie de la cité et dans leur vie personnelle. Ils n?ont pas les mêmes besoins que les personnes presque centenaires. Leur situation ne peut être abordée de la même manière.

Ainsi, afin de répondre à ces besoins, de nombreux travaux ont été organisés au cours de l?année 2016. Nous saluons à ce titre la création du "Silver Think Tank", ou le laboratoire d?idées sur le "bien vieillir", composé de nombreux chercheurs, experts et responsables associatifs. Ce groupe s?est penché sur différents thèmes relatifs au vieillissement en milieu urbain afin d?irriguer la réflexion municipale. Les thèmes identifiés s?articulaient autour de la santé, de l?engagement associatif, de l?habitat, des déplacements ou encore de l?innovation. Ces conclusions ont permis d?alimenter l?élaboration du nouveau Schéma. Ce travail de réflexion a été complété par les groupes de travail thématiques menés par la DASES, réunissant les services de la Ville, les professionnels, institutionnels et associatifs travaillant au service des seniors parisiens.

Enfin et surtout, une importante concertation citoyenne a été réalisée auprès de 2.800 seniors parisiens, tirés au sort sur les listes électorales, issus des 20 arrondissements parisiens, ils ont été invités à participer à une Conférence citoyenne. Dans ce cadre, 180 personnes âgées de 60 à 93 ans ont participé à des ateliers de travail au cours desquels elles ont pu échanger sur leur mode de vie, leurs attentes et leurs besoins. Cette démarche participative de grande qualité a permis d?aboutir à un Schéma complet qui répond véritablement aux enjeux parisiens.

Nous saluons les mesures amorcées grâce aux travaux menés par l?adjointe Dominique VERSINI. Les axes de travail nous paraissent réellement adaptés. Le premier concerne la nécessité d?une communication positive sur les seniors, cette volonté de considérer le vieillissement avec ses caractéristiques positives est celle des personnes interrogées. C?est une nouveauté d?autant plus importante que sa mise à l?agenda ne venait pas forcément de soi.

Le deuxième axe important est la continuité du travail de simplification des démarches. Notre collectivité s?est engagée dans une démarche globale d?amélioration de l?accessibilité des services publics. Il était donc normal que les seniors en bénéficient. Le regroupement des services à destination des seniors, mais aussi des aidants dans les Maisons des aînés fait également partie de cette démarche d?accessibilité. L?amélioration de la lisibilité de notre service public à travers ses guichets publics est un gage d?efficacité.

La lutte contre l?isolement, qui est un enjeu important à Paris, fait l?objet de nombreuses mesures. Favoriser des activités intergénérationnelles et la participation des seniors à la vie de la cité est une nécessité qui n?était pas jusque-là abordée avec autant d?acuité.

Nous souhaitons aussi collectivement souligner les efforts pour que l?innovation technique ou sociale fasse partie des réponses apportées par la Ville. C?est une démarche que nous devons avoir de manière constante et je crois que le Schéma permettra de répondre à ces besoins.

J?en termine. Kafka écrivait : "le bonheur efface la vieillesse". Le travail mené apportera - nous l?espérons - un peu de ce bonheur à tous nos aînés. C?est pourquoi le groupe RG-CI votera en faveur du Schéma parisien pour les seniors.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Très fort ! Trop fort, Jean-Bernard BROS ! Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Il a mis la barre haute, mon cher collègue ! Il faut donc qu?en deux minutes top chrono, pareil !

Ce projet de délibération est extrêmement important. Cela a été rappelé par un certain nombre de collègues : 470.000 personnes âgées de plus de 60 ans à Paris. Cela nous impose d?avoir une ambition extrêmement importante. Je tiens vraiment à saluer dans la communication l?enjeu que met la Ville dans la valorisation, la reconnaissance de la place et du rôle des retraités dans la ville. Nous savons toutes et tous dans l?ensemble de nos arrondissements à quel point la vitalité associative, l?implication citoyenne dans les conseils de quartier, reposent bien souvent sur des femmes et des hommes dont cet âge de la vie, une fois enfin en situation de retraite, peut permettre une grande disponibilité dans des actions de solidarité et d?engagements citoyens. Pour autant, pensons, et je voudrais centrer mon propos sur l?ensemble des personnes en situation de perte d?autonomie. Vous dites que la Ville investit, certes, mais je pense qu?elle n?investit pas assez. Elle n?investit pas assez parce qu?il y a un manque de places encore criant, notamment dans les E.H.P.A.D. Et je souhaite également attirer l?attention sur des situations dramatiques qu?il peut y avoir dans ces E.H.P.A.D. Oui, il y a certains mouroirs à Paris, il y a certaines situations catastrophiques et qui me sont relatées comme telles par des familles. Je sais, Madame VERSINI, vous êtes choquée par mes propos, mais ce sont des personnes dont des membres de la famille sont dans des E.H.P.A.D., qui me le relatent ainsi. Et je tiens à attirer l?attention sur la nécessité que l?on soit bien plus offensif, je le dis et le redis, comme je le disais hier, contre les politiques d?austérité, car c?est bien d?abord et avant tout le problème de la restriction budgétaire par les A.R.S. des besoins et dotations de soins, en accord avec la ligne politique des restrictions de fonds votées chaque année depuis 2009 pour la Sécurité sociale et la C.N.S.A., qui est responsable. Le problème, c?est bien le vote du budget 2017 de la Sécurité sociale qui affecte totalement les moyens de soins des personnes vulnérables, très dépendantes en E.H.P.A.D. publics, donc les personnes les plus modestes.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien, Madame SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous ! Je vous ai un peu coupé la parole, mais bon, c?est mon rôle. Mme Dominique STOPPA-LYONNET, pour le groupe les Républicains.

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, chers collègues, Mesdames et Messieurs, on ne peut que se réjouir de la reconduction du Schéma en direction des seniors à Paris, d?abord parce que les seniors, et je dois m?y associer maintenant, représentent 470.000 Parisiens, soit plus de 20 % d?entre eux. Les seniors sont une force vive, qu'ils ont à apporter à tous, et tout simplement parce que quels que soient leur nombre et ce qu'ils apportent, ils ont le droit, nous avons droit à tous les égards.

La France entre dans une transition démographique majeure du fait de l?allongement de la durée de la vie et de l?arrivée aux âges avancés de la génération nombreuse du "baby boom". Si rien n'est fait, en particulier en termes de prévention et d'amélioration des soins, le nombre de seniors en perte d'autonomie doublera d'ici 2060 pour atteindre au niveau national 2,3 millions de personnes contre 1,2 aujourd'hui. Il ne s'agit pas pour moi de jouer les Cassandre mais aux contraires de dire que vieillir n'est pas synonyme de perte d?autonomie, que la vieillesse n?est pas un naufrage, que le bien-vieillir est possible.

Rappelons-nous les propos de Jacqueline de Romilly qui, à la fin de sa vie, aveugle, disait dans un entretien au journal "Libération" que la tranquillité intérieure, c'est l'un des seuls domaines où l'on peut encore faire des progrès malgré les ennuis de la vieillesse.

Si l'axe 2 du schéma que vous proposez est intitulé "prévention et accompagnement des fragilités", si des actions d?éducation à la santé et de prévention y sont bien présentées, je voudrais mentionner deux actions qui n'y apparaissent pas : le programme P.A.E.R.P.A., programme de parcours de santé pour les personnes âgées en risque de perte d'autonomie et les actions du Gérontopôle d'Ile-de-France, le réseau Gérond?if.

La P.A.E.R.P.A. est un programme expérimental de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France qui se déploie progressivement à Paris, actuellement sur 9 arrondissements. Il vise, en déployant des outils et dispositifs innovants, deux objectifs majeurs : l'amélioration de la qualité de prise en charge des personnes âgées de plus de 75 ans, en particulier celles vivant à domicile, et la lutte contre les ruptures dans leur parcours de santé en favorisant la coordination des professionnels ainsi que la transversalité et le décloisonnement des prises en charge.

Le programme s'appuie sur trois actions : l'établissement par l?ensemble des professionnels du secteur médico-social de plans individuels personnalisés de santé, une messagerie sécurisée et des outils numériques de coordination de la prise en charge. C'est un programme important, il est cité une seule fois dans le schéma, non pas dans les actions de l'axe 2 mais dans le bilan des recettes du schéma et j?ai eu un peu de mal à le trouver.

La seconde action qui n'apparaît pas du tout est le Gérontopôle d'Ile-de-France ou réseau Gérond?if. Il apparaît timidement aujourd?hui au Conseil de Paris dans le projet de délibération DASES 229 G portant sur l'adhésion du Département à son Conseil d'administration et en allant aussi chercher une ligne sur 103 dans le document technique du projet de délibération DASES 241 G portant sur la mise en ?uvre de la conférence des financeurs de la prévention et de la perte d'autonomie de Paris.

Et pourtant, les objectifs du Gérontopôle d?Ile-de-France sont très précieux. Il a pour objectif, je cite, de "fédérer les acteurs intervenants dans le champ de gériatrie et de la gérontologie afin d?une part de dynamiser la recherche, l'innovation et la valorisation et d'autre part de renforcer la formation dans tous les domaines ayant trait à la santé et à l'accompagnement des personnes âgées, à la prévention des conséquences du vieillissement et au maintien de l'autonomie".

Comme pour le programme P.A.E.R.P.A., le numérique a une place importante dans le Gérontopôle d?Ile-de-France, que ce soit dans les applications domotique ou d'e-santé. Le numérique est aussi, il est vrai, au c?ur du schéma en direction des seniors. Il m'apparaît cependant essentiel de coordonner les efforts, de ne pas les rendre illisibles et d'aller vers le développement d?applications et de bases de données compatibles entre elles.

En résumé, ma préoccupation est que le schéma proposé ne soit pas un millefeuille d'initiatives non coordonnées mais au contraire d'initiatives intégrées afin de pouvoir répondre au v?u de Jacqueline de Romilly, limiter les ennuis de la vieillesse et continuer de progresser dans la tranquillité, j?ajouterai la sérénité intérieure. Il m'apparaît important d'y veiller.

Naturellement, j'encourage tous mes collègues du groupe LR à voter ce projet de délibération.

Je vous en remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame STOPPA-LYONNET.

La parole est à M. Eric AZIÈRE, Président du groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Madame la Maire.

François HAAB a déjà dit tout le bien que nous pensions de ce Plan seniors pour Paris. Je voudrais aborder un problème particulier qui est celui du logement des seniors à Paris car cela me semble être un sujet essentiel.

Vous le savez, à Paris, un senior sur deux est locataire. C'est évidemment beaucoup plus qu'en Ile-de-France où les deux tiers des seniors sont propriétaires et beaucoup plus que sur le plan national ou les trois quarts des seniors sont propriétaires. Mais Paris n'échappe pas à cette vocation, je devrais dire à cette malédiction, que nous combattons, nous, au groupe UDI-MODEM, qui est que Paris est une ville de locataires plus que n'importe où en France. D?ailleurs, François parlait tout à l'heure du solde migratoire des seniors à Paris. A mon avis, il est largement dû aux conditions de logement qui sont évidemment beaucoup plus chers à Paris, grevant le budget des seniors.

Pourtant, pour un senior, le logement est le premier et le dernier repère. C'est la raison pour laquelle il me semble que dans ce plan, pour la suite de ses développements futurs, il faut renforcer les propositions en matière d'accession au marché locatif. L?accession au marché locatif du parc social bien sûr, mais aussi l'accession au parc privé. Sur ce plan, d'ailleurs, la loi Alur, en interdisant les expulsions des locataires du parc privé de plus de 65 ans, même si c'est une très bonne chose évidemment, a un revers : les propriétaires ont tendance à exclure du marché locatif ce public inexpulsable.

Le Plan seniors à Paris concernant le logement devrait être renforcé en termes de propositions, encore une fois sur les deux parcs : le parc social et le parc privé.

J'ajoute que sur ce plan, l?âge des seniors à 65 ans, déjà en matière de logement, au-delà des critères pris en compte? En fait, c'est plutôt vers 60 ans que l'on se prépare à être senior, que l'on s?organise, que l'on prévoit les conditions matérielles dans lesquelles cet hébergement du troisième âge va avoir lieu. Je pourrais ajouter à cette nécessité de renforcer des propositions en matière d'accession à la propriété.

Enfin, je termine sur la mise en place d'un viager municipal qui, là, me semble-t-il, demande plus d'éclaircissements et je partage les réserves de mon collègue, je devrais dire camarade communiste, tout à l'heure. Cette mise en place d'un viager municipal est-t-elle réservée aux propriétaires seniors en dessous d'un certain seuil de revenus en situation de précarité par exemple, ou bien concerne-t-il l'ensemble des offres de viager à Paris ? Il ne me semble pas qu'il y ait de limites et je pense qu?il en faut une.

Ensuite, autoriser des acteurs publics, dont il conviendrait de définir la forme juridique et les moyens d?acheter un grand nombre de viagers, revient à constater une péréquation évidente sur la durée des contrats, pour ne pas dire les choses clairement sur la durée de vie des propriétaires, qui serait forcément à terme bénéficiaire à ces acteurs. Pour moi, cela pose quelques questions.

Enfin, sans être de la préemption, cela reviendrait à acquérir pour cet acteur public un grand nombre d'appartements dans le diffus, avec les difficultés de gestion que nous connaissons pour ce genre d'acquisition, et une destination sociale, je suppose, à terme, qui demande là aussi des éclaircissements.

C'est pourquoi, en soutenant ce plan Senior à Paris, nous proposons que l'aspect logement soit approfondi et que cette proposition de mise en place d'un viager municipal soit maniée avec une très grande précaution juridique, sociale et éthique. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Je donne à présent la parole à Marinette BACHE, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, mes chers collègues, le schéma parisien des seniors 2017-2021 mérite bien ce beau débat que nous avons ce matin : un cinquième des Parisiens sont concernés.

Tout d'abord, je voulais féliciter Mme VERSINI, son cabinet et les services de la Ville pour la lisibilité de ce schéma et le lien fait entre chercheurs, partenaires institutionnels, associatifs et les seniors parisiens pour l'élaboration de ce nouveau schéma. C'est une méthode précieuse et innovante.

Prendre en compte et non prendre en charge, c'est le principal leitmotiv de ce rapport car seulement 14 % des personnes de plus de 75 ans sont en perte d'autonomie. Pour ces personnes, notre collectivité a, sous le mandat précédent, rattrapé en grande partie le manque de structures héritées d'avant 2001. Aujourd'hui, nous disposons de 7.000 places d'accueil en E.H.P.A.D. dont 1.900 construites sous le dernier schéma. 60 % des résidents bénéficient d'aides sociales et leur accès est donc garanti. Les structures nécessaires sont en place, nous avons comblé les défaillances. Ce n'est pas pour rien que Paris disposera désormais du label de l'O.M.S. "Villes amies des aînés" dont la signature publique est prévue le 19 juin.

Les seniors revêtent une réalité diverse. Si certains sont en perte d'autonomie, d'autres s'occupent de leurs parents. Si nombre de seniors s'investissent dans la vie de notre cité via notre riche tissu associatif, trop nombreux sont ceux qui se retrouvent encore isolés à leur domicile.

Les seniors, quelles que soient leurs situations, ont presque tous la même exigence : participer activement à la vie parisienne. C'est la principale demande des ateliers de travail senior du "Silver Think Tank" et de la conférence citoyenne des seniors parisiens. Changer le regard sur le vieillissement, rompre avec une sorte d'âgisme qui consiste à mettre une personne retraitée en marge de la société comme si elle n'avait plus la force, l?énergie, l'envie d'?uvrer pour la collectivité.

Agir contre ce phénomène est crucial car il est vécu comme une véritable souffrance. Un tiers des seniors, la moitié des plus de 75 ans, vivent seuls à leur domicile. Notre priorité est donc de les aider à s'investir, à amplifier et, quelquefois, à rétablir les liens sociaux.

Les conseils de seniors sont donc appelés à se développer dans nos arrondissements tout comme les cafés rencontres, car c'est ce que les seniors souhaitent : avant tout des lieux de rencontre et d'échange. Beaucoup ont soif d?apprendre, comme en témoigne le succès de l?université permanente de Paris.

Les initiatives intergénérationnelles doivent également être développées et soutenues. Les jeunes enfants sont très heureux d'aller dans les E.H.P.A.D. à la rencontre des personnes âgées, d'apprendre des jeux de cartes, de dialoguer, de raconter et d'écouter des histoires... Inutile d'ajouter qu'en retour, les personnes âgées sont ravies de recevoir de la compagnie et de transmettre.

Cette transmission du savoir par les seniors est portée également par des associations qu'il nous faut soutenir, comme les "Talents d'Alphonse", animée par des jeunes de 20-25 ans.

La volonté de transmission des seniors à la nouvelle génération est un formidable moteur de notre vivre-ensemble, comme le démontre le parrainage de jeunes des missions locales et de l'Aide sociale à l'enfance, afin de les aider à accéder à l'emploi.

Les pistes de colocations intergénérationnelles organisées par des associations comme "le Paris solidaire", ou "Ensemble2générations" sont également prometteuses. Elles permettent à des étudiants de pouvoir se loger en utilisant une chambre dont le senior n'a pas grande utilité, tout en créant un précieux lien social.

Notre ville doit également s'adapter pour les intégrer. Ce que nous mettons en place, sous votre impulsion Mme la Maire et sous celle d'Hélène BIDARD pour les femmes, aura donc lieu également, sous votre impulsion, Madame VERSINI, pour les seniors.

Enfin, je tenais à saluer la création de 6 maisons des aidés et des aidants, qui regrouperont l'ensemble des prestations auxquelles les seniors peuvent prétendre. C'est important, car les seniors ne sont pas à l'abri de la pauvreté. Elle frappe 10 % des plus de 60 ans, 15,5 des plus de 75 ans. Simplifier et regrouper les démarches, c'est assurer l'effectivité des droits.

Aucune piste n'a, me semble-t-il, été laissée de côté dans ce schéma qui marque une évolution certaine et remarquable quant à l'approche des seniors à Paris.

Il s'inscrit pleinement dans la politique transversale de notre ville, tout en s'intéressant à la réalité vécue par nos concitoyens. Enfin, la méthode employée renforce la mise en place de la démocratie participative à laquelle nos concitoyens et la gauche de cet hémicycle aspirent. Je ne doute pas que ce schéma sera très largement approuvé par notre Assemblée. Et je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Marinette BACHE.

Je donne la parole à Danièle PREMEL, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

J'interviendrai sur deux points : la participation de personnes âgées, et la prise en charge des personnes dépendantes.

Concernant la participation de personnes âgées, premièrement, faciliter et développer la participation citoyenne des seniors, c'est une bonne orientation du schéma, qui s'appuie sur une réalité déjà bien ancrée dans et par le milieu associatif.

Deuxièmement, penser aux instances de dialogue et de concertation avec les seniors. Comme le prévoit la loi de 2015, nous devons rapidement mettre en place le Conseil départemental de la citoyenneté et de l'autonomie, qui doit succéder au CODERPA, cette instance a été bien longtemps mise en sommeil et depuis trop longtemps.

Troisièmement, aller plus loin : une conférence des financeurs de la prévention de la perte d'autonomie. Elle a été créée. Nous devons envisager d'élargir la composition de cette conférence aux retraités et à leurs organisations représentatives.

Concernant la prise en charge des personnes dépendantes, 20.000 Parisiens sont aujourd'hui considérés comme dépendants. Ce chiffre augmentera dans les années à venir sous l'effet du vieillissement global. Cette problématique aiguise les appétits du secteur privé, qui considère le vieillissement de la population comme une mine d'argent. Dans ce contexte, nous devons veiller à ce que le marché ne creuse pas encore plus les inégalités qu'il ne le fait déjà.

Deux enjeux majeurs se posent : les conditions du maintien à domicile, les moyens de prise en charge dans les établissements spécialisés.

Sur le maintien à domicile, je pense surtout aux aidants. Je devrais d'ailleurs dire plutôt les aidantes, car la plupart sont des femmes. Le Schéma propose d'expérimenter l'hébergement temporaire en E.H.P.A.D. en sortie d'hospitalisation, une mesure qui peut donner du répit aux proches dans les moments les plus difficiles.

C'est à l'échelle nationale qu'il faudrait franchir une étape de plus en créant une aide financière pour compenser les pertes de salaire des aidants obligés de réduire leur activité professionnelle.

Notre société devrait valoriser ce temps à sa juste valeur. De nouveaux mécanismes de solidarité sont à inventer.

Enfin, je terminerai sur les E.H.P.A.D. Il faudra continuer à augmenter les capacités d'accueil, car tout le monde ne pourra pas être maintenu à domicile. Mais le développement des E.H.P.A.D. doit se faire à deux conditions : augmenter le nombre de places publiques gérées par le C.A.S.-V.P. et le nombre de places associatives habilitées à 100 % à l'aide sociale. C'est une question de justice sociale, il ne doit pas y avoir de sélection par l'argent.

Continuer à faire pression sur l'État pour qu?il stoppe la réduction des moyens de fonctionnement des E.H.P.A.D., c'est le sens d'un v?u que nous avions adopté au mois de mars. La réduction des financements se répercute sur les agents, qui sont pris en étau entre les suppressions de postes et la redéfinition des missions au nom de la recherche de la rentabilité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure !

Mme Danièle PREMEL. - En bout de course, c'est la qualité des soins aux usagers qui se dégrade. Nous devons continuer à protester pour faire cesser ces réductions de budget. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous.

Monsieur CRAVENNE, vous avez la parole, pour le groupe les Républicains.

M. François-David CRAVENNE. - Madame la Maire, chers collègues, comme l'ont très bien dit avant moi Sylvie CEYRAC et Dominique STOPPA-LYONNET, votre schéma pour les seniors est plein de bonnes intentions, mais concrètement reste particulièrement faible.

Vos constats sont justes, mais vous y répondez mollement. Alors que bien au contraire, nos aînés ont besoin d'une politique adaptée, forte et vigoureuse en leur faveur, voilà quelques points sur lesquels nous vous demandons de renforcer votre action.

La fracture numérique, je vous en prie, arrêtez l'information purement numérique à destination des seniors, adaptons-nous mieux à nos aînés, ce n'est pas à eux de s'adapter à nous, ils n'en ont plus vraiment le temps malheureusement, ni pas toujours les moyens. Le tout numérique n'est pas une solution envisageable pour les plus vieux. L'accès à l'information pour nos aînés est pourtant indispensable, par exemple nous soutenons le déploiement de plusieurs autres maisons des aînés et des aidants. Nous souhaiterions néanmoins savoir si l'Exécutif a déjà identifié leur implantation géographie et dans l'affirmatif, nous voudrions savoir à quels endroits seront situés ces lieux privilégiés d'information et d'orientation des plus âgés.

Concernant le service civique, c'est une bonne idée, mais pourquoi n'est-elle qu'à l'étude ? Pourquoi ne pas commencer l'expérimentation de ce service rapidement ? Pourquoi attendre ?

Vous savez bien que concernant les personnes âgées, encore une fois, il faut aller vite, on ne peut pas se permettre de se gargariser de beaux schémas, de bons mots, de bonnes stratégies, de bons mots, il faut agir et agir rapidement.

Autre point faible de vos propositions : pourquoi aucun centre d'animation n'est proposé dans votre plan ? En effet, ces entités seraient très utiles aux seniors et permettraient aux jeunes usagers de tisser des liens solides avec leurs aînés. Ce serait du gagnant-gagnant, la jeunesse au contact de l'expérience. La solidarité au bénéfice de tous les âges. Ces centres pourraient être associés aux E.H.P.A.D. via le mécénat.

Concernant les bus de proximité, les traverses, là encore vous vous contentez de peu, il n'y en a pas assez, c'est le moins que l'on puisse dire et pourtant ils sont indispensables à la mobilité des seniors. Les maires d'arrondissement, je pense particulièrement à Philippe GOUJON dans le 15e, doivent se battre pour les obtenir. Pourtant, au plus près du terrain, les maires savent quels trajets permettent aux seniors de se déplacer efficacement.

Je terminerai mon propos par votre réforme de la carte "Emeraude". C'est un non-sens. En effet, elle handicape les seniors les plus fragiles. Ainsi, il y a eu plus de 22.000 bénéficiaires en moins dans les tranches d'imposition comprises entre 0 et 992 euros, ce n'est pas normal. Nous vous demandons, une fois de plus, de revoir cette réforme inique. Mes chers collègues, comme toujours avec Mme HIDALGO, les communications, les plans, les stratégies, les schémas font très bien sur le papier, mais quand on s'y penche, quand on y regarde de plus près avec un ?il acéré, on découvre que ce qui est proposé et surtout ce qui ne l'est pas est réducteur. Un plan d'action pour faire en sorte que tous nos seniors, toutes générations confondues restent vivre à Paris au lieu de la quitter comme le chiffre le démontre, c'est une ambition que nous partageons. Mais à présent ce sont des actes?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Monsieur CRAVENNE.

M. François-David CRAVENNE. - Mais à présent ce sont des actes et non des demi-mesures que nous attendons, et plus important, les seniors attendent? Quand cela ne vous arrange pas, vous coupez la parole, Madame... Quand cela vous arrange? Tout à l'heure, vous avez laissé à Mme SIMONNET 20 secondes. Alors vous me laissez 20 secondes, s'il vous plaît.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Cela fait déjà une minute, donc on arrête.

M. François-David CRAVENNE. - C'est lamentable ce que vous faites !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à M. Thomas LAURET, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Je fais respecter un ordre dans les temps de parole qui sont définis en conférence d'organisation. Monsieur LAURET, vous avez la parole.

M. Thomas LAURET. - L'enjeu de ce sujet dépasse simplement les 10 secondes que réclame M. CRAVENNE, et je suis heureux de constater que c'était un débat qui était plutôt consensuel globalement, malgré les remarques acerbes que l'on vient d'entendre. Si la part des seniors à Paris est en effet inférieure au niveau de la population nationale, avec un peu plus de 20 % pour plus de 24 % sur l'ensemble du pays, Paris connaît aussi un phénomène de vieillissement. La part des plus de 65 ans ayant augmenté de plus de 13 % entre 2007 et 2014, il est en effet indispensable d?adapter les dispositifs d?aide à l?évolution des besoins de cette population.

Population à laquelle, je vous le rappelle, ceux d?entre nous qui auront la chance de ne pas mourir prématurément appartiendront très vraisemblablement. Nous sommes tous concernés par ce sujet à plus ou moins court terme, sauf exception.

Donc, je souhaite insister sur quelques-uns des points suivants.

D?abord, et Dominique STOPPA-LYONNET a fait un point sur ces aspects sanitaires, de façon importante, c?est la prévention des fragilités. C?est un sujet que l?on traite en lien avec l?Agence régionale de santé, l?A.P.-H.P., les établissements de santé et effectivement Gérond?if.

Les seniors sont confrontés à une croissance majeure des maladies neurodégénératives et des pathologies invalidantes comme l?insuffisance cardiaque qui vont de pair avec l?augmentation de l?espérance de vie. Nous devons favoriser l?ouverture de consultations de prévention. Là, on n?est plus dans le champ sanitaire que dans le champ médico-social. Ces consultations doivent permettre d?anticiper et de limiter l?impact de ces pathologies avant que leur décompensation n?aboutisse au transfert des personnes âgées aux urgences hospitalières dans des conditions qui sont souvent insatisfaisantes.

Car l?un des grands enjeux de notre organisation hospitalière est notre capacité à prendre en charge directement dans les services de gériatrie des patients âgés qui en ont besoin, sans passer 24 ou 48 heures sur un brancard aux urgences. C?est notamment le cas l?hiver, lors des épidémies de grippe et on l?a encore vécu l?hiver dernier avec une surmortalité importante.

Deuxièmement, nous devons, en lien avec ce sujet, effectivement favoriser l?usage du numérique pour que nos services de soins puissent suivre l?évolution des pathologies à distance. Je vous donne un exemple simple : la mesure du poids d?une personne informatiquement permet de repérer une insuffisance cardiaque et d?intervenir en amont de l?accident, car la prise de poids rapide est un signe annonciateur de l?accident en insuffisance cardiaque. Troisièmement, nous devons effectivement favoriser le maintien à domicile de ceux qui le souhaitent, en permettant l?adaptation des logements et en soutenant les services d?aide à domicile. Les coopérations prévues avec les régies de quartier et les conciergeries seront très utiles à cet effet. Le service civique senior aussi contribuera à cet accompagnement de façon intelligente. Quatrièmement, nous devons envisager d?accompagner les aidants eux-mêmes, vous l?avez souligné, Madame la Maire, qui ont souvent plus de 60 ou 70 ans, et qui soutiennent leurs parents de plus de 80 ou 90 ans, en favorisant en effet des séjours de répit temporaire dans nos structures d?accueil, notamment pour les victimes de la maladie d?Alzheimer. Nos accueils de jour peuvent aussi participer à des accueils très ponctuels de quelques heures qui rendront service aux familles. On peut le concevoir et l?envisager. Enfin, au global, notre double statut de Ville et de Département est une force pour simplifier un dispositif qui est difficilement lisible et très compliqué sur l?information. À cet effet, la création de six Maisons des aînés et des aidants, dont je trouve le nom très adapté, est une excellente nouvelle. Le travail que Dominique VERSINI a coordonné, comme toujours avec enthousiasme, c?est notre engagement en direction des seniors et des aidants, notre attention aux difficultés d?autonomie et un des marqueurs de notre politique solidaire. La façon dont on traite nos aînés est le reflet de notre humanité.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, Monsieur LAURET. D?ailleurs vous avez terminé avant le temps qui vous était imparti.

Après ce débat fourni, avec beaucoup de propositions et je trouve quelque chose de très consensuel, je vais donner la parole à Dominique VERSINI pour répondre aux différents orateurs. Dominique VERSINI, à vous.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, tout d?abord, merci à tous pour vos interventions qui illustrent la diversité et la richesse des questions qui recouvrent les politiques publiques mises en ?uvre au service des seniors parisiens. En effet, bien vivre dans notre ville, c?est penser la place de tous, de manière transversale, et voir ce que la Ville peut et doit faire pour chacun des Parisiens.

Le Schéma, qui vous a été présenté, est une obligation légale du Département, que l?on appelait jusque-là Schéma gérontologique et qui est le mot légal du Code de l?action sociale. Mais nous avons souhaité adopter une nouvelle méthode, basée sur le ressenti et le travail des citoyens eux-mêmes, à travers la Conférence citoyenne des seniors parisiens. Tout le monde l?a expliqué, des personnes ont été tirées au sort sur les listes électorales. Deux cents d?entre eux, de 65 à 93 ans, ont travaillé dans des ateliers et nous ont proposé un plan parisien pour les seniors.

Je veux les saluer. Un certain nombre d?entre eux sont présents et je veux saluer Christiane GILON, qui a animé et coordonné cette consultation, avec son équipe de jeunes et de moins jeunes consultants qui ont vraiment fait un travail fantastique.

Par ailleurs, c?était nouveau, un laboratoire d?idées baptisé "Silver Think Tank" a été animé par le Dr Didier HALIMI de l?International Longevity Centre qu?a créé la Pr Françoise FORETTE que tout le monde a bien connu dans cette Assemblée et qui a travaillé sur toutes les questions liées à l?adaptation de la société au vieillissement.

C?est l?ensemble de ce travail, auquel s?est rajouté le travail plus classique de nos services, que je veux vraiment remercier et féliciter, de l?A.R.S. dont je salue le représentant, de la C.N.A.V., de tous les grands institutionnels, ce qui a amené un Schéma vraiment co-construit. Il concerne en fait plusieurs générations, puisque de 60 à 100 ans et plus, et il y a plus de 1.000 centenaires à Paris, ce qui prouve qu?il y fait bon vivre.

Tout le monde a cité des références et je me réfère au dernier livre qu?a sorti Claude SAURRAUTE, 89 ans, "Encore un instant. Mes quatre-vingt-dix balais". Je trouve génial quand, à 89 ans, on écrit un livre en quelques jours pour dire combien la vie est belle et combien il faut être heureux. "Le secret, c?est de se faire plaisir, de s?intéresser. Moi, je profite à mort de la vie", nous dit Claude SARRAUTE.

C?est en fait le message de ce Schéma, c?est la vie, c?est comment vivre tous bien, quel que soit notre âge, et comment faire en sorte que l?on soit Ville amie des Aînés. Madame la Maire, vous signerez le 19 juin, en présence de la représentante de l?O.M.S., notre adhésion au réseau des Villes amies des Aînés, ce qui est un honneur et qui reconnaît tout ce qui a été fait sur les dernières mandatures, et aussi tous les axes de ce Schéma. Je suis vraiment fière que l?on puisse le faire, cela nous permettra de rencontrer d?autres villes et de bénéficier des bonnes pratiques des uns et des autres.

En quelques mots, pour dire que les deux dernières mandatures et le début de celle-ci ont été consacrées à rattraper le retard de Paris en lien avec l?A.R.S., que je remercie et dont je salue le représentant ici présent, sur la prise en charge des personnes âgés dépendantes, ce qui nous amène à avoir plus de 7.300 places d?E.H.P.A.D.

Je dois dire à Mme SIMONNET, que non, Madame SIMONNET, nous ne sommes pas dans une situation catastrophique avec des mouroirs dans tout Paris, sinon il faudrait que vous me les présentiez. Moi, je suis prête à vous faire visiter l?ensemble des E.H.P.A.D. qui ont été non seulement construits mais réhabilités, et tous ceux qui sont encore en train d?être faits.

Je rajoute aussi que 60 % des E.H.P.A.D. parisiens sont habilités à l?aide sociale, ce qui permet un accès à tous, que l?on soit démuni ou que l?on ait plus de revenus, auquel cas on paye en fonction de ses revenus. C?est cela que l?on appelle la justice sociale.

Je veux dire aussi que, dans ces établissements, il y a énormément de travail sur la bienveillance, le lien des personnes, le fait de ne pas les laisser s?isoler dans ces E.H.P.A.D. Non, Paris n?est pas cette ville que vous nous décrivez, Madame SIMONNET, j?en suis désolée.

Ensuite, je voudrais dire aussi que nous avons beaucoup travaillé sur l?aide à domicile. C?est vrai, c?est le mode de vie plébiscité par les Parisiens. Je veux saluer le Centre d?action sociale de la Ville qui a des S.A.A.D., un service infirmier parmi les plus grands de France et qui sont en permanence au service des personnes à domicile.

Madame PREMEL, vous nous avez rappelé la question du financement, ainsi qu?Hervé BÉGUÉ. Je tiens à rappeler que Paris a interpellé l?A.R.S., comme vous nous l?avez demandé dans un v?u de l?Exécutif adopté en mars 2017, pour que les dotations de soins allouées aux E.H.P.A.D. soient augmentées. Effectivement, le représentant de l?A.R.S. a bien pris note et nous a dit qu?il réfléchissait à cette question.

Je voudrais dire également que ce qui était très important et qui est ressorti de cette consultation, et qui m?a beaucoup frappée, émue, c?est le ressenti des personnes dites âgées qui se sentent victimes de discrimination du fait de leur âge. Contre cela, nous devons lutter avec détermination.

Madame la Maire, vous l?avez dit, nous devons changer notre regard et les représentations de la société. Pour nous, la lutte contre les discriminations, cela fait partie de nos valeurs, des valeurs de cet Exécutif. Nous ne souhaitons pas que quiconque se sente discriminé pour son âge, sa couleur, son origine. La discrimination ne fait pas partie de notre action.

C?est pourquoi nous lutterons et travaillerons beaucoup sur l?intergénérationnel qui a été demandé par les seniors. Ne pas vivre que dans sa génération mais vivre avec l?ensemble des générations. Chaque année, la Journée des âges l?illustrera.

Puisqu?on a parlé du sport, la Journée des âges, que nous organiserons au mois d?octobre avec les seniors, les enfants et les adolescents, sera sur le thème du sport. Ensemble, toutes les générations pourront montrer que le sport, l?activité physique, cela compte et c?est ce qui permet d?être heureux ensemble.

Une question aussi très importante est revenue de façon récurrente dans la consultation. Il existe énormément de choses, de services et de dispositifs à Paris et c?est la difficulté de lisibilité, de trouver l?information lorsqu?on est seul, que l?on ne sait pas comment faire. C?est pour cela que nous avons décidé de créer d?ici la fin de la mandature, avant la fin de la mandature, six Maisons des aînés et des aidants, qui notamment regrouperont, Madame CEYRAC, les C.L.I.C. dont vous avez parlé, les M.A.I.A., les réseaux de santé. Mais elles seront aussi à la disposition des seniors eux-mêmes et de leurs aidants pour avoir toutes informations utiles.

L?une d?entre elle a été inaugurée sur les 9e, 10e et 19e arrondissements. Une autre sera mise en place dans les six premiers arrondissements d?ici la fin de l?année. Je veux remercier le représentant de l?A.R.S. car nous le faisons ensemble, et ainsi de suite jusqu?à 2019-2020.

Madame STOPPA-LYONNET, vous avez évoqué le P.A.E.R.P.A. qui est effectivement un dispositif très important. Je précise que c?est une expérimentation de l?Etat, qui a choisi différents lieux sur la France, pour justement travailler sur la prévention de la perte d?autonomie qui arrive, qui a un risque d?arriver plus particulière à partir de 75 ans, mais tous les gens de plus de 75 ans n?ont pas forcément de perte d?autonomie ni de dépendance.

Le P.A.E.R.P.A. est géré par le C.A.S.-V.P., le Centre d?action sociale de la Ville de Paris sur les arrondissements 9, 10 et 19, et l?A.R.S. a la volonté, puisque c'est un dispositif de l'Etat, de le mettre en place avec nous prochainement sur un autre territoire parisien, dans le Centre de Paris. Voilà. Pour dire que tout ceci a été pensé et que c'est important.

Pour le "Gerond'if", Madame STOPPA-LYONNET, effectivement, c'est un lieu de recherche qui est piloté par l'Etat, mais, dans le cadre de la Conférence des financeurs, a été décidé de financer, par exemple, une recherche action sur la nutrition. Voilà. C'est le début d'un travail avec le "Gerond'if" et nous y serons très attentifs et très volontaires.

Enfin, vous l'avez dit, Madame la Maire, nous avons besoin des seniors. Ils sont là. Ils sont vraiment des acteurs importants du développement social, économique de la ville. C'est vrai qu'ils le souhaitent, mais c'est normal pour tous ceux qui s'engagent : être reconnus et valorisés, et avoir une place pour parler et participer. Et vraiment, j'invite les mairies d'arrondissement qui n'en ont pas encore, à mettre en place des conseils des seniors. Et, également, nous mettrons en place des lieux plus informels qui permettront aux seniors de s'organiser, de se rencontrer, de recevoir les jeunes, de transmettre, etc. C'est vraiment un schéma sous le signe de la participation, de l'échange, de la transmission, de l'intergénérationnel. Et je ne compte pas tous les seniors qui nous aident, Madame la Maire, pour les enfants de l'Aide sociale à l'enfance en faisant un accompagnement professionnel bénévole, bien sûr, pour accompagner, en plus des éducateurs, ces jeunes dans l'insertion dans la vie professionnelle.

Enfin, un autre mode de vie qui est très apprécié, c'est la collocation intergénérationnelle. Et avec Pauline VÉRON, que je salue, nous développerons la colocation intergénérationnelle parce que les étudiants d'un côté, les jeunes actifs et les seniors qui ont la chance d'avoir - ceux qui ont la chance d'avoir une chambre de plus - pourront ainsi se retrouver ensemble. Et quand on voit le travail que font les associations - Le Parisolidaire, Ensemble 2 Générations -, c'est assez merveilleux, Madame la Maire.

Je dois vous dire que ce schéma a été l'objet de telles rencontres émotionnelles. C'est extrêmement beau quand les gens se rencontrent et créent du bonheur, et créent du lien. C'est un schéma qui est sous le signe du lien.

Alors, ont été dits et critiqués tous les problèmes - Mme CEYRAC l?a très bien dit - ou toutes les choses positives qu?elle a dites. Elle a notamment pointé les insuffisances en matière d'espace public. Mais moi, je tiens à saluer Christophe NAJDOVSKI qui a mis en place une stratégie Piéton, car nous sommes tous piétons à Paris, qui a été adoptée en janvier dernier et qui prévoit justement d'améliorer. Tout ne se fait pas en cinq minutes. Mais il y aura tout un travail sur l'abaissement, le désencombrement des trottoirs, l'élargissement des espaces pour piétons. Oui, nous y pensons, c?est vrai, et nous y travaillerons très sérieusement dans le cadre du Schéma piéton.

Enfin, sur la mobilité et le déplacement, bien évidemment, a été critiquée la réforme du NAM, mais qui était quand même une réforme de justice sociale. Et je dois dire qu?effectivement, on a vu quand même une augmentation du nombre de bénéficiaires du NAM à titre gratuit parmi les titulaires des minima sociaux. Effectivement, moins de gens ayant des revenus plus élevés ont pris le NAM, bien qu?il soit quand même encore remboursé à 50 %, ce qui est énorme quand on connaît le prix du "pass" Navigo.

Donc, nous assumons cette réforme. Et, sur la mobilité, nous développerons des modes de transport comme les vélos électriques, qui, avec l?âge, sont plus aisés pour la circulation. Et, issus d'un v?u du 19e arrondissement que l'on a voté la semaine dernière, des vélos à trois roues.

Je voudrais avancer assez rapidement pour dire qu?effectivement, la Conférence des financeurs, qui est issue de la loi d'adaptation au vieillissement de la société, va nous permettre, grâce à un budget de 6 millions d'euros - quand l'Etat nous affecte une somme, il faut le reconnaître et le saluer, c'est issu de la loi - pour développer des actions de prévention collective pour les seniors et leurs aidants.

Enfin, pour Eric AZIÈRE, je voudrais dire que, bien sûr, le viager municipal est issu d'une proposition du "Silver Think Tank". Alors, je le dis, c'est quelque chose que nous allons expertiser juridiquement et sans doute expérimenter. Ce n?est pas quelque chose qui va partir comme cela, dans tous les sens - je rassure tout le monde - bien évidemment. Et, bien évidemment, la pauvreté d'un certain nombre de seniors a été évoquée par plusieurs de nos collègues.

Oui, le Pacte de lutte contre la grande exclusion est totalement applicable et nous mettrons l'accélérateur, encore, pour les plus âgés. Avec Ian BROSSAT, nous poursuivrons le développement des pensions de famille pour les personnes âgées en situation de rue, car c'est le lieu adapté. Et pour l'isolement, qui est vraiment essentiel puisqu?il concerne quand même 84.000 personnes à Paris, nous développerons tout un réseau. Outre tout le travail formidable que font les petits frères des Pauvres et les autres associations, un travail avec les gardiens d'immeuble, les mairies d'arrondissement pour repérer les personnes les plus isolées et organiser l?aller vers elles, sans être intrusif, évidemment, sera mené. Sur les permanences numériques, plusieurs personnes se sont exprimées. Et, oui, nous développerons des dispositifs d?aide informatique à domicile. Nous développerons des permanences numériques animées par des jeunes en service civique. Le groupe Ecologiste de Paris a déposé un v?u à ce sujet dans ce Conseil. Bien sûr, nous y émettons un avis très favorable. Voilà. Donc, c'est un schéma qui marque le commencement d'une nouvelle impulsion dans les politiques que nous allons poursuivre ou initier. Bien évidemment, cela a été demandé. Nous organiserons un suivi annuel de ce schéma, en lien avec les groupes et en lien, surtout, avec les seniors eux-mêmes qui nous diront comment ils apprécient nos avancées. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame VERSINI, pour ces réponses précises et complètes.

Nous allons à présent procéder au vote du v?u rattaché au dossier DASES 248 G.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 8 G déposé par le groupe Ecologiste de Paris, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 9 G).

Donc, s'agissant d'une communication, il n'y a pas de vote sur le dossier DASES 248 G, mais nous allons procéder au vote des projets de délibération rattachés à ce débat.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 133 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DASES 133 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 228 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DASES 228 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 229 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DASES 229 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 240 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DASES 240 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 241 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DASES 241 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 210 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DASES 210 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 175 - DASES.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DJS 175 - DASES).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous avons adopté ce Schéma "Stratégie seniors". Je veux vous en remercier les uns et les autres. Merci aux Parisiens et aux services de la Ville, et aux élus qui ont participé à ce débat.